Revue d'histoire littéraire de la France
P.U.F.

I.S.B.N.9782130555452
256 pages

p. 643 à 666
doi: en cours

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Vol. 106 2006/3

Une « belle époque » en dentelles ou à quoi rêvent les académiciens

La perception du dix-huitième siècle en 1900 dans La Leçon d’amour dans un parc de René Boylesve et La Double maîtresse de Henri de Régnier

Frédéric Martinez
L’exotisme historique se choisit des périodes comme des terres d’élection. Les écrivains de 1830 rêvent le siècle de Louis XIII ; ceux de la Belle Époque révèrent la Régence. Les œuvres de René Boylesve — La Leçon d’amour dans un parc (1902) — et de Henri de Régnier — La Double maîtresse (1900) — témoignent de cet engouement pour le dixhuitième siècle prérévolutionnaire. Les déliquescences de la « fin de siècle » littéraire laissent la place au « joli » célébré jadis par les Goncourt. Frénésie ornementale, culte de la courbe, chinoiserie et japonisme, « style nouveau » et Art nouveau, les similitudes abondent et font de la Régence le miroir de 1900. L’image de la femme suit les évolutions du goût : Boylesve et Régnier chantent les grâces des grasses. Mais les odalisques aussi peuvent être perfides. Et la Régence fantasmée des académiciens n’est qu’une rocaille de plus. L’orgie de stuc se solde par une indigestion ; la rechute décadente guette au coin du parc, fût-il peint par Watteau.


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