Revue d'économie du développement
De Boeck Université

I.S.B.N.9782804151300
200 pages

p. 119 à 139
doi: 10.3917/edd.204.0119

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Vol. 20 2006/4

Étendre l’accès à la prévention et au traitement du VIH dans un contexte de rareté des ressources : défis et perspectives

Joep M.A. Lange
Les maladies transmissibles demeurent la principale cause de morbidité et de mortalité dans un contexte de rareté des ressources. A travers des mécanismes biologiques et sociaux, la pauvreté accroît considérablement la vulnérabilité des personnes face aux maladies infectieuses. De plus, les principaux fléaux infectieux, tels que le VIH/SIDA, la tuberculose et la malaria, perpétuent la pauvreté et participent de façon négative au développement économique et social. Le VIH/SIDA est un exemple caractéristique en ce qu’il affecte principalement les personnes dans la force de l’âge, provoquant ainsi des pertes de productivité et de cohésion sociale. C’est en Afrique sub-saharienne que ses effets sont les plus dramatiques et la situation est souvent aggravée par le fait que de nombreux pays souffrent d’une gouvernance faible ou peu fonctionnelle. Celle-ci a contribué à une érosion progressive du secteur de la santé publique dans ces pays. Le VIH/SIDA entretient également une épidémie de tuberculose. D’un côté, nous nous efforçons de répondre aux besoins croissants du secteur de la santé publique, particulièrement dans les pays les plus sévèrement frappés par l’épidémie de VIH/SIDA ; de l’autre, ce secteur est délaissé des professionnels, déjà trop rares, du VIH/SIDA. De même, les capacités du secteur de l’éducation sont affaiblies en raison de la mortalité croissante des enseignants infectés par le VIH/SIDA.
A l’heure de la mondialisation, la communauté internationale ne peut se permettre d’ignorer les problèmes sanitaires (ainsi que les autres) des pays en développement. La spirale décroissante du développement économique et social dans les pays les plus pauvres, en ignorant les justifications humanitaires qui seules devraient légitimer l’action, fournit les préalables d’une insécurité et d’une instabilité générale. En dépit des progrès accomplis ces dernières années afin de combler le « déficit de financement », la mise en place de programmes efficaces a fait défaut. La lutte contre le VIH/SIDA nécessite une appropriation générale et un plan d’actions global qui retienne une approche pragmatique, basée sur le meilleur de la science et sur des faits empiriques. L’enjeu est considérable mais l’actuel élargissement de l’accès aux antirétroviraux fournit une occasion unique de soutenir les pauvres et de construire des systèmes de santé durables en Afrique et dans d’autres cadres caractérisés par la rareté des ressources.
Communicable diseases remain the major cause of morbidity and mortality in resource-poor settings. Through both biological and social mechanisms, poverty greatly increases the vulnerability of people to many infectious diseases. In turn, the major infectious scourges, such as HIV/AIDS, tuberculosis, and malaria, perpetuate poverty and are an important contributor to negative economic and social development. HIV/AIDS is a case in point, because it primarily affects people in the prime of their lives, leading to losses in productivity and social cohesion. Its effects are most dramatic in Sub-Saharan Africa, where the situation is often aggravated by the fact that so many countries are suffering from weak or dysfunctional governance. The latter has contributed to a steadily progressive erosion of the public health sector in those countries. HIV/AIDS also fuels a tuberculosis epidemic. On one hand, we are dealing with greatly increasing demands on the public health sector, especially in countries hardest hit by the HIV/AIDS epidemic; on the other hand, that health sector is losing already scarce workers to HIV/AIDS. Likewise, the capacity of the education sector is weakened because of increased mortality of HIV-infected teachers.
In an era of globalization, the world cannot afford to ignore the health (and other) problems of developing countries. Humanitarian motives aside—which alone should be enough reason for action—the downward spiral of economic and social development in the poorest countries presents a recipe for global insecurity and instability. Despite the progress that has been made during the past few years in closing the “funding gap,” implementation of effective interventions in countries has been lagging behind. There is great need for global leadership in the fight against HIV/AIDS and for a global action plan that takes a pragmatic approach, based upon the best of science and empirical evidence. The challenge is formidable, but the current momentum for the antiretroviral scale-up provides a unique opportunity to empower the poor and build sustainable health care systems in Africa and other resource-poor settings.
• Conséquences sociales et économiques du VIH/SIDA
• VIH/SIDA et tuberculose
— Prévention des infections par le VIH : où en sommes nous ?
— Traitement des infections par le VIH : où en sommes nous ?
• Obstacles à l’extension du traitement antirétroviral
— Engagement politique insuffisant
— Coût des soins, y compris celui des antirétroviraux
— Manque d’infrastructure et d’expertise
— Manque d’un agenda commun et de leadership dans la mise en œuvre
• Surmonter les obstacles
• RÉFÉRENCES


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