Ironie, humour et « réminiscences anticipées » : la construction des dames de Cambremer et l’histoire de l’art selon Proust
Sophie Duval
Les deux personnages d’amateurs d’art que sont la marquise de Cambremer et sa belle-fille Mme de Cambremer-Legrandin semblent construits en opposition, en fonction de la
conception proustienne du temps et de l’histoire de l’art. L’ironie satirique ridiculise et analyse les contradictions du snobisme et de l’avant-gardisme de la bru, coupable de dénier le
passé, tant personnel qu’artistique. Mais la vieille marquise, qui pourrait apparaître comme le
support de la norme satirique, fait l’objet d’un traitement comique ambigu. L’article se propose donc d’examiner les rôles complexes de l’ironie et de l’humour dans le traitement de ces
deux personnages.
• UN PERSONNAGE FRACTURÉ :
LA « DILETTANTE » ET LA « FEMME DU MONDE »
• RUPTURE ET AVANT-GARDISME
• MONDANITÉ ET MÉLOMANIE DE MME DE CAMBREMER :
LA DÉNÉGATION DU PASSÉ
• RÉMINISCENCES ET ANTICIPATION
• RÉTROACTION ET MÉTAPHORE FAUFILÉE
• RECOMPOSITION IRONIQUE ET MISE EN ŒUVRE HUMORISTIQUE
• LE RENTOILAGE : FLAUBERT, CHOPIN, VERMEER