La littérature française dans les instructions officielles au XIXe siècle
Michel Leroy
La langue et la littérature françaises, tenues en suspicion dans les collèges et les universités
de l’Ancien Régime, sont pleinement reconnues par les lycées impériaux : seules sont retenues
les œuvres conformes aux canons classiques et comparables aux chefs-d’œuvre de l’Antiquité,
pour servir un enseignement tourné vers l’art du discours. Cependant, la volonté modernisatrice
de la Monarchie de Juillet ainsi que le développement du sentiment national contribuent à
étendre le champ d’une littérature française que redécouvre le romantisme, et à renforcer la
place de la langue maternelle dans l’enseignement. L’organisation du baccalauréat oblige à en
préciser les modalités. L’histoire littéraire prend place aux côtés de la rhétorique, tandis que la
diffusion de morceaux choisis permet d’aborder la littérature moderne. L’enseignement spécial,
créé par Victor Duruy sous le Second Empire, donne sa légitimité à une histoire littéraire qui
commence au Moyen Age pour s’achever au XIXe siècle. La IIIe République entend donner la
primauté aux lettres françaises sur les lettres latines, à l’histoire littéraire, conçue dans une perspective nationale et républicaine, sur la tradition rhétorique. Les instructions officielles préconisent de nouveaux exercices, l’explication et la dissertation françaises.
• NAISSANCE DES « CLASSIQUES »
• LES CLASSIQUES AU TEMPS DU ROMANTISME
• LITTÉRATURE FRANÇAISE ET MODERNITÉ
• L’HISTOIRE LITTÉRAIRE DANS L’ENSEIGNEMENT SPÉCIAL
• UNE LITTÉRATURE NATIONALE ET RÉPUBLICAINE