Le clavecin irisé.
Le clavecin oculaire du père Castel et les couleurs de l’irisde Cureau de la Chambre
[1]
Elisabeth Lavezzi
Que ce soit dans les « Nouvelles expériences d'optique et d'acoustique » (Mémoires de
Trévoux, 1735), dans L'optique des couleurs (1740) ou dans « Le clavecin pour les yeux... »
(Mercure de France, 1725), jamais le Père Castel ne cite les Nouvelles observations sur l'iris
(1650) ni La Lumière (1657) de Cureau de La Chambre. Pourtant Marsy et Pernety, en rapprochant ces deux auteurs, invitent à les comparer. Leur manière de penser le langage, de
comparer les sons à la lumière et d'en chercher l'origine présentent de nombreuses analogies.
Et, si leur rapport à la fiction diffère, chez tous deux, le savoir est représenté par des métaphores de la génération et du corps. Dès lors, il est difficile de considérer que le silence du
Père Castel sur de Cureau de La Chambre résulte de son ignorance.