Revue d'économie du développement
De Boeck Université

I.S.B.N.2804102586
228 pages

p. 107 à 144
doi: 10.3917/edd.231.0107

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Vol. 23 2009/1-2

Échec de la prévention : le poids croissant des droits engendrés par l’aide américaine au financement du traitement mondial contre le VIH/SIDA et la voie à suivre

Mead Over
Les dépenses américaines pour la lutte contre le VIH/SIDA dans le monde contribuent à rallonger la vie de plus d’un million de personnes et sont largement perçues comme un double succès humanitaire et de politique étrangère. Pourtant, ce succès contient les germes d’une crise future. En effet, les coûts de ces traitements à vie ne cessent d’augmenter du fait d’une part de l’espérance de vie accrue des personnes sous traitement, et d’autre part du nombre de nouvelles infections qui dépasse largement celui des personnes mises sous traitement. Les coûts de traitement cumulés associés à une négligence de la prévention menacent d’évincer les dépenses américaines du financement des autres problèmes de santé dans le monde, dans la mesure où ils pourraient consommer plus de la moitié du budget de l’aide extérieure d’ici à 2016.
Cet article analyse le problème évoqué plus haut et soutient que les États-Unis ont involontairement créé un nouveau « droit » mondial au traitement antiSIDA dont le coût est actuellement d’environ 2 milliards de dollars par an et pourrait s’élever à 12 milliards par an d’ici à 2016, ce qui représente plus de la moitié de ce que les États-Unis ont dépensé pour l’aide au développement en 2006. En outre, le coût de ce « droit » au traitement devrait continuer à augmenter, réduisant ainsi la part des dépenses consacrées aux activités de prévention et à d’autres besoins importants de développement, lesquelles deviendraient par là-même « discrétionnaires » par rapport au traitement du VIH/SIDA.
L’auteur propose des pistes qui permettraient de restructurer substantiellement le Plan d’Urgence du Président pour l’Aide dans la lutte contre le VIH/SIDA (PEPFAR) de manière à éviter le dilemme qui serait offert aux Américains : le choix entre allouer l’aide extérieure aux dépenses croissantes pour le « droit » au traitement pour une durée indéterminée (ce qui éliminerait la moitié des autres programmes d’aide étrangère) ou retirer à des millions de personnes un traitement dont elles dépendent pour rester en vie. Plus spécifiquement, l’auteur propose d’adopter les mesures suivantes : renforcer le succès du traitement et créer une synergie entre le traitement et la prévention en rendant le financement de traitements futurs conditionnel au succès en matière d’adhérence et à la capacité à atteindre le plus grand nombre en matière de prévention, se recentrer sur la prévention en souscrivant aux efforts en matière de circoncision masculine et en étendant le dépistage et le conseil aux couples, et plus seulement aux individus, intensifier les effets de la prévention en faisant une carte des lieux à haut risque en les ciblant avec des programmes de prévention conçus sur mesure.
Classification JEL : I12, I18, O15
U.S. global AIDS spending is helping to prolong the lives of more than a million people and is widely seen as a foreign policy and humanitarian success. Yet this success contains the seeds of a future crisis. Life-long treatment costs are increasing as those on treatment live longer, and the number of new HIV infections continues to outpace the number of people receiving treatment. Escalating treatment costs coupled with neglected prevention measures threaten to squeeze out U.S. spending on other global health needs, even to the point of consuming half of the entire U.S. foreign assistance budget by 2016.
This paper describes the dimensions of these problems and argues that the United States has unwittingly created a new global “entitlement” to U.S.-funded AIDS treatment that currently costs about $2 billion per year and could grow to as much as $12 billion a year by 2016 – more than half of what the United States spent on total overseas development assistance in 2006. And the AIDS treatment entitlement would continue to grow, squeezing out spending on HIV prevention measures or on other critical development needs, all of which would be considered “discretionary” by comparison.
Over suggests ways to substantially restructure the President’s Emergency Plan for AIDS Relief (PEPFAR) in order to avert a crisis in which Americans would have to choose among indefinitely increasing foreign assistance spending on an entitlement, eliminating half of other foreign aid programs, or withdrawing the medicine that millions of people depend upon to stay alive. His suggestions include consolidating treatment success and leveraging treatment for prevention by making the extension of further AIDS treatment financing conditional on success in both treatment adherence and prevention outreach; shifting to a focus on prevention by underwriting male circumcision efforts and expanding HIV testing and counselling for couples more so than for individuals; and intensifying the effects of prevention interventions by mapping high risk locations and targeting them with tailor-made prevention programs.
• Introduction : construire à partir du PEPFAR
• Des succès du PEPFAR, mais pas en matière de prévention
—  Années de vie et années de vie comme orphelin sauvées
— Les États-Unis contribuent pour leur juste part à la lutte contre le VIH/ SIDA, même si tel n’est pas le cas dans d’autres domaines de l’aide extérieure
—  Peu de progrès mesurables en matière de prévention
• Respecter les engagements actuels
— Le nombre de nouvelles infections croît plus vite que le nombre de personnes mises sous traitement
—  Les coûts augmenteront considérablement, surtout si le PEPFAR s’étend pour satisfaire la plupart des besoins de traitement antiSIDA non satisfaits
—  Le nombre de patients traités avec succès augmente au fil du temps et ils ont droit à des traitements élargis
• Des risques futurs de réputation
—  L’accroissement requiert l’extension de traitements de haute qualité à des populations moins accessibles
—  Des programmes renforcés de traitements pourraient nourrir l’autosatisfaction et le ressentiment dans les pays récipiendaires
— Le dépistage du VIH à l’initiative du prestataire pourrait aggraver l’épidémie
—  Étendre le traitement antiSIDA pourrait évincer d’autres soins de santé
• D’un plan d’urgence à une politique durable
—  Gérer le droit au traitement antiSIDA
—  Prévenir le besoin de traitement futur
—  Assurer la transition-SIDA
• Références


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