Entre dispute et conciliation : stratégies et figures du « consensus » dans le dialogue de la seconde moitié du XVIe siècle
Véronique Zaercher
A partir de la seconde moitié du XVIe siècle, le champ du dialogue littéraire laisse apparaître une nouvelle conception de l’interlocuteur. Celui-ci semble désormais pouvoir être qualifié d’« homme de consensus ». Emprunté aux écrits cicéroniens, il est une première fois
redéfini, voire remodelé, par les théoriciens de la conversation soucieux d’encourager la sérénité des débats et d’établir leurs préceptes en valorisant la portée morale de la parole. Après
avoir montré la complémentarité des développements de Simon de Vallambert, de Giovanni
Della Casa et de Stefano Guazzo, l’étude s’intéresse ensuite à la présence de l’homme de
consensus dans deux dialogues humanistes — le Dialogue de l’ortografe de Peletier du Mans
et les Dialogues contre les nouveaux académiciens de Guy de Bruès — et dans deux dialogues lucianistes — les Dialogues non moins profitables que facétieux de Jacques Tahureau
et les Deux dialogues du nouveau langage françois d’Henri Estienne. La spécificité des procédés est à chaque fois examinée en relation avec le projet auctorial. A l’évidence, un locuteur plus complexe semble se dessiner, enclin à la conciliation, davantage attentif aux idées
de son adversaire, alors qu’il est possible dans le même temps d’observer un usage renouvelé
de la dispute et de sa construction argumentative.
• L’HOMME DE CONSENSUS DANS LE GRAND DIALOGUE HUMANISTE
• L’HOMME DE CONSENSUS DANS LE DIALOGUE LUCIANISTE