Le groupe de paroles d’apprenants et d’apprenantes : un espace de co-formation ?
Françoise Hatchuel
Françoise Hatchuel,
Le groupe de parole d’apprenants et d’apprenantes : un espace de co-formation ?
Ce texte propose d’étendre aux apprenants et
apprenantes au sein d’une institution d’enseignement les groupes d’analyse de pratique
d’ordinaire plutôt réservés aux enseignantes. Partant du principe que l’apprentissage,
comme l’enseignement, confronte le sujet à
des mouvements psychiques complexes, il
montre la nécessité et la difficulté, pour
l’élève ou l’étudiant-e, de parvenir à articuler,
lors du processus d’apprentissage, le soi et le
non-soi. Pour ce faire, les groupes de parole
peuvent offrir un espace d’élaboration pertinent: l’auteur en présente quelques exemples
à différents niveaux d’enseignement. Pour
conclure, elle fait l’hypothèse que nos sociétés tendent à dénier la complexité de la
confrontation au savoir parce qu’elles refusent de prendre le risque que la transmission,
qui concerne aujourd’hui des biens de plus en
plus immatériels, échoue. De ce fait, la marge
de manœuvre des apprenants et des apprenantes est de plus en plus réduite, ce qui les
empêche trop souvent de s’approprier réellement leur acte d’apprentissage.
Françoise Hatchuel,
A learners’speech group : a space for
mutual training ?
This article proposes to apply to learners in a
teacher training institution the practice analysis group usually meant for teachers. Assuming that in learning as well as in teaching,
the subject experiences complex psychical
responses, it shows the need and the difficulty
for pupils and students to be able to articulate
the self and non-self during the learning process. To help them to do so, speech groups
may be a relevant psychical working over
space. A few examples at various teaching
levels will be presented. To conclude, the
author puts forward the idea that our societies
tend to deny how complex it is to face knowledge because they refuse to take the risk of
seeing transmission, which nowadays deals
with more and more immaterial items, fail.
Thus, the learners have less and less leeway,
which often prevents them to fully take
charge of their learning process.
• Quelle place aujourd’hui pour la parole des jeunes ?
• Apprendre : sortir de soi pour revenir à soi
• Le groupe de parole d’apprenant-e-s :
une modalité parmi d’autres
pour faciliter la confrontation au savoir
• Le dispositif d’expression collective des élèves
• Enseignant-e-s et élèves face au savoir :
des conflits psychiques en miroir
• Des groupes de parole centrés sur le rapport au savoir
• Bibliographie