Revue d’histoire moderne et contemporaine
Belin

I.S.B.N.2701131049
288 pages

p. 209 à 215
doi: en cours

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Lectures

no48-4 2001/4

2001 Revue d'Histoire Moderne et Contemporaine Lectures

Culture et impérialisme en débat

Daniel Rivet Daniel RIVET Centre de Recherches Africaines, Université Paris-1 9, rue Malher 75004 Paris

À propos de : EDWARD W. SAID, Culture et impérialisme, Paris, Fayard/Le Monde Diplomatique, 2000, 555 p., 159 F.

Cet essai, d’une certaine manière, s’inscrit dans la foulée de celui consacré à l’orientalisme. On sait que L’Orientalisme. L’Orient créé par l’Occident, publié en anglais en 1978, traduit et édité en 1980 par le Seuil, coïncida avec l’exténuation du genre et contribua à sa mise à mort symbolique de manière retentissante. Said, intellectuel d’origine arabe et chrétienne, est un Palestinien élevé en Égypte et émigré aux États-Unis. Il importe de situer d’où il vient et de quel lieu il parle pour comprendre son espace d’expérience et son projet d’écriture. La cible-épouvantail sur laquelle il s’acharne n’a pas changé: il s’agit toujours de démystifier la tentative des hommes d’Occident pour sentir, penser, comprendre l’Autre. Mais la méthode s’est infléchie. L’essai consacré à l’orientalisme s’inspirait de la pensée de Michel Foucault et devait beaucoup au concept d’épistémè. Cela conférait une forte cohérence à l’effort de Said pour délimiter son objet. Ici, l’ouvrage se présente sous forme d’une construction à plusieurs étages, mal joints par une approche du sujet qui souffre de n’avoir défini au préalable ni la culture (tantôt restreinte au genre du roman, tantôt confondue avec le mode de pensée dominant), ni l’impérialisme (tantôt consubstantiel à l’Occident, tantôt l’émanation du mode de production capitaliste). De fait, et bien que Said s’en défende, ce livre se présente comme un énième essai de démythologisation passionnelle d’un Occident réduit, comme l’orientalisme, à une abstraction quasi intemporelle. Essayons, dans cet ouvrage étagé, de départager ce qui s’appuie sur l’immense savoir de l’auteur et ce qui relève du malaise existentiel d’un homme en exil et en colère, qui s’enferme dans son personnage d’imprécateur venu du sud.
Au rez-de-chaussée, l’ouvrage est porté par la connaissance que ce professeur de littérature anglaise et comparée à l’université de Colombia de New York a acquise sur le roman anglais au XIXe siècle. Il emporte l’adhésion du lecteur en démontrant la connexion, le plus souvent inconsciente d’elle-même, qui s’établit entre l’expérience de l’empire et la littérature anglaise. Il généralise et invite à lire les grandes œuvres littéraires de l’Occident comme une « sorte d’accompagnement musical de sa domination ».
À l’entresol, il analyse quelques essais (et non plus romans – et le changement de registre est gênant) élaborés par l’intelligentsia du tiers-monde de 1930 à 1960. Il montre l’élargissement de perspectives qui s’ensuit et il plaide pour leur intégration dans le panorama de la pensée contemporaine :
« dans ses meilleures expressions, la culture d’opposition et de résistance indigène suggère une alternative théorique et une méthode pratique pour repenser l’expérience humaine en termes non impérialistes ». Grâce à la déconstruction de la structure de pensée impérialiste mise en œuvre par ces penseurs du tiers-monde, un séisme culturel s’est produit. À l’« universalisme odieux qui lie la culture à l’impérialisme » doit succéder une littérature qui traverse les frontières pour illustrer les identités hybrides produites par la pratique de l’interculturalité émergente dans les métropoles du monde. L’avenir est à la littérature qui dénonce l’enfermement et l’insularité: subaltern studies, journaux de prison, écrits de femmes. Les écrivains qui comptent sont ceux qui ont franchi la ligne : Jean Genet en Palestine, Salman Rushdie à Londres, Juan Goytisolo à Marrakech. Il faut s’arracher à ses appartenances originelles et pratiquer le retrait de la sphère de l’Occident pour écrire. Volontiers, Said souscrirait à la formule d’Italo Calvino : « Le lieu idéal est le lieu où il est le plus naturel de vivre en étranger ».
À l’étage supérieur, Said mitraille sous tous les angles l’impérialisme américain. L’ouvrage, écrit au moment de la guerre du Golfe, s’en ressent.
L’auteur enrôle sous sa bannière tous les contempteurs de l’hégémonie américaine et se réfère à tous les courants anti ou plutôt contre-mondia-listes : les mouvements antisystémiques prônés par Immanuel Wallerstein ou l’alternative de la contre-habitation préconisée par Paul Virilio. Said esquisse un manifeste contre la mondialité à voie unique, à l’usage des intellectuels en recherche d’une nouvelle forme de cosmopolitisme. C’est cette dimension dernière de son ouvrage qui lui vaut d’avoir été publié (au prix d’une traduction littérale qui colle de trop près au texte) sous les auspices du Monde diplomatique.
On ne s’attardera pas ici sur ce plaidoyer pour un universalisme régénéré par une déconstruction radicale de la représentation occidentale du reste du monde. On pourrait s’employer à relever tous les points aveugles de cette pensée qui souffre d’être étrangement borgne. L’impérialisme y est à sens unique. Pas une allusion à la structure d’empire soviétique ni à la littérature de résistance qu’il engendra. Les dissidents firent preuve d’un courage intellectuel et d’un souffle prophétique dont on créditera moins volontiers les insurgés de Greenwich Village ou les porte-plume véhéments d’une certaine extrême-gauche contemporaine, quand celle-ci s’emmitoufle dans la tiédeur coconeuse des campus universitaires de l’hémisphère nord. Said n’a pas compris que les empires ne se sont pas bâtis pour eux-mêmes, mais qu’ils se sont édifiés contre d’autres, à la suite de la perception d’une menace réelle ou fantasmatique; bref, que l’impérialisme est non pas un état, mais un processus. Nul effort non plus pour comprendre la spécificité du moment colonial et des blessures narcissiques qu’il infligea à ses victimes. L’impérialisme colle à la peau de l’homme blanc comme une seconde nature. Il le poursuit à travers ses multiples avatars comme une fatalité. Il ne peut y renoncer que par un travail d’arrachement à soi, qui implique de se prendre en dégoût :
on est dans l’ambiance du « long sanglot de l’homme blanc » dont se gaussait, avec une alacrité non moins simplificatrice, Pascal Bruckner, lorsque reflua, au seuil des années 1980, la sensibilité tiers-mondisante qui avait été dans l’air du temps une génération durant. Quant aux écrivains du Sud qui congédient cette vision manichéenne du monde, à la manière d’un V.S. Naipaul, ils sont suspectés de s’être rendus à l’ennemi.
On s’attachera plutôt au noyau originel de l’essai : le lien, explicite ou détourné, entre la réalité d’empire et l’écriture romanesque au XIXe siècle.
Said analyse avec érudition et finesse, combien cet empire est présent en creux dans nombre de romans anglais sans qu’on sorte de Londres ou de la campagne anglaise. C’est le cas, par exemple, des Grandes espérances de Dickens et de Mansfield Park de Jane Austen. Dans un cas, c’est l’Australie comme terre de relégation, où au mieux on peut se réhabiliter mais dont on ne peut plus s’échapper, qui trône dans l’imaginaire social dans lequel baigne le roman. Dans l’autre, les Caraïbes encore esclavagistes sont comme l’inconscient refoulé et la faute non assumée qui retentissent sur le destin d’une family life dont le genre et l’art de vivre at home sont menacés par le déclin économique de la plantation à sucre qui en est la condition. Mais Said est encore plus convaincant lorsqu’il examine des auteurs directement engagés dans l’expérience impériale. Il ne manque pas de se livrer à une brillante exégèse d’Au cœur des ténèbres. Mais ce qu’il écrit sur Kurtz aurait pu être contrebalancé par le personnage de lord Jim : l’empire, pour y accomplir le personnage du surhomme qui finit par être victime de la noirceur du continent, mais les tropiques aussi pour expier une faute et recevoir son châtiment. Le déchaînement de volonté de puissance de l’homme blanc, soit, mais aussi sa finitude, sa culpabilité, sa perdition sans volonté de retour.
L’analyse du lien entre empire et écriture romanesque culmine avec l’exégèse de Kim de Kipling. Said dévoile combien la certitude acquise par l’Anglais d’être chez soi en Inde s’accompagne d’une intense satisfaction esthétique : l’empire est un grand jeu. Kim, cet adolescent protéiforme qui traverse l’Inde postérieure à la grande mutinerie, est un personnage médian, un « liminal » qui noue les deux sociétés, l’indigène et l’impériale, égales mais séparées, en une communauté. Il va et vient avec une agilité confondante d’un bout à l’autre du spectre historique : du colonel Creighton, prototype du « despote bienveillant » gouvernant l’Inde de haut, de loin, à la manière de la « main invisible » des Manchestériens, au lama tibétain, qui lui apprend à traverser le monde des apparences et à plonger dans l’Inde profonde. Kim ne voit pas le conflit qui travaille dans son dos les deux Indes qui ne se rencontrent jamais, sinon à travers lui. Il passe constamment de l’une à l’autre comme dans un grand jeu scout et il est modelé autant par le colonel, son surmoi, que par le lama, son antimoi. Ce n’est qu’in extremis qu’il est repris par ses origines – ou plutôt porté au-dessus de lui – lorsque la majesté britannique s’empare de ce petit Irlandais d’obscure origine et que, de « liminant », il se métamorphose en « dominant », mais en perdant le mode d’emploi pour retourner à l’intérieur de la société indienne.
Kipling fait traverser l’Inde à Kim sur un mode édénique. Ce qui menace cette société provient de l’extérieur seulement : c’est la Russie qui s’infiltre au nord à partir de l’Afghanistan. Au personnage de Kim, qui serait un « gagnant », Said oppose celui de Jude l’obscur mis en scène par Thomas Hardy. D’un côté un « sahib » blanc, qui va et vient où il veut, est ce qu’il veut. De l’autre, un personnage qui étouffe dans la « cage de fer » de l’Angleterre victorienne et qui sera broyé par la fatalité sociale. D’une part, un sentiment d’euphorie engendré par la domination impériale, de l’autre, le désenchantement infligé par la conscience d’un désastre historique. Non moins stimulante est la lecture à laquelle Said se livre de La route des Indes de Forster. Il sait bien sentir l’enjambement de l’histoire qui s’est produit entre temps depuis Kipling. Le personnage de Fielding est celui d’un homme qui a pris conscience de l’injustice coloniale, mais qui ne peut choisir son camp et donc nage dans l’ambiguïté. Il est révulsé par le nationalisme, quand il est d’inspiration hindoue, mais fasciné par Aziz, le nationaliste de facture musulmane. Entre l’Inde hindouiste et l’Angleterre, l’islam est comme une transition et c’est pourquoi une héroïne appartenant à la meilleure société impériale peut s’éprendre d’Aziz, mais non l’épouser.
Ces analyse factuelles, brillamment érudites, souffrent d’être assorties de généralisations péremptoires et de se limiter au cas de l’impérialisme britannique. Ainsi, Said soutient tout de go que les récits d’exploration et les romans d’aventure au XIXe siècle fondent un genre narratif nouveau :
« où l’on avance, où l’on gagne », puisque « les explorateurs trouvent ce qu’ils cherchent, les aventuriers rentrent sains et saufs (et riches)». Pour s’en tenir au genre du récit ou du roman saharien, on pourrait soutenir presque l’opposé. De Jacques Caillé en route pour Tombouctou à Michel Vieuchange en branle vers Smara, l’explorateur, (quand il revient sain et sauf !), ne sort pas indemne de sa quête du lieu de l’absolu : il ne s’est pas trouvé là-bas, il ne parvient pas à s’y retrouver ici. Quant au héros saharien (Psychari, Foucauld, Théodore Monod), il est souvent marqué par « la blessure sacralisante du coup de lance de l’Amour » (Louis Massignon). Désormais, il est ailleurs : irrécupérable pour l’impérialisme ordinaire.
Said connaît très bien la littérature anglaise et c’est déjà beaucoup. Il se risque à passer sous sa toise le roman français. Le résultat n’est pas très heureux. Selon lui, la république impériale n’a produit ni Kipling ni Forster.
Peut-être bien que oui. Mais d’emblée, il écarte le Malraux de La voix royale et il ignore La rose des sables de Montherland, le livre le plus fort que la situation coloniale ait inspiré à un romancier français. Il s’en tient à des propos de circonstance sur L’immoraliste de Gide, dont le héros s’émancipe non du colonialisme, mais du puritanisme. Or, c’est justement non du puritanisme mais du colonialisme que s’évade le héros de Montherland dans son bordj du sud marocain, au prix d’un itinéraire parsemé de glissements de terrain souterrains progressivement mis à jour. Mais sans doute, pour Said, un homme de droite, un romain d’adoption comme Montherland, ne peut pas comprendre cet affaiblissement silencieux que le colonialisme engendre au sein de la société colonisée et les stratégies d’évitement, de contournement et de retournement du colonisateur qu’il sut cependant magnifiquement donner à voir. De même plaque-t-il sur Camus la grille de lecture réductrice que des anticolonialistes à la vue basse lui avaient déjà appliquée.
Péremptoire, il affirme que son œuvre n’est que transfiguration métropolitaine du dilemme colonial et que cet enfant de Belcourt est l’archétype du colon écrivant pour un public français. Certes, Le premier homme – qui renouvelle notre compréhension de Camus l’Algérien – n’a pas encore été publié lorsque Said écrit son essai. Mais nous constatons qu’il sollicite les textes qui l’arrangent, quitte à en durcir l’acception, et qu’il omet ceux qui vont à contre-courant de son interprétation. C’est ainsi que, dans L’exil et le royaume, il lit dans le sens de la facilité la nouvelle consacrée à la femme adultère, mais qu’il ne fait nullement mention de celle qui montre un instituteur exerçant dans une école à la jointure du désert et des hauts plateaux et libérant le prisonnier que lui confie un vieux gendarme corse désabusé. Ce suspect, qui devait être livré à la justice coloniale (deux mots qui s’apparient très mal chez Camus), n’est pas un ennemi (nous sommes au début de la guerre d’Algérie), mais un hôte, un semblable. En le renvoyant à l’exercice de sa liberté souveraine, cet instituteur solitaire, mais solidaire de tout homme, le traite comme un musulman reçoit son hôte, sans pour autant en référer au sacré. L’homme qui a franchi le pas de votre porte est sous votre responsabilité. Votre maison devient sa maison. Il s’y ressource le temps de prendre un nouveau départ sous le regard de Dieu (de l’histoire chez Camus). Dans cette nouvelle, Camus improvise une morale pour situation historique opaque et pressent qu’il ne sera pas compris par ses contemporains : « Dans ce vaste pays qu’il avait tant aimé, il était seul ». Il esquisse déjà cette éthique de détresse à laquelle il appellera les protagonistes de la guerre au cercle du Progrès à Alger, en janvier 1956. Elle fait sens aujourd’hui plus encore qu’en 1956, alors que l’apologie de la violence purificatrice prônée par Fanon, une figure de proue de Said, ne peut qu’engendrer un profond malaise chez le lecteur qui trébuche sur l’intelligibilité du drame algérien contemporain.
En progressant dans le XXe siècle, Said met en exergue les premiers grands récits de savoir et d’émancipation qui surgissent au soir des empires coloniaux, puis dans les sociétés post-coloniales. Il opère un rapprochement intéressant entre Les Jacobins noirs de C.R. James ( 1938) et The Arab Awakening de G. Antonius d’une part, et de A Rule of Property for Bengal de Ranajit Guha ( 1963) et The Myth of the Kazy Native de S.H. Alatos d’autre part. De même suggère-t-il (trop furtivement) que le roman d’initiation dans le second XXe siècle renverse le cours des récits européens du XIXe siècle. Conrad fait remonter le fleuve au narrateur d’Au cœur des Ténèbres pour le risquer au cœur de la forêt équatoriale. Tayeb Salih fait perdre son héros issu d’un village nilotique du Soudan dans le dédale de signes de la grande métropole anglaise. On pourrait creuser l’analyse en ce sens : d’Abid de Taha Hussein au Jeu de l’oubli de Mohamed Berrada ou à L’aventure ambiguë de Cheikh Hamidou Kane.
Mais à peine Said effleure-t-il avec légèreté l’une des touches du clavier de la littérature comparée où il excelle, sur la lancée de son maître Erich Auerbach, l’auteur de Philologie der Weltliteratur, qu’il lui faut en quelque sorte faire oublier son érudition papillonnante et étourdissante en retombant dans la pensée de plomb qui arma la farce sinistre d’un certain tiers-mondisme que congédia férocement, dans À la courbe du fleuve, ce Naipaul qu’il honnit comme un traître à la cause du Sud. Said exalte des tandems tels que ceux constitués par Sartre et Fanon, Amilcar Cabral et Basil Davidson. Il vante « l’énergie libératrice émanant des cultures résistantes du Tiers-monde ».
De fait, il voit le Sud à travers la bulle auto-protectrice que constitue le microcosme des universitaires afro-asiatiques diasporés dans les métropoles du Nord et qui compensent la défaite historique de la pensée tiersmondisante en rêvant d’une alliance entre intellectuels révoltés au Nord et avant-gardes conscientisées au Sud. Ce projet mérite attention et considération, mais il n’implique pas de mélanger le registre de la littérature comparée, où Said fait autorité, et le genre du pamphlet politique, où il se cache sous le voile du grand professeur érudit, et qui lui fait proférer de criantes contre-vérités : que « l’universalisme moderne de l’Europe et des États-Unis postule le silence, volontaire ou non, du monde non-européen », et que les hommes issus de l’Occident ne comprennent les hommes du Sud que sous l’angle du manque d’historicité, du déficit ontologique, du pathologique.
Sous sa bannière, Said enrôle Gramsci, pour avoir compris le Sud non comme un détour mais comme le point axial pour accéder à la compréhension synthétique de l’Italie. Il se garde bien d’aller voir du côté du roman arabe contemporain qui dénonce d’abord les maux de la société autochtone et, ce faisant, nous aide à mieux comprendre les nôtres. Car nous ne nions nullement l’arrogance insupportable de l’Occident vis-à-vis du Sud. Mais aux donneurs de leçons unilatéraux, qui nous font macérer dans une culture du ressentiment et de la culpabilité, nous préférons les voix fraternelles qui montent de là-bas et nous aident à nous frotter les yeux et à nous voir en face pour, ensemble, chercher à tâtons un nouvel universalisme moins surplombant et plus latéral à force de regards croisés et d’expériences convergentes de la conditions humaine. De Taha Hussein à Amartya Sen, ce dernier siècle n’a pas manqué de grands intellectuels issus d’ailleurs pour nous interpeller, sans prendre la pose de l’éternelle victime à qui on doit réparation, sans exiger l’exercice de l’auto-accusation et de la négation de nos origines.
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