Revue d'économie politique 2005/2
Revue d'économie politique
2005/2 (Vol. 115)
124 pages
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Vous consultezContrevérités sur le départ à la retraite

AuteurPierre Pestieau[*] [*] Université de Liège, CORE, PSE et CEPR ...
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du même auteur



Dans des pays comme la France, l’Allemagne et la Belgique, les travailleurs cessent leur activité plus tôt qu’ailleurs et à un âge bien en-dessous de l’âge normal de départ à la retraite. Étant donné une longévité en hausse constante, un tel âge compromet l’équilibre financier de l’ensemble de la protection sociale, particulièrement celui de l’assurance santé et du système des retraites. En outre, dans ces mêmes pays, toute réforme visant à relever l’âge de la retraite ou plus exactement à augmenter le taux d’activité des travailleurs âgés se heurte à une résistance politique farouche.

2 Dans cet article, nous émettons l’hypothèse que ces deux réalités, taux d’activité décroissant chez les travailleurs âgés et difficulté d’infléchir cette évolution, sont dues à une mauvaise compréhension des mécanismes économiques et de la réalité sociale qui sous-tendent la décision de partir à la retraite. Comme exemple de cette mauvaise compréhension, nous présentons une série d’affirmations que l’on retrouve régulièrement dans la presse ou dans la bouche des hommes politiques et qui sont pour le moins discutables.

1. Un état d’esprit

3 Qui n’a pas dans son entourage propre l’un ou l’autre jeune retraité ? Les raisons peuvent être diverses. L’un peut avoir arrêté de travailler pour raison de santé ; l’autre travaillait pour une entreprise publique, la Poste, EDF, qui offrait à un moment particulier la possibilité d’arrêter à 55 ans dans de bonnes conditions ; un troisième a bénéficié d’un plan de préretraite mis sur pied à la suite de la fermeture de son usine. Les exemples sont légions et révèlent que l’ensemble de la société trouve cela normal.

Tableau 1.  - Age de la retraite attendu et souhaité

Tableau 1. Age de la retraite attendu et souhaité France Belgique Classe Age Age Classe Age Age d’âge souhaité attendu d’âge souhaité attendu 18-34 54,3 62,2 < 25 55 60 50-64 56,4 60,3 > 50 59 60 Sources : Assous [2001], De Vits [2002].

4 Les enquêtes le montrent. Comme l’atteste le tableau I, les Français et les Belges souhaitent partir à la retraite à ces âges alors que leur longévité ne cesse de croître[1] [1] Sur ce point voir Boeri et al. [2000], Boeri et al. [2001]...
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. Loin de nous l’idée de les blâmer. Les départs à la retraite anticipés ne sont pas toujours volontaires et de toute façon ils sont le plus souvent individuellement rationnels, même s’ils sont socialement aberrants.

5 On aimerait comprendre pourquoi on en est arrivé là dans des pays comme la France et la Belgique à la différence d’autres pays tels que la Suède, l’Irlande, les États-Unis ou le Japon. Une explication possible peut être une mauvaise compréhension collective de la problématique du départ à la retraite. Cette mauvaise compréhension se traduit par un ensemble de mythes ou de contrevérités que l’on va présenter et discuter de manière télégraphique... et légèrement provocante.

6 Mais avant, pour illustrer le problème que pose le jeu conjugué de la longévité croissante et des taux d’activité décroissants, on se référera au tableau II. En France, par exemple, les femmes ont vu leur longévité s’accroître de sept ans et demi et leur âge de retraite diminuer d’autant au cours des quatre dernières décennies. Et à raison d’une croissance de longévité de 3 ans tous les 20 ans, on voit ce que serait la longueur moyenne de la retraite dans 50 ans si l’âge moyen de cessation d’activité restait stable.

Tableau 2.  - Age de la retraite effectif et longévité

Tableau 2. Age de la retraite effectif et longévité Hommes Femmes Espérance Age de Espérance Age de de vie la retraite de vie la retraite 1960-65 95-2000 1960 1995 1960-65 95-2000 1960 1995 Belgique 67,9 73,8 63,3 57,6 73,9 80,6 60,8 54,1 France 67,6 74,2 64,5 59,2 74,5 82,0 65,8 58,3 Suède 71,6 76,3 66,0 63,3 75,6 80,8 63,4 62,1 UK 67,9 74,5 66,2 62,7 73,8 79,8 62,7 59,7 Source : United Nations Population Division, World Population Prospects [1998]. Blöndal and Scarpetta [1998].

2. Dix contrevérités sur les travailleurs âgés et le départ à la retraite

7

  1. La progression des salaires selon l’âge est une loi économique universelle.
  2. La mise à la retraite des travailleurs âgés libère des emplois pour les jeunes chômeurs.
  3. Relever l’âge de la retraite pénalise les travailleurs les moins qualifiés.
  4. Avec le vieillissement démographique, le poids politique des retraités augmente.
  5. La fin de l’activité professionnelle coïncide nécessairement avec le moment où l’on perçoit ses prestations de retraite.
  6. Si une réforme du système de retraite s’avère profitable à une grande majorité, elle devrait être adoptée rapidement.
  7. Avec un second pilier fondé sur le principe de la capitalisation, les travailleurs cesseraient leur activité plus tard.
  8. Les travailleurs âgés sont davantage usés par le stress et la pénibilité de leurs activités qu’il y a 50 ans.
  9. Partir à la retraite précocement ne pose aucun problème si les jeunes retraités continuent de produire de la richesse dans le secteur informel (légal ou pas).
  10. Les « riches » non seulement vivent plus longtemps que les autres, mais en outre partent à la retraite plus tôt.

8 Notre intention n’est pas de tomber dans le travers que nous dénonçons, à savoir prétendre que ces dix affirmations sont toujours erronées. Notre thèse est qu’elles relèvent d’une approche de la fin de carrière qui, globalement, est discutable et qu’en les confrontant avec l’expérience d’autres pays ou avec l’analyse économique, elles sont généralement incorrectes.

3. Vérités et contrevérités

a. La progression des salaires selon l’âge est une loi économique universelle

9 Comme le montre la figure I, il y a des pays où les travailleurs ne connaissent pas une augmentation ininterrompue de leur revenu au cours de la vie active. Dans la mesure où la productivité n’augmente plus au-delà d’un certain âge, un profil de salaires croissants pousse les entreprises à se débarrasser de leurs travailleurs âgés.

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Profil des salaires masculins en fonction de l’âge (salaires des 25-29 ans=100)

Profil des salaires masculins en fonction de l’âge (salaires des 25-29 ans=100)

10 Il est à cet égard intéressant de noter que la France et la Belgique dont le profil des salaires est croissant ont un âge effectif de départ à la retraite sensiblement plus bas que le Japon et la Suède dont le profil est décroissant à partir de 50-54 ans[2] [2] Pour une étude de l’évolution de la productivité selon...
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b. La mise à la retraite des travailleurs âgés libère des emplois pour les jeunes chômeurs

11 On a cru longtemps qu’en libérant les emplois des travailleurs âgés, on donnerait du travail aux jeunes chômeurs. Cette croyance est à la base de programmes de préretraite plus ou moins formels. Certains de ces programmes avaient d’ailleurs l’engagement de jeunes chômeurs comme condition expresse pour en bénéficier. Plusieurs travaux récents montrent que de telles politiques ne marchent pas. Par exemple, Boldrin et al. [1999] étudient sur données de panel la relation entre baisse du taux d’activité des travailleurs âgés et réduction du taux de chômage des jeunes. Cette relation n’est certainement pas positive, ce qui aurait indiqué une certaine efficacité de la mise à la retraite des travailleurs âgés pour lutter contre le chômage des jeunes[3] [3] Voir aussi Sneessens et al. [2003]. ...
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c. Relever l’âge de la retraite pénalise les travailleurs les moins qualifiés

12 Une des raisons pour lesquelles certains syndicats et partis politiques s’opposent à tout relèvement de l’âge de la retraite est que cela pénaliserait les travailleurs les moins qualifiés, souvent engagés dans des activités pénibles. On peut montrer qu’en comparaison avec d’autres réformes – puisque réforme il doit y avoir – relever l’âge de la retraite est sans doute ce qu’il y a de plus favorable aux travailleurs à bas revenus.

13 Pour être plus précis, il y a de bonnes raisons de s’opposer à un relèvement linéaire et universel de l’âge de la retraite. Certains travailleurs doivent arrêter pour des raisons de santé. Ils sont le plus souvent couverts par l’assurance invalidité. D’autres peuvent avoir une préférence pour une retraite anticipée. Ceux-là aussi devraient pouvoir arrêter à partir d’un certain âge tout en payant le prix. Il est normal qu’un système actuariellement neutre offre des taux de remplacement plus bas à un travailleur qui cesse toute activité à 55 ans qu’à un travailleur qui n’arrête qu’à 65 ans.

14 Ce qui est important de comprendre, c’est que le vieillissement démographique oblige à des réformes douloureuses. A choisir entre une réduction des prestations actuelles et un relèvement modulé de l’âge de la retraite, on a pu montrer que sous certaines conditions tous les travailleurs et particulièrement les plus pauvres devraient préférer la seconde réforme à la première[4] [4] Cremer et Pestieau [2003]. ...
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d. Avec le vieillissement démographique, le poids politique des retraités augmente

15 Le pouvoir politique, même dans une société démocratique, ne dépend pas uniquement du nombre d’électeurs, mais aussi du pouvoir économique de différents groupes sociaux. Les actifs, même minoritaires, détiennent le pouvoir économique, celui de produire ou de ne pas produire.

16 En 1999, l’âge médian dans la population ayant le droit de vote était de 43 ans en Espagne et aux USA et de 47 en France. En 2050 cet âge sera de 45 ans aux USA, 56 en France et 57 en Espagne. En tenant compte des taux d’abstention plus élevés chez les jeunes, l’âge médian effectif est encore plus élevé. Cela joue certainement un rôle, mais différent de celui que l’on pense. D’abord, même dans une logique de confiscation, la courbe de Laffer (la courbe des recettes publiques en fonction du taux de prélèvement) ne devrait pas évoluer en faveur des retraités – certainement pas en prestations moyennes. En plus, on sait qu’outre l’âge, il y a d’autres lignes de démarcations sociales et que des coalitions peuvent se former qui ne soient pas en faveur de retraites trop généreuses. Finalement, les relations d’altruisme au sein de la famille empêcheraient qu’une classe d’âge n’en exploite une autre pour la simple raison qu’elle est numériquement plus forte[5] [5] Voir Galasso et Profeta [2003]. ...
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e. La fin de l’activité professionnelle coïncide nécessairement avec le moment où l’on perçoit ses prestations de retraite

17 Dans de nombreux pays, la perte d’un emploi pour un travailleur âgé n’est pas automatiquement suivie par une intervention de l’État au travers des allocations de chômage, de l’assurance-invalidité ou de programmes de préretraite. Le travailleur peut vivre de son épargne ou trouver un autre emploi généralement moins bien rémunéré laissant ainsi son régime de retraite mûrir.

18 Il est évident que si dès la perte d’emploi le travailleur peut obtenir un revenu de remplacement satisfaisant quel que soit son âge, 50 ou 55 ans, il aurait tort de chercher ailleurs et d’attendre que ses droits à la retraite aient un niveau satisfaisant. Cependant, si les systèmes de retraite étaient neutres quant à la décision de partir à la retraite, impliquant que le taux de remplacement est d’autant plus bas que l’on cesse de travailler tôt, il y aurait de bonnes raisons d’attendre. Or cette neutralité actuarielle semble un objectif naturel pour une politique visant à des systèmes de retraite durablement viables[6] [6] Sur ce point voir Coile et al. [2002]. ...
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f. Si une réforme du système de retraite s’avère souhaitable pour une grande majorité, elle devrait être adoptée rapidement

19 Ce n’est pourtant pas le cas. Il est en effet étonnant de voir que des réformes apparemment favorables à une grande majorité de citoyens ne sont pas adoptées. La raison en est l’incertitude. Souvent le travailleur ex ante n’est pas sûr qu’il sera dans le camp des gagnants et ceci peut suffire à lui faire préférer le statu quo.

20 Pour illustrer cette idée, prenons une économie avec deux types de travailleurs : qualifiés et non qualifiés. Les non qualifiés peuvent devenir invalides à un certain âge, 50 ans par exemple, avec une certaine probabilité. Le système de retraite combiné avec l’assurance-invalidité est conçu de manière à inciter l’ensemble des travailleurs à partir à la retraite tôt. Une réforme est proposée qui relève l’âge de cessation d’activité de tous, y compris les invalides. Ex post, cette réforme peut donner un niveau de bien-être social (utilitariste) plus élevé ; elle peut aussi être préférée au statu quo par une majorité d’électeurs : les qualifiés et les non qualifiés en bonne santé. Et pourtant exante, les non qualifiés qui ne connaissent pas encore leur état de santé peuvent rejeter la réforme s’ils sont majoritaires[7] [7] Fernandez et Rodrik [1991], Cremer et Pestieau [2004]. ...
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g. Avec un second pilier fondé sur le principe de la capitalisation, les travailleurs cesseraient leurs activités plus tard

21 Dans les pays anglo-saxons, les retraites privées fondées sur la capitalisation et offrant des prestations définies (plutôt que requérant des cotisations définies) sont en grande partie la cause des départs à la retraite anticipés. Seules les retraites de type « cotisations définies » et actuariellement neutres peuvent conduire à des départs plus « normaux ».

22 Dans les pays où les fonds de pension sont importants, ceux-ci expliquent la cessation d’activité anticipée autant que les système de retraite publics. Par exemple, aux USA, le système de retraite public est relativement neutre à l’égard de la décision d’arrêter le travail. Ce sont plutôt les régimes complémentaires à prestations définies qui expliquent les départs anticipés. Les rendements boursiers élevés ont permis aux entreprises de pousser bien avant 65 ans à la retraite les travailleurs qu’elles jugeaient trop coûteux.

23 Il est donc important pour les pays qui envisagent de développer un second pilier de faire en sorte qu’il soit actuariellement neutre à l’égard des choix d’épargne et de retraite. L’abandon progressif de tous les fonds de pension à prestations définies et la portabilité croissante des droits à la retraite devraient contribuer à cette neutralité.

h. Les travailleurs âgés sont davantage usés par le stress et la pénibilité de leurs activités qu’il y a 50 ans

24 Toutes les études le montrent, en majorité les emplois sont aujourd’hui moins pénibles qu’il y a un siècle, voire cinquante ans. Alors pourquoi se plaint-on de la pénibilité du travail et du stress qu’il engendre ? Il y a certainement des métiers qui peuvent user ceux qui les exercent bien avant l’âge de la retraite. Mais nous sommes loin des conditions décrites par Zola. La durée hebdomadaire du travail s’est fortement réduite et les loisirs des week-ends et des vacances occupent une place qu’ils n’avaient pas avant la guerre 1940-1945. Parmi les occupations pénibles, on cite pêle-mêle les cadres, les infirmières et les enseignants dans les collèges et lycées de banlieues difficiles. D’une part, cela ne représente qu’une infime minorité et cela indique simplement qu’il faudrait changer de poste à un certain âge, par exemple, éviter les « pauses » ou les classes difficiles. Il y a peut-être davantage d’impatience et d’exigence. Le progrès économique et la richesse croissante nous conduisent à espérer des emplois plus confortables.

25 Quant à la santé, la plupart des spécialistes s’accordent à penser que l’on vit aujourd’hui plus longtemps et en meilleure santé. Si la longévité s’est accrue de 8 ans en 50 ans, cela voudrait aussi dire qu’en moyenne un sexagénaire aujourd’hui a la santé d’un quinquagénaire il y a 50 ans. Il n’y aurait donc rien de choquant à ajuster l’âge moyen de la retraite à la longévité.

i. Partir à la retraite précocement ne pose aucun problème si les jeunes retraités continuent de produire de la richesse dans le secteur informel (légal ou pas)

26 Même si de nombreux retraités restent actifs dans le secteur du bénévolat ou dans le secteur informel, beaucoup d’autres sont condamnés à l’inactivité pour des périodes parfois très longues. En outre, le travail bénévole et le travail au noir ne financent pas les dépenses publiques et la protection sociale. Enfin, le poids politique est d’autant plus important que l’activité est formelle.

27 Il y a deux éléments dans cette question. D’abord il convient de minimiser autant que faire se peut la partie informelle de l’économie pour des raisons de finances publiques, mais aussi de protection individuelle. Ce qui est informel ne rapporte rien à l’État, mais aussi se prête à des abus. Le second aspect nous ramène à la sphère politique. Historiquement le pouvoir politique est attaché au contrôle de l’activité économique. Dans une société où demain une femme sur deux vivra centenaire, n’est-il pas effrayant de penser que ces femmes passeraient plus de la moitié de leur vie « adulte » dans une situation de retraitée ?

j. Les « riches » non seulement vivent plus longtemps que les autres, mais en outre partent à la retraite plus tôt

28 En moyenne, les travailleurs ayant des revenus élevés partent à la retraite plus tardivement que les autres. Trois raisons à cela : des salaires plus élevés, une meilleure santé et un travail gratifiant. C’est parce que ces travailleurs à revenu élevé partent à la retraite plus tardivement et que du coup ils contribuent davantage au financement de la protection sociale que les travailleurs à bas revenus peuvent bénéficier d’un relèvement généralisé de l’âge de la retraite.

29 En d’autres termes, on doit s’attendre à ce que si les incitants à partir à la retraite prématurément disparaissent, ce seront surtout les travailleurs qualifiés et bien portants qui prolongeront leur carrière professionnelle. Ceci étant, dans de nombreux pays, ces différences sont plus que compensées par les variations d’espérance de vie selon le niveau d’éducation et le niveau de salaire. Ces différences peuvent être de 5 ans entre un travailleur non qualifié et un cadre supérieur.

30 Comme dans les jeux de l’été que publient les hebdomadaires, chacun pourrait se demander combien de points il a accumulés en donnant 0 point aux « vrai », 1 point aux « je ne sais pas » et 2 points aux « faux ». Celui qui comptabiliserait moins de 7 points serait un cas désespéré. Plus de 15 points montrerait qu’on a tout compris. Mais les retraites méritent mieux qu’un jeu. Leur système doit être réformé radicalement avec pour double souci la durabilité et l’efficacité. Le préalable à toute réforme est une bonne compréhension des mécanismes qui conduisent certains pays à arrêter l’activité professionnelle à un âge qui donne une retraite attendue aussi longue que ne le fut la vie active.

Bibliographie

Références bibliographiques

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Notes

[ *] Université de Liège, CORE, PSE et CEPRRetour

[ 1] Sur ce point voir Boeri et al. [2000], Boeri et al. [2001] et Ferrera [1993].Retour

[ 2] Pour une étude de l’évolution de la productivité selon l’âge, voir Crepon et al. [2003].Retour

[ 3] Voir aussi Sneessens et al. [2003].Retour

[ 4] Cremer et Pestieau [2003].Retour

[ 5] Voir Galasso et Profeta [2003].Retour

[ 6] Sur ce point voir Coile et al. [2002].Retour

[ 7] Fernandez et Rodrik [1991], Cremer et Pestieau [2004].Retour

Résumé

Ce court article présente et discute une dizaine d’affirmations fréquentes qui concernent la décision de partir à la retraite et les politiques visant à encourager le taux d’activité des travailleurs âgés. Nous montrons que ces affirmations sont erronées ou à tout le moins discutables.
retraite, préretraites, vieillissement



Fallacies on retirement
This note presents and discusses a number of questionable assertions on retirement and on policies aimed at fostering labor participation among elderly workers. We show that these assertions are fallacious or at best highly questionable.
early retirement, social security, aging

PLAN DE L'ARTICLE

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POUR CITER CET ARTICLE

Pierre Pestieau « Contrevérités sur le départ à la retraite », Revue d'économie politique 2/2005 (Vol. 115), p. 163-172.
URL :
www.cairn.info/revue-d-economie-politique-2005-2-page-163.htm.