Les réfugiés en france sous la monarchie de juillet : l’impossible statut
Cécile Mondonico-torri
Les années qui s’étendent de 1830 à 1848 marquent un tournant dans l’histoire
de l’asile politique en France. En effet, durant cette période, les gouvernants sont
obligés pour la première fois de mener une réflexion sur l’asile et de mettre sur pied
une politique d’accueil d’envergure afin de faire face à l’arrivée de près de 20000
réfugiés venus de Pologne, d’Italie, d’Espagne, du Portugal ou encore d’Allemagne.
Les dictionnaires de la langue française, les débats suscités au sein des Chambres
des députés et des pairs ainsi que la législation adoptée et son manque d’application,
montrent clairement l’impossibilité d’appréhender cette population selon des critères
juridiques d’appartenance ou de non-appartenance à une catégorie aux frontières
bien déterminées. A partir de l’absence de définition du mot réfugié, la politique
d’asile sous la monarchie de Juillet peut-elle reposer sur le droit ? Ne sont-ce pas
plutôt les critères de la bienfaisance qui prévalent ? Cet article se propose de
comprendre la nature des principes qui préside au traitement — dans tous les sens
— des réfugiés à cette époque.
The years from 1830 to 1848 constitute a turning point in the history of political
asylum in France. During this period, for the first time ever, the political authorities
were obliged to reflect on asylum and to establish a large-scale policy in order to
cope with the arrival of almost 20,000 Polish, Italian, Spanish, Portuguese and
German refugees. The impossibility of defining this section of the population in
conformity with juridical criteria or with well established frontiers is clearly reflected
in the dictionaries of the French language, in the debates in the parliamentary
assemblies as well as in the legislation adopted and its inapplicability. In view of
the absence of a definition of a refugee, could the asylum policy under the July
Monarchy be perceived as if it were based on law ? Wouldn’t it be more accurate to
argue that what prevailed should rather be defined as charitable measures ? This
article aims at answering these questions and thereby understanding the nature of
the principles that governed the treatment of refugees in France in this period.
• LE MOT ET L’IDÉE
• DES LOIS DE SURVEILLANCE ET DE SECOURS
• L’ASILE : UN BIENFAIT PLUS QU’UN DROIT