Zola critique littéraire, entre Sainte-Beuve et Taine
François -marie mourad
La critique zolienne se situe « au confluent de Sainte-Beuve et de Taine », comme sa création littéraire a pour point de mire Balzac et Hugo. L’objectif de cette étude est d’apprécier la
double influence des deux grands maîtres de la critique du XIXe siècle dans la naissance et le
développement des théories du chef de file du naturalisme. La dette envers Taine est énorme,
notamment, mais Zola est un disciple encombrant et insatisfait.Son activité critique, longtemps méconnue et réduite à des aperçus superficiels, même si elle est animée d’une fougue
polémique, obéit à des principes, qu’il convient de dégager et d’examiner de près : c’est une
poétique expérimentale, héritière des théories en vigueur, revisitant la question de la mimèsis,
et, paradoxalement, un système ouvert, soucieux de frayer la voie à la modernité et de maintenir à leur plus haut niveau les fonctions et les pouvoirs de la littérature.