2002
Critiques internationales
Irlande du Nord : la paix en haut, la guerre en bas ?
Élise Féron
chargée de recherche au Centre interdisciplinaire de recherches (CIR, Paris) et enseigne à l’Institut d’études politiques de Lille.
Depuis plusieurs mois, malgré un fonctionnement à peu près satisfaisant du gouver-nement de « partage du pouvoir » instauré par l’accord du Vendredi Saint d’avril 1998, l’Irlande du Nord est le théâtre d’incidents
récurrents : violentes émeutes intercommunautaires, manifestations anticatholiques autour de l’école Holy Cross de Belfast, affrontements entre groupes armés
et forces de l’ordre... Pendant ce temps, au niveau politique, il n’est question que
de désarmement des groupes paramilitaires et « d’effet 11 septembre », les gouvernements irlandais et britannique joignant leurs forces pour amener l’IRA à un
désarmement total et pour inciter les groupes armés protestants, encore réticents,
à faire de même.
Jamais l’écart entre « la rue » et les leaders politiques n’a été plus évident, jamais
le processus de paix entamé au milieu des années quatre-vingt-dix n’a manqué à ce
point de soutien populaire actif. Cette déconnexion existe depuis longtemps déjà,
mais elle est rendue plus évidente par l’impatience des uns, qui se traduit par des
comportements de violence et de haine, et la relative indifférence des autres qui,
quoique majoritaires, ne semblent pas vouloir défendre le processus de paix en
s’élevant contre ces manifestations d’intolérance. Elle a au surplus été confirmée par
les résultats des élections locales de juin 2001, d’où les extrêmes sont sortis renforcés.
Alors que des solutions aux principaux problèmes sur lesquels achoppait le processus de paix semblent aujourd’hui accessibles, grâce aux concessions faites par l’IRA
sur la question de son désarmement et grâce à la mise en route d’une profonde
réforme de la police nord-irlandaise notamment
[1], on pourrait s’étonner d’une
telle désaffection de la part de la société civile. Elle s’explique pourtant par des raisons à la fois conjoncturelles et plus profondes : à un niveau conjoncturel, le fait
que, depuis la signature de l’accord du Vendredi Saint, il y a quatre ans, le débat
politique se soit presque exclusivement focalisé sur les questions de désarmement
suscite dans la population une lassitude et un scepticisme croissants. Cette insistance des gouvernements britannique et irlandais, aussi bien que des partis unionistes, à demander le désarmement complet de l’IRA occulte les autres initiatives
prises par le gouvernement de partage du pouvoir et donne donc l’impression
qu’une coopération gouvernementale efficace entre les partis issus des deux communautés est impossible. Enfin, force est de constater que le processus de paix est
encore « sous respiration artificielle » et ne survit que grâce aux stratagèmes institutionnels activés par le gouvernement de Londres à chaque crise aiguë, par
exemple lorsqu’il suspend le gouvernement de la province. Tout cela use la crédibilité des institutions mises en place par l’accord, qui ne parviennent pas à convaincre
qu’une « autre » politique est possible.
Mais il y a bien sûr aussi des raisons plus profondes : l’accord, en cherchant à
mettre fin à la violence plutôt qu’à en traiter les causes, n’a pas véritablement
résolu le conflit ; de plus, la société nord-irlandaise, malgré un relatif silence des
armes, continue très largement à fonctionner sur un mode communautaire qui alimente les haines et les vieux stéréotypes ; enfin, le processus de paix n’a pas
(encore ?) réussi à donner naissance à un véritable espace public, dans lequel les
citoyens s’approprieraient les thèmes et les termes du débat politique : n’ayant pas
participé activement à l’élaboration du compromis, il leur est difficile de s’en
emparer, et donc de le défendre.
Une violence sous-jacente
En se focalisant sur la question du désarmement des groupes paramilitaires, les
acteurs du processus de paix ont opéré un double déplacement, d’une part en assimilant le traitement des manifestations de la violence à la résolution de ses causes,
et d’autre part en combattant les « terroristes » déclarés plutôt que la haine qui traverse le corps social nord-irlandais et nourrit non seulement le terrorisme, mais
aussi le fanatisme, les discriminations et les multiples violences quotidiennes.
L’accord du Vendredi Saint s’est en effet contenté de mettre en place les conditions
d’une coopération politique entre les représentants des deux communautés et de
repousser à plus tard la solution du conflit, en soumettant l’avenir de la province
aux vœux de la majorité de sa population.
Cette idée que la violence serait uniquement le fait d’un petit groupe d’activistes
découle naturellement d’une conception obsolète, mais largement répandue dans
les milieux décisionnels, de la culture politique : celle-ci serait « pilotée » par les
élites, tandis que les masses seraient au mieux consentantes, au pire manipulées ;
s’y ajoute, dans ces mêmes milieux, une perception condescendante des catholiques et protestants d’Irlande du Nord comme groupes identitaires d’un autre âge,
s’affrontant autour de quelque obscure querelle théologique, ou simplement incapables d’imaginer une coexistence sur la base d’un pacte politique raisonnable. La
nécessité absolue de faire la paix, la supériorité des idéaux démocratiques quel que
soit le prix de leur mise en œuvre, vont absolument de soi. Une telle conception
fait bon marché des structures sociales, économiques, mentales et culturelles dans
lesquelles s’incarnent au jour le jour les pratiques et cultures politiques des habitants
d’Irlande du Nord. Ces structures ne sont certes pas figées, et font au contraire l’objet
de multiples bricolages et manipulations, mais elles n’en possèdent pas moins une
formidable force d’inertie. En célébrant la paix signée ou la survie d’un gouvernement de partage du pouvoir, on oublie que ceux qui font réellement la paix, en
cette ère post-westphalienne, ne sont pas les dirigeants politiques, même auréolés
d’un prix Nobel
[2], mais bien les populations qui étaient et demeurent les premières
victimes du conflit, c’est-à-dire, essentiellement, celles des quartiers populaires des
grandes villes. Cela ne signifie ni que l’action politique est impuissante à influer
sur le cours des choses, ni que la paix est un objectif impossible à atteindre, mais
que, d’une part, les changements nécessaires à l’établissement d’une paix véritable
sont considérables et que, d’autre part, le processus est voué à l’échec si l’on ne prend
pas en compte cette force d’inertie. En posant la coopération politique entre les
représentants des deux communautés comme objectif ultime du processus de paix,
les architectes de l’accord de 1998 n’ont donc accompli qu’une partie du trajet ;
le plus difficile – une véritable réconciliation sociale – reste à faire.
La poursuite des violences malgré le cessez-le-feu de la plupart des organisations
paramilitaires et l’engagement de désarmement de l’IRA apporte un démenti cinglant à tous ceux qui expliquaient la persistance du conflit uniquement par les
calculs et stratégies de quelques groupes armés. S’il est clair que ces derniers sont
impliqués dans la poursuite des émeutes – étant donné l’étendue et l’ancienneté
de leur enracinement dans les structures politiques et sociales de l’une et l’autre
communautés, le contraire eût été étonnant–, une telle explication demeure insatisfaisante : les motifs souvent triviaux de ces éruptions (une injure lancée à une mère
de famille, un refus de s’effacer sur un trottoir étroit) prouvent assez qu’il n’est nul
besoin des paramilitaires pour que la situation explose, tant les esprits demeurent
échauffés.
Une société communautarisée
La mise en œuvre du processus de paix depuis la signature de l’accord d’avril 1998
n’a pas mis un terme à l’intolérance, bien au contraire. Certes, les opérations les
plus spectaculaires telles que les attentats à la bombe sont beaucoup moins nombreuses, mais jamais depuis le début des années soixante-dix, lorsque les « troubles »
ont atteint leur plus haut niveau d’intensité, la tension entre les membres des deux
communautés, en particulier dans les quartiers populaires des grandes villes comme
Belfast ou Derry, n’a été aussi palpable : les incidents intercommunautaires se
comptent chaque semaine par dizaines
[3], et n’ont, semble-t-il, jamais été aussi violents. Mais ce qui frappe avant tout dans ces manifestations, c’est leur diversité, et
le fait qu’elles n’épargnent apparemment aucun secteur de la vie sociale. De ce fait,
le fossé entre nationalistes et unionistes semble se creuser chaque jour un peu
plus. Jane Kennedy, ministre de la Sécurité du Northern Irish Office, a d’ailleurs
décidé le 4 février 2002 de débloquer quelque 670000 livres afin de reconstruire
et d’étendre les «
peace walls» séparant les quartiers catholiques des quartiers protestants, ainsi que d’autres installations de sécurité à Belfast, Portadown et Derry.
Des tendances de fond, perceptibles depuis plusieurs années, vont dans le même sens :
d’abord, le renforcement de la ségrégation spatiale avec le rétrécissement lent mais
continu des quartiers mixtes et la multiplication des quartiers mono-confessionnels,
des centaines de familles « minoritaires » dans leur quartier quittant chaque année
leur logement à la suite de menaces et d’intimidations ; ensuite, les menaces et le
harcèlement sur le lieu de travail (dont, par exemple, plus du quart des habitants
adultes de Belfast disent avoir été victimes
[4]) ; encore plus inquiétante enfin, la
diminution du nombre et de l’intensité des relations intercommunautaires : une étude
menée fin 2001 par l’Université d’Ulster à Belfast montre par exemple que les protestants et les catholiques vivant dans cette ville se fréquentent encore moins qu’ilya
dix ans, avec un fossé grandissant surtout entre les jeunes générations, dont plus des
deux tiers disent n’avoir jamais eu de véritable conversation avec un membre de
« l’autre » communauté. L’espoir que peuvent faire naître quelques initiatives transcommunautaires extrêmement médiatisées mais marginales – comme par exemple
les écoles dites « intégrées », accueillant enfants catholiques et protestants
[5], ou les
associations œcuméniques pour la paix– ne vaut qu’à long terme, et ne se réalisera
qu’à la condition de profonds changements sociaux et culturels.
L’étonnement des observateurs face à la contradiction apparente entre ces éruptions récurrentes de violence et l’approbation de l’accord du Vendredi Saint par la
population
[6] résulte donc d’un profond malentendu sur le sens à donner à ce soutien.
Si beaucoup de Nord-Irlandais sont effectivement en faveur d’un gouvernement de
partage du pouvoir et des institutions mises en place à cette fin, c’est davantage par
lassitude vis-à-vis d’un conflit qui s’éternise qu’en raison d’un apaisement des esprits
ou d’une disparition de l’intolérance. La majorité de la population, qui n’était
d’ailleurs pas directement victime des troubles, est depuis longtemps déjà favorable à la paix, tandis que les milieux populaires les plus touchés par les violences
espéraient une amélioration de leur situation matérielle, sans pour autant devoir faire
trop de concessions ou abandonner leurs idéaux politiques séculaires. Le paradoxe
entre un processus institutionnel relativement efficient malgré quelques à-coups et
la stabilisation, voire le renforcement du conflit à un niveau social n’est donc
qu’apparent. La signature d’un accord de paix n’efface pas miraculeusement plusieurs
décennies de pratiques sociales discriminatoires et exclusivistes; son efficacité aux
niveaux politique et institutionnel les rend même plus évidentes encore.
Les lacunes du processus de paix
Parce qu’il implique et canalise la plupart des véhicules traditionnels de la violence
(partis politiques et groupes armés), et parce qu’il est presque parvenu à mettre un
terme à ses formes les plus paroxystiques telles que les attentats à la bombe, le processus de paix a en réalité libéré un autre type de violence, beaucoup plus « éruptive »
que celle de naguère, quand les élites relayaient les besoins et demandes identitaires
de la population. Maintenant que la plupart des responsables politiques et paramilitaires sont engagés dans un système institutionnalisé de coopération et de marchandage, la violence s’exprime hors de tout schéma prévisible. En d’autres termes,
on est passé d’un conflit impulsé et contrôlé par les dirigeants (
elite driven) à un
conflit dans lequel ce sont les « masses » qui ont l’initiative et agissent (
mass driven).
Ce glissement est tout à fait perceptible, notamment, dans la résurgence d’émeutes
intercommunautaires de grande ampleur, rappelant celles de la fin des années soixante
et du début des années soixante-dix, c’est-à-dire précisément la période où le conflit
ne s’était pas encore complètement cristallisé à un niveau politique et partisan.
S’estimant privées de leurs canaux d’expression habituels, les populations des quartiers populaires retrouvent un répertoire d’actions collectives un temps délaissé, qui
leur permet d’exprimer leurs frustrations, attentes et ressentiments
[7].
Que l’IRA ait monnayé son désarmement en échange de l’arrêt des poursuites à
l’encontre de certains de ses membres en fuite, et afin de doper les résultats électoraux de sa branche politique (le Sinn Féin) lors des élections générales du 17 mai
au sud de l’île est révélateur a contrario de ce glissement : en passe d’être intégrée
au système, la vieille organisation républicaine laisse derrière elle un nombre important de militants qui restent peu sensibles aux promesses d’une institutionnalisation
perçue comme destructrice d’idéaux et de symboles. La formidable capacité de la
démocratie à digérer ses opposants n’est certes plus à démontrer, mais encore
convient-il de rappeler que cette assimilation concerne les structures plus que les
idées. D’un autre côté, ce n’est nullement un hasard si c’est surtout du côté des
groupes armés protestants, pour la plupart restés à l’écart du processus de paix,
que la situation est préoccupante : ils n’ont, pour le moment, pas entamé de
mouvement de désarmement comparable à celui de l’IRA, et sont responsables
aujourd’hui de plus des trois quarts des attentats ou actes de type paramilitaire
commis dans la province. De plus, tout porte à croire que la principale organisation armée impliquée dans les émeutes récentes est le groupe protestant UDA
(Ulster Defence Association), précisément le seul d’une certaine importance qui ne
soit pas représenté au sein de l’Assemblée de partage du pouvoir. N’étant pas réellement liés au processus de paix, ses partisans ne se sentent pas obligés de le défendre,
et leur marginalité politique entrave à son tour leur institutionnalisation.
La mise en œuvre de dispositifs politiques et institutionnels de coopération a donc
modifié la nature du conflit en faisant basculer la plupart des acteurs politiques dans
le champ de la négociation. Mais, si les mécanismes institutionnels fonctionnent
assez bien, les membres des deux communautés, qui ne sont pas en paix pour
autant, se retrouvent privés d’organisations auxquelles s’identifier et de modes
d’action pour exprimer leur mécontentement.
L’ampleur du décalage entre les élites et la masse s’explique au surplus par
l’absence d’un véritable espace public commun dans lequel les revendications et
les ressentiments populaires seraient médiatisés. L’apprentissage du dialogue, de
la discussion, du compromis au travers des négociations de paix a concerné les élites
et non pas la population, qui est en général restée spectatrice de ces « avancées historiques » et n’a donc pas été en mesure de se les approprier. La scène politique
et médiatique reste par ailleurs, malgré la présence de structures de coopération
communes, très largement clivée suivant l’appartenance communautaire, ce qui
entrave la circulation des idées et surtout la compréhension et la défense du processus de paix. Dans les discours politiques, le registre de l’intolérance semble
encore bien vivant, et pas uniquement aux extrêmes. On a ainsi pu entendre, en
février 2002, le conseiller Martin Meehan, membre du Sinn Féin, traiter des manifestants loyalistes de « salauds d’Orangistes », ou le Premier ministre de la province David Trimble décrire en mars la République d’Irlande comme un État
« désespérément sectaire, mono-culturel et mono-ethnique ». C’est que, malgré
le dispositif de partage du pouvoir, les milieux politiques sont pris dans des logiques
de concurrence et contraints de réactiver les registres d’opposition traditionnels
pour ne pas perdre leurs électeurs au profit des quelques partis demeurés hors du
processus de coopération. De manière générale, bien loin d’œuvrer à sensibiliser
la population aux exigences du processus de paix et à la nécessité de la réconciliation,
les partis contribuent en réalité à perpétuer l’intransigeance, qui fonde le pouvoir
politique de notables habitués depuis longtemps à se présenter comme les défenseurs et les hérauts de leur communauté.
Les dirigeants nord-irlandais, mais aussi britanniques et irlandais, sont ainsi
confrontés à un nouvel avatar d’une querelle vieille de plusieurs siècles, qu’ils
n’ont pas résolue mais déplacée. Outre les violences et les nouveaux ressentiments
qu’elles engendrent, les conséquences de la déconnexion entre le milieu politique
et les citoyens sont potentiellement désastreuses pour le processus en cours,
puisque, à moins d’une reprise en administration directe de la province par Londres
(qui sonnerait immanquablement le glas du cessez-le-feu de la plupart des groupes
paramilitaires), le gouvernement britannique ne pourra éviter longtemps la tenue
de nouvelles élections locales; or tout laisse prévoir que celles-ci renforceront les
partis les plus radicaux, unionistes comme nationalistes, et remettront donc en cause
des acquis des dernières années.
La situation en Irlande du Nord illustre, comme bien d’autres, à quel point les
résolutions de conflits sont le lieu où se conjuguent des temporalités difficilement
ajustables, avec d’un côté le temps médiatique du traité de paix, souvent signé
dans la précipitation d’une date-butoir symbolique, et d’un autre côté le temps des
structures sociales et des mouvements de fond, dont l’évolution réclame parfois
plusieurs générations. En l’absence d’un véritable espace public – qui ne soit pas
seulement médiatique– dans lequel relayer, expliquer, discuter et ajuster les décisions prises en haut, la caution du social fait défaut aux processus institutionnels
les mieux intentionnés et les mieux agencés.
[1]
Suite à l’accord du Vendredi Saint, la police nord-irlandaise RUC (Royal Ulster Constabulary) a été remplacée le
4 novembre 2001 par la PSNI (Police Service of Northern Ireland), avec un nouveau drapeau, un nouvel emblème, mais
surtout une nouvelle structure et un mode de recrutement plus attractif pour les catholiques.
[2]
David Trimble (unioniste) et John Hume (nationaliste) ont conjointement obtenu en 1998 le prix Nobel de la Paix pour
leur rôle dans le processus de paix et l’élaboration de l’accord du Vendredi Saint.
[3]
Plusieurs institutions en font régulièrement état. Voir notamment les listes quotidiennes établies depuis janvier 1999 par
le Pat Finucane Center, accessibles sur
www. serve. com/ pfc
[4]
Selon un rapport intitulé
Chill Factor or Kill Factor ? publié fin février 2002 par le West Belfast Economic Forum. Ce rapport
indique par ailleurs que près des deux tiers des habitants de Belfast désignent un ou plusieurs quartiers dans lesquels ils
n’accepteraient pas d’aller travailler.
[5]
On estime qu’environ 3 % des enfants nord-irlandais (niveaux primaire et secondaire) fréquentent aujourd’hui ce type
d’écoles.
[6]
Rappelons que, lors du référendum organisé en mai 1998 en Irlande du Nord, plus de 70% des votants avaient exprimé
leur soutien à cet accord de paix.
[7]
Il est d’ailleurs révélateur que, lors de ces émeutes, ce ne sont pas forcément les membres de l’autre communauté qui sont
pris pour cible, mais bien souvent les forces de sécurité, représentant un ordre politique que beaucoup refusent de continuer
à accepter.