La belle cordière en Espagne.
Une découverte dans les archives de l’inquisition
Clive Griffin
La polémique sur Louise Labé suscitée par le livre récent de Mireille Huchon a attiré l’attention vers la réputation de la Belle Cordière parmi ses contemporains. Pour plusieurs
auteurs français de l’époque elle n’était qu’une prostituée notoire. Des documents de
l’Inquisition espagnole appuient cette description. « Juan Franco », modeste compagnonimprimeur picard arrêté par l’Inquisition de Tolède, accusa la Belle Cordière d’être une
putain, accusation encore plus curieuse parce que Franco avait travaillé dans les ateliers typographiques lyonnais où, selon la thèse de Mireille Huchon, fut montée la supercherie conçue
par le poète Maurice Scève et ses complices pour publier certains de leurs écrits sous le nom
d’une prostituée bien connue parmi le monde du livre lyonnais.