Le statut des femmes : nature et condition sociale dans le traité De L’Education des filles de Fénelon
Patricia Touboul
On s’accorde à admettre que Fénelon, notamment à travers les analyses du traité De l’éducation des filles, aurait construit une image négative de la femme. En raison d’une incapacité à
fixer son esprit victime d’une imagination errante, et à cause des tares dont elle serait affectée
sur le plan moral, la femme se verrait exclue d’une participation à des occupations plus nobles.
Nous tâcherons de montrer que cette interprétation, qui constitue une caricature des positions de Fénelon, se fonde sur une confusion entre plusieurs niveaux d’analyse : celui qui se
réfère au moment de la naissance proprement dite, où la différence des sexes n’est pas encore
apparue; celui qui désigne le moment où les sexes commencent à se distinguer sous l’influence
d’une première éducation qui peut déjà s’avérer fautive; et celui de l’apprentissage effectif
des rôles sociaux, qui correspond à la réelle « naissance » des femmes : c’est de celles-ci seulement que Fénelon dira qu’elles sont frivoles, non en les incriminant elles-mêmes, mais en
accusant l’éducation qui les aura rendues telles. En replaçant dans leur ordre ces différents
niveaux, on découvrira un Fénelon non seulement soucieux de veiller au respect de l’égale
dignité des sexes, mais finalement enclin à favoriser le rôle et la mission des femmes.
• DE LA NATURE DES FEMMES
• DE L’ÉDUCATION ORDINAIRE DES FEMMES
• D’UNE RÉFORME DE L’ÉDUCATION DES FEMMES