Risques et limites d’un retour du nationalisme en Serbie
Jacques Rupnik
En dépit du renversement de Slobodan Milosevic, la persistance du nationalisme en Serbie est bien réelle. À cela plusieurs raisons : tout d’abord, le nationalisme est devenu la matrice idéologique des élites serbes après le communisme ; ensuite, les appareils d’État, et notamment les services de sécurité, sont restés pour l’essentiel en place après 2000 ; par ailleurs, le vote nationaliste traduit souvent les difficultés économiques des victimes de la transition économique ; enfin, les revendications territoriales, au Kosovo notamment, ne cessent de renforcer le sentiment nationaliste. L’intégration de la Serbie dans l’Union européenne pourrait sans doute faire en sorte d’en éviter les dérives.
• Les ressorts du nationalisme serbe
— La matrice idéologique des élites politiques serbes
— L’assise institutionnelle des forces nationalistes
— Le vote protestataire des perdants de la transition
— La territorialisation du politique : Serbie-Kosovo-Monténégro
• Des risques et des enjeux internationaux