Connivence et littérature : une méthode d’analyse textuelle pour lire entre les mots
Isabelle Garnier-mathez
D’après la sociolinguistique, un ensemble d’énonciateurs individuels peut représenter par
le langage une communauté idéologique — le terme d’idéolecte est alors parfois utilisé. Sous
réserve d’une légère transposition méthodologique, ce concept peut utilement s’appliquer au
champ littéraire. L’analyse linguistique d’un corpus de textes évangéliques du XVIe siècle
(Marguerite de Navarre, Marot, Lefèvre d'Etaples, Berquin, Farel, Rabelais, traducteurs anonymes...) permet de « lire entre les mots » en mettant en évidence les effets de connivence
linguistique qui les relient. L’article propose une théorisation et un élargissement de cette
démarche, afin de mettre en valeur une méthode applicable à d’autres corpus, quelle que soit
la période dans laquelle ils s’inscrivent, notamment s’il y a présomption de l’émergence
d’une pensée commune dans un contexte résistant à l’innovation, à un moment charnière de
l’histoire événementielle ou littéraire.
• UN CADRE MÉTHODOLOGIQUE PLURIDISCIPLINAIRE
• LA CONNIVENCE LINGUISTIQUE,
UN ART DE L’ÉCRITURE CONCERTÉE
• LIRE ENTRE LES MOTS : L’EXEMPLE DES TEXTES ÉVANGÉLIQUES
• VARIÉTÉ DES MANIFESTATIONS DE LA LANGUE DU VILLAGE
• CONNIVENCE ET TOLÉRANCES : LE SENS DES REPENTIRS
• AUTRES VILLAGES, AUTRES CONNIVENCES