Revue d'histoire littéraire de la France
P.U.F.

I.S.B.N.9782130517801
192 pages

p. 1423 à 1432
doi: 10.3917/rhlf.015.1423

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Vol. 101 2001/5

Mallarmé, le sujet de la poésie

Yves Delègue
Le coup de force réussi par Mallarmé fut de déclarer sans valeur — c’est-à-dire prosaïques — tous les sujets dont la poésie jusque-là avait fait étalage dans sa vitrine du sens, y compris le sujet même qui pourtant l’écrivait et qui souvent sans complaisance s’y montrait en personne. Conséquences : la poésie devenait hermétique, les anciens genres étaient obsolètes, le poète s’abstentait de son œuvre, la mimèsis était un mensonge, l’harmonie était brisée qui reliait, croyait-on, l’appareil rhétorique à la « nature ». Mais pouvait-on imaginer une poésie sans sujet ?Réduite à elle-même, que pouvait-elle encore dire sinon l’irréductible et mystérieuse nécessité qui la fait être ? « L’âme est un nœud rythmique »; « l’instinct de rythme » est cette force en latence (pulsion, pulsation) qui donne sens aux formes du monde. Aux poètes il revenait désormais de disséminer dans la langue les « coupes vitales » de la « logique éternelle », mais une « logique avec nos fibres », à laquelle il est « asservi » et dont il est le sujet privilégié. Quitte à faire de la poésie ce « calme bloc chu du (Désir) obscur » qui en est la seule vérité.
• LA POÉSIE ET SES FAUX SUJETS
• MALLARMÉ ET LA TRADITION POÉTIQUE : LES TROIS RUPTURES
• LE « RYTHME », NOUVEAU SUJET DE LA POÉSIE
• QU’EST-CE QUE LE RYTHME ?
• LE DÉSIR ET LE DÉSASTRE


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