Balzac et l’héritage de rabelais
Michel Brix
L’article définit la Renaissance comme le théâtre de l’affrontement entre deux courants
intellectuels, initiés par le recul de l’Église romaine, laquelle ne règne plus, au XVIe siècle, de
façon omnipotente sur les consciences. L’humanisme pétrarquisant, ou ficinien, s’engage sur
la voie du Ciel, enfin dégagée, et propose à l’homme de se diviniser dès sa vie terrestre. À
l’opposé des conceptions ficiniennes, l’œuvre de Rabelais exploite le recul de l’Église pour
poser la question du bonheur terrestre et pour inviter les individus à se réconcilier avec l’existence quotidienne. Ces deux « humanismes » s’affrontent toujours au XIXe siècle : héritier de
Rabelais, Balzac blâme les diverses manifestations du règne absolu de l’esprit, tandis que les
romantiques hugoliens s’inscrivent dans la filiation des poètes et penseurs pétrarquisants du
XVIe siècle.