Revue d’histoire moderne et contemporaine
Belin

I.S.B.N.2701131081
288 pages

p. 140 à 167
doi: en cours

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Les pratiques de l'art : auteurs, institutions, publics

no49-3 2002/3

Femmes peintres à leur travail : de l’autoportrait comme manifeste politique (XVIIIe-XIXe siècles)

Marie-Jo Bonnet
Marie-Jo BONNET De l’autoportrait féminin comme manifeste politique (XVIIIe-XIXesiècles) La pratique de l’autoportrait est apparue tardivement chez les artistes françaises, une quinzaine d’années avant la Révolution dans un contexte où se pose à la fois la question de leur statut professionnel (si l’Académie royale de peinture et de sculpture admet les femmes,leur nombre y est limité à quatre à partir de 1770) et celle de leur identité d’artiste. Cette pratique n’est pas un phénomène isolé mais va prendre des proportions considérables sous la Révolution,puisque plus de 60 autoportraits ou portraits de femmes peintres à leur travail,exécutés par des femmes, seront exposés dans les différents Salons. À partir de l’analyse plastique des premiers autoportraits réalisés entre 1770 et 1790 par Marie-Suzanne Roslin, Anne Vallayer-Coster, Adélaïde Labille-Guiard, Elisabeth Vigée Le Brun, Gabrielle Capet et Marie-Guillemine Leroulx de Laville, nous montrerons comment les artistes en font un véritable art du manifeste politique. Pour s’y affirmer comme sujet souverain, bien entendu, mais aussi pour conquérir de nouveaux espaces dans la Cité.Appuyées par le pouvoir politique féminin (la reine Marie-Antoinette et Mesdames), les artistes vont mettre en œuvre une légitimité de créatrice qui explique probablement pourquoi le dernier quart du XVIIIesiècle a constitué un âge d’or de la peinture des femmes. French women artists began the practice of self-portraiture rather late – about fifteen years before the Revolution – in a context which raises the questions of both their professional status (the Royal Academy of Painting and Sculpture admitted women, but starting in 1770 their number was limited to four) and their identity as artists.The appearance of self-portraiture was not an isolated phenomenon:it took on considerable importance during the Revolution, as can be seen by the exhibition of more than sixty self-portraits or portraits by women of women painters at work at the different Salons. Starting with a formal analysis of the first self-portraits completed between 1770 and 1790 by Marie-Suzanne Roslin,Anne Vallayer-Coster, Adélaïde Labille-Guiard, Elisabeth Vigée Le Brun, Gabrielle Capet and Marie-Guillemine Leroulx de Laville,we examine how artists transformed this genre into a true political art. The intention of course was for the woman artist to establish herself as a sovereign subject, but also to conquer new territory within the City.Supported by women with political power (the queen Marie-Antoinette and Mesdames),women artists implemented a legitimization of their status as creators, which most likely explains why the last quarter of the eighteenth century has been a golden age of women’s painting.
LA PEINTRE SANS SON MODÈLE
L’AFFIRMATION DE SOI COMME SUJET SOUVERAIN
LA CONQUÊTE DE NOUVEAUX ESPACES DANS LA CITÉ


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