2003
Critiques internationales
Turquie : changement de gouvernement ou changement de régime ?
Gilles Dorronsoro
professeur de science politique à l’Université de Rennes, auteur de La révolution afghane, Paris, Karthala, 2000. E-mail : gdorrons@club-internet.fr Élise Massicard
Élise Massicard
enseigne la science politique à l’Université de Marmara (Istanbul). Elle est l’auteur d’une thèse à paraître sur la mobilisation alévie en Turquie et en Allemagne. E-mail : elise.massicard@laposte.net
Jean-François Pérouse
pensionnaire scientifique de l’Institut français d’études anatoliennes (Istanbul). E-mail : jean-francois.perouse@ifea-istanbul.net
Recep Tayyip Erdogan, à la tête de l’AKP
[1],
parti créé il y a à peine un an et demi, est le
grand vainqueur des élections législatives du
3 novembre 2002. Pourtant, récemment condamné pour irrégularités dans la gestion
de la municipalité d’Istanbul, Erdogan avait purgé quatre mois de prison en 1999
pour discours jugés séditieux. Cela n’a pas empêché un tiers des votants de voir en
lui une alternative à des partis de gouvernement profondément discrédités. En
outre, même s’il est issu de l’ancien parti Refah – interdit par la justice turque pour
atteinte à l’ordre constitutionnel laïque – comme une grande partie des cadres de
l’AKP, Erdogan a su désamorcer une question potentiellement explosive en refusant
la référence à l’islam politique au profit d’un appel plus consensuel aux valeurs religieuses, simplement présentées comme constitutives de la culture nationale.
L’état de grâce que connaît la nouvelle majorité ne concerne pas seulement la
Turquie, mais aussi les pays étrangers, qui accueillent avec un calme bienveillant
son arrivée au pouvoir. Il faut dire qu’Erdogan a donné des gages de continuité,
aussi bien dans le domaine économique – ce qui explique la bonne tenue de la
Bourse – qu’en politique étrangère, en affirmant notamment la permanence de
l’alliance avec Israël et de l’objectif d’adhésion à l’Union européenne.
Les résultats des élections du 3 novembre représentent pourtant un changement
majeur dans le paysage politique turc. Avec près de deux tiers des sièges et une solide
légitimité politique, l’AKP peut envisager des réformes institutionnelles en
profondeur. S’achemine-t-on vers un changement de régime en Turquie ?
Tout d’abord, pourquoi la coalition sortante a-t-elle convoqué des élections qui
allaient s’avérer aussi désastreuses pour elle ? Un bref retour sur sa genèse peut
éclairer cet apparent paradoxe. Cette coalition s’était constituée à la suite de la décision des militaires turcs de mettre fin au cabinet DYP-Refah issu des élections de
décembre 1995. Devant la nécessité de bâtir un nouveau gouvernement en juin 1997,
les autres grands partis représentés au Parlement – DSP, MHP et ANAP– ont formé
une alliance qui s’est ensuite trouvée prolongée après leur victoire « relative »
aux élections de 1999 – aucun d’entre eux n’étant assez puissant pour pouvoir se
passer des autres. Arrivé en tête avec le DSP, Bülent Ecevit conserva alors le poste
de Premier ministre.
Cette coalition contrainte, entre un parti d’extrême droite, un parti nationaliste
de gauche et un autre de centre-droit, ne disposait pas de programme bien défini.
Elle était en outre incapable de prendre des décisions rigoureuses concernant
l’économie, alors que celle-ci souffrait d’un important endettement, d’une inflation galopante et d’un système bancaire au bord de la faillite. Cette paralysie gouvernementale a entraîné une crise des changes particulièrement brutale en février
2001, la monnaie turque perdant 40% de sa valeur face au dollar en une journée.
L’économie réelle a été durement touchée par une récession de 10% en un an et
plus d’un million de chômeurs supplémentaires. Face à cette crise économique sans
précédent sous la République, la coalition n’est pas parvenue à faire preuve de
cohésion et a programmé des élections anticipées, malgré des sondages concordants
qui annonçaient des résultats désastreux pour tous les partis au pouvoir.
Ce suicide politique s’explique par la conjonction de conflits à l’intérieur des partis
et d’anticipations erronées – teintées d’ambitions personnelles – quant aux réactions de l’électorat. Àpartir d’avril 2002, la maladie d’Ecevit cristallise l’opposition
interne et externe à un leader vieillissant. Le ministre des Affaires étrangères,
Ismail Cem, fonde le YTP
[2] en pensant profiter du ralliement putatif du très populaire ministre chargé de l’économie, Kemal Dervis
[3], pour attirer des voix en cas
d’élections anticipées
[4]. Durant l’été 2002, les défections massives réduisent de
moitié le nombre de députés du principal partenaire de la coalition. C’est donc
d’abord d’un point de vue strictement arithmétique que celle-ci avait des difficultés
à se maintenir au pouvoir. Le deuxième élément déterminant a été la décision du
MHP de précipiter des élections, en raison d’une opposition idéologique à certaines
mesures demandées par l’Union européenne – notamment l’abolition de la peine
de mort, la mise en place d’émissions en kurde à la radio et à la télévision, et la possibilité d’enseigner cette langue. Il comptait ainsi profiter des élections anticipées
pour rassembler l’opposition au projet d’adhésion à l’Union européenne, perspective
largement acceptée par les autres partis. Tout comme ces derniers, le MHP a ainsi
sous-estimé le discrédit des politiques au pouvoir et donné une occasion inespérée
à l’opposition. Quant au troisième partenaire de la coalition, l’ANAP, il n’a pas pu
s’opposer à ce mécanisme une fois qu’il était engagé, d’autant que les milieux
patronaux, l’un de ses soutiens traditionnels, faisaient pression dans ce sens et
qu’il était lui-même touché par une série de démissions affaiblissant son poids
parlementaire.
Rejet des sortants, recomposition politique et polarisation
Dans ce contexte mouvant fait de défections, de perspectives d’alliances et d’incertitude, la campagne a été brève et chaotique. Certains députés – principalement
ceux ayant peu de chances d’être réélus, que leur parti soit mal placé dans les sondages ou qu’il ne les ait pas désignés comme candidats– onttenté jusqu’au dernier
moment de former un nouveau gouvernement pour éviter les élections. Le
1er octobre, soit seulement un mois avant le scrutin, un ultime vote assurait la victoire des partisans de la tenue d’élections anticipées ( 332 contre 204).
Les thèmes de la campagne ont d’abord été économiques. Différents milieux
professionnels, notamment les PME et les travailleurs indépendants – qui formaient une base électorale importante pour le DSP et le MHP – avaient montré
leur inquiétude dès le printemps, par de larges manifestations. Pour imposer un
autre agenda plus favorable à la coalition sortante, le MHP a voulu jouer la carte
classique de la menace, notamment en agitant le spectre de la création d’un « État
kurde » en Irak; de même, le DSP a mis en avant le caractère « islamiste » de l’AKP;
dans les deux cas, cette stratégie n’a pas produit derésultats concluants. L’intérêt
des débats politiques a été très faible, à la fois en raison de la tactique des candidats
– qui ont évité les questions de fond
[5] –, de l’impréparation généralisée et de la piètre
qualité des chaînes turques généralistes, dont les journaux télévisés traitent essentiellement de faits divers, sanglants ou sportifs.
Quels enseignements tirer des résultats ? Tout d’abord, le taux de participation
a été légèrement inférieur à ceux des scrutins précédents, même s’il reste relativement élevé
[6]; cela semble indiquer le rejet ou l’indécision des électeurs. Surtout,
la volatilité de l’électorat paraît stupéfiante : le DSP passe de 22% en 1999 à 1%
trois ans plus tard
[7]. Les électeurs ont en effet envoyé un signal de rejet très clair
à tous les partis au pouvoir. L’ANAP – parti dominant dans les années quatrevingt avec Özal– n’a obtenu que 5% des suffrages. Le MHP a été le seul parti sortant à résister relativement, en raison d’un réseau militant efficace et d’une certaine
cohérence dans son discours ultra-nationaliste. Le DYP, bien que dans l’opposition
depuis 1997, n’est pas parvenu – de peu il est vrai– à passer la barre des 10%, ce
qui tient peut-être à l’usure de son leader, Tansu Çiller, personnalité controversée.
Il n’a pas réussi à conserver ses positions, notamment dans le Sud-Est. À l’ouest
du pays, il perd aussi des bastions comme Mugla et Aydin au profit du CHP. C’est
plutôt dans les petites villes et les campagnes que l’ANAP et le DYP ont tenu
bon, grâce aux notables locaux.
[8]
[9]
Résultats électoraux aux législatives de 1999 et 2002, en pourcentage des suffrages exprimés
1999 2002
DSP 22,2 1,23
MHP 18 8,35
ANAP 13,2 5,09
DYP 12 9,55
CHP 8,7 19,4
GP - 7,25
HADEP 4,7 -
DEHAP - 6,2
F 15,4 -
AKP - 34,31
SP - 2,5
NB : après l’interdiction du FP8,
deux mouvements lui ont
succédé, le SP9 et l’AKP.
En revanche, les bons résultats du Genç Parti ( 7,25 %) indiquent la perte de
repères de l’électorat, notamment parmi les jeunes. Son fondateur et dirigeant, Cem
Uzan, à la tête d’un important groupe industriel et de communication, s’est lancé
dans la politique quelques mois avant les élections, probablement pour obtenir une
immunité parlementaire
[10]
ou une protection gouvernementale. Il a en effet été
condamné par la justice américaine à rembourser plus de deux milliards de dollars,
escroqués à des entreprises américaines et européennes. Ce « Parti jeune », en fait
largement constitué des employés du groupe, a développé un message populiste
caricatural (nationaliste et anti-américain) qui a su séduire des électeurs souvent
masculins, peu éduqués et pauvres. Novice en politique et sans programme, Cem
Uzan n’a participé à aucun débat, ses meetings sont restés fermés aux journalistes
n’appartenant pas à son groupe de médias
[11].
Ce vote-sanction à l’égard des partis au pouvoir
[12]
et, plus largement, des partis
traditionnels était d’autant plus attirant qu’il existait une alternative dans chaque camp,
à gauche avec le CHP, à droite avec l’AKP. La polarisation de l’électorat, qui a
négligé – selon le principe bien connu du vote « utile » – les petits partis ayant peu
de chances de passer la barre des 10%, explique que seuls l’AKP et le CHP soient
représentés au Parlement
[13]. Cette polarisation peut être interprétée comme la
conséquence du positionnement résolument centriste de l’AKP. Vainqueur incontesté du scrutin, ce dernier a largement repris la stratégie qui avait fait le succès de
Turgut Özal et de son parti, l’ANAP, dans les années quatre-vingt : un parti attrapetout mordant sur le vote islamiste et de centre-droit. L’AKP a cherché et obtenu le
soutien d’une partie des milieux d’affaires conservateurs et des classes moyennes touchées par la crise. Son discours conservateur lui a, semble-t-il, également valu
l’appui d’une grande partie des confréries. Enfin, la personnalité d’Erdogan, tribun
assagi construit en figure de victime, a été une véritable locomotive pour sa nouvelle formation. Son discours ambigu a permis à des électeurs de différentes sensibilités de se retrouver en lui : son passé islamiste, son origine populaire, son discours
libéral en économie, tous ces aspects ont été habilement utilisés. De plus, il est
apparu comme un martyr, cristallisant probablement les sentiments anti-
establishment
d’une grande partie de la population. De ce point de vue, la guérilla judiciaire
contre lui a pu, paradoxalement, contribuer à sa victoire. Il existe évidemment un
lien entre le succès de la stratégie de l’AKP et le recul sévère des partis de centredroit qui avaient dominé la vie politique depuis les années quatre-vingt.
Ainsi, à l’ancienne division gauche-droite-islamiste succède une opposition
gauche-droite, les deux camps étant cependant de force inégale. En effet, la gauche
sort une nouvelle fois affaiblie de la consultation électorale. Malgré la présence un
peu trompeuse du CHP comme unique parti d’opposition au pouvoir, l’addition des
votes pour les partis de gauche montre un tassement qui les ramène autour de
25% en comptant le DEHAP
[14]. Le CHP ne parvient pas au niveau du DSP en 1999,
et l’extrême gauche est électoralement inexistante. On semble là devant une tendance de long terme. L’origine du déclin de la gauche turque remonte au coup
d’État de 1980; rappelons que les militaires, qui aiment aujourd’hui à se présenter
comme les « garants de la laïcité », faisaient alors de la destruction de la gauche turque
un objectif premier, notamment en appuyant les partis conservateurs et religieux.
Enfin, notons que la régionalisation des votes, tendance déjà remarquée lors des
élections de 1999, s’affirme. La carte est de ce point de vue saisissante : le DEHAP
confirme sa place de premier parti dans les départements du Sud-Est, alors que l’AKP
arrive premier dans toute l’Anatolie et que le CHP domine la bordure méditerranéenne et égéenne, ainsi que les marges occidentales du pays. ÀIstanbul, ces deux
derniers partis font des scores supérieurs à leur moyenne nationale.
Les élections précipitées de novembre 2002 ont donc entraîné un bouleversement
du jeu politique, créant une situation combinant opportunités inédites et incertitudes.
Vers un changement de régime ?
D’une crise profonde du système politique naît une situation sans précédent qui
pourrait entraîner son renouvellement. La première conséquence de la nouvelle
donne est la disparition politique de la génération d’avant 1980. Ecevit a annoncé
son retrait de la vie politique pour le printemps prochain et Erbakan, qui a obtenu
moins de 5 % des voix dans son ancien fief de Konya, paraît également hors jeu.
Les leaders des partis de centre-droit, Çiller et Yilmaz, sont fortement ébranlés,
même si le fonctionnement très centralisé et hiérarchique des partis turcs leur
laisse une chance de conserver, à vrai dire très affaiblie, leur position. Une recomposition du centre-droit est en tout cas possible si ces deux leaders, dont les relations personnelles sont exécrables, cèdent la place.
Dans ces conditions, le nouveau gouvernement se trouve dans une position de
force pour imposer une ligne politique cohérente pendant plusieurs années, sans
avoir à négocier avec des partenaires au sein d’une coalition. En effet, l’AKP,
même en tenant compte des élections locales prévues dans un an et demi, a devant
lui un mandat de cinq ans. Même si la tenue d’élections anticipées reste probable,
une certaine stabilité gouvernementale semble installée. De plus, les défections sont
moins à craindre que dans le Parlement précédent : il n’y a qu’un parti d’opposition,
idéologiquement éloigné de l’AKP. Pour quelques mois au moins, le gouvernement
jouit également d’un état de grâce, à la fois interne et sur la scène internationale.
Cette configuration favorable a pour premier effet d’entraîner des anticipations
positives de la part des acteurs économiques, dont la bonne tenue de la Bourse est
un signe. En outre, la politique d’austérité du gouvernement précédent commence
peut-être à porter ses fruits, comme l’indique la remontée de la production industrielle. De plus, les institutions internationales et les États-Unis sont, depuis le début
de la crise, très attentifs à ce que cet allié important des pays occidentaux, frontalier de l’Irak, ne soit pas déstabilisé. Il reste que l’AKP a été extrêmement flou sur
ses intentions économiques, même s’il semble envisager un programme d’inspiration libérale, voire ultra-libérale, comme l’indiquent les premières déclarations
annonçant une accélération des privatisations. L’état de grâce a pourtant des limites,
au moins sur la scène internationale. Les déclarations de Giscard d’Estaing sur le
caractère « non européen » de la Turquie n’interviennent pas par hasard, au
moment précis où un parti largement considéré comme porteur de valeurs islamiques
arrive au pouvoir. C’est donc « opportunément » que ce débat refait surface, ainsi
que le courant d’opinion – souvent, mais pas exclusivement, conservateur – pour
lequel conduire à bonne fin la candidature turque serait une erreur.
Il reste qu’en politique étrangère, les premières déclarations d’Erdogan, infatigable ambassadeur du nouveau gouvernement, vont dans le sens de la continuité
et du respect des engagements pris. Même si le nouveau gouvernement dit vouloir intensifier les relations commerciales avec les pays voisins comme l’Irak ou la
Syrie – ce qui aurait des retombées positives pour l’économie des régions frontalières– cette démarche est très différente de celle d’Erbakan qui avait, une fois au
pouvoir, tenté de promouvoir une « politique extérieure musulmane ». Celle-ci,
marquée par l’amateurisme, avait été empêchée par les militaires, qui contrôlent
largement les options extérieures de la Turquie. Le seul changement notable tient
donc aux premières déclarations d’Erdogan sur Chypre, notamment les références
à un « modèle belge », qui sont en rupture avec la ligne dure du gouvernement
Ecevit. Malgré les démentis qui ont suivi, il semble que le nouveau gouvernement
envisage de faire pression sur Denktas pour accélérer le règlement de la question
chypriote, qui fragilise la candidature européenne de la Turquie.
Le principal risque pour l’AKP paraît tenir aux tensions qui vont probablement
émerger dans les prochains mois, surtout si le gouvernement envisage des réformes
de fond. Pour la première fois depuis la période Özal, le nouveau gouvernement
a la possibilité de faire évoluer de façon significative les équilibres institutionnels
et politiques. Le premier problème tient au fait qu’Erdogan a vu sa candidature à
la députation interdite, du fait de sa condamnation précédente. Il n’a donc pas pu
être Premier ministre, et c’est le numéro deux de l’AKP, Abdüllah Gül, qui a été
désigné comme tel par le président, sur proposition d’Erdogan. Des réformes
institutionnelles sont possibles avec le soutien de députés indépendants ou du
CHP. Ainsi, le système judiciaire, qui a fonctionné comme une machine à interdire les candidats ou les partis ces dernières années, va en partie passer sous le
contrôle de l’AKP, avec de probables tensions au moment des nominations
[15].
N’oublions pas, enfin, que l’AKP lui-même est encore sous le coup d’une demande
d’interdiction de la part du procureur de la République.
Pour l’instant, le nouveau gouvernement est resté dans le vague, mais une véritable réforme institutionnelle ne pourra que créer des oppositions dans certaines
institutions dont le rôle est central depuis le coup d’État de 1980. Les relations avec
l’armée sont bien sûr l’enjeu majeur. Erdogan a tiré les leçons de l’échec d’Erbakan;
en ce sens, il évitera probablement un affrontement direct avec l’armée. Mais la
marge de manœuvre de celle-ci est également limitée, tant une intervention directe,
ou indirecte comme en février 1997, détruirait la crédibilité de la Turquie. Quel
sera le rôle du Conseil national de sécurité face à un gouvernement homogène, alors
même que l’Union européenne critique la place de l’armée dans les processus
décisionnels ? Il est probable que les dossiers économiques auront, au moins dans
un premier temps, la priorité, à la fois parce que la demande des électeurs va dans
ce sens, et parce qu’Erdogan a appris les dangers que l’on court à heurter de front
les pouvoirs installés.
[1]
Adalet ve Kalkinma Partisi, Parti de la justice et du développement.
[2]
Yeni Türkiye Partisi, Parti de la Nouvelle Turquie, se réclamant à la fois de la social-démocratie et du libéralisme.
[3]
Kemal Dervis, ancien fonctionnaire international à la Banque mondiale, avait été appelé à la rescousse par le gouvernement
pour « sauver l’économie ».
[4]
Finalement, Kemal Dervis rejoindra le CHP.
[5]
Le seul débat important entre Erdogan et Baykal a été courtois, sans cependant apporter beaucoup de précisions sur le
contenu des programmes.
[6]
Cela est habituel, notamment parce que l’abstention est punie d’une amende.
[7]
Le vote aux frontières des Turcs de l’étranger présente des variations de moindre ampleur. L’ANAP conserve par exemple
son score de 1999.
[8]
Fazilet Partisi, Parti de la Vertu.
[9]
Saadet Partisi, Parti du Bonheur.
[10]
Il n’est pas seul dans ce cas : un certain nombre de nouveaux députés, en difficulté avec la justice nationale ou internationale, ont obtenu l’immunité convoitée.
[11]
Sa chaîne télévisée, STAR, a d’ailleurs été fermée pour quelques jours en raison d’une couverture trop partiale des élections.
[12]
Le taux de renouvellement de l’Assemblée est de 90%.
[13]
Cela signifie que 45% des suffrages exprimés ne sont pas représentés au Parlement.
[14]
Le DEHAP est la réunion du parti pro-kurde HADEP et de deux petits partis d’extrême gauche.
[15]
Le ministre de la Justice a un pouvoir de nomination important.