Port-royal au prisme du roman
(1657-2004)
Laurence Plazenet
Le monastère de Port-Royal est évoqué avec une régularité et une insistance surprenantes
dans le roman français de 1657 à 2006. L’enquête recense la façon dont il figure dans les
textes, à titre de référence purement occasionnelle ou de sujet, par le biais de descriptions
spontanées ou d’évocations livresques, qui ramènent alors toutes au Port-Royal de Sainte-Beuve. L’étude de l’image que le genre romanesque donne du monastère permet ensuite de
repérer certaines constantes (Port-Royal des Champs, quelques Solitaires, le motif du jardin
d’Eden). Elles dénotent un parti pris d’idéalisation et une étroite imbrication, chez les auteurs
concernés, du motif constitué par Port-Royal avec la notion d’un classicisme français.
L’analyse de l’usage narratif qui est fait de Port-Royal révèle néanmoins que le monastère
autorise d’abord, de Mlle de Scudéry à Lydie Salvayre, une méditation religieuse et morale,
s’il apparaît aussi que les romans qui mentionnent Port-Royal présentent tous une exigence de
vérité particulière, souvent inscrite dans le recours aux formes de la confession, de la lettre ou
du récit historique, trahissant, en dernière instance, une influence rhétorique de la réflexion
menée à Port-Royal sur la fiction.
• MODES DE LA PRÉSENCE AU ROMAN DE PORT-ROYAL
• PORT-ROYAL AU MIROIR DU ROMAN
• VALEUR ET USAGES DE LA RÉFÉRENCE À PORT-ROYAL