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Culture études

2009/5 (n°5)


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Pages 1 - 12
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La réalisation en 2008 d’une nouvelle enquête Pratiques culturelles des Français, plus de dix ans après celle de 1997, est l’occasion de faire le point sur les profondes mutations qu’ont connues récemment les conditions d’accès à la culture avec l’essor de la culture numérique et de l’internet. À un moment où plus de la moitié des Français disposent chez eux d’une connexion à haut débit et où plus d’un tiers d’entre eux utilisent l’internet tous les jours à des fins personnelles, comment se portent la lecture de livres, l’écoute de musique ou la pratique en amateur d’activités artistiques ? La fréquentation des salles de cinéma, des théâtres ou des salles de concert a-t-elle baissé ou augmenté ? Et, surtout, comment les nouvelles formes d’accès en ligne à la culture s’articulent-elles avec la consommation des anciens médias (télévision, radio) ou les pratiques culturelles « traditionnelles » ?

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La diffusion extrêmement rapide de l’ordinateur et de l’internet dans les foyers, qui constitue à l’évidence le phénomène le plus marquant de la dernière décennie, ne doit pas être isolée du mouvement général d’enrichissement du parc audiovisuel domestique. En effet, au cours de la même période, beaucoup de choses ont changé : les conditions de réception des programmes télévisés se sont améliorées, parallèlement à la diversification considérable de l’offre de programmes, avec le succès des écrans plats et du home cinema que près d’un ménage sur cinq possèdent désormais ; les lecteurs et graveurs de dvd ont presque complètement remplacé les magnétoscopes, les consoles de jeux ont conquis de nouveaux foyers, et les lecteurs mp3 ont démultiplié les facilités d’écoute de la musique, amplifiant encore les ondes de choc du boom musical provoqué il y a maintenant plus de trente ans par l’arrivée de la chaîne hi-fi et du baladeur. Si l’on ajoute le spectaculaire succès des téléphones portables multifonctions, on prend la mesure de l’élargissement considérable des possibilités de consommation, de stockage et d’échange de contenus audiovisuels auquel on a assisté depuis la fin des années 1990, et ce aussi bien dans l’espace privé du domicile qu’ailleurs, compte tenu du caractère souvent nomade des appareils les plus récents.

La montée en puissance de la culture d’écran

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Les conditions d’accès à l’art et à la culture ont profondément évolué sous les effets conjugués de la dématérialisation des contenus, de la généralisation de l’internet à haut débit et des progrès considérables de l’équipement des ménages en ordinateurs, consoles de jeux et téléphones multimédias : en moins de dix ans, les appareils fixes dédiés à une fonction précise (écouter des disques, regarder des programmes de télévision, lire des informations, communiquer avec un tiers…) ont été largement supplantés ou complétés par des appareils, le plus souvent nomades, offrant une large palette de fonctionnalités au croisement de la culture, de l’entertainment et de la communication interpersonnelle.

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Cette évolution a définitivement consacré les écrans comme support privilégié de nos rapports à la culture tout en accentuant la porosité entre culture et distraction, entre le monde de l’art et ceux du divertissement et de la communication. Avec le numérique et la polyvalence des terminaux aujourd’hui disponibles, la plupart des pratiques culturelles convergent désormais vers les écrans : visionnage d’images et écoute de musique bien entendu, mais aussi lecture de textes ou pratiques en amateur, sans parler de la présence désormais banale des écrans dans les bibliothèques, les lieux d’exposition et même parfois dans certains lieux de spectacle vivant. Tout est désormais potentiellement visualisable sur un écran et accessible par l’intermédiaire de l’internet.

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La diffusion de ce nouveau « média à tout faire » qu’est l’internet a été rapide, notamment chez les moins de 45 ans (graphique 1) : plus de la moitié des Français l’utilisent dans le cadre du temps libre, et plus de deux internautes sur trois (67 %) se connectent tous les jours ou presque en dehors de toute obligation liée aux études ou à l’activité professionnelle, pour une durée moyenne de 12 heures par semaine.

Graphique 1 - Utilisation de l’internet à des fins personnelles selon l’âgeGraphique 1
Source : Pratiques culturelles 2008, deps, ministère de la Culture et de la Communication, 2009
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Les jeunes et les milieux favorisés sont les principaux utilisateurs de l’internet et des nouveaux écrans, à la différence de la télévision dont la consommation a toujours été plutôt le fait des personnes âgées et peu diplômées. La profonde originalité de l’internet tient dans ce paradoxe : bien qu’utilisé très largement à domicile – les connexions sur appareils nomades restant à ce jour limitées –, ce nouveau média apparaît plutôt lié à la culture de sortie dont sont porteurs les fractions jeunes et diplômées de la population, celles dont le mode de loisir est le plus tourné vers l’extérieur du domicile et dont la participation à la vie culturelle est la plus forte.

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La situation actuelle est par conséquent radicalement différente de celle des années 1980 ou 1990 où la culture de l’écran se limitait pour l’essentiel à la consommation de programmes télévisés. En effet, si une forte durée d’écoute de la télévision était en général associée à un faible niveau de participation à la vie culturelle, il n’en est pas du tout de même pour l’internet qui concerne prioritairement les catégories de population les plus investies dans le domaine culturel : ainsi, la probabilité d’avoir été au cours des douze derniers mois dans une salle de cinéma, un théâtre ou un musée ou d’avoir lu un nombre important de livres croît-elle régulièrement avec la fréquence des connexions (graphique 2).

Graphique 2 - Fréquence d’utilisation de l’internet et pratiques culturellesGraphique 2
Source : Pratiques culturelles 2008, deps, ministère de la Culture et de la Communication, 2009
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En ajoutant au temps consacré à l’internet et aux autres usages de l’ordinateur celui passé à jouer à des jeux vidéo sur une console ou à regarder des dvd, il est possible d’évaluer le temps moyen que les Français consacrent aux écrans en dehors des programmes télévisés regardés en direct [2][2] Par commodité, on parlera dans la suite du texte de.... Celui-ci est légèrement supérieur à dix heures par semaine [3][3] Soit sept heures pour l’ordinateur, trois heures pour..., soit environ la moitié du temps consacré à la télévision (21 heures), ce qui porte le volume global de temps consacré aux écrans à 31 heures par semaine.

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Au-delà de ces chiffres qui donnent la mesure de l’importance qu’occupe aujourd’hui la culture d’écran dans le temps libre des Français, il est surtout intéressant de constater que les durées d’écoute de la télévision et d’utilisation des nouveaux écrans varient en sens inverse d’une catégorie à l’autre : quand l’une est supérieure à la moyenne, l’autre en général se situe en dessous (graphique 3).

Graphique 3 - Temps hebdomadaire consacré aux écrans selon le sexe, l’âge, le niveau de diplôme* et le milieu socialGraphique 3
Source : Pratiques culturelles 2008, deps, ministère de la Culture et de la Communication, 2009
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Ainsi, les hommes consacrent en moyenne deux heures de moins que les femmes à la télévision mais passent quatre heures de plus devant les nouveaux écrans, surtout quand ils sont jeunes en raison de la place importante qu’ils accordent aux jeux vidéo.

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Par ailleurs, la durée d’écoute de la télévision augmente avec l’âge tandis que celle relative aux nouveaux écrans diminue : les 15-24 ans passent, aujourd’hui comme hier, moins de temps devant la télévision que les adultes et surtout que les personnes âgées, mais sont les plus nombreux à regarder des dvd, à jouer à des jeux vidéo et à utiliser un ordinateur à des fins personnelles.

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À l’inverse, la durée d’écoute de la télévision décline avec le niveau de diplôme alors que celle consacrée aux nouveaux écrans a tendance à augmenter. Il en est de même pour le niveau de revenu, si bien que les cadres supérieurs compensent en partie les dix heures hebdomadaires qu’ils concèdent aux ouvriers sur la télévision par un investissement plus important dans les nouveaux écrans de l’ordre de cinq heures.

Le recul de la télévision et de la radio dans les jeunes générations

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Les Français sont dans l’ensemble plus nombreux qu’en 1997 à regarder tous les jours la télévision, mais leur durée moyenne d’écoute est restée stable, autour de 21 heures par semaine. Le temps consacré au petit écran, pour la première fois depuis son arrivée dans les foyers, a cessé d’augmenter et a même diminué chez les jeunes (graphique 4).

Graphique 4 - Durée moyenne d’écoute de la télévision selon l’âgeGraphique 4
Source : Pratiques culturelles 2008, deps, ministère de la Culture et de la Communication, 2009
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Le changement de comportement des jeunes générations, celles qui consacrent le plus de temps à l’internet et aux nouveaux écrans, constitue à l’évidence le fait marquant de la dernière décennie : les 15-24 ans d’aujourd’hui, tout en ayant des contacts plus fréquents avec la télévision que leurs homologues de 1997, ont dans l’ensemble un volume hebdomadaire de consommation inférieur de deux heures. Cette baisse est compensée au plan général par l’augmentation de la durée d’écoute des personnes de 45 ans qui, pour la majorité d’entre elles, sont peu ou pas concernées par la montée en puissance de la culture numérique.

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L’ampleur de la baisse est encore plus marquée pour la radio qui a subi la concurrence de nouvelles manières d’écouter de la musique ou de s’informer en ligne (sites d’écoute en streaming[4][4] Diffusion en flux., blogs…). Avec une légère diminution de la proportion d’auditeurs quotidiens et surtout une durée d’écoute nettement à la baisse, ce média qui avait connu une seconde jeunesse dans les années 1980 marque incontestablement le pas par rapport à 1997, même en tenant compte de l’écoute en ligne : plus des deux tiers des Français continuent à avoir un contact quotidien avec la radio, mais ils lui consacrent en moyenne environ deux heures de moins par semaine. Seules les personnes de 65 ans et plus n’ont pas réduit leur durée d’écoute (graphique 5).

Graphique 5 - Écoute de la radio selon l’âgeGraphique 5
Source : Pratiques culturelles 2008, deps, ministère de la Culture et de la Communication, 2009
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Au cours de la même période, l’intérêt pour la musique a continué à progresser : 34 % des Français en écoutent tous les jours ou presque (hors radio) contre 27 % onze ans plus tôt. Le boom musical amorcé dans les années 1970 s’est poursuivi et ses ondes de choc ont continué à se propager dans la société française avec l’avancée en âge des générations qui l’ont porté. En devenant numérique, la musique a encore gagné en accessibilité : les nouvelles possibilités de stockage, d’échange ou de transfert d’un support à l’autre ainsi que la multiplication des supports d’écoute, du téléphone portable à l’ordinateur en passant par le lecteur mp3, ont favorisé une intégration toujours plus grande de la musique dans la vie quotidienne, au domicile mais aussi pendant les temps de transport et pour certains le temps de travail.

Un profond renouvellement des préférences en matière de musique et de films

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Les facilités offertes par les équipements nomades et le caractère naturellement multitâche de l’ordinateur ont favorisé une certaine musicalisation de la vie quotidienne, permettant à une partie importante de la population jeune de vivre dans un bain musical plus ou moins permanent. Mais dans le même temps, le fait que les musiques dites populaires font l’objet depuis maintenant plusieurs générations de modalités cultivées d’appropriation et que certaines d’entre elles, le rock notamment, ont désormais une histoire, a considérablement modifié les contours et les formes d’expression de la mélomanie.

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La progression de l’écoute fréquente de musique s’accompagne en effet d’un profond renouvellement des préférences musicales, du fait de l’émergence régulière de modes d’expression jeunes que les générations n’abandonnent pas en vieillissant. L’une des expressions de cette mutation qui court maintenant depuis plusieurs décennies apparaît à la lecture du graphique 6 : plus on est jeune, plus la préférence pour la musique anglo-saxonne est marquée.

Graphique 6 - Préférences pour la musique française ou anglo-saxonne selon l’âgeGraphique 6
Source : Pratiques culturelles 2008, deps, ministère de la Culture et de la Communication, 2009
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La situation est presque identique pour les films : 41 % des Français déclarent préférer les films français et 28 % les films américains (30 % affirmant ne pas attacher d’importance à un tel critère), mais les réponses varient considérablement en fonction de l’âge des personnes : en simplifiant, on peut dire que les moins de 35 ans préfèrent les films américains tandis que les 45 ans et plus penchent très nettement du côté des films français, les 35-44 ans étant pour leur part dans une position d’entre-deux qui les conduit à choisir plus que les autres la réponse neutre consistant à se déclarer indifférent à la nationalité des films (graphique 7).

Graphique 7 - Préférences pour les films français ou américains selon l’âgeGraphique 7
Source : Pratiques culturelles 2008, deps, ministère de la Culture et de la Communication, 2009
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Incontestablement, ces résultats traduisent un puissant effet générationnel : depuis maintenant plusieurs décennies, les jeunes voyagent plus que ne le faisaient leurs aînés, ils sont plus nombreux à avoir vécu à l’étranger, à écouter de la musique anglo-saxonne ou à regarder des séries américaines en version originale. Bref ces générations ont eu accès précocement à la culture américaine sous toutes ses formes, des produits les plus standardisés aux œuvres les plus confidentielles que s’échangent fans et amateurs, et ont grandi dans des univers culturels largement globalisés où la langue anglaise règne en maître. Dès lors, comment s’étonner que leur rapport à la production française soit différent de celui de leurs aînés ?

La lecture de presse et de livres toujours en recul

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En matière de lecture d’imprimés, les deux principales tendances à l’œuvre depuis les années 1980 se sont poursuivies au cours de la dernière décennie : la lecture quotidienne de journaux (payants) a continué à diminuer, de même que la quantité de livres lus en dehors de toute contrainte scolaire ou professionnelle. De ce fait, la proportion de non-lecteurs est plus importante qu’elle ne l’était en 1997, sans toutefois qu’on puisse en déduire avec certitude que les Français lisent moins, compte tenu de l’arrivée au cours de la même période de la presse gratuite et surtout de la multiplication des actes de lecture sur écran (tableau 1).

Tableau 1 - Lecture de presse et de livresTableau 1
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Le recul de la presse quotidienne est dû essentiellement, aujourd’hui comme hier, à la diminution du nombre de lecteurs quotidiens : de moins en moins de Français lisent chaque jour un journal, ce qui a pour effet mécanique de grossir d’autant les rangs des lecteurs occasionnels et des non-lecteurs. Ce recul, dont les origines sont bien antérieures à l’arrivée de l’internet ou de la presse gratuite, touche aussi bien la presse nationale que régionale : 11 % des Français lisent un quotidien national plus d’une fois par semaine contre 13 % en 1997 et 32 % lisent un quotidien régional contre 38 % onze ans plus tôt.

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Dans le cas des livres, la baisse des forts et moyens lecteurs s’est poursuivie [5][5] Si l’on définit les forts lecteurs à partir du seuil.... Cette tendance, dont l’origine est, elle aussi, bien antérieure à l’arrivée de l’internet, a continué à peu près au même rythme que lors de la décennie précédente, entraînant une augmentation de la part des très faibles lecteurs – 1 à 4 livres lus dans l’année – mais aussi des non-lecteurs : il y a aujourd’hui plus de Français à n’avoir lu aucun livre dans le cadre de leur temps libre au cours des douze derniers mois qu’il n’y en avait en 1997, et ceux qui n’ont pas délaissé le monde du livre ont réduit leur rythme de lecture d’environ cinq livres par an. D’ailleurs, les Français dans l’ensemble reconnaissent eux-mêmes que leurs relations avec le monde du livre se sont distendues puisque 53 % d’entre eux déclarent spontanément lire peu ou pas du tout de livres.

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Cette double évolution n’a rien d’inédit. Elle s’inscrit dans un mouvement de long terme que les précédentes enquêtes Pratiques culturelles avaient déjà mis en évidence : depuis plusieurs décennies, chaque nouvelle génération arrive à l’âge adulte avec un niveau d’engagement inférieur à la précédente, si bien que l’érosion des lecteurs quotidiens de presse et des forts lecteurs de livres s’accompagne d’un vieillissement du lectorat (graphiques 8 et 9).

Graphique 8 - Lecture de quotidiens selon l’âgeGraphique 8
Source : Pratiques culturelles 2008, deps, ministère de la Culture et de la Communication, 2009
Graphique 9 - Lecture de livres selon l’âgeGraphique 9
Source : Pratiques culturelles 2008, deps, ministère de la Culture et de la Communication, 2009
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En matière d’intensité de la pratique de lecture de livres, les différences en termes d’âge ont tendance à s’atténuer car les jeunes d’aujourd’hui lisent moins que leurs aînés au même âge tandis que les baby-boomers manifestent un intérêt pour les livres légèrement supérieur à celui des générations nées avant guerre.

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Les différences entre milieux sociaux, en revanche, ont eu tendance à se creuser au cours de la dernière décennie du fait du décrochage d’une partie des milieux populaires, notamment ouvriers (graphique 10). Il en est de même pour les différences de sexe : les hommes comptent désormais environ 10 % de non-lecteurs de livres de plus que les femmes et reconnaissent d’ailleurs sans difficulté leur éloignement croissant à l’égard du monde du livre : 62 % d’entre eux déclarent lire peu ou pas du tout de livres, contre 46 % des femmes. Ces dernières sont donc plus nombreuses à lire des livres et de plus, quand elles le font, elles en lisent plus que les hommes (17 livres par an en moyenne contre 14) (graphique 11).

Graphique 10 - Nombre de livres lus selon le milieu socialGraphique 10
Source : Pratiques culturelles 2008, deps, ministère de la Culture et de la Communication, 2009
Graphique 11 - Nombre de livres lus selon le sexeGraphique 11
Source : Pratiques culturelles 2008, deps, ministère de la Culture et de la Communication, 2009

Une fréquentation des équipements culturels globalement stable

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Le temps supplémentaire passé devant les écrans n’a pas entamé la propension générale des Français à sortir le soir ni modifié leurs habitudes en matière de fréquentation des équipements culturels. Les sorties et visites culturelles ont beaucoup moins souffert dans les arbitrages imposés par la montée en puissance des pratiques numériques que certains loisirs du temps ordinaire comme l’écoute de télévision ou la lecture d’imprimés.

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La comparaison des résultats relatifs à la fréquentation globale, tous équipements confondus, avec ceux de la précédente enquête confirme la remarquable stabilité d’ensemble des comportements en matière de sorties et visites culturelles [6][6] Pour comparer avec les résultats de l’enquête de 1997,... (graphique 12).

Graphique 12 - Indicateur global de fréquentation des équipements culturels 1997-2008Graphique 12
Source : Pratiques culturelles 2008, deps, ministère de la Culture et de la Communication, 2009
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  • Un quart des Français n’ont fréquenté dans l’année aucun équipement culturel : ils ne sont allés ni au cinéma ni dans une bibliothèque, n’ont assisté à aucun spectacle vivant et n’ont visité aucun lieu d’exposition ou de patrimoine. La plupart d’entre eux cumulent tous les handicaps en matière d’accès à la culture et manifestent très peu d’intérêt pour la culture en général : ils lisent peu de livres, écoutent rarement de la musique, les trois quarts d’entre eux n’ont jamais utilisé l’internet et leur mode de loisirs reste largement centré sur la télévision.

  • 29 % obtiennent un score d’un ou deux points, ce qui signifie qu’ils se sont rendus quelquefois dans l’année au cinéma ou ont assisté exceptionnellement à un spectacle vivant, de danses folkloriques ou de cirque par exemple. Leur profil sociodémographique est moins marqué que celui du groupe précédent mais leur intérêt pour la culture n’est guère supérieur : sur bien des points, leurs comportements à l’égard des équipements culturels ne sont guère différents, même si leur mode de loisirs est moins centré sur la télévision et plus ouvert sur les activités extérieures au domicile.

  • Un autre quart des Français (27 %) atteignent un score de trois à cinq points, en général parce qu’ils manifestent un intérêt plus diversifié pour la vie culturelle en visitant des lieux d’exposition ou de patrimoine ; une minorité d’entre eux fait également preuve d’un engagement plus important dans le domaine du cinéma ou des musiques actuelles. La palette de leurs sorties et visites culturelles est plus étendue que celle des deux groupes précédents, mais leur fréquentation reste majoritairement occasionnelle ou spécialisée : leur rythme de sorties ou de visites est faible dans la majorité des cas et ceux d’entre eux qui vont plus régulièrement au cinéma ou dans les musées sont rarement familiers des bibliothèques et des lieux de spectacle, comme si la logique du cumul qui conduit d’un équipement à l’autre ne parvenait pas dans leur cas à s’exprimer réellement.

  • Cette logique du cumul fonctionne en revanche pour le dernier quart de Français (22 %) dont le score est supérieur à cinq points. Ces derniers, qui réunissent à des degrés divers les principaux atouts favorisant à la fois l’intérêt pour la culture et un mode de loisir tourné vers l’extérieur du domicile, constituent la grande majorité des usagers des établissements culturels.

La frontière entre les 13 % dont la fréquentation est régulière (six ou sept points) et les 9 % obtenant un score supérieur à sept points ne relève pas à proprement parler de différences de nature : le profil des personnes concernées comme leurs rapports à la culture présentent beaucoup de points communs, même si les seconds accentuent les propriétés sociales des premiers et font preuve d’un engagement dans la vie culturelle à la fois plus soutenu et plus diversifié. Les différences entre les deux groupes renvoient plutôt aux variations que peut connaître la participation à la vie culturelle au fil de l’avancée en âge ou des aléas de l’existence : ainsi une personne peut très bien avoir une fréquentation habituelle tant qu’elle est étudiante avant de réduire son rythme de sorties au moment de l’installation dans la vie adulte, alors qu’une autre peut intensifier son rythme de fréquentation à la suite d’un changement de domicile ou d’un allégement des contraintes professionnelles ou familiales.

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Si la fréquentation des équipements culturels a connu dans l’ensemble peu d’évolutions spectaculaires au cours de la dernière décennie, certaines différences apparaissent d’un domaine à l’autre (tableau 2).

Tableau 2 - Fréquentation globale des équipements culturelsTableau 2
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  • Le cinéma en salle a touché en 2008 plus de monde qu’en 1997 en parvenant à élargir la base de son public occasionnel (1 à 5 fois par an), notamment chez les seniors et dans les milieux populaires : 57 % des Français sont allés voir un film en salle au cours des douze derniers mois contre 49 % onze ans plus tôt.

  • Les bibliothèques et médiathèques ont connu un léger tassement de leur fréquentation qui fait écho à celui enregistré au plan des inscriptions : 28 % des Français s’y sont rendus au moins une fois au cours des douze derniers mois contre 31 % onze ans plus tôt, ce qui semble indiquer que la progression des usagers non inscrits qui avait été forte dans les années 1990 s’est interrompue au cours de la dernière décennie.

  • La moitié des Français (51 %) n’ont assisté en 2008 à aucun spectacle vivant dans un établissement culturel au cours des douze derniers mois. Même si l’ampleur très faible des évolutions oblige à la prudence, il semble bien que la fréquentation de type exceptionnel ait progressé au cours de la dernière décennie : le spectacle vivant serait parvenu à toucher une frange de nouveaux spectateurs tout en perdant une petite partie des spectateurs réguliers.

  • Les proportions de Français n’ayant pas visité de lieux d’exposition ou de patrimoine au cours des douze derniers mois sont respectivement de 58 % et de 62 %, niveaux proches de ceux de 1997 ; dans un cas comme dans l’autre, le rythme des visites paraît avoir légèrement fléchi puisque la part des visiteurs réguliers (trois fois ou plus dans l’année) dans la population des 15 ans et plus est légèrement inférieure à son niveau de 1997.

D’une manière générale, l’âge moyen des publics des équipements culturels a eu tendance à augmenter du fait de l’accroissement du poids des seniors dans la population française et de leur mode de loisirs plus tourné vers les sorties, mais aussi parfois du fait d’une désaffection des jeunes. Ce vieillissement des publics s’observe dans le cas de certaines formes de spectacle (notamment les concerts de musique classique) mais aussi pour le cinéma en salle : les moins de 35 ans sont proportionnellement moins nombreux qu’en 1997 à se rendre une fois par mois dans une salle, à la différence des seniors qui sont au contraire de plus en plus nombreux à le faire (graphique 13).

Graphique 13 - Fréquentation des salles de cinéma selon l’âgeGraphique 13
Source : Pratiques culturelles 2008, deps, ministère de la Culture et de la Communication, 2009

Une culture plus expressive

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Le développement du numérique et de l’internet ont profondément transformé le paysage des pratiques en amateur, en favorisant l’émergence de nouvelles formes d’expression mais aussi de nouveaux modes de diffusion des contenus culturels autoproduits dans le cadre du temps libre. Les changements ont été particulièrement spectaculaires dans le cas de la photographie ou de la vidéo dont la pratique a presque entièrement basculé dans le numérique en moins d’une décennie. La diffusion des ordinateurs dans les foyers a également renouvelé les manières de faire de l’art en amateur dans les domaines de l’écriture, de la musique ou des arts graphiques. Aussi n’est-il pas simple de se livrer au jeu de la comparaison puisque le regard porté sur les évolutions survenues depuis 1997 dépend pour une large part de la manière dont les diverses activités d’autoproduction sur écran sont appréhendées et regroupées (ou non) avec les pratiques en amateur d’avant l’ordinateur (tableau 3).

Tableau 3 - Pratiques en amateurTableau 3
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Avec la diffusion des appareils numériques et surtout celle des téléphones portables multimédias, les pratiques de la photographie et de la vidéo ont progressé, faiblement dans le cas de la première compte tenu de l’existence ancienne dans les foyers d’appareils de type Instamatic ou Polaroïd, plus nettement pour la vidéo puisque la proportion de Français ayant réalisé un film ou une vidéo dans l’année a doublé depuis 1997 (27 % contre 14 %).

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Pour les autres activités, l’évolution apparaît en première analyse moins favorable : les pratiques musicales semblent connaître un léger tassement, de même que celles relatives à l’écriture, aux arts plastiques et au dessin. Toutefois, une fois intégrés les usages à caractère créatif de l’ordinateur, la pratique en amateur apparaît bel et bien orientée à la hausse, dans le prolongement de la tendance observée dans les années 1980 et 1990. En effet, aux côtés des pratiques en amateur traditionnelles se sont développées, dans le domaine de la musique, des arts plastiques ou graphiques et de l’écriture, de nouvelles formes de production de contenus (graphique 14).

Graphique 14 - Pratiques en amateur traditionnelles et sur ordinateurGraphique 14
Source : Pratiques culturelles 2008, deps, ministère de la Culture et de la Communication, 2009

Révolution numérique et générations

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À l’échelle de la population française, la plupart des évolutions de la dernière décennie prolongent parfois en les amplifiant des orientations dont l’origine est bien antérieure à l’arrivée de l’internet. Les seules véritables ruptures concernent la durée d’écoute de la radio qui a baissé de manière importante et celle de la télévision qui marque le pas après la spectaculaire progression des dernières décennies. Dans tous les autres domaines (écoute de musique, lecture de presse et de livres, fréquentation des équipements culturels, pratiques en amateur), les changements restent d’ampleur limitée et surtout s’inscrivent dans le prolongement de tendances mises en évidence par les précédentes éditions de l’enquête Pratiques culturelles.

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Il est par conséquent tentant en première analyse de relativiser l’impact de la révolution numérique sur les pratiques culturelles : si celle-ci a radicalement modifié les conditions d’accès à une grande partie des contenus culturels et déstabilisé les équilibres économiques dans les secteurs des industries culturelles et des médias, elle n’a pas bouleversé la structure générale des pratiques culturelles ni, surtout, infléchi les tendances d’évolution de la fin du siècle dernier.

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Dans le même temps, nombreux sont les indices qui laissent entrevoir la profondeur du changement en cours quand on quitte le niveau général pour s’intéresser aux comportements des jeunes générations. Les personnes de moins de 35 ans sont en effet les principales responsables de la baisse de la durée d’écoute de la radio et de la télévision au cours de la dernière décennie, elles affirment sans ambages leur préférence pour les films et les musiques anglo-saxonnes à la différence de leurs aînés, et ont activement participé au recul de la lecture de quotidiens et de livres tout en manifestant certains signes potentiellement inquiétants en matière de fréquentation des équipements culturels : légère baisse de la fréquentation régulière des salles de cinéma masquée au plan général par la progression des 45 ans, tassement de l’inscription et de la fréquentation des bibliothèques, recul dans le domaine des musées et surtout des concerts de musique classique.

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Il est logique que l’appréciation portée sur les effets de la révolution numérique soit différente selon le niveau d’observation puisque près de la moitié des Français de 15 ans et plus n’utilisent pas l’internet dans le cadre de leur temps libre ou manifestent à son égard un intérêt si limité que l’impact sur leurs pratiques culturelles et médiatiques traditionnelles ne peut être qu’inexistant ou insignifiant. De plus, un autre élément contribue à atténuer les effets de la révolution numérique à l’échelle de la population française : dans plusieurs domaines, le recul des jeunes générations est en partie compensé par la progression des baby-boomers dont l’intérêt pour la culture est généralement supérieur à celui des générations précédentes au même âge.

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Aussi est-il souvent utile, pour appréhender la diversité actuelle des modes d’articulation de l’internet avec les médias ou les formes d’accès à la culture qui lui préexistaient et évaluer à sa juste mesure l’impact de la révolution numérique, de regarder la société française comme l’addition de quatre générations « produites » dans des conditions très différentes et plus ou moins en phase avec les générations successives de technologies apparues ces trente dernières années, selon l’âge qu’elles avaient au moment de leur diffusion.

  • La génération née avant la Seconde Guerre mondiale a grandi dans un monde où rien ne venait contester la suprématie de l’imprimé, elle a découvert la télévision à un âge déjà avancé et est restée assez largement à l’écart du boom musical et a fortiori de la révolution numérique.

  • La génération des baby-boomers a été la première à profiter de l’ouverture du système scolaire et du développement des industries culturelles et conserve aujourd’hui encore certaines traces de l’émergence au cours des années 1960 d’une culture juvénile centrée sur la musique.

  • La génération des personnes dont l’âge se situe entre 30 et 40 ans a bénéficié de l’amplification de ces mêmes phénomènes – massification de l’accès à l’enseignement supérieur et diversification de l’offre culturelle – et, surtout, a vécu enfant ou adolescent la profonde transformation du paysage audiovisuel au tournant des années 1980 : elle est la génération du second âge des médias, celui des radios et des télévisions privées, du multiéquipement et des programmes en continu, ce qui lui a permis de se saisir assez largement des potentialités offertes par la culture numérique.

  • Enfin, la génération des moins de 30 ans a grandi au milieu des téléviseurs, ordinateurs, consoles de jeux et autres écrans dans un contexte marqué par la dématérialisation des contenus et la généralisation de l’internet à haut débit : elle est la génération d’un troisième âge médiatique encore en devenir.

Notes

[*]

Chargé de recherche au Département des études, de la prospective et des statistiques, ministère de la Culture et de la Communication.

[1]

La présente publication est une synthèse de l’ouvrage Pratiques culturelles des Français à l’ère numérique publié aux éditions La Découverte/Ministère de la Culture et de la Communication. L’ensemble des résultats de l’enquête 2008 est disponible sur le site www.pratiquesculturelles.culture.gouv.fr

[2]

Par commodité, on parlera dans la suite du texte de temps consacré aux « nouveaux écrans » pour désigner le temps passé devant un ordinateur ou une console de jeux ou à regarder des dvd quel que soit le support, par opposition au temps consacré à regarder en direct des programmes de télévision.

[3]

Soit sept heures pour l’ordinateur, trois heures pour le visionnage de dvd et une heure pour les jeux vidéo sur console.

[4]

Diffusion en flux.

[5]

Si l’on définit les forts lecteurs à partir du seuil de vingt-cinq livres par an et non de vingt, le constat reste le même : leur part dans la population des 15 ans et plus est passée en onze ans de 15 % à 11 %.

[6]

Pour comparer avec les résultats de l’enquête de 1997, un indicateur synthétique reprenant exactement le même mode de calcul a été construit. Une note a été attribuée à chaque personne interrogée en fonction de son rythme de fréquentation des salles de cinéma, des bibliothèques et des lieux de spectacle, d’exposition ou de patrimoine : pour chacun des cinq équipements retenus, aucun point n’a été attribué quand la personne ne l’avait pas fréquenté au cours des douze derniers mois, un point quand elle l’avait fréquenté de manière occasionnelle et deux points quand elle l’avait fait de manière plus régulière. La note maximale était de dix points (deux points pour chacun des équipements). La moyenne obtenue pas les Français de 15 ans et plus est de trois points.

Résumé

Français

Depuis 1970, l’enquête Pratiques culturelles du ministère de la Culture et de la Communication constitue le principal baromètre des comportements des Français dans le domaine de la culture et des médias. Les résultats de 2008 révèlent, plus de dix ans après ceux de 1997, l’ampleur des effets d’une décennie de mutations induites par l’essor de la culture numérique et de l’internet : montée en puissance de la culture d’écran, recul de la télévision et de la radio dans les jeunes générations, déclin persistant de la lecture de quotidiens et de livres et développement de la production de contenus.

English

French Cultural Participation in the Digital AgeSummary 1997-2008First published in 1970s, The Ministry of Culture and Communication’s Cultural Participation survey has been the main barometer of French behaviour in the area of media and culture. Over a decade on from the 1997 results, those published in 2008 shows the impact of ten years of change wrought by the booming digital and internet-based culture : the increasing power of screen culture, the declining popularity of television and radio among the younger generations, declining daily newspaper and book readership and developments in content production.

Plan de l'article

  1. La montée en puissance de la culture d’écran
  2. Le recul de la télévision et de la radio dans les jeunes générations
  3. Un profond renouvellement des préférences en matière de musique et de films
  4. La lecture de presse et de livres toujours en recul
  5. Une fréquentation des équipements culturels globalement stable
  6. Une culture plus expressive
  7. Révolution numérique et générations

Pour citer cet article

Donnat Olivier, « Les pratiques culturelles des Français à l'ère numérique. Éléments de synthèse 1997-2008 », Culture études, 5/2009 (n°5), p. 1-12.

URL : http://www.cairn.info/revue-culture-etudes-2009-5-page-1.htm
DOI : 10.3917/cule.095.0001


Pages 1 - 12
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