Les guerres civiles à l’ère de la globalisation
Nouvelles réalités et nouveaux paradigmes
Roland Marchal
Christine Messiant
Il existe trois grands courants de théorisation pour analyser les guerres de l'après-guerre froide et de l'ère de la mondialisation. Le plus influent est sans doute celui qui établit une différence qualitative entre les guerres d'aujourd'hui et celles de la période antérieure, et sa représentante la plus sérieuse est Mary Kaldor : les guerres d'aujourd'hui seraient identitaires, exerceraient leur violence surtout contre les populations et auraient une économie fondée sur le pillage, alors que celles d'hier auraient été idéologiques, auraient cherché à gagner les populations à leur cause et auraient fonctionné sur la base d'une mobilisation des ressources. Examinées de près, ces théorisations ne tiennent pas. Pourtant l'enjeu est considérable si l'on songe que ce courant constitue avec les deux autres (notamment avec celui de Paul Collier sur l'économie des guerres), et en dépit de larges différences, un paradigme dominant (sans être pour autant une pensée unique) qui exerce une influence déterminante sur la politique de la "communauté internationale".
• Les nouvelles guerres civiles sont-elles si différentes des anciennes ?
— De l’idéologie universaliste dans les anciennes guerres
et de son absence dans les nouvelles
— Du soutien populaire des anciens conflits
et de la barbarie des nouveaux
— De la mobilisation des ressources dans les anciennes guerres
et de la prédation par les nouvelles
• Analyse des conflits ou construction d’un syndrome ?
— Des objets et des analyses différents pour une même théorie
— Des amalgames invalidants
— Une construction de syndromes