Comment évaluer les besoins d’aide ? Réponse : ne posez pas la question
William Easterly
Le débat actuel sur l’aide étrangère est principalement fondé sur l’hypothèse que les pays les moins avancés sont pris dans une trappe à pauvreté. Celle-ci est habituellement expliquée par des phénomènes d’inadéquation des taux d’épargne et de rendements croissants des investissements. Dans ce cadre, l’aide extérieure est présentée comme un moyen de sortir de cette trappe. Quelle place ce raisonnement laisse-t-il à d’autres explications de la faible croissance des pays les plus pauvres, telles qu’un environnement institutionnel inadéquat ? L’analyse empirique suggère que les pays pauvres croissent moins vite que les pays riches uniquement à des périodes précises (en particulier les plus récentes). Durant ces périodes, la mauvaise gouvernance, plutôt que les mécanismes habituels de trappe à pauvreté, apparaît comme le principal déterminant de la faible croissance, ce qui n’est pas sans implication quant au rôle de l’aide extérieure.
Much of the current popular debate about foreign aid is based on the assumption that the poorest countries are in a poverty trap. The usual mechanisms suggested to explain the poverty trap are inadequate saving and increasing returns to investment, and foreign aid is offered as a way to escape poverty traps. How do these explanations for low growth of the poorest countries fare against alternative explanations, such as bad government and institutions? Preliminary results indicate that the poorest countries grow more slowly than the rest only during some time periods (especially recent ones), but not others. Bad government is the main explanation of the slower growth in these periods rather than the conventional mechanisms for the poverty trap, which in turn would suggest a different role for foreign aid.
• Introduction
• La nuit des planificateurs
• Les fantômes des modèles du passé
• Conclusions