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I.S.B.N.2865868885
184 pages

p. 169 à 170
doi: en cours

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no76 2001/2

 
Claude Tapia À propos de… Catherine Potel (sous la direction de) Psychomotricité entre théorie et pratique Ed. In Press, Paris, 2000
 
 
L’intérêt principal de cet ouvrage est d’avoir été conçu et réalisé par un collectif de psychomotriciens chevronnés de divers statuts, coordonné par C. Potel dont la formation humaine théorique et technique transparaît à travers ses différentes contributions. Le préfacier J.-J. Baranes, psychiatre et psychanalyste, a eu raison de souligner l’impression de cohérence qui se dégage à la lecture de l’ouvrage, malgré la diversité des expériences évoquées au fil des chapitres. De même, C. Potel n’a-t-elle pas eu tort dans l’introduction de préparer, par de judicieuses questions et de précieux repères, le parcours du lecteur, non sans avoir défini les aspects principaux de l’activité psychomotricienne et pointé les ambiguïtés liées à la polyvalence et à la volonté de certains praticiens d’élargir inconsidérément leur territoire d’intervention. Le psychomotricien est reconnu, dit-elle, comme le spécialiste du corps, mais le corps est à la fois lui-même et la passerelle qui mène à la réalité psychique, à la fois langage en soi et pour soi et langage pour autrui. Par ailleurs, la diversification continue du champ professionnel conduit nécessairement à se poser le difficile problème du cadrage de la profession, de sa cohésion et celui de l’identité du psychomotricien. Ces difficultés conduisent à rechercher, à travers la référence aux notions de médiation et de fonctionnalité corporelle, le plus petit commun dénominateur identifiant les pratiques, au-delà de la diversité des populations concernées par celles-ci (enfants, adolescents, adultes autistes, personnes âgées) et des formations dont se réclament les praticiens. Ces notions, comme le reconnaît lucidement C. Potel, ne peuvent tenir lieu de doctrine ou de philosophie, ni à notre avis justifier l’ambition de réunir des visées à la fois thérapeutiques et éducatives, théoriques et cliniques, cognitives et comportementalistes. Elles ne peuvent non plus servir de base, seules, à une volonté tout à fait légitime de différenciation par rapport à des professions voisines bien établies et à une revendication de reconnaissance d’une identité spécifique.
Cela dit, les auteurs des trois premiers chapitres entreprennent une tentative estimable de formalisation et de théorisation, en s’appuyant sur la seule psychanalyse (A. Ciccone) ou en croisant certains de ses concepts ou procédures avec les principes de la thérapie ou de la rééducation psychomotrice avec quelques notions rogériennes comme l’empathie ou le « travail de mémoire » (D. Liotard), ou en recherchant, dans la neurophysiologie et la psychologie moderne les références principales de l’intervention psychomotricienne.
La deuxième partie de l’ouvrage, la plus volumineuse, est consacrée à l’exposé d’expériences diverses, concernant les enfants et les adolescents mais aussi, et cela n’est pas moins intéressant, les personnes âgées (F. Pitteri). Signalons encore les lumineuses contributions sur les techniques faisant intervenir le toucher, la voix, la relaxation, le graphisme… et le recours fréquent à Winnicott et à ses incontournables concepts d’aire transitionnelle ou d’objet transitionnel. La richesse de cet ouvrage amène à souhaiter qu’il soit mis entre toutes les mains.
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