Revue de l'OCDE sur le développement
Ed. de l’OCDE

I.S.B.N.sans
292 pages

p. 287 à 291
doi: en cours

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Luxembourg

no 4 2003/2

2003 Les dossiers du CAD Luxembourg

Communiqué de presse & Définitions des principaux termes

 
COMMUNIQUÉ DE PRESSE DE L’EXAMEN DU LUXEMBOURG PAR LE CAD
 
 
Le Luxembourg a sensiblement augmenté à la fois le volume et la qualité de son aide publique au développement, laquelle est passée de 99 millions USD (0.65 % du RNB) en 1998 à 143 millions USD (0.82 % du RNB) en 2001 ; telle est la conclusion qui se dégage de l’examen de son programme de coopération pour le développement auquel vient de procéder le Comité d’aide au développement (CAD). Le CAD applaudit l’effort d’aide du Luxembourg. Le Luxembourg est en bonne voie d’atteindre l’objectif que s’est fixé son gouvernement de porter son APD à 1 % de son RNB pour 2005. Il se classe aujourd’hui au 4ème rang, parmi les 22 pays membres du CAD, par son rapport APD/RNB et au 21ème par le volume de son aide.
A l’occasion de l’examen des politiques et programmes du Luxembourg en matière de coopération pour le développement le 18 mars 2003, le CAD a salué l’orientation de lutte contre la pauvreté qui les caractérise, à l’appui des Objectifs du millénaire pour le développement. Plus de la moitié de ses 10 pays-cible sont des pays parmi les moins avancés et 82 % de ses apports d’APD sont consacrés au financement d’infrastructures et de services sociaux : éducation, santé de base, approvisionnement en eau et assainissement. Des mesures ont été prises qui ont contribué à améliorer la qualité de cette aide : instauration de programmes de coopération à long terme avec les pays-cible, détachement de responsables luxembourgeois sur le terrain, renforcement de la collaboration avec les organisations non gouvernementales, et mise en place d’un système de suivi et d’évaluation.
Le Président du CAD, M. Jean-Claude Faure, a résumé comme suit les principales conclusions du Comité et les recommandations adressées au Luxembourg :
  • Continuer à privilégier la concentration de l'aide sur un nombre limité de pays-cible et poursuivre l'effort d'intégration des projets dans des approches-programmes. Le CAD a noté la réduction du nombre de pays-cible et encourage le Luxembourg à poursuivre ses efforts dans cette voie. Par ailleurs, le Luxembourg s’applique à recentrer son aide sur la lutte contre la pauvreté – et a entrepris de reconfigurer sa coopération avec quelques pays à revenu intermédiaire en concentrant son action sur les régions les plus pauvres et en demandant aux gouvernements partenaires une participation financière croissante.
  • Veiller à la cohérence des politiques suivies dans les autres domaines avec la politique d’aide. La volonté affichée par le Luxembourg d’assurer la cohérence des politiques au service du développement mériterait d’être appuyée par une approche plus systématique pour une meilleure mobilisation des efforts du gouvernement à différents niveaux. Le Luxembourg est sensible aux intérêts des pays en développement sur de nombreux fronts : négociations commerciales de Doha, efforts d’ouverture du marché de l’UE aux exportations des pays en développement et accès de ces pays à des médicaments d’un prix abordable. Il est aussi sensible aux distorsions commerciales induites par les politiques de subventions agricoles des pays industrialisés et leurs effets négatifs sur l’agriculture, les moyens de subsistance et la sécurité alimentaire des pays en développement. Il attire également l'attention sur les problèmes de productivité et de développement du secteur agricole dans les pays en développement, ainsi que sur les problèmes d’accès au crédit des populations rurales. La fuite des capitaux des pays en développement et leur blanchiment constitue un problème de cohérence des politiques qui fait partie des préoccupations du Luxembourg. Les efforts de ce pays pour lutter contre les risques d’abus de sa place financière sont bienvenus et le CAD encourage les autorités luxembourgeoises à poursuivre la lutte contre le blanchiment d'argent.
  • Coordonner les efforts des diverses instances gouvernementales à l’appui du développement. La coopération pour le développement relève de la compétence du Ministère des Affaires étrangères. La coordination entre les ministères et organismes luxembourgeois intervenant dans la coopération pour le développement pourrait être renforcée dans le cadre du Comité interministériel pour la coopération au développement, tout en tenant compte des stratégies définies par les pays en développement de manière à promouvoir le partenariat et l’appropriation locale. Le Luxembourg a entrepris d’ouvrir des bureaux locaux. Ce rapprochement vers les partenaires offre des possibilités de mieux gérer et coordonner les activités sur le terrain.
La Délégation du Luxembourg était conduite par M. Charles Goerens, Ministre de la Coopération et de l’Action humanitaire. Les pays examinateurs étaient l’Autriche et la Grèce.
 
DÉFINITIONS DES PRINCIPAUX TERMES
 
 
Le lecteur trouvera ci-dessous, à titre informatif, une définition succincte des principaux termes en rapport avec la coopération pour le développement utilisés dans ce volume. Pour des définitions plus complètes de ces expressions et de diverses autres, se reporter au “Glossaire des principaux termes et concepts” figurant dans le Rapport annuel du CAD, Coopération pour le développement AIDE LIÉE : DONS ou PRÊTS d’origine publique servant à financer des achats de biens et services dans le seul pays donneur ou dans un groupe de pays qui ne comprend pas la quasi-totalité des pays bénéficiaires de l’aide.
AIDE NON LIÉE : AIDE PUBLIQUE AU DÉVELOPPEMENT (ou AIDE PUBLIQUE) servant à financer des achats de biens et services qui peuvent être effectués en totalité et librement dans la quasi-totalité des pays.
AIDE PARTIELLEMENT DÉLIÉE : AIDE PUBLIQUE AU DÉVELOPPEMENT (ou AIDE PUBLIQUE) servant à financer des achats de biens et services qui doivent être effectués soit dans le pays donneur soit parmi un groupe restreint d'autres pays, lequel doit toutefois comprendre la quasi-totalité des pays bénéficiaires de l’aide.
AIDE PUBLIQUE : Apports qui répondraient aux critères d'inclusion dans L'AIDE PUBLIQUE AU DÉVELOPPEMENT, mais dont les bénéficiaires figurent à la Partie II de la LISTE DES BÉNÉFICIAIRES DE L'AIDE ÉTABLIE PAR LE CAD.
AIDE PUBLIQUE AU DÉVELOPPEMENT (APD) : PRÊTS ou DONS accordés aux pays et territoires figurant dans la Partie I de la LISTE DES BÉNÉFICIAIRES DE L'AIDE ÉTABLIE PAR LE CAD (pays en développement) par le secteur public, dans le but principalement de faciliter le développement économique et d'améliorer les conditions de vie, à des conditions financières libérales (dans le cas des PRÊTS, l'ÉLÉMENT DE LIBÉRALITÉ doit être d'au moins 25 %).
APPORTS DU SECTEUR PRIVÉ : Apports aux conditions du marché financés par le secteur privé sous les formes suivantes :
  • Investissement direct : Investissement effectué pour acquérir ou augmenter des intérêts durables dans une entreprise d'un pays figurant sur la LISTE DES BÉNÉFICIAIRES DE L'AIDE ÉTABLIE PAR LE CAD. Dans la pratique, sa valeur est donnée par la variation de la valeur nette pour la société-mère d'une filiale dans un pays bénéficiaire telle qu'elle figure dans la comptabilité de ladite société-mère.
  • Investissements bilatéraux de portefeuille : Englobent les prêts bancaires ainsi que l'achat d'actions, d'obligations et de biens immobiliers.
  • Investissements multilatéraux de portefeuille : Opérations du secteur privé bancaire et non bancaire portant sur des titres émis par des institutions multilatérales.
  • Crédits privés à l'exportation : voir CRÉDITS À L'EXPORTATION.
AUTRES APPORTS DU SECTEUR PUBLIC (AASP) : Apports financés par le secteur public au profit de pays figurant sur la LISTE DES BÉNÉFICIAIRES DE L'AIDE qui ne répondent pas aux critères de comptabilisation dans l'AIDE PUBLIQUE AU DÉVELOPPEMENT ou dans l'AIDE PUBLIQUE.
CAD (COMITÉ D'AIDE AU DÉVELOPPEMENT) : Comité de l'OCDE qui traite des questions de coopération pour le développement. On trouvera en frontispice de ce volume la description de ses objectifs et la liste de ses membres.
COOPÉRATION TECHNIQUE : Englobe i) les DONS à des ressortissants de pays bénéficiaires de l'aide qui reçoivent un enseignement ou une formation dans leur pays ou à l'étranger, et ii) les paiements destinés à défrayer les consultants, conseillers et personnels analogues, de même que les enseignants et administrateurs, en mission dans les pays bénéficiaires.
CRÉDITS À L'EXPORTATION : PRÊTS accordés pour les besoins du commerce extérieur et qui ne sont pas matérialisés par un instrument négociable. Ces PRÊTS sont fréquemment assortis d’un taux d’intérêt bonifié par le gouvernement du pays créancier en vue d’encourager les exportations.
DONS : Transferts, ou espèces ou en nature, qui ne sont assortis d'aucune obligation de remboursement.
ÉLÉMENT DE LIBÉRALITÉ : Cette notion rend compte des conditions financières d’un engagement : taux d'intérêt, échéance et différé d'amortissement (délai jusqu'au premier remboursement du principal). L'élément de libéralité est nul pour un PRÊT dont le taux d'intérêt est de 10 % ; il est de 100 % pour un DON ; pour un PRÊT portant un taux d’intérêt inférieur à 10 %, il se situe entre ces deux extrêmes.
FINANCEMENT MIXTE : Montage financier conjuguant une AIDE PUBLIQUE AU DÉVELOPPEMENT, sous forme de DON ou de PRÊT, et tout autre financement.
LISTE DES BÉNÉFICIAIRES DE L’AIDE ÉTABLIE PAR LE CAD : Depuis janvier 1994, le CAD utilise une Liste des bénéficiaires de l’aide, qui est divisée en deux parties. La Partie I de la Liste comprend les catégories suivantes (le terme “pays” englobe les territoires) :
  • MA : Pays les moins avancés. Groupe défini par les Nations Unies. Sont classés dans ce groupe, les pays qui se situent en dessous de seuils fixés de revenu, de diversification économique et de développement social. En cas de modification du groupe des PMA, une mise à jour est immédiatement apportée à la Liste du CAD.
  • Autres PFR : Autres pays à faible revenu. Ce groupe comprend tous les pays, autres que les PMA, dont le RNB par habitant était inférieur à 760 USD en 1998 (sur la base de l'Atlas de la Banque mondiale).
  • PRITI : Pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure. Ce sont les pays dont le RNB par habitant (sur la base de l'Atlas) se situait entre 761 et 3 030 USD en 1998. Les PRITI qui sont aussi des PMA sont classés sous les PMA et n’apparaissent pas dans la liste des PRITI.
  • PRITS : Pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure. Ce sont les pays dont le RNB par habitant (sur la base de l'Atlas) se situait entre 3 031 et 9 360 USD en 1998.
  • PRÉ : Pays à revenu élevé. Ce sont les pays en développement dont le RNB par habitant
  • sur la base de l'Atlas) était supérieur à 9 360 USD en 1998.
La Partie II de la Liste comprend les “Pays en transition”. Elle inclut i) les pays plus avancés d'Europe centrale et orientale et les plus avancés des nouveaux États indépendants de l'ex-Union soviétique ; et ii) les pays en développement les plus avancés.
PRÊTS : Transferts qui impliquent un remboursement. Les chiffres relatifs aux prêts nets fournissent le montant des prêts déduction faite de remboursements de principal (mais non des paiements d'intérêts) au titre de prêts antérieurs.
RÉAMÉNAGEMENT DE DETTE : Toute mesure convenue entre un créancier et son débiteur qui modifie officiellement les conditions précédemment fixées pour le remboursement. Il peut s'agir d'une remise, d'un rééchelonnement ou d'un refinancement.
VERSEMENT : Mise à la disposition d'un bénéficiaire de fonds ou achat pour son compte de biens ou de services ; par extension, le montant ainsi dépensé. Ils peuvent être comptabilisés bruts (montant total versé au cours d'une période comptable donnée) ou nets (déduction faite de tous les remboursements de principal intervenus pendant la même période).
VOLUME : Sauf indication contraire, les chiffres sur les apports fournis dans la présente publication sont exprimés en dollars des Etats-Unis. Les données libellées en monnaies nationales sont converties en dollars aux taux de change moyens annuels. Pour donner une idée plus réaliste de l'évolution dans le temps du volume des apports, certains chiffres sont donnés à prix et taux de change constants, par rapport à une année de référence précise. Autrement dit, un ajustement a été opéré pour tenir compte à la fois de l'inflation entre l'année considérée et l'année de référence et des variations du taux de change entre la monnaie en cause et le dollar des Etats-Unis au cours de la même période.
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