Accueil Revues Revue Numéro Article

Revue d'histoire de la protection sociale

2008/1 (N° 1)


ALERTES EMAIL - REVUE Revue d'histoire de la protection sociale

Votre alerte a bien été prise en compte.

Vous recevrez un email à chaque nouvelle parution d'un numéro de cette revue.

Fermer

Article précédent Pages 79 - 92 Article suivant
1

Au tournant du XXe siècle, la tuberculose, véritable fléau social, devient une préoccupation majeure de l’Etat [1][1] Faure Olivier, Histoire sociale de la médecine, Paris,.... Identifié par Robert Koch en 1882, le bacille demeure invincible et frappe la population avec un acharnement tel qu’on estime que près de 90 % de la population française adulte a subi, de près ou de loin, son atteinte [2][2] Grellet Isabelle et Kruse Caroline, Histoire de la.... Exclus à la fois des établissements populaires, réservés aux indigents, et des établissements de luxe, trop onéreux, les instituteurs mutualistes s’organisent pour mener à bien leur propre lutte. En 1901, ils créent l’Union nationale des sociétés de secours mutuels d’instituteurs et d’institutrices de France et des colonies (UNSSMI ou union des sana), dont l’action se concrétise, en 1906, par l’ouverture du sanatorium de Sainte-Feyre (Creuse), renforcé par celui de Saint-Jean d’Aulph (Haute-Savoie), en 1932. Simultanément, l’Antituberculeuse de l’enseignement public de la Seine ouvre en 1906 un dispensaire rue du Commandant Lamy à Paris. Ces trois structures composent le legs que la Mutuelle générale de l’Education nationale (MGEN) trouve « dans sa corbeille de naissance » [3][3] MGEN, 1947-1997, les belles pages de l’éducation, de... en 1946. Dès lors, la lutte antituberculeuse apparaît comme le fondement de son épopée médico-sociale.

La lutte antituberculeuse, fer de lance du mutualisme chez les instituteurs (1901-1945)

2

Dans le contexte de psychose entourant le bacille de Koch, les enseignants se considèrent comme particulièrement exposés à la maladie, du fait de leurs conditions de vie médiocres et de leurs contacts avec des enfants d’origine modeste. Bien que le taux de mortalité par tuberculose dans le milieu enseignant, de 1,5 pour 1000 en 1916, soit sans commune mesure avec celui des ouvriers du livre, du cuir ou du bois (7,5 pour 1000 au minimum) [4][4] Guillaume Pierre, Du désespoir au salut. Les tuberculeux..., elle n’en demeure pas moins une peur obsessionnelle. D’autant plus que les « hussards noirs sont mis à contribution par le pouvoir républicain pour faire l’éducation de la population à la maladie : après la Ligue française contre la tuberculose [5][5] La Ligue girondine contre la tuberculose, créée en... qui les associe à ses activités éducatives à partir de 1892, c’est au tour de la Ligue préventive contre la tuberculose de faire appel à eux en 1893 [6][6] Guillaume Pierre, Du désespoir au salut (…), op. cit.,.... De ce fait, ils prennent rapidement conscience du danger de la tuberculose. Or, paradoxalement, ces « apôtres de la cause antituberculeuse » n’ont pas accès aux structures de soins édifiées à partir de la fin du XIXe siècle, du reste de façon très modeste, puisqu’en 1902, la France compte six sanatoria, soit dix fois moins que l’Allemagne où leur développement est favorisé par la mise en place des Assurances sociales, de 1883 à 1889. Bien que leur nombre ait doublé en 1914, les « sanas » français sont loin de couvrir les besoins, en raison de l’« insuffisance des moyens et des équipements [et de la] pesanteur des mentalités » [7][7] Grellet Isabelle et Kruse Caroline, op. cit., p. 1.... Le retard français s’explique par le scepticisme ambiant à l’égard de l’efficacité de la cure sanatoriale, qui demeure une thérapeutique ambiguë, « où se mêlaient inextricablement un discours mondain et des pratiques hygiénistes » [8][8] Ibid., p. 146., ainsi que par une opposition idéologique au modèle d’assurances obligatoires bismarckien [9][9] Kott Sandrine, « Les politiques sociales en France.... Enfin, à ces considérations politiques se joint un facteur financier : en effet, le coût de construction des sanatoria est évalué à 750 millions de francs pour 500 établissements [10][10] Dessertine Dominique, Faure Olivier, Combattre la tuberculose,....

L’UNSSMI et le premier sanatorium des instituteurs de Sainte-Feyre

3

La peur obsessionnelle provoquée par la tuberculose dans les rangs de l’enseignement, renforcée par la pénurie d’établissements d’accueil, explique l’appel lancé par Alfred Leune aux quelque 80 sociétés de secours mutuels d’instituteurs de France, pour créer une fédération de sociétés. Il aboutit au congrès fondateur de l’Union nationale des sociétés de secours mutuels d’instituteurs et d’institutrices de France et des colonies, les 27 et 28 septembre 1901 à la Sorbonne. L’objectif de l’UNSSMI est de créer des sanatoria spécifiques aux instituteurs, par la souscription volontaire - principal mode de financement des œuvres sociales mutualistes jusqu’à la Libération. Lancée en 1902, la souscription récolte plus d’un million de francs, mais doit être complétée par une loterie nationale. En 1902, un terrain de 17 hectares est choisi à Sainte-Feyre, dans la Creuse, en raison de sa situation centrale, conforme au principe républicain d’égalité des chances, mais aussi de sa localisation « à la campagne, près d’une ville cependant mais une ville calme, non industrielle, située sur une ligne transversale ouest-est (Bordeaux, Lyon, Genève) assez proche de l’importante ligne Nord-sud (Paris-Toulouse) et en communication avec elle » [11][11] Gillet René, « Du sanatorium de Sainte-Feyre au centre.... En moins de deux ans, l’architecte de l’Union édifie un bâtiment de quatre étages et de 102 chambres individuelles - fait très rare jusqu’aux années 1950 au moins - doté de galeries de cure. Le 7 octobre, Léon Bourgeois, ministre des Affaires étrangères et président de l’Alliance internationale contre la tuberculose, préside l’inauguration de l’édifice. Sainte-Feyre marque une nouvelle page de l’histoire du mouvement mutualiste enseignant, « qui venait d’affirmer sa capacité de s’unir au-delà de ses composantes départementales et d’affirmer aussi sa volonté de sortir du strict domaine prestataire pour s’engager dans la voie de la réalisation d’établissements médico-sociaux » [12][12] Chevalier Pierre, 14 octobre 1981, archives de la MGEN,....

4

Le docteur Berthelon, médecin directeur jusqu’en 1941, assisté d’un médecin auxiliaire et d’une infirmière, accueille ses trois premiers pensionnaires le 20 août 1906. Mais après l’enthousiasme de la création, les débuts du sanatorium sont difficiles. Fin 1907, la moyenne journalière atteint à peine 29 pensionnaires sur une capacité de 102 lits. Cette désaffection s’explique en premier lieu par l’absence de compensation financière à la perte du traitement des instituteurs. Comme tous les fonctionnaires, ces derniers sont en effet soumis à la loi de 1853 qui leur accorde un congé de trois mois à plein traitement et de trois mois à demitraitement, alors que les cures sanatoriales nécessitent plusieurs mois, sinon plusieurs années pour atteindre une guérison complète. Les rares subventions accordées par le ministère de l’Instruction publique ou par les départements, qui complètent l’aide de la société de secours mutuels, ne suffisent pas à suppléer la perte du salaire. Pour les administrateurs de l’Union, ces hésitations sont également « entretenues et provoquées au besoin par les médecins traitant avec un acharnement inconcevable » [13][13] Extrait du PV du CA de l’UNSSMI, 13 juillet 1907.. Véritable leitmotiv dans les discours des dirigeants de l’Union, la thèse de la contre-propagande des médecins est confirmée par Dominique Dessertine et Olivier Faure qui font allusion aux « réticences des médecins de ville [pour qui] la lutte antituberculeuse, aux mains de quelques spécialistes, […] reste largement étrangère en dépit des efforts de propagande » [14][14] Guillaume Pierre, « Malades et sanatoriums dans l’entre-deux-guerres »,.... En outre, le retour à la vie « civile » s’accompagne souvent de brimades et d’exclusions des anciens tuberculeux que l’on ne « considère pas comme guéris, mais « blanchis », c’est-à-dire stabilisés » [15][15] Guillaume Pierre, « Découvrir la prévention. La lutte.... Enfin, la tuberculose est alors un mal que l’on s’efforce de passer sous silence :

5

« L’attitude commune est le refus du mal, le malade s’acharnant à expliquer que les symptômes qu’il ne peut cacher à son entourage n’ont rien à voir avec ceux de la tuberculose » [16][16] Guillaume Pierre, Du désespoir au salut (…), op. cit.,....

6

Pourtant, en 1910-1911, le véritable démarrage du sanatorium semble s’amorcer avec des effectifs atteignant 80 pensionnaires. La visite du président du conseil, René Viviani, en mai 1910, suivie par celle du président de la République, Raymond Poincaré, en 1913, confirme cette impression [17][17] Extrait du PV du CA, 10 septembre 1913.. Après quelques années de rodage, et malgré l’hostilité des médecins libéraux, le sanatorium semble donc atteindre sa vitesse de croisière.

La parenthèse de la Première Guerre mondiale

7

En août 1914, la prospérité bien fragile de l’établissement est bouleversée par la déclaration de guerre et par la mobilisation d’une partie du personnel, en premier lieu de son directeur. Elle oblige l’Union à fermer la maison et à renvoyer les malades dans leurs familles [18][18] Leune Alfred, rapport du 10 octobre 1922, boîte 37.... Pour faire œuvre de patriotisme, Alfred Leune met le sanatorium à la disposition de l’armée. Transformé en hôpital militaire spécialisé dans le traitement de la tuberculose, il accueille près de 1 500 soldats entre 1915 et 1918. Pour compenser sa fermeture, l’Union décide de verser une indemnité de 1,5 francs par jour à tous les membres de sociétés affiliées à l’Union en traitement dans un autre sanatorium [19][19] Extrait du PV du CA, 20 avril 1916.. A la fin du conflit, la récupération de l’établissement est source de difficultés. L’armée française tarde à restituer un sanatorium fort utile dans cette région militaire, où il est le seul établissement accueillant les soldats tuberculeux. De ce fait, le ministère de la Guerre déclare que « les services ainsi rendus par la maison de Sainte-Feyre lui paraissaient trop importants pour qu’il puit (sic) renoncer à s’en servir » [20][20] Extrait du PV du CA, 5 avril 1917.. Il faut attendre l’intervention de Léon Bourgeois, en septembre 1918, pour que l’Union récupère 34 lits. Finalement, le 20 juin 1919, un contrat conclu avec les services de santé militaires restitue l’intégralité du sanatorium à ses propriétaires.

Le double défi de l’entre-deux-guerres : explosion de demandes et inflation

8

La fin de la Grande Guerre clôt un chapitre de la vie du sanatorium, et plus généralement, de la lutte antituberculeuse. Le conflit, qui « trouvait la défense antituberculeuse dans un parfait « état de dénuement « » [21][21] Murard Lion, Zylberman Patrick, L’hygiène dans la République...., est l’occasion d’une prise de conscience par l’opinion publique et les autorités françaises de la menace tuberculeuse. La recrudescence des cas constatés au sein de la population et la nécessité de prendre en charge les soldats « blessés du poumon » mettent en évidence l’urgence d’une intervention des pouvoirs publics. C’est dans ce contexte que sont adoptées les lois Bourgeois (avril 1916) sur les dispensaires « d’hygiène sociale et de préservation antituberculeuse » et Honnorat (7 septembre 1919) sur les sanatoria publics. Dans les années 1920, le modèle du traitement sanatorial s’impose, d’autant que la hantise de la maladie redouble au sein de la population, confrontée à « la multiplication des anciens malades relâchés par les sanatoriums, mais porteurs de séquelles morales et physiques bien visibles, [qui] rend la tuberculose plus présente que jamais » [22][22] Ibid., p. 546.. Sainte-Feyre, restauré grâce aux subventions du ministère de la Guerre, retrouve peu à peu son rythme de vie, malgré l’inflation galopante qui rend nécessaire une forte augmentation de son prix de journée. Paradoxalement, l’Union a connu une prospérité financière sans précédent durant la guerre ; en dépit de l’indemnité mise en place en 1916 pour compenser la fermeture de l’établissement, l’établissement réalise plus de 80 000 francs d’économies [23][23] Extrait du PV du CA, 17 avril 1919.. Cette aisance s’explique par la reprise en main du sanatorium par l’armée, alors que les cotisations des sociétés adhérentes ont continué à affluer régulièrement. En revanche, les difficultés surgissent au lendemain du conflit. A partir de 1920, le déficit du sanatorium s’aggrave d’année en année et requiert une intervention de l’Union : 50 000 francs entre juin 1919 et juin 1920, 250 000 francs en 1927 puis 65 000 francs en 1928. Malgré les subventions publiques dont il bénéficie depuis la loi Honnorat du 7 septembre 1919, la situation devient de plus en plus préoccupante.

9

Paradoxalement, l’entre-deux-guerres se caractérise aussi par un développement intense de l’Union, qui passe de trente sociétés adhérentes en 1914 à 82 en 1924. La reconnaissance officielle de sonniUn sanatorium est consacrée en 1921 par son assimilation aux sanatoria publics, puis en 1923 par sa reconnaissance d’utilité publique. L’explosion de demandes de séjours à partir du début des années 1920 n’est sans doute pas sans rapport avec l’adoption de loi du 30 avril 1921 sur les congés de longue durée avec traitement aux enseignants tuberculeux [24][24] Les congés de trois mois à plein traitement et de trois.... Cette mesure, généralisée à l’ensemble des fonctionnaires en 1929, apparaît comme le fruit des efforts déployés depuis 1911 par Alfred Leune et par le président de la Fédération des Antituberculeuses pour obtenir l’indemnisation complète des instituteurs malades. Pour faire face à ces nouveaux besoins, l’Union réfléchit à l’acquisition d’un second établissement. Une proposition lui est alors faite à Chanay, dans l’Ain, où le sanatorium de Belgique a été mis en vente ; ironie de l’histoire, cet établissement deviendra propriété de la MGEN trente ans plus tard ! Mais pour l’heure, cette option, jugée trop coûteuse, est rejetée, au profit de la construction d’un pavillon à Sainte-Feyre. Une seconde souscription lancée dans le personnel enseignant, à laquelle s’ajoute le relèvement de la cotisation des sociétés affiliées et la subvention au titre de la loi Honnorat (couvrant 50 % des dépenses), rendent possible la construction de soixante chambres en 1927. Cette période est également marquée par un foisonnement de projets originaux. En 1921, un administrateur de l’Union propose la création d’une maison d’accueil pour les enfants des institutrices en traitement, annexée au sanatorium, qui présenterait, selon lui, de grands avantages. Tout en donnant aux mères malades « la tranquillité d’esprit dont elles ont besoin », il permettrait « à des enfants très souvent chétifs » de recevoir des traitements « dans un milieu éminemment favorable à leur croissance » [25][25] Extrait du PV du CA, 24 mars 1921.. Ce projet ne sera pas réalisé, mais il est révélateur de l’esprit novateur des mutualistes enseignants. La MGEN l’analysera ultérieurement comme la « première expression du désir de création, par les enseignants, d’un service « mère et enfant » [26][26] « 75e anniversaire de Sainte Feyre », Revue de la MGEN,..., réalisé en 1969 dans ce centre de convalescence des Trois-Epis, en Alsace. Dans le même esprit, la production d’un film de propagande sur le sanatorium, en 1923, destiné à être diffusé dans les conférences corporatives, est une initiative audacieuse. Le problème des tuberculeux osseux, qui ne peuvent être admis à Sainte-Feyre, réservé aux pulmonaires, est ensuite abordé par l’UNSSMI. Son rayonnement lui permet de parrainer le foyer pour tuberculeux osseux de Berck-sur-Mer, créé à l’instigation de la SSMI du Pas-de-Calais, dont elle favorise l’installation. De plus, elle crée un office de documentation réservé aux osseux au sein de ses sanatoria et institue, en 1935, une allocation journalière de 5 francs et des secours exceptionnels pour les malades osseux affiliés hospitalisés dans un établissement agréé.

Les années 1930 et l’affermissement de l’expérience mutualiste

L’acquisition de Saint-Jean d’Aulph

10

En 1930, le décès d’Alfred Leune, auquel succède Alexis Léaud, coïncide avec un nouveau flot de demandes d’admission. Ce débordement s’explique à la fois par les progrès de la thérapeutique, avec l’apparition de nouveaux appareils, de radiographie, de tomographie et de radioscopie, et par une recrudescence de la maladie [27][27] Gillet René, op. cit.. L’afflux de malades est d’autant plus problématique que la séparation des sexes, d’abord « dictée par la morale dominante » [28][28] Guillaume Pierre, Du désespoir au salut […], op. cit.,..., est rendue obligatoire en 1924. Ces deux facteurs rendent urgente la construction d’un second sanatorium, d’autant que les instituteurs, exclus comme l’ensemble des fonctionnaires des Assurances sociale s instaurées en 1930, ressentent le besoin de renforcer leurs propres structures. En 1932, la clinique Sylvabelle, à Saint-Jean d’Aulph (Haute-Savoie), est acquise, selon les procédés traditionnels de la souscription, de subventions, complétées par l’émission d’obligations de 250 francs au sein du personnel enseignant. L’établissement est destiné à devenir le pendant masculin du sanatorium creusois, désormais réservé aux femmes. Si nécessaire soit-elle, cette acquisition accentue les difficultés financières des années 1920, en raison de la médiocrité des résultats obtenus par la souscription et de l’ajournement incessant du paiement de la subvention Honnorat. Pour contourner ces obstacles, l’Union doit recourir à des solutions alternatives, telles des emprunts souscrits à la caisse interdépartementale des Assurances sociales [29][29] Extrait du PV du CA, 16 novembre 1932 ; il s’agit,..., des souscriptions, des tombolas, une vente de vignettes artistiques et une demande d’attribution d’une part du produit du Pari mutuel [30][30] Ibid., 9 juin 1935.. Mais en 1937, la dette est encore de 1,4 millions de francs. L’entretien, à grands frais, de ces établissements largement déficitaires est aggravé par le développement des charges salariales : l’amélioration des thérapies antituberculeuses implique en effet un personnel soignant plus nombreux. De surcroît, après la signature des accords Matignon, le 7 juin 1936, les salaires sont réévalués et les effectifs étoffés pour répondre aux exigences du personnel [31][31] Ibid., 6 août 1936.. Ces problèmes financiers sont doublés de contraintes matérielles ; devant l’urgence des demandes, les travaux prévus pour adapter l’ancien bâtiment de Sylvabelle aux normes architecturales du sanatorium sont différés [32][32] L’architecture du sanatorium est subordonnée aux exigences.... Ces multiples difficultés se prolongeront très tardivement, malgré tous les efforts de l’Union pour les surmonter.

Les sanas enseignants dans l’ère de La chirurgie thoracique

11

Au-delà des péripéties financières de l’Union, la création du service de chirurgie thoracique à Sainte-Feyre, en 1936, ouvre une nouvelle page de l’histoire de la lutte antituberculeuse dans l’enseignement. Inauguré en présence du ministre de la Santé publique, Henri Sellier, il place l’Union des sanas à une position de choix dans l’équipement phtisiologique français. A « l’époque héroïque » de la création du sanatorium et de l’application des cures d’air, de repos et de suralimentation, succède celle de « la collapsothérapie médicale puis chirurgicale » [33][33] Rivière Marcel, « De l’orthodoxie médicale et de l’action.... Les opérations chirurgicales sont désormais pratiquées sur place par le docteur Dreyfus-Le Foyer, chirurgien de Laennec, qui accepte de faire des vacations hebdomadaires à Sainte-Feyre. A partir de décembre 1937, l’Union prend à sa charge tous les actes chirurgicaux, de même que les frais de médicaments et de transports entre Saint-Jean d’Aulph et Sainte-Feyre, L’établissement semble ainsi suivre les progrès techniques réalisés par d’autres établissements antituberculeux, et notamment Hauteville (Ain), qui expérimente des techniques chirurgicales de plus en plus sophistiquées. Sans être un véritable foyer d’innovation en matière de chirurgie thoracique, Sainte-Feyre se place incontestablement à la pointe du progrès technique de l’époque.

Le sanatorium, lieu de sociabilité et de conflit

12

Dans les sanatoria, où les malades sont astreints à l’isolement de leur communauté familiale et professionnelle durant de longs mois, se développe une vie collective spécifique, au sein d’une « une société qui découpe l’espace et le temps selon des modalités particulières. Qui possède sa propre échelle de valeurs, son code, sa mythologie » [34][34] Grellet Isabelle, Kruse Caroline, op. cit., p. 109. Liés par leur origine socioprofessionnelle ainsi que par la maladie, les instituteurs en cure recréent une sociabilité particulière.

Des loisirs à la solidarité

13

Malgré les exigences de la cure sanatoriale, qui proscrivent toute activité trop intense, une bibliothèque et une salle de jeux sont d’emblée mis à la disposition des pensionnaires. Les loisirs se développent d’ailleurs spontanément : promenades, séances de tricot et de couture, conférences, auxquelles s’ajoutent des soirées théâtrales ou en l’honneur des médecins. Tout en rythmant l’existence du sanatorium, « comme le carnaval jadis, ces festivités rompent la monotonie de la vie sanatoriale en permettant la transgression de certains tabous » [35][35] Guillaume Pierre, Du désespoir au salut (…), op. cit.,.... Durant l’entre-deux-guerres, l’introduction des médias bouleverse les conditions de vie des sanatoria [36][36] Ibid.. En 1931, le radio-club, baptisé « Radio BK », en référence au Bacille de Koch, devient un pôle majeur de la vie des malades. Il est complété, deux ans plus tard, par des séances hebdomadaires de cinéma. Mais les contraintes médicales draconiennes constituent un obstacle majeur au développement des loisirs, qui ne prennent pas l’ampleur escomptée par les malades. Les choses changeront à la Libération seulement, lorsque les médecins prendront conscience de l’inanité du repos absolu auparavant imposé aux tuberculeux.

14

En 1907, la société de secours mutuel, créée sous l’impulsion du docteur Berthelon, est destinée à « pallier, dans la mesure de ses ressources, aux misères nombreuses causées par l’insuffisance des congés de longue durée » [37][37] Statuts de la société, Par l’Effort, n° 1, 1931.. Rappelons que les fonctionnaires tuberculeux ne bénéficient encore d’aucune indemnité après six mois de maladie ; même après la promulgation de la loi de 1921, beaucoup épuisent leurs congés avant d’être rétablis. En plus des cotisations de ses membres, les fonds de la société sont constitués par les gains de tombolas, de ventes de cartes postales et de dons de l’Union. Ses effectifs s’étoffent rapidement : 400 membres fin 1907, 683 un an plus tard, puis 1200 à la en 1914. Les secours, dans un premier temps uniformes et modestes, augmentent fortement à partir de 1918, de 50 à 200 puis 1800 francs en 1928. Mais le capital financier de la société étant progressivement grignoté par l’alourdissement des dépenses, une caisse de secours, l’Aide fraternelle (AF), lui est associée en 1931, pour compléter son action en accordant des secours aux pensionnaires sans ressources [38][38] Par l’Effort n° 1, 1er janvier 1931.. Alimentée par des cotisations et des dons, dont le caractère aléatoire restreint ses possibilités, l’Aide fraternelle attribue des aides modestes.

La contestation

D’une contestation diffuse…

15

Les loisirs et les actions solidaires sont deux manifestations de la vie collective sanatoriale. Mais celle-ci s’exprime plus particulièrement par des mouvements de contestation. Dans La Montagne magique, Thomas Mann constate que « c’était l’usage de pester contre la nourriture » [39][39] Mann Thomas, La Montagne magique, 1924.. Elément thérapeutique à part entière, l’alimentation est au cœur des récriminations des malades. En 1908, les administrateurs de l’Union font déjà état « des caprices et des exigences injustifiées » [40][40] Extrait du PV du CA, 5 novembre 1908. de la part des pensionnaires. Cet esprit frondeur se manifeste aussi par d’importants retards dans le règlement des frais de séjour et par de violentes mises en cause du personnel. Si les médecins sont généralement épargnés, les malades reportent leur colère sur le personnel administratif, les cuisiniers et sur l’Union des sanas, considérée comme « une organisation fermée, peu connue de la masse de nos collègues et dirigée en fait par une poignée de personnages très représentatifs, certes, mais assez éloignés par leur situation de nous, modestes instituteurs » [41][41] M. Agius, Par l’Effort, n° 9, 1er octobre 1933..

16

La volonté de participer à la gestion de l’établissement se manifeste pour la première fois en 1910 par l’intrusion dans une séance du conseil d’administration de l’UNSSMI de malades, qui font part de leur mécontentement à l’égard du médecin auxiliaire et de l’économe. Le 30 décembre, une pétition d’une trentaine de signatures conduit à la démission du médecin directeur et de l’économe. En conséquence de cette petite « révolution interne », le règlement intérieur, traditionnellement très rigide dans les structures sanatoriales, est modifié, afin de « prévenir l’immixtion fâcheuse des pensionnaires dans le fonctionnement des services » et pour leur faire comprendre qu’ils n’ont « aucun droit de contrôle sur ce fonctionnement » [42][42] Extrait du PV du CA, 19 janvier 1911.. Deux ans plus tard, le conseil d’administration se réunit à nouveau pour mettre fin à l’agitation des pensionnaires [43][43] Ibid., 8 janvier 1914.. Cette situation se reproduit à la déclaration de guerre : « profitant de l’absence du chef de la maison », les pensionnaires font alors preuve d’« insubordination » [44][44] Ibid., 28 janvier 1915. et refusent de quitter l’établissement, qu’ils « boycottent » jusqu’en 1916. En 1922, des incidents sont à nouveau signalés. A chaque fois, l’Union répond par un refus catégorique à leur revendication d’admettre deux délégués au conseil d’administration de l’Union [45][45] Ibid., 13 avril 1922.. Les choses évoluent toutefois progressivement : en 1925, le directeur administratif autorise les pensionnaires à désigner un délégué pour présenter leurs vœux au conseil d’administration, qui, « tout en écartant une partie des suggestions des délégués de cure, […] n’en estime pas moins utile l’institution de ces délégués » [46][46] Ibid., 13 novembre 1925..

… à l’institutionnalisation

17

En 1927, la création de l’Association des membres de l’enseignement en congé de longue durée (ACLD) marque une rupture dans les relations entre les pensionnaires et l’Union. Son objectif, officiellement propagandiste, l’assure d’une totale crédibilité devant le conseil d’administration. Dans les statuts, déposés le 18 mars 1929, le docteur Berthelon en est nommé président d’honneur. Mais très vite, l’ACLD dévoile ses véritables ambitions : devenir le défenseur des intérêts des malades, en intervenant auprès de l’administration mais aussi des pouvoirs publics, avec l’appui du Syndicat national des instituteurs (SNI) et de la Fédération des membres de l’enseignement laïque de France, des colonies et des protectorats (FMEL [47][47] Ancienne Fédération nationale des syndicats d’instituteurs...). En 1931, l’association vise désormais clairement à « lutter pour l’amélioration du régime de notre établissement […] » [48][48] Par l’Effort, n° 1, 1er janvier 1931. en obtenant la représentation des malades au conseil d’administration de l’Union par deux délégués. En 1931, elle se dote d’une revue, Par l’Effort, qui devient le « (…) reflet vivant » de ses activités et de la vie au sanatorium, ainsi qu’une « (…) tribune revendicative, mais aussi un organe de propagande mutualiste et d’éducation antituberculeuse » [49][49] Merlivat Daniel, « L’ACLD », Par l’Effort, n° 20, juillet.... Les résultats des pressions exercées par l’ACLD ne se font pas attendre. Au niveau intérieur, les employés faisant l’objet de plaintes des pensionnaires sont renvoyés grâce aux « réclamations incessantes de notre bureau » [50][50] Ibid.. Parallèlement, une action menée avec le SNI permet d’obtenir l’avancement à l’ancienneté des maîtres en congé de longue durée et une carte de voyage à demi-tarif pour les malades en cure. En outre, l’ACLD s’engage dans le projet de caisse de solidarité du SNI, auquel l’un de ses leaders, Auguste Piveteau, participe à l’élaboration, en 1928. Le principal terrain d’action de l’ACLD est la revendication d’une représentation directe des malades au conseil de l’Union. Le 28 janvier 1932, lors d’une assemblée générale extraordinaire, les malades obtiennent partiellement satisfaction, avec l’élection de quatre anciens malades. Enfin, en 1934, l’assemblée générale finit par céder aux pressions de l’ACLD, en admettant deux délégués des malades aux réunions du conseil d’administration.

18

A partir de 1933, Saint-Jean d’Aulph devient un nouveau sujet de discorde et cristallise les tensions entre l’Union et les malades. Au terme d’une enquête, menée sur place durant l’été 1933, par un groupe de mutualistes et de syndicalistes enseignants, ces derniers se déclarent « profondément déçu[s] […] » [51][51] M. Agius, « Un an après », Par l’Effort, n° 9, 1er.... L’ACLD dénonce les points faibles de l’établissement et accuse l’Union de l’avoir écartée des discussions. A ses yeux, Saint-Jean d’Aulph se caractérise par des « tares fondamentales » [52][52] M. Rateau, « L’agrandissement de Saint-Jean d’Aulph »,... : proximité de la route principale, du village, mauvais isolement, absence de parc et instabilité du terrain sont autant de signes de son inadaptation aux besoins des tuberculeux. L’établissement restera l’objet de conflits récurrents avec l’administration jusqu’à la fin du siècle. En revanche, à partir de 1935, l’ACLD joint ses forces à celles du SNI et de l’Union des sanas dans la lutte contre les décrets-lois Laval, parus entre juillet et octobre 1935. Le décret du 30 octobre 1935 a, en particulier, des conséquences désastreuses sur les tuberculeux : modifiant la loi Honnorat sur le subventionnement des établissements antituberculeux, il stipule que les demandes de cures doivent être présentées, non plus à la préfecture du département, mais à la mairie de la commune. Ce changement présente, selon l’ACLD, « des inconvénients dont il ne faut pas négliger l’importance. Dans les villages et les petits centres, beaucoup de nos collègues refuseront de faire cette demande par crainte de l’opinion publique. Nous connaissons trop l’attitude de la majorité de la population à l’égard des tuberculeux pour ne pas les comprendre. Le tuberculeux est banni de la société et sa famille même est mise en quarantaine » [53][53] « Le décret loi du 30 octobre 1935 sur l’assistance.... Au bout de trois ans de lutte commune, l’ACLD, le SNI et l’Union contribuent à faire abroger le décret-loi. En unissant leurs forces, les malades, les syndicalistes et les mutualistes ont, à cette occasion, fait la preuve que leurs oppositions internes pouvaient être dépassées.

Les acteurs : des précurseurs de l’action médico-sociale mutualiste

19

Autour d’Alfred Leune et d’Alexis Léaud, pionniers de la lutte antituberculeuse mutualistes, gravitent des collaborateurs, mutualistes ou anciens malades, « ces bons ouvriers de la première heure » [54][54] Leaud Alexis, La vie et l’œuvre d’Alfred Leune, Hommage.... Parmi eux, les médecins ont une place fondamentale dans l’entreprise sanatoriale.

Les relations complexes

20

A la fois thérapeutes et directeurs administratifs, résidant sur le lieu de leur exercice, « les praticiens […] laissent une impression de très profonde humanité et l’on n’était certainement pas médecin de sanatorium sans une vocation profonde, souvent liée à une histoire personnelle » [55][55] Guillaume Pierre, Du désespoir au salut (…), p. 27.... De fait, les phtisiologues, très souvent eux-mêmes anciens malades, entretiennent des relations complexes avec leurs pensionnaires. La vie communautaire, en un « microcosme de la société médicalisée, où l’institution, comme ses pensionnaires, obéissent aux normes rationnelles élaborées par la médecine » [56][56] Dessertine Dominique, Faure Olivier, op. cit., p. ..., génère des liens qui dépassent la simple relation de soignés à soignants. L’ACLD elle-même ne met jamais en cause les compétences des médecins, qui font au contraire l’objet d’éloges de sa part. Ainsi, en 1932, dans des critiques formulées à l’encontre du sanatorium, ils affirment :

« Surtout qu’on ne vienne pas faire retomber la responsabilité de ces faits sur le docteur Berthelon. Celui-ci fait ce qu’il peut au milieu de ces installations plus ou moins opportunes, de ces complications dont il n’a que faire » [57][57] « Nos délégués au conseil d’administration de l’Union »,....

Ces sentiments affectueux sont mêlés de respect et de crainte envers ceux qui semblent tenir leur destin entre leurs mains. Les médecins bénéficient également d’une aura particulière au sein de l’Union. En 1937, la remise du titre d’officier de la Légion d’honneur au docteur Berthelon est l’occasion d’un éloge des administrateurs, qui déclarent que « depuis trente ans, le docteur Berthelon, avec le dévouement et la foi d’un apôtre, a lutté contre le redoutable fléau qui frappe si cruellement les instituteurs. C’est par lui que le sanatorium a conquis sa réputation […] » [58][58] Extrait du PV du CA, 28 décembre 1937..

La main d’ œuvre sanatoriale

21

Durant les premières années, le reste du personnel, qualifié de « domestique », confère au sanatorium une image d’hôtel plus que d’hôpital. Si la présence de ces « domestiques » ou « servants » est une caractéristique de l’institution hospitalière de l’ère pré-pastorienne, ils sont loin d’avoir disparu dans les sanatoria, jusqu’à la fin des années 1930 au moins. Conformément à un principe fortement ancré chez les enseignants, l’Union ne recrute que des employés laïcs, ce qui est loin d’aller de soi à une époque où la plupart des hôpitaux sont régis par des religieuses. En effet, la volonté politique de laïciser les hôpitaux est beaucoup plus tardive et moins affirmée que dans l’enseignement en raison de l’attachement de l’opinion publique aux religieuses soignantes [59][59] Knibiehler Yvonne, Cornettes et blouses blanches. Les.... Si le personnel sanatorial est « non qualifié, sans aucune formation, […] très mal payé [et] logeait sur place dans des conditions souvent extrêmement déplorables » [60][60] Le Pennec J., « Idéologie professionnelle et position..., l’Union estime quant à elle que la faiblesse de leur rémunération est compensée par des avantages en nature, « le personnel domestique étant nourri, logé, blanchi et recevant des vêtements de travail, n’est que faiblement touché par l’accroissement du coût de la vie » [61][61] Extrait du PV du CA, 24 mars 1938.. L’instabilité de la main d’œuvre tend néanmoins à contredire cette affirmation. En 1907, le docteur Berthelon avoue que « le recrutement du personnel n’a pas été sans grosses difficultés » [62][62] Extrait du PV de l’assemblée générale de l’UNSSMI,.... En 1908, l’Union envisage déjà la mise en œuvre d’un système de retraites, afin de mettre fin à ce turn-over. L’insuffisance des salaires semble être à l’origine de l’inconstance du personnel : en 1927, des revalorisations substantielles doivent leur être accordées, « sous peine de voir nos employés nous quitter […] » [63][63] Ibid., 13 novembre 1927.. La médicalisation et le développement des capacités d’accueil, auxquels s’ajoutent les retombées des accords de Matignon, en juin 1936, requièrent un accroissement important des effectifs qui, de 17 en 1907, passent à 42 en 1926, puis à plus de 50 en 1936.

22

A la veille de la Seconde Guerre mondiale, les mutualistes enseignants ont donné la preuve de la validité de leur expérience dans le domaine antituberculeux. Les deux sanatoria sont dotés d’un personnel médical rompu aux méthodes de traitement phtisiologiques. Néanmoins, l’utilisation de techniques gestionnaires rudimentaires et le recours systématique à la charité, par le biais de souscriptions volontaires, enferment l’Union des sanas dans des difficultés financières qui deviennent vite insurmontables. Comme la majorité des sociétés de secours mutuels, elle s’enlise dans une crise financière, renforcée par la Seconde Guerre mondiale. En 1945, incapable de faire face aux travaux de restauration indispensables au fonctionnement de ses établissements, l’UNSSMI voit dans la naissance de la MGEN l’unique chance de faire survivre des réalisations sociales au bord du gouffre. Elle est ainsi l’une des premières sociétés de secours mutuels enseignantes à accepter la fusion dans la Mutuelle, en lui apportant « le sanatorium avec toute sa renommée, toute son expérience, toutes ses richesses mais aussi toutes ses tares, toutes ses servitudes, toutes ses exigences » [64][64] Gillet René, op. cit.. En 1946, la MGEN se trouve à la tête d’un patrimoine médico-social certes important, mais dans un état matériel et financier déplorable. Elle relèvera néanmoins ce défi, en sortant les sanatoria de l’impasse, considérant que « c’est d’ailleurs autour de ce problème que s’est faite l’unanimité » [65][65] Zonza Simon-Pierre, Histoire d’une mutuelle : la Mutuelle....

Notes

[1]

Faure Olivier, Histoire sociale de la médecine, Paris, Anthropos, 1994, p. 155.

[2]

Grellet Isabelle et Kruse Caroline, Histoire de la tuberculose. Les fièvres de l’âme, 1800-1940, Paris, Ramsay, 1983, p. 95.

[3]

MGEN, 1947-1997, les belles pages de l’éducation, de la culture et de la recherche, Paris, Stratis Presses, 1997, 77 p., p. 20.

[4]

Guillaume Pierre, Du désespoir au salut. Les tuberculeux aux XIXe et XXe siècles, Paris, Aubier, 2001.

[5]

La Ligue girondine contre la tuberculose, créée en 1892 par le docteur Armaingaud, dans le but d’instruire la population sur le danger de la tuberculose, se transforme en 1902 en Ligue française contre la tuberculose.

[6]

Guillaume Pierre, Du désespoir au salut (…), op. cit., p. 177.

[7]

Grellet Isabelle et Kruse Caroline, op. cit., p. 172.

[8]

Ibid., p. 146.

[9]

Kott Sandrine, « Les politiques sociales en France et en Allemagne, 1880-1914 », in Guedj François et Sirot Stéphane (sdir.), Histoire sociale de la France en Europe, Paris, Seli Arslan, 1997, p. 126.

[10]

Dessertine Dominique, Faure Olivier, Combattre la tuberculose, Lyon, Presses universitaires de Lyon, 1988, p. 17.

[11]

Gillet René, « Du sanatorium de Sainte-Feyre au centre médicochirurgical “Alfred Leune” », Bulletin de la MGEN, n° 2, 1er trimestre 1971.

[12]

Chevalier Pierre, 14 octobre 1981, archives de la MGEN, boîte 13132.

[13]

Extrait du PV du CA de l’UNSSMI, 13 juillet 1907.

[14]

Guillaume Pierre, « Malades et sanatoriums dans l’entre-deux-guerres », in Peurs et terreurs face à la contagion, Paris, Fayard, 1988, p. 223.

[15]

Guillaume Pierre, « Découvrir la prévention. La lutte contre la tuberculose, 1880-1950 », « La prévention médicale », Domaines et techniques de prévention, séminaire de travail de la MIRE-DREES, 27 mars 2002, p. 18, site du Ministère de la Santé, [en ligne], http://www.sante.gouv.fr/drees/seriemire/medical.fr, p. 20.

[16]

Guillaume Pierre, Du désespoir au salut (…), op. cit., p. 288.

[17]

Extrait du PV du CA, 10 septembre 1913.

[18]

Leune Alfred, rapport du 10 octobre 1922, boîte 37986.

[19]

Extrait du PV du CA, 20 avril 1916.

[20]

Extrait du PV du CA, 5 avril 1917.

[21]

Murard Lion, Zylberman Patrick, L’hygiène dans la République. La santé publique en France ou l’utopie contrariée, 1870-1918, Paris, Fayard, 1996, p. 547.

[22]

Ibid., p. 546.

[23]

Extrait du PV du CA, 17 avril 1919.

[24]

Les congés de trois mois à plein traitement et de trois mois à demi traitement accordés par la loi de 1853 sont remplacés par trois ans à plein traitement et deux ans à demi-traitement.

[25]

Extrait du PV du CA, 24 mars 1921.

[26]

« 75e anniversaire de Sainte Feyre », Revue de la MGEN, n° 60, janvier 1982, p. 18-20.

[27]

Gillet René, op. cit.

[28]

Guillaume Pierre, Du désespoir au salut […], op. cit., p. 235.

[29]

Extrait du PV du CA, 16 novembre 1932 ; il s’agit, selon toute vraisemblance, de la caisse interdépartementale de Seine et de Seine-et-Oise.

[30]

Ibid., 9 juin 1935.

[31]

Ibid., 6 août 1936.

[32]

L’architecture du sanatorium est subordonnée aux exigences de la cure : les bâtiments doivent être protégés contre les intempéries et ouverts à la lumière. Des galeries sont aménagées pour les cures d’air. L’obsession de la désinfection a pour conséquence un dépouillement qui donne à l’établissement un aspect froid.

[33]

Rivière Marcel, « De l’orthodoxie médicale et de l’action mutualiste », Bulletin de la MGEN, n° 3, décembre 1958.

[34]

Grellet Isabelle, Kruse Caroline, op. cit., p. 109.

[35]

Guillaume Pierre, Du désespoir au salut (…), op. cit., p. 266.

[36]

Ibid.

[37]

Statuts de la société, Par l’Effort, n° 1, 1931.

[38]

Par l’Effort n° 1, 1er janvier 1931.

[39]

Mann Thomas, La Montagne magique, 1924.

[40]

Extrait du PV du CA, 5 novembre 1908.

[41]

M. Agius, Par l’Effort, n° 9, 1er octobre 1933.

[42]

Extrait du PV du CA, 19 janvier 1911.

[43]

Ibid., 8 janvier 1914.

[44]

Ibid., 28 janvier 1915.

[45]

Ibid., 13 avril 1922.

[46]

Ibid., 13 novembre 1925.

[47]

Ancienne Fédération nationale des syndicats d’instituteurs (FNSI), créée en 1905, affiliée à la CGT et rebaptisée FMEL en 1919. Elle adhère en 1922 à la CGTU.

[48]

Par l’Effort, n° 1, 1er janvier 1931.

[49]

Merlivat Daniel, « L’ACLD », Par l’Effort, n° 20, juillet 1936, p. 17-21.

[50]

Ibid.

[51]

M. Agius, « Un an après », Par l’Effort, n° 9, 1er octobre 1933.

[52]

M. Rateau, « L’agrandissement de Saint-Jean d’Aulph », Par l’Effort, n° 23, avril 1937, p. 62-64.

[53]

« Le décret loi du 30 octobre 1935 sur l’assistance aux tuberculeux », Par l’Effort, n° 24, juillet 1937.

[54]

Leaud Alexis, La vie et l’œuvre d’Alfred Leune, Hommage de l’Union nationale des sociétés de secours mutuels d’instituteurs et d’institutrices, Paris, Vélox, p. 5.

[55]

Guillaume Pierre, Du désespoir au salut (…), p. 273.

[56]

Dessertine Dominique, Faure Olivier, op. cit., p. 79

[57]

« Nos délégués au conseil d’administration de l’Union », Par l’Effort, n° 2, 1er janvier 1932, p. 13-18.

[58]

Extrait du PV du CA, 28 décembre 1937.

[59]

Knibiehler Yvonne, Cornettes et blouses blanches. Les infirmières dans la société, 1880-1980, Paris, Hachette, 1984, p. 46.

[60]

Le Pennec J., « Idéologie professionnelle et position des infirmières dans la division sociale du travail », Sociologie santé n° 17, décembre 1997, p. 52.

[61]

Extrait du PV du CA, 24 mars 1938.

[62]

Extrait du PV de l’assemblée générale de l’UNSSMI, rapport du directeur du sanatorium sur le fonctionne ment de l’établissement, 31 octobre 1907, archives de Sainte-Feyre.

[63]

Ibid., 13 novembre 1927.

[64]

Gillet René, op. cit.

[65]

Zonza Simon-Pierre, Histoire d’une mutuelle : la Mutuelle générale de l’Education nationale, thèse de 3ème cycle d’histoire, Paris I, 1977, p. 514.

Plan de l'article

  1. La lutte antituberculeuse, fer de lance du mutualisme chez les instituteurs (1901-1945)
    1. L’UNSSMI et le premier sanatorium des instituteurs de Sainte-Feyre
    2. La parenthèse de la Première Guerre mondiale
    3. Le double défi de l’entre-deux-guerres : explosion de demandes et inflation
    4. Les années 1930 et l’affermissement de l’expérience mutualiste
      1. L’acquisition de Saint-Jean d’Aulph
      2. Les sanas enseignants dans l’ère de La chirurgie thoracique
  2. Le sanatorium, lieu de sociabilité et de conflit
    1. Des loisirs à la solidarité
    2. La contestation
      1. D’une contestation diffuse…
      2. … à l’institutionnalisation
  3. Les acteurs : des précurseurs de l’action médico-sociale mutualiste
    1. Les relations complexes
    2. La main d’ œuvre sanatoriale

Pour citer cet article

Siney-Lange Charlotte, « La tuberculose, fondement de l’action médico-sociale mutualiste enseignante (1902-1940) », Revue d'histoire de la protection sociale, 1/2008 (N° 1), p. 79-92.

URL : http://www.cairn.info/revue-d-histoire-de-la-protection-sociale-2008-1-page-79.htm


Article précédent Pages 79 - 92 Article suivant
© 2010-2014 Cairn.info
back to top
Feedback