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I.S.B.N.2749200997
168 pages

p. 25 à 30
doi: en cours

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no77 2002/1

2002 Connexions

Une théorie énergétique de l’association : Charles Fourier

Alain Vergnioux université de Caen.
À travers son œuvre, Fourier a construit le modèle d’une société pacifique et harmonieuse. Les moyens pour y parvenir ? Suppression de l’État et de ses administrations, suppression du salariat, généralisation du principe d’association : selon les désirs des individus, selon leurs intérêts ou leurs goûts, selon les besoins de la société, des nécessités économiques élémentaires aux productions les plus raffinées. In his works, Fourier constructed the model of a pacific and harmonious society. Means to achieve this ? Suppression of the State and its administrations, suppression of wages, generalization of the association principle : according to desires of individuals, according to their interests or their tastes, according to needs of the society, from the elementary economic necessities to the most refined productions.
« Fourier n’est pas seulement un critique, disait de lui Engels, [il] manie la dialectique avec la même maîtrise que son contemporain Hegel, mais là où il apparaît le plus grand, c’est dans sa conception de l’histoire de la société [1]. » L’éloge impressionne. L’histoire des idées politiques a plutôt laissé de Fourier l’image d’un utopiste polymorphe et maniaque, le plus souvent illisible; mais, comme le souligne Jonathan Beecher, qui lui a consacré une très complète biographie, « de tous les penseurs de la tradition socialiste, il me parut être celui qui offrait la vision la plus large, la plus généreuse, du champ du possible ouvert à l’homme [2] ». Nous ne nous intéresserons pas ici à la philosophie de l’histoire de Fourier [3], mais il faut souligner qu’il a construit une théorie historique des sociétés dont les anticipations vers l’avenir – si elles sont apparues fantaisistes aux contemporains – prennent aujourd’hui, pour certaines de leurs hypothèses, un relief particulier, précisément quand il fait du principe d’association le fondement dynamique de la vie économique et sociale.
 
L’expérience de l’histoire
 
 
Charles Fourier ( 1772-1837) est né à Besançon d’un père négociant drapier ; il fait des études au collège de Besançon, puis à Dijon ; on le suit à Lyon, à Paris et à Rouen, où il passe l’hiver 1789-1790. Il revient ensuite à Besançon, puis se trouve à nouveau à Lyon lors de l’insurrection fédéraliste en 1793. Il mène ensuite l’existence médiocre d’un célibataire endurci, garçon de courses, journaliste, agent de publicité. Intellectuel autodidacte, se désignant lui-même comme un « sergent de boutique illettré », il écrit inlassablement articles et pamphlets, et publie en 1808 sa Théorie des quatre mouvements, puis en 1822 le Traité de l’association domestique et agricole. Ajoutons, pour notre propos, Le nouveau monde industriel et sociétaire, ou invention du procédé d’in- dustrie attrayante et naturelle distribuée en séries passionnées, 1829. Ces livres gagnèrent à Fourier quelques disciples, entre autres Victor Considérant, qui créèrent la revue La réforme industrielle et qui, dès 1830, tentèrent de faire passer ses idées en pratique en créant des phalanstères.
Selon René Schérer [4], on ne peut comprendre le projet social et politique de Fourier si l’on oublie qu’il a grandi pendant la Révolution; il a en effet dix-sept ans en 1789 et, à travers ses pérégrinations, de Lyon à Rouen et Paris, on peut considérer qu’il en a partagé et vécu au plus près les rêves et les turbulences, les désordres, les utopies et les violences (il échappe de peu à la guillotine lors de l’insurrection lyonnaise de 1793). Son expérience est donc celle de l’échec des idéaux révolutionnaires, mais ce qu’il observe aussi, dans les premières décennies du siècle, ce sont les contradictions profondes de la société industrielle naissante : l’appauvrissement des classes laborieuses, l’anarchie économique, les affrontements politiques. On constate ainsi chez lui un double rejet : du côté de l’héritage révolutionnaire, il juge l’idée d’égalité néfaste à cause des conflits infinis qu’elle engendre, et contraire à la réalité de la nature qui est faite d’une diversité inépuisable ; mais, de l’autre côté, il est un farouche adversaire de l’industrialisme, de la grande civilisation urbaine, du libéralisme et de la concurrence, qui « tend à la réduction des salaires et conduit le peuple à l’indigence par les progrès mêmes de l’industrie »; ou, plus loin, « la civilisation est une société de forçats dont quelques-uns savent échapper au travail et se coaliser pour se maintenir dans l’oisiveté [… ]. Une fois parvenus à ce rôle par quelque bouleversement, [ils] pressurent la multitude et l’asservissent de plus belle ».
Sa solution, ce sera l’association volontaire qui supprimera la concurrence et abolira le salariat sans supprimer la liberté.
Si la logique industrielle conduit à l’asservissement du peuple, s’il faut reconnaître la faillite de la philosophie politique des révolutionnaires, la question qui s’impose très vite à Fourier et qui guide l’ensemble de sa réflexion pourrait donc être la suivante : sur quelles bases reconstituer la cohésion sociale et à partir de quels principes imaginer un type de société à même de conduire les hommes tout à la fois au bonheur, à la prospérité et à la liberté ?
 
Les principes de l’analyse sociale
 
 
Dès lors, toute son œuvre peut se caractériser par une recherche infatigable des principes de l’organisation sociale, principes explicatifs qui soient aussi fondateurs de nouvelles constructions. Sa méthode ? Un usage systématique de la classification (outil par excellence de la mise en ordre du réel et de sa rationalisation) et de la combinatoire : en cela, il est encore un homme du XVIIIe siècle. Sa radicale nouveauté : déplacer l’objet, déplacer la question.
Si, comme les philosophes du XVIIIe siècle, Hobbes et Rousseau, ou les physiocrates, Fourier se pose la question de l’origine de la société, si, comme eux, il cherche la réponse du côté de la nature, ce n’est ni dans l’analyse des besoins économiques primitifs, ni dans l’étude des relations humaines élémentaires, mais plutôt chez Newton avec l’hypothèse d’une dynamique atomistique qu’il va trouver un modèle d’analyse : un monde constitué d’atomes dont toutes les configurations résultent de la seule loi de l’attraction.
Considérons les hommes comme de tels « atomes ». Ce qui explique leurs actions, leurs relations, leurs rassemblements ou leurs divergences, ce sont les passions : là se trouve le vecteur élémentaire de l’existence humaine. La tâche est alors de définir les passions élémentaires, d’identifier les passions dérivées, cela de façon exhaustive (c’est la classification) et de voir comment elles s’agencent entre elles (c’est la combinatoire).
Nous ne rentrerons pas dans le détail de ces développements. Fourier n’a cessé, tout au long de sa vie, de remettre la question en chantier sans parvenir à conclure, proposant de nouvelles classifications, toujours plus détaillées, et de nouveaux modes combinatoires [5]. Pour donner un court aperçu, disons que Fourier distinguera douze passions radicales (se répartissant en sensitives, affectives, distributives) régissant les tendances vers le « luxe », vers les « groupes » et vers les « séries ». Le « groupisme », ou « désir des groupes », a besoin de la « liberté absolue » pour prendre son essor ; constitué, le groupe est une unité active équilibrée, un ensemble animé par une identité de goût pour l’exercice d’une fonction et l’accomplissement d’une tâche. Les « séries » sont des affiliations de petits groupes à une passion de « genre » qui permet la concordance ou la mise en commun de leurs dynamiques propres. Les « séries », enfin, peuvent elles-mêmes se combiner, l’extension d’une série reposant sur la « justice distributive » des trois passions « mécanisantes » : la « cabaliste » est dissidente et intrigante ; la « composite » est engrenante ; la « papillonne » est contrastante et alternante. Ainsi le système peut se déformer, se défaire pour se recomposer : recomposition des désirs et des activités, réinvestissement des énergies individuelles et collectives dans des buts susceptibles de se renouveler toujours. Par principe, le nombre des passions est illimité et leurs combinaisons, infinies.
Le paradoxe de Fourier est de vouloir fonder l’accord (l’unité, l’harmonie) sur les différences ; c’est une systématique ouverte : des séries multipliables à l’infini peuvent intégrer des millions de variables. Fourier se donne un système capable de couvrir le champ complet du réel, des passions et des choses, des activités nécessaires à la vie sociale jusqu’aux fantaisies les plus libres. Si le système reste constamment ouvert, faut-il conclure à l’insuffisance de toute combinatoire ? Il s’agit plutôt d’une combinatoire aux possibilités de composition et de décomposition illimitées [6]. Avec la théorie des « ambigus », il ouvre des aires de jeu, de liberté, de résistance. Cependant, comment maintenir ensemble le double mouvement qui engendre des hypothèses antagonistes : viser d’une part l’unité et l’harmonie; préserver d’autre part l’infinie diversité des intérêts privés ? Un des éléments de la réponse sera l’introduction d’une passion spécifique, l’« unitéisme », qui s’appuie sur « le penchant de l’individu à concilier son bonheur avec celui de tout ce qui l’entoure ». Mais il faut aussi, corrélativement, déplacer la notion de sujet. Rompant avec la conception d’un sujet abstrait universel, Fourier dégage un principe d’individuation reposant sur l’idée de singularités en devenir ; il essaye de penser le sujet effectif, dans sa diversité, sa variabilité, ses travers et ses inconséquences, mais en tant que cette effectivité se réalise aussi dans le jeu des relations avec autrui, dont il faut alors penser tout l’éventail. Partir du « fouillis » du réel pour en montrer les conditions de possibilité et pouvoir ensuite proposer des modes d’organisation du réel qui soient conformes à ces conditions [7]. Ou, si l’on veut, l’« unité » est tenue aux deux pôles de la dynamique : i) tous les individus ont cela en commun d’être mus par les passions ; ii) tous aspirent au bonheur (à l’harmonie). Toute la civilisation depuis deux mille ans, dit Fourier, n’a fait que prendre à rebours cette dynamique harmonique.
 
L’organisation sociale
 
 
Le projet politique de Fourier est de porter les sociétés humaines vers leur fin qui est de bonheur et d’harmonie. Mais, explique-t-il, « pour découvrir notre fin, il était deux conditions à remplir : la première, de créer la grande industrie : fabriques, sciences et arts, qui sont les éléments d’un mécanisme d’Harmonie. Quand la grande industrie est créée, il reste à remplir la deuxième condition, la recherche [du sens de la nature] par l’analyse de l’attraction passionnelle ». Cette condition satisfaite, taxonomie des passions et combinatoire vont permettre la constitution des unités sociales de base : les « phalanges », couvrant tous les aspects de la vie sociale, domestique, économique et des loisirs. La phalange idéale comprendrait mille six cent vingt personnes, soit deux fois le nombre requis pour obtenir l’échelle complète des huit cent dix types passionnels. À l’intérieur de la phalange, groupes et séries coexistent, se superposent, se défont et se reconstituent selon les heures de la journée, au gré des activités et des passions ou intérêts individuels. La répartition articulée des vecteurs passionnels conduit sans médiation à l’harmonie.
Il n’est nul besoin d’un État, d’administrations, de contrôle ou de police. Seul est envisagé un Aréopage exerçant une « autorité d’opinion », destiné à prendre quelques décisions pratiques, par exemple établir le calendrier des récoltes, « tout étant de fait réglé par l’attraction ».
L’associationnisme de Fourier repose sur une double articulation : d’un côté, l’inventaire rationnel de l’ensemble des tâches à effectuer, de l’autre, la répartition des individus dans les séries ou les groupes d’activité selon les passions ou les intérêts de chacun. À cet égard, non seulement il est inutile, voire nocif, de viser à l’égalité, mais tout est mis en œuvre pour laisser libre cours à l’expression des hiérarchies et des diversités. Les inégalités entre les pauvres et les riches participent de cette diversité naturelle – avec cette réserve, toutefois, que les nécessiteux reçoivent de la phalange un « minimum vital »; en effet, c’est lorsqu’ils sont libérés des nécessités de l’existence que les hommes peuvent choisir leurs activités en fonction de leurs passions. Ils s’organisent alors en « séries » : chaque individu peut s’inscrire à autant d’activités qu’il a de passions, de telle sorte qu’en changeant d’activité et de série ( i.e. aussi de compagnons de travail) au cours de la journée, il satisfait chacune de ses passions. Mais, en même temps, les relations sociales se trouvent renforcées et l’ensemble des besoins de la phalange satisfaits.
C’est la théorie du « travail attrayant », conjonction des désirs et de l’efficacité économique. Il suffit d’organiser le travail de façon que les tâches nécessaires à la bonne marche de la société reçoivent le zèle et l’enthousiasme des phalanstériens. Mais il faut qu’un minimum de conditions de base soient réunies.
« 1. Que chaque travailleur soit associé, rétribué par dividende et non pas salarié.
2. Que chacun, homme, femme ou enfant, soit rétribué en proportion des trois facultés, capital, travail et talent.
3. Que les séances industrielles soient variées environ huit fois par jour, l’enthousiasme ne pouvant se soutenir plus d’une heure et demie ou deux heures dans l’exercice d’une fonction agricole ou manufacturière. 4. Qu’elles soient exercées avec des compagnies d’amis spontanément réunis, intrigués et stimulés par des rivalités très-actives [8].
5. Que les ateliers et cultures présentent à l’ouvrier les appâts de l’élégance et de la propreté.
6. Que la division du travail soit portée au suprême degré, afin d’affecter chaque sexe et chaque âge aux fonctions qui lui sont convenables.
7. Que dans cette distribution chacun, homme, femme ou enfant, jouisse pleinement du droit au travail ou droit d’intervenir dans tous les temps à telle branche de travail qu’il lui conviendra de choisir, sauf à justifier de probité et aptitude.
8. Enfin que le peuple jouisse, dans ce nouvel ordre, d’une garantie de bien-être, d’un minimum suffisant pour le temps présent et à venir, et que cette garantie le délivre pour lui et les siens [9]. »
Récapitulons : droit à un minimum vital et suppression du salariat ; rétribution selon une règle de justice distributive [10]; principe de libre association dans les deux champs du choix de l’activité et du choix des partenaires – sous réserve d’aptitude et d’honnêteté.
Ajoutons à cela une condition du fonctionnement général que nous n’avons pas encore mentionnée– l’éducation, qui visera à enrichir la vie émotionnelle et à canaliser les passions dans la perspective de la vie communautaire [11] – et rappelons le statut téléologique de l’« unitéisme », « passion foyère » qui est la passion de l’unité, but commun de toutes les autres.
 
Conclusion
 
 
La phalange bénéficie ainsi de l’activité de tous et redistribue ses richesses. L’énergie de chacun s’investit sans perte dans l’économie générale. L’association articulée et hiérarchisée des énergies permet d’atteindre dans le même mouvement la satisfaction des besoins collectifs, l’épanouissement de chacun, le bonheur, la prospérité et l’harmonie générales.
Émile Zola, notamment, s’est inspiré des idées de Fourier pour développer dans Travail le projet d’une cité nouvelle, d’un monde libéré de toutes les formes d’oppression, vivant et travaillant dans la joie, la justice et l’amour. Ainsi peut-il faire dire à son héros : « Il n’y a pas de passions mauvaises dans l’être humain, il n’y a que des énergies, car les passions sont toutes des forces admirables et il s’agit uniquement de les utiliser pour le bonheur des individus et de la communauté [12]. »
 
NOTES
 
[1] Friedrich Engels, Anti-Düring, Paris, Éditions sociales, 1963, p. 299.
[2] Jonathan Beecher, Fourier, Paris, Fayard, 1993, p. 11.
[3] Alain Vergnioux, « Une théorie passionnelle de l’Histoire : Charles Fourier », dans B. Bruneteau (sous la direction de), Histoire et politique, Université de Bretagne occidentale, 1994, p. 353-360.
[4] René Schérer, Fourier ou la contestation globale, Paris, Seghers, 1970.
[5] On trouve dans le livre de Jean Goret, La pensée de Fourier, Paris, PUF, 1974, l’effort le plus abouti pour dresser les tableaux des classifications fouriéristes.
[6] Simone Debout, L’utopie de Charles Fourier, Paris, Payot, 1978.
[7] Renouvier, « La philosophie de Fourier », dans La critique philosophique, 1883-1884, nos 14, 16,21,28 et 29.
[8] Loin de reposer sur la similitude ou même la compatibilité, l’« harmonie » trouve son énergie dynamique dans les disparités, les tensions, les rivalités.
[9] Œuvres complètes de Charles Fourier, 12 volumes, Paris, Éditions Anthropos, 1966-1968, vol. III, p. 15-16. Les volumes II à V de l’édition Anthropos reprennent les quatre volumes de la Théorie de l’unité universelle ( 1841-1843), initialement publiés sous le titre Traité de l’association domestique-agricole ( 1822).
[10] La rémunération « distributive » de chacun ne se fait pas selon des critères de rendement ou d’efficacité, mais d’« attrait », d’« utilité » et de « nécessité ».
[11] La question de l’éducation mériterait d’amples développements. Disons simplement qu’il n’existe pas particulièrement d’écoles ou de salles de classe ; que la pédagogie s’appuie sur la spontanéité et se déploie dans des espaces « ouverts » ; que les vertus sociales que l’on veut développer le seront en particulier à travers la cuisine et l’opéra.
[12] Émile Zola, Travail, Paris, Fasquelle, 1901. Republication : « Les Introuvables », L’Harmattan, 1993, p. 453.
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[1]
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[2]
Jonathan Beecher, Fourier, Paris, Fayard, 1993, p. 11. Suite de la note...
[3]
Alain Vergnioux, « Une théorie passionnelle de l’Histoire :...
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[4]
René Schérer, Fourier ou la contestation globale, Paris, Se...
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[5]
On trouve dans le livre de Jean Goret, La pensée de Fourier...
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[6]
Simone Debout, L’utopie de Charles Fourier, Paris, Payot, 1...
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[7]
Renouvier, « La philosophie de Fourier », dans La critique ...
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[8]
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