La vision de l’histoire chez Stendhal et Tocqueville
Francesco Spandri
Stendhal et Tocqueville semblent de prime abord s’ignorer mutuellement. Le sociologue
ne fait jamais allusion au romancier, le romancier ne cite que deux fois le sociologue. Leur
« rencontre » n’en demeure pas moins une rencontre essentielle. En effet, ils associent au cas
américain une réflexion sur l’histoire qui dépasse largement les limites d’une critique de la
démocratie. Perçue comme problème identitaire par le héros stendhalien, vécue comme processus de mise en tutelle par l’individu tocquevillien, l’histoire devient à la fois énigmatique
et irrésistible. Mais si pour l’auteur de la Démocratie en Amérique il s’agit de savoir gouverner une transition historique grosse d’avenir, l’auteur de la Chartreuse de Parme renonce à
résoudre l’énigme de l’histoire et se soucie exclusivement de la survivance de l’Art.