Mai 68 a-t-il changé la prison française ?
Grégory Salle
C’est trois ans après Mai 68, mais dans son sillage, que se crée le Groupe d’information sur les prisons (dont Michel Foucault sera l’un des porte-parole), à la suite d’une grève de la faim de détenus lancée par des membres de la Gauche prolétarienne. La question carcérale entre alors dans le champ politique. D’une part, parce que tout détenu, fût-il de droit commun, est considéré par ces militants comme victime de la société de classe et invité par eux, à ce titre, à s’exprimer pleinement et non à se faire « représenter » par les intellectuels ; d’autre part parce que l’après-Mai se caractérise par un éclatement du combat révolutionnaire en différents champs également légitimes (l’école, les asiles psychiatriques, la prison...). Tout en évitant de reconnaître une quelconque relation de cause à effet, les pouvoirs publics entament alors une réforme des prisons, qui trouvera un souffle plus large après 1974 (élection du président Giscard d’Estaing), tout en restant de modeste
• Mai 68 et le GIP
• La réforme des prisons