Revue d'économie du développement
De Boeck Université

I.S.B.N.2-8041-4721-5
238 pages

p. 79 à 108
doi: 10.3917/edd.192.0079

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Vol. 19 2005/2-3

Réformer la formule : une modeste proposition pour inclure des critères de résultats dans les procédures d’allocation de l’aide de l’IDA

Ravi Kanbur
Cet article développe une modeste proposition visant à inclure des indicateurs de résultat final dans la formule d’allocation de l’aide de l’IDA. Nous débutons par une présentation de la formule actuellement utilisée, ainsi que des arguments qui la justifient. Je défends l’idée que cette formule, et en particulier sa composante le CPIA (Country Policy and Institutional Assessment), repose de manière implicite et excessive sur un modèle uniforme des politiques de développement qui fonctionnent. Même si ce modèle apparaît, « en moyenne », valide, les variations autour de la moyenne en font, s’il est utilisé de façon exclusive, un guide peu fiable de la productivité de l’aide par pays, en d’autres termes de la contribution de l’aide à l’atteinte des objectifs finals du développement. Nous pensons, pour notre part, que les changements réellement observés de ces objectifs peuvent également être utilisés dans la formule d’allocation de l’aide. Un certain nombre d’objections conceptuelles et opérationnelles à cette proposition sont ensuite considérées et débattues. Nous concluons l’article sur l’idée qu’il y a beaucoup à gagner à intégrer de façon progressive des variables de résultats dans la formule de l’IDA, ainsi qu’à évaluer cette pratique après quelques années de mise en œuvre.
Classification JEL : F35, 019.
This paper develops a modest proposal for introducing final outcome indicators in the IDA aid allocation formula. It starts with a review of the current formula and the rationale for it. It is argued that this formula, and in particular the Country Policy and Institutional Assessment (CPIA) part of it, implicitly relies too heavily on a uniform model of what works in development policy. Even if this model were valid "on average", the variations around the average make it an unreliable sole guide to the country-specific productivity of aid in achieving the final objectives of development. Rather, it is argued that changes in the actual outcomes on these final objectives could also be used as part of the allocation formula. A number of conceptual and operational objections to this position are considered and debated. The paper concludes that there is much to be gained by taking small steps in the direction of introducing outcome variables in the IDA formula, and assessing the experience of doing so in a few years’ time.
• Introduction
• Présentation de la formule de l’IDA
• La logique de la formule, et une critique
• Une allocation de l’aide basée sur des indicateurs de résultats : critiques et réponses
— Quelles variables de résultats doivent être choisies ?
— Comment les différentes variables d’intérêt peuvent-elles être combinées ?
— Quid du problème du « démarrage » ? Un pays qui, par exemple, sort d’un conflit, sera pénalisé parce qu’il ne peut pas présenter de preuves de sa capacité en termes de performances concernant les variables d’intérêt
— Qu’en est-il des chocs et des événements aléatoires qui sont susceptibles de conduire à une mauvaise performance (ou une bonne performance) une année donnée, et ce de manière indépendante de ce que fait le gouvernement ?
— Du fait de cette méthode d’évaluation, qui repose sur l’évaluation des performances passées, un nouveau gouvernement ne se reposera-t-il pas sur les lauriers de son prédécesseur ? Ne devrait-on pas faire en sorte que chaque gouvernement soit responsable de ses actions, et en fait essayer de les influencer ?
— Qu’en est-il du problème inverse, lorsqu’un gouvernement qui après des années, non pas de conflit ni d’effondrement total, mais durant lesquelles il a adopté une politique qui négligeait les plus pauvres, voudrait finalement prendre ce sujet à bras le corps ? Il n’y a pas de preuves sur une durée prolongée de ses capacités et de sa volonté, mais le gouvernement veut prendre des actions dont il affirme qu’elles vont permettre d’améliorer les résultats. N’est-ce pas un autre problème de démarrage qui nécessiterait un soutien externe ?
— Qu’en est-il de la qualité des données et de la disponibilité des variables de résultats ? Ne sont-elles pas notoirement mauvaises ? Comment est-il possible de faire fonctionner un système d’allocation de l’aide basé sur des données si incomplètes ?
— Si nous rendons l’allocation de l’aide plus dépendante des performances mesurées par des variables de résultats, n’y aura-t-il pas une incitation pour le gouvernement à manipuler cette information ?
— L’accent mis sur les résultats ne va-t-il pas nous éloigner d’une compréhension du processus de développement, et ne nous faut-il pas des variables intermédiaires pour cela ?
• Conclusion : une modeste proposition
• Références


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