Effets économiques du paludisme sur les cultures de rente : l’exemple du café et du cacao en Côte d’Ivoire
Martine Audibert
Jean-François Brun
Jacky Mathonnat
Marie-Claire Henry
Les secteurs du café et du cacao représentaient avant la crise politique en Côte d’Ivoire, approximativement 15 % du PNB et 40 % des exportations. La zone de production de ces deux cultures est la forêt, également zone d’endémie palustre. Leur exploitation est moins contraignante que celle des cultures vivrières comme le riz et l’igname qui, elles, demandent à être repiquées chaque année. Par contre, l’entretien du sol et le traitement des caféiers et des cacaoyers sont des tâches importantes car elles contribuent à l’amélioration des rendements et donc aux revenus monétaires des planteurs. Mais elles exposent les planteurs, par une présence accrue dans les champs, aux piqûres des anophèles et donc au risque de paludisme. Les agriculteurs de cette zone cultivent également du riz, en mode pluvial, mais aussi pour certains, en mode irrigué (culture de bas-fonds).
L’objectif de cet article est double. Il est d’estimer d’une part l’effet du paludisme sur la production de café et de cacao et d’autre part l’effet du mode de production rizicole sur la transmission du paludisme. Trois équations, production de café, production de cacao et production de santé, sont estimées. Les données sont issues d’une étude menée en 1999 sur un échantillon de 750 ménages, répartis en 21 villages, en zone forestière. Les principaux résultats soulignent l’absence d’effet du paludisme sur la production de café et de cacao et concluent que la riziculture de bas-fonds n’est pas un facteur de risque pour la transmission du paludisme.
Classification JEL : I12, O13Mots-clés :
café, cacao, riz de bas-fonds, paludisme, Côte d’Ivoire.
The sectors of coffee and cocoa represented in Côte d’Ivoire, before the political crisis, approximately 15 % of the GDP and 40 % of exports. The production area of these two crops is the forest which is a malaria endemic area. The cultivation of these crops is less constraining than that of the food crops such as rice or yam that needs to be replanted each year. However, the maintenance of the ground and trees and the pest management are important tasks that contribute to obtain high yields. But, by increasing the work time in fields, they also expose farmers to mosquitoes bites and then to malaria risk. Farmers also grow food crops and more specifically, rice as rainy cultivation such as for some of them, lowland irrigated cultivation.
The objective of this paper is twofold, first, to evaluate the role of malaria on coffee and cocoa productions, second, to assess the role of the rice production scheme on malaria transmission. Three functions are thus estimated: production of coffee, production of cocoa and production of health. Data were collected during a survey carried out on 750 households (21 villages) in the forest area. The main results are that malaria has no effect on coffee and cocoa productions and that lowland irrigated rice cultivation is not a risk factor for malaria transmission.Keywords :
coffee, cocoa, lowland rice production, malaria, Côte d’Ivoire.
• Introduction
• Comportement des ménages agricoles face à une détérioration de l’état de santé
• Modèle de fonction de production agricole et de santé
— Modèle de production agricole
— Modèle de production de santé
• Méthodologie
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• Caractéristiques de l’échantillon
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• Application économétrique
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• Résultats
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• Discussion et conclusion
• Références