Huysmans et les censeurs
Jean -marie seillan
Le mouvement de conversion qui a mené ou ramené vers l’église nombre d’écrivains français de la fin du xixe siècle n’a pas manqué de mettre en délicatesse avec la presse catholique
et les autorités ecclésiastiques ceux d’entre eux qui s’étaient formés littérairement en dehors
d’elle.Ainsi Huysmans, après avoir imprudemment proclamé dans l’épigraphe de L’Art
moderne que « toute vérité est bonne à dire », s’est-il trouvé pris, une fois converti, dans un
entrelacs de contradictions. En même temps qu’il dénonce avec véhémence, au nom de l’intégrité de l’œuvre artistique, la censure exercée par la « bedaudaille » sur la littérature et les
appels à l’Index lancés contre ses romans, on le voit pratiquer une expurgation méthodique de
son œuvre propre dans les Pages catholiques (Stock, 1899) et de celle de Verlaine, dont il
publie les Poésies religieuses (Messein, 1904). La présente étude rassemble les pièces de ce
dossier mal connu, expose les motifs occasionnels d’une attitude pour le moins singulière et
tente d’en comprendre les raisons imaginaires.
• HUYSMANS CENSURÉ ? LA CATHÉDRALE ET L’INDEX
• HUYSMANS AUTOCENSEUR : PAGES CATHOLIQUES
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L’AFFAIRE DU CORRESPONDANT
• HUYSMANS CENSEUR :
LES POÉSIES RELIGIEUSES DE PAUL VERLAINE