Rapports de domination, laïcité et relations interculturelles
Pour une double critique des processus d’acculturation
Abdelaâli Laoukili
Les processus d’affirmation et de reconnaissance identitaire, quoique la plupart du temps
observés au travers d’expressions individuelles, sont d’abord et avant tout la manifestation de relations et d’interactions entre
groupes d’appartenance primaires, l’un en
position de « dominant» et l’autre en position
de « dominé ». L’exclusion et les discriminations dont feraient l’objet les membres du
groupe « dominé » pousseraient à une affirmation identitaire qui tendrait à remettre en
cause les référents communs comme la laïcité, ces référents étant souvent perçus
comme essentiellement ceux du groupe
« dominant ».
L’hypothèse soutenue est la suivante : les tensions identitaires entre ces deux groupes
seraient une conséquence de l’échec du processus d’acculturation et d’intégration de la
sortie de la colonisation, et en même temps,
l’expression de réactions défensives face aux
nouvelles conditions de reconnaissance et de
cohabitation induites par la mondialisation et
que la société postmoderne, de par son idéologie même, se trouve incapable de réguler.
The process of identity assertion and recognition is mainly working through primary
groups of belonging relationship, one being in
a dominating position, the other in a dominated position. The exclusion and the discrimations, to which dominated group members are
subject to, lead to an identity assertion questioning common references such as secularity,
references being often received as those of the
dominating group. The assumption is that
identity tensions between those groups would
be consequent of the intregration failure after
conolization, and at the same time defence
mechanism against the new ways of recognition and of living together from which post-modern society is not able to cope with.
• Les facteurs communs :
la permanence des tensions politiques et économiques
— De l’hystérie politique
• Les réactions dans le groupe des « dominants »
et la crise des référents communs dans la société postmoderne
— L’ethnicisation
— Les distorsions dans le processus d’argumentation
— Contraindre les identités à la place de la réduction des inégalités
• Les processus spécifiques au groupe « dominé » :
le voile comme révélateur
— Une difficulté à intégrer la modernité et/ou une difficulté de modernisation ?
— Les causes profondes des résistances à la modernité
— De l’intériorisation de la domination à son déni
— La religion comme moyen de légitimation des régimes autocrates
opposés à la laïcité
— La modernisation met à mal la modernité
comme la démocratisation met à mal la démocratie
• Le capitalisme postindustriel, la tolérance
et l’intolérance des différences culturelles
— Retour sur la notion de domination
• Conclusion