2001
Critiques internationales
Le Japon par lui-même
Yves Bougon
prépare au Japon une thèse de l’Institut d’études politiques de Paris. E-mail : Yvesbougon@aol.com
Depuis les années quatre-vingt, la presse
occidentale en général, américaine en particulier, se fait régulièrement l’écho d’un
« retour du nationalisme » ou de l’émergence
d’un « néo-nationalisme » dans l’archipel.
La querelle des manuels scolaires avec la
Chine et la Corée du Sud en 1982, les visites
d’officiels au temple shintoïste de Yasukuni
[1],
qui se sont succédé après celle du Premier
ministre Yasuhiro Nakasone en 1982, le débat
sur la révision constitutionnelle depuis la fin
des années quatre-vingt-dix et l’arrivée au
pouvoir de représentants d’une nouvelle génération ont chaque fois suscité ce type de commentaires. Parmi les quatre derniers Premiers
ministres, tous ont été présentés par la presse étrangère comme nationalistes, l’un
pour ses remarques sur le « caractère divin » (
kami no kuni) de la nation japonaise,
les autres pour leurs discours et politiques réaffirmant la nécessité pour le Japon
de redevenir une « nation normale » (
fûtsû no kuni), c’est-à-dire de disposer d’une
armée. L’actuel Premier ministre Junichiro Koizumi, avec sa volonté maintes fois
réaffirmée de faire abroger l’article 9 de la Constitution (notamment son alinéa 2)
[2],
avec son projet de faire de l’Empereur un véritable chef d’État (
genshu) plutôt
qu’un simple symbole (
shochô), avec son refus de transiger dans l’affaire des manuels
scolaires et bien sûr sa visite au temple de Yasukuni le 15 août, présente tous les
ingrédients habituels du nationalisme japonais. Mais que signifie aujourd’hui ce
terme ? L’universitaire libéral Saeki Keishi a relevé que le pourcentage de ceux « qui
répondent positivement à la question “Seriez-vous prêt à prendre les armes si
votre pays était engagé dans une guerre ?” est particulièrement faible au Japon :
il se situe généralement à 17-18%, contre environ 80% en Corée du Sud et 60%
aux États-Unis et en Angleterre »
[3]. Le sentiment pacifiste, symbolisé par la Constitution de 1946, reste profondément enraciné dans la société japonaise.
Les prises de position officielles de ces dernières années renvoient-elles donc à
la période du militarisme de l’entre-deux-guerres – « retour du nationalisme » –
ou doivent-elles au contraire être interprétées comme l’expression d’une nouvelle
doctrine – « néo-nationalisme » ? En Occident, ces étiquettes sont bien souvent
attribuées sans trop de distinction; et, parmi les nombreux ouvrages japonais sur
le sujet, bien peu ont été traduits. On ne prétend pas ici résumer toute la littérature disponible, mais plutôt présenter les travaux les plus novateurs ainsi que
quelques éléments de débat.
Comme le souligne le japonologue Frédéric Girard dans un ouvrage récent, « il
n’y a pas un nationalisme mais des nationalismes » japonais
[4]. L’abondante littérature historique montre bien cette extrême diversité tant à l’origine de ces doctrines
– l’école nativiste des études nationales de Motoori Norinaga, l’identitarisme racial
de Hirata Atsune, l’école néo-confucianiste de Mito, etc. – que dans leurs formes
modernes
[5].
Le débat a longtemps été indissociable de l’étude du militarisme des années
trente et quarante. Après la guerre, il s’agissait pour les intellectuels de comprendre non seulement l’émergence d’un « ultra-nationalisme » ( chô-kokkashugi)
et l’échec de la « démocratie parlementaire de Taishô », mais aussi la nature du militarisme japonais : version orientale du fascisme européen ou mouvement particulier ? Sur cette question, les travaux de Maruyama Masao ont fait date
[6]. Né en 1914,
disparu en 1996, il avait bien connu le phénomène et, comme nombre de ses pairs,
ne cessa par la suite de s’interroger sur ses racines, jugeant sa compréhension
indispensable au développement de la démocratie dans l’après-guerre
[7]. Maruyama
Masao distingue deux types de nationalisme, le « sain » (
kokuminshugi) et le « malsain » (
kokkashugi), le premier, d’inspiration populaire et reposant sur la souveraineté
du peuple, n’ayant selon lui jamais pris pied au Japon. Maruyama a certes contribué à l’historicisation du phénomène, en étudiant les lignes de continuité entre les
écoles de pensée de l’ère Tokugawa et de Meiji, mais le poids de son influence a
aussi fait de l’équivalence entre nationalisme et fascisme japonais une grille de
lecture quasi obligée. « Ce que nous appelons fascisme japonais, en particulier en
tant que structure d’État, s’est effondré le 15 août 1945. Mais cela n’exclut nullement
la possibilité qu’un mouvement fasciste puisse réapparaître au Japon dans l’avenir »
[8].
L’obsession du passé et la guerre froide vont contribuer à confisquer l’étude du
nationalisme, en en faisant un terrain d’affrontement idéologique plus que de
confrontation intellectuelle. La gauche politique et académique, dont l’un des
vétérans est aujourd’hui le francophile Katô Shuichi, continue d’appréhender le débat
sur la sécurité et la révision constitutionnelle en termes de retour du militarisme
nippon, en partie sous l’influence des analyses de Maruyama Masao. De l’autre côté,
les universitaires « de droite », soutenus par une large fraction du Parti libéraldémocrate (PLD) et certains groupes de presse puissants, se sont engagés depuis
le début des années quatre-vingt-dix dans une stratégie de type « gramscien ».
Regroupés dans une « Association pour une nouvelle histoire » (
atarashii rekishi o
tsukuru kai), ils ont d’abord publié des ouvrages d’histoire grand public avant de
concevoir un manuel scolaire pour le collège
[9]. Leur objectif affiché est à la fois de
remettre en valeur les symboles et mythes de la nation et de faire de l’histoire
japonaise un élément de fierté. Finalement, le débat intellectuel semble encore
aujourd’hui largement prisonnier de ces enjeux politiques, une vision passéiste de
la nation (la mobilisation par le haut) s’opposant à sa négation pure et simple (la
nation comme tabou). Divers travaux tentent pourtant d’imposer un autre regard
sur la nation japonaise pour en analyser de manière critique les mythes fondateurs.
Ces nouvelles approches se sont d’abord efforcées de démonter le mythe essentialiste et an-historique de la nation japonaise. Car dans le Japon de l’après-guerre,
un nationalisme culturel s’est imposé, dans lequel l’ethnicité occupe une large
place
[10]. Forgé à l’aide des outils de l’ethnologie – notamment des travaux de
Yanagida Kunio mais aussi de l’Institut de recherche ethnique, qui joua un grand
rôle pendant la colonisation et la guerre–, ce nationalisme culturel s’est également
nourri des succès de l’économie
[11] à partir des années soixante-dix et quatre-vingt,
notamment dans la diffusion et la réussite des
nihonjinron
[12]. Les éléments caractéristiques en sont : le mythe de l’identité insulaire (
shimaguni), la croyance en une
nation ethniquement homogène, et l’idée d’une continuité de l’institution impériale.
A contrario, les approches critiques tentent de mettre en relief les procès historiques, les lignes de rupture et les débats intellectuels qui menèrent, à partir de la
fin de la période dite de « fermeture » et des premières années de Meiji, à la
constitution d’une nation moderne. S’inspirant des
post-colonial studies occidentales, le sociologue Eiji Oguma est l’un des premiers à déconstruire cette idéologie nationale « monoculturaliste », en en retraçant la production
[13], au travers
notamment du parcours colonial de l’État impérial
[14]. C’est d’abord à la problématique politique de la construction de l’idée de nation que se sont attelés ces travaux. Aux États-Unis, Carol Gluck a été l’une des pionnières de cette école
constructiviste, reprenant à son compte le concept de « tradition inventée »
[15]
pour étudier l’édification d’une idéologie du « sentiment national » dans les dernières années du XIX
e siècle par la production de certains mythes, comme celui
de l’Empereur. Dans ce débat, il est souvent fait référence aux réflexions de Benedict
Anderson sur le nationalisme et l’idée nationale, soit pour en souligner l’intérêt pour
l’étude du cas japonais, soit pour pointer certaines de ses limites.
Mais, depuis quelques années, d’autres champs sont explorés, contribuant à une
meilleure compréhension du phénomène nationaliste au Japon tout en renouvelant
le débat. Plusieurs travaux récents soulignent « l’invention » – et donc son instrumentalisation– par l’État de Meiji d’une culture « traditionnelle » japonaise, qui
aujourd’hui encore est parfois considérée, tant au Japon qu’à l’étranger, comme élément d’une identité multiséculaire. Dans un ouvrage collectif de 1999
[16], Takagi
Hiyoshi insiste sur l’importance du cerisier – en particulier de l’espèce dite
someiyoshino, la plus répandue aujourd’hui– dans l’édification d’un sentiment national à la fin du XIX
e et au début du XX
e siècle. « Assurément, au sein des naturalistes et des savants de l’École nationale, se développe à partir du XVIII
e siècle l’idée
que le cerisier est une spécificité japonaise, que l’on ne retrouve pas en Chine »
[17].
Ce ne sera toutefois qu’au début du XX
e siècle, en particulier après la guerre
russo-japonaise de 1905, que cette espèce particulière de cerisier s’imposera comme
la « fleur nationale ». Mais l’acteur de cette diffusion est moins l’État central que
les micro-nationalismes régionaux (
okuni-jiman, la fierté du pays, au sens de région),
sur lesquels va se greffer le sentiment national moderne. Autre élément constitutif
de l’identité nationale japonaise, la littérature dite nationale (
kokubungaku), le
nationalisme linguistique et tous les canons du classicisme japonais, comme par
exemple les textes dits fondateurs comme le
Kojiki ou le
Nihon shoki
[18]
ou le
Manyôshû.
Dans un livre tout récent intitulé « L’invention du
Manyôshû »
[19], Shinada Yoshikazu
trace la généalogie politique de ce recueil de poèmes classiques (VII
e-VIII
e siècles),
souvent présenté comme la manifestation la plus ancienne du génie poétique national. Suivant les traces de Benedict Anderson, il souligne la volonté des dirigeants
du nouvel État de Meiji et des intellectuels nationalistes de forger un sentiment
national, jugé insuffisant voire inexistant, à partir de certains éléments de la culture
de la Cour impériale
[20]. « Le
Manyôshû, qui fut en réalité édité et compilé par des
aristocrates de Nara, est devenu le reflet de l’unité de la nouvelle nation, dans
laquelle l’Empereur et le peuple étaient considérés comme appartenant au même
organisme »
[21]. Cette nationalisation d’une culture élitiste, sans véritable assise
populaire jusque-là, est l’une des caractéristiques majeures du Japon de la fin du
XIX
e siècle et des premières années du XX
e.
Comment appréhender les nouveaux contours du nationalisme japonais ? Le débat
est désormais en prise directe avec la réalité puisque les partisans d’une révision
de la Constitution pacifiste de 1946 sont à la tête du Parti libéral-démocrate et du
gouvernement. Taku Yamazaki, auteur d’un livre en ce sens, est devenu, fin
avril 2001, le secrétaire général du PLD, alors que Junichiro Koizumi était élu président du parti et Premier ministre. L’un et l’autre ont mis sur l’agenda politique
cette question longtemps taboue. Il est vrai que certains emblèmes de la nation japonaise avaient déjà été, très progressivement, relégitimés. Dès la fin des années
soixante-dix, un vote de la Diète avait fait du nom des règnes impériaux le calendrier officiel. En 1999, une loi a officialisé le
Hinomaru, soleil rouge sur fond
blanc, et l’hymne impérial
Kimi ga yo en tant que drapeau et hymne nationaux, les
rendant obligatoires lors de cérémonies officielles. L’un des projets du gouvernement Koizumi est aussi de faire de l’Empereur un véritable chef de l’État. Ce sont
donc les principaux symboles impériaux qui seraient réhabilités pour faire du
Japon une « nation comme les autres ». La conversion en véritables forces armées
de l’actuelle « Force d’autodéfense » (
jietai) viendrait compléter un processus de
normalisation. Comme le souligne l’historien Kitaoka Shinichi de l’université de
Tokyo, « il est normal de lier étroitement renaissance du nationalisme et réarmement »
[22]. Mais il tente de justifier le retour des symboles de l’avant-guerre par leur
inscription dans un environnement stratégique totalement nouveau – celui de
l’après-guerre froide– et dans le contexte d’un renforcement de l’alliance avec les
États-Unis. « Il y a trois justifications pour nous préparer militairement : chaque
nation a mis en place des législations pour faire face à des situations d’urgence ;
aucune nation ne se refuse le droit à sa propre défense collective ; et aucune
Constitution ne dénie le droit à une nation d’avoir une armée ». Kitaoka ajoute
que le nationalisme japonais actuel, tel qu’il s’exprime dans cette volonté de se doter
d’une armée digne de ce nom, ne peut pas être comparé à celui de l’avant-guerre,
et que « même si, effectivement, il se développe, [il] ne présente aucun danger ».
Pourtant cette tentative d’imposer par le haut une direction et un sens nouveaux
à la « nation » japonaise, en ayant recours à des problématiques anciennes, semble
à la fois décalée par rapport aux réalités de la société et de l’économie, et oublieuse
d’un questionnement fondamental qui était celui de Maruyama Masao après la
guerre. Le Japon a aujourd’hui moins besoin d’un sens collectif – et encore moins
revêtu d’atours néotraditionnels – que d’une réflexion sur le fonctionnement
démocratique des institutions et la nécessaire émergence d’une liberté de conscience
individuelle. Maruyama le soulignait déjà. À défaut de cette dernière, disait-il,
« le Japon n’aura pas de sens de soi (
shutaisei) ni en tant que nation dans le monde
ni en tant que nation pour son propre peuple »
[23].
·
BROWN (Delmer M.), 1955. Nationalism in Japan. An Introductory Historical Analysis, Berkeley et
Los Angeles, University of California Press.
·
MARUYAMA MASAO, 1963. « Nationalism in Japan : Its theoretical background and prospects »,
dans Thought and Behaviour in Modern Japanese Politics, Oxford, Oxford University
Press.
·
MORRIS (Ivan I.), 1960. Nationalism and the Right Wing in Japan. A Study of Post-War Trends,
Oxford, Oxford University Press.
·
SEIFERT (Wolfgang), 1977. Nationalismus im Nachkriegs Japan, ein Beitrag zur Ideologie der
völkischen Nationalisten, Hambourg, Mitteilungen des Instituts für Asienkunde.
·
STRONACH (Bruce), 1985. Beyond the Rising Sun : Nationalism in Contemporary Japan, Westport
et Londres, Praeger.
[1]
Le temple de Yasukuni, situé en plein cœur de Tokyo près du Palais impérial, fut fondé en 1869 pour commémorer les
âmes de ceux qui étaient morts pour « le pays de la paix » (
yasu-kuni), en d’autres termes pour défendre la cause impériale.
C’est le lieu de rendez-vous traditionnel des anciens combattants, de leurs familles et de l’extrême-droite nationaliste, surtout au moment de la Fête des morts, le 15 août. Ysont notamment enterrés les grands criminels de guerre (dits « declasseA »).
[2]
L’article 9 de la Constitution de 1946, rédigée sous les auspices du Haut Commandement des forces d’occupation américaines, stipule que, « aspirant sincèrement à une paix internationale reposant sur l’ordre et la justice, le peuple japonais
renonce à jamais à la guerre comme droit souverain de la nation, et à la menace ou à l’utilisation de la force comme moyen
de résoudre les conflits internationaux » (alinéa 1) et que, « afin de réaliser l’objectif du précédent alinéa, il ne sera jamais
entretenu de forces terrestres, maritimes et aériennes ainsi que d’autres potentiels guerriers. Le droit de l’État à entrer en
guerre ne sera pas reconnu » (alinéa 2).
[3]
Saeki Keishi
et alii, « Kokka to ha nanika » [Qu’est-ce que la nation ?],
Kan, vol. 5, printemps 2001, pp. 56-83.
[4]
Frédéric Girard, « Logique du lieu et expérience unitive de l’absolu : Nishida lecteur du Bouddha ?», dans Augustin Berque
(dir.),
Logique du lieu et dépassement de la modernité, vol. 1 :
Nishida : La mouvance philosophique, Bruxelles, Ousia, 2000,
pp. 217-262.
[5]
Il n’existe pas en japonais, langue contextuelle, de terme unique correspondant à « nationalisme ». Des expressions
comme
kokkashugi (idéologie de l’État),
kokuminshugi (idéologie du peuple),
nashonarizumu (transcription du mot anglais),
kokusuishugi (idéologie de la pureté nationale), ou d’autres encore, peuvent être traduits par « nationalisme ».
[6]
Pour une présentation de Maruyama Masao, voir la préface de Patrick Beillevaire à la traduction française des
Essais sur
l’histoire de la pensée politique au Japon, Paris, PUF, 1996 (l’édition originale date de 1952).
[7]
Pour une présentation générale des travaux et de la pensée de Maruyama Masao, voir Rikki Kersten,
Democracy in Postwar
Japan. Maruyama Masao and the Search for Autonomy, Londres et New York, Routledge, 1996.
[8]
Maruyama Masao,
Thought and Behaviour in Modern Japanese Politics, Oxford, Oxford University Press, 1963.
[9]
Nishiô Kanji,
Atarashii rekishi kyôkasho [Manuel d’une nouvelle histoire], Tokyo, Fusosha, 2001.
[10]
Kevin M. Doak, « Building national identity through ethnicity. Ethnology in wartime Japan and after »,
The Journal of
Japanese Studies, vol. 1, n° 27,2001, pp. 1-39.
[11]
Le fameux « modèle japonais », dont les connotations culturalistes sont très fortes.
[12]
Yoshino Kosaku,
Cultural Nationalism in Contemporary Japan. A Sociological Enquiry, Londres, Routledge, 1992. Les
nihonjiron sont des écrits qui traitent de l’identité nationale japonaise en présentant le Japon comme un objet d’une irréductible
singularité. Ces très nombreux textes ont joui d’une vogue extraordinaire dans les années soixante-dix et quatre-vingt.
[13]
Oguma Eiji,
Tanichi minzoku shinwa no kigen [Origines du mythe de l’ethnie homogène], Tokyo, Shinyôsha, 1995.
[14]
Oguma Eiji,
Nihonjin no kyôkai [Les frontières des Japonais], Tokyo, Shinyôsha, 1998.
[15]
Un texte de Carol Gluck est disponible en français dans un ouvrage collectif récent : Jean-Jacques Tschudin et Claude
Hamon (dir.),
La nation en marche. Études sur le Japon impérial de Meiji, Arles et Paris, Picquier, 2000.
[16]
Nishikawa Nagao et Watanabe Kôzô (eds.),
Seiki tenkanki no kokusai chitsujo to kokumin bunka no keisei
[Ordre international et formation de la culture populaire au tournant du siècle], Tokyo, Hakushobô, 1999.
[17]
Takagi Hiyoshi, « Sakura to nashonarizumu » [Cerisiers et nationalisme], dans Nishikawa et Watanabe,
op. cit.,
pp. 147-170.
[18]
Le
Kojiki [Chronique des choses anciennes] et le
Nihon shoki [Écrits du Japon], qui dateraient respectivement de 712 et
720, sont considérés comme les plus anciennes chroniques historiques de l’archipel. Ils furent longtemps présentés comme
les preuves d’une continuité historique de la famille impériale et des structures de la société japonaise.
[19]
Shinada Yoshikazu,
Manyôshû no hatsumei [L’invention du Manyoshu], Tokyo, Shinyôsha, 2001.
[20]
Une version allégée de ce livre est accessible en anglais dans un ouvrage collectif : Shinada Yoshikazu, « Man’yôshû :
the invention of a national poetry anthology », dans Shirane Haruo et Suzuki Tomi (eds.),
Inventing the Classics. Modernity,
National Identity, and Japanese Literature, Stanford, Stanford University Press, 2000, pp. 31-50.
[21]
Shirane et Suzuki,
op. cit., p. 12.
[22]
Kitaoka Shinichi, « Is nationalism intensifying in Japan ? Focus on recent changes in security policy »,
Journal of
Japanese Trade and Industry, janvier-février 2001.
[23]
Cité par Rikki Kersten,
Democracy in Postwar Japan, op. cit.