Pour Sainte-Beuve (1804-1904-2004) : propos d’un seizémiste
François Rigolot
La légende anti-beuvienne, commencée à l’occasion du centenaire de la naissance de l’auteur des Lundis, a été propagée par les adversaires de l’histoire littéraire et entretenue avec
délices par les partisans de la mort de l’auteur. Avec le désenchantement progressif pour la
« nouvelle critique », le structuralisme et ses avatars, les tentatives de réhabilitation ne cessent de se manifester, même si l’on continue à reprocher à Sainte-Beuve ses illusions de
poète, ses faiblesses de romancier et ses préjugés de critique. À propos du seizième siècle
dont il faut à bien des égards le véritable « découvreur », Sainte-Beuve fait preuve, contrairement au mythe proustien, d’une grande sensibilité pour le style des œuvres littéraires qu’il
remet à l’honneur, sans manifester l’obsession qu’on lui reproche trop souvent pour la vie de
leurs auteurs. Le « vrai Rabelais », le « vrai Ronsard » ou le « vrai Montaigne » que pourrait
reconstituer le « physiologue » ne l’intéresse pas. Il existe même chez lui une méfiance toute
montaignienne mais qui annonce aussi la post-modernité à l’égard de l’explication « positiviste » de la littérature.
• SAINTE-BEUVE, « DÉCOUVREUR DU SEIZIÈME SIÈCLE »
• RABELAIS, OU LES RIPAILLES DU STYLE
• DU BELLAY, OU L’ART DE L’AUTHENTICITÉ
• MONTAIGNE, OU L’ALTER EGO CRITIQUE