2004
Les dossiers du CAD
Danemark
Projet de communiqué de presse & Définitions des principaux termes
PROJET DE COMMUNIQUE DE PRESSE DE L’EXAMEN DU CAD PAR LES PAIRS :
DANEMARK
UN DONNEUR DE PREMIER PLAN PROCEDE A DES REFORMES
Le Danemark a été loué pour la générosité de son aide et son esprit d’innovation au niveau
de la politique et de la gestion de sa coopération pour le développement. Avec son ciblage sur un
nombre restreint de pays et de secteurs prioritaires, son programme bilatéral est un de ceux qui
obéissent, au sein du CAD, au cadre stratégique le plus rigoureux. Les premières estimations font
ressortir les apports nets d’aide publique au développement (APD) consentis par le Danemark à
1.63 milliard USD pour 2002. Cela représente 0.96 % de son revenu national brut (RNB), soit le
rapport APD/RNB le plus élevé des 22 membres du CAD (malgré un recul par rapport aux 1.03 %
enregistrés en 2001) et un chiffre nettement supérieur à l’effort moyen par pays du CAD avec ses
0.40 %.
Lors des examens passés du programme danois de coopération pour le développement, le
CAD avait salué l’exemple qu’a constitué le Danemark pour la communauté internationale des
donneurs au cours des quatre dernières décennies et s’était félicité du soutien sans faille qu’y
recueillait la coopération pour le développement dans les sphères politiques comme dans l’opinion
publique. Mais dernièrement ont été opérées des réformes qui résultent notamment de la décision
d’abandonner l’objectif de 1% du RNB, de se désengager de trois pays de programme, de supprimer
un certain nombre d’organismes consultatifs et de fondre ensemble le portefeuille de Ministre de la
coopération pour le développement et celui de Ministre des affaires étrangères. Certains de ces
changements ont été perçus comme le signe d’une rupture avec la tradition d’aide du Danemark, qui
risquait d’amoindrir le degré de priorité politique, jusqu’ici élevé, accordé à la coopération pour le
développement. Dans le cadre de la poursuite de ses réformes, le gouvernement a entrepris d’étudier
les orientations futures de l’aide danoise. Si, comme on l’espère, cet exercice débouche sur
l’élaboration d’une stratégie quinquennale (portant sur la période 2004 à 2008) et de propositions
budgétaires dans le courant de l’année, le processus de réforme pourrait avoir jeté les fondements d’un
nouveau consensus politique sur le volume et les modalités de l’aide danoise, centré sur les Objectifs
du Millénaire pour le développement (OMD).
Le Président du CAD, M. Jean-Claude Faure, a résumé comme suit les principales
recommandations adressées par le Comité au Danemark :
-
Maintenir la tradition d’exemple en matière de coopération pour le développement. Le
Danemark est encouragé à maintenir les questions de développement à un niveau élevé dans
l’échelle de ses priorités. Parallèlement, les responsables de l’administration de l’aide
devraient s’appliquer à renforcer le dialogue avec la société civile danoise sur les questions
de coopération pour le développement. Le CAD s’est félicité de l’approche résolue adoptée
par le Danemark pour apprécier et influencer la performance des banques multilatérales de
développement et du système des Nations Unies en vue d’arrêter les décisions concernant le
financement de ces institutions. Le Danemark est encouragé à poursuivre dans ce contexte le
renforcement de sa coordination avec les autres grands donneurs, et à continuer de façon plus
générale à partager avec le CAD les enseignements de l’expérience qu’il accumule en
matière de coopération pour le développement afin de favoriser une perception commune des
problèmes qui se posent et des meilleures pratiques permettant d’y faire face sur le terrain.
-
Délier davantage son aide. L’annonce faite cette année par le Danemark de son intention de
délier son aide au profit des autres Etats membres de l’Union européenne, a été accueillie
avec satisfaction comme un grand pas vers un déliement plus poussé de l’APD danoise. Le
Danemark est maintenant invité à se mettre en conformité avec toutes les dispositions de la
Recommandation de l’OCDE sur le déliement de l’aide aux pays les moins avancés.
- Maintenir la barre au niveau des financements dans l’esprit du Consensus de
Monterrey, adopté en 2002. Le rapport APD/RNB danois pourrait s’établir dans une
fourchette comprise en 0.8 et 09 % pour les quelques prochaines années, ce qui est nettement
inférieur à ses niveaux passés. Le Danemark est encouragé à faire tout son possible pour
maintenir le volume actuel de son APD.
-
Préserver le ciblage géographique et sectoriel. Depuis quelques années, des pressions
politiques s’exercent en faveur d’utilisations de l’APD danoise qui concourent à promouvoir
des priorités spécifiquement danoises. Le soutien d’activités de développement qui ne
figurent pas parmi les priorités définies dans les accords de partenariat négociés localement
risque fort de ne pas être viable, surtout compte tenu du caractère exceptionnel et à court
terme des financements apportés. A un autre niveau, les préoccupations concernant la bonne
gestion des affaires publiques et le respect des droits de l’homme ont récemment conduit le
Danemark à mettre fin à ses activités de coopération pour le développement dans trois pays
avec lesquels il avait conclu des accords de partenariat à long terme (Erythrée, Malawi et
Zimbabwe). La situation politique dans ces pays s’était fortement détériorée, au point que les
autorités danoises avaient estimé que leur aide ne pouvait plus être efficace. D’autres
membres du CAD avait réduit leur aide à ces pays pour les mêmes raisons, sans mettre
totalement fin à leurs activités de coopération avec eux. Lorsqu’il affinera et clarifiera sa
politique d’affectation de son aide, le Danemark est encouragé à préserver sa stratégie
globale de ciblage de ses efforts sur un certain nombre de pays et de secteurs prioritaires à
travers des partenariats viables à long terme fondés sur des stratégies de lutte contre la
pauvreté conduites par les pays. En même temps, le Danemark est encouragé à déterminer
plus précisément les stratégies de « désengagement » vis-à-vis de ces pays, et à continuer
d’oeuvrer dans les pays où se posent des problèmes plus inquiétants, s’associant ainsi aux
efforts consacrés par le CAD à la question des situations de partenariat difficile.
- Renforcer sa capacité d’œuvrer à la cohérence des politiques au service du
développement. Comme les autres membres du CAD, le Danemark a du mal à faire en sorte
que les politiques qu’il suit dans tous les domaines pertinents aillent dans le sens de son
objectif en matière de développement, à savoir faire reculer la pauvreté dans le monde. Il
possède à cet égard un atout du fait que les responsabilités relatives aux institutions
financières internationales, au système des Nations Unies, à l’aide humanitaire et au
commerce sont regroupées avec celles qui concernent les relations politiques au sein du
ministère des Affaires étrangères Le soutien apporté par le Danemark aux actions à l’appui
de la cohérence des politiques engagées dans le cadre d’instances internationales, y compris
l’Union européenne, est facilité par la coordination étroite de ses politiques au sein de
l’Union européenne, et par l’attitude positive et coopérative des associations industrielles et
agricoles danoises. Le CAD encourage le ministère des Affaires étrangères/l’administration
de l’aide à renforcer encore l’interaction avec les autres instances de l’administration ainsi
qu’avec le Parlement et la société civile sur ces questions. Le ministère des Affaires
étrangères/la sphère Danida devraient se voir investis d’un rôle plus net de chef de file pour
l’analyse des problèmes de cohérence et la promotion de la cohérence des politiques au
service du développement.
-
Donner davantage de pouvoirs et de moyens au terrain. L’administration de l’aide
fonctionne avec un personnel qui compte très peu de spécialistes et s’appuie sur des
méthodes pragmatiques. Le Danemark a entrepris de décentraliser sa coopération pour le
développement. La collaboration avec les partenaires dans les pays en développement et les
autres donneurs présents sur le terrain, domaine dans lequel il excelle, s’en trouve facilitée,
en particulier avec la mise en place de stratégies conduites par les pays partenaires telles les
SLP. Un redéploiement des ressources, en personnel et autres, de Copenhague au profit du
terrain est essentiel à cet égard, surtout au vu des compressions que subit le budget global de
l’administration. Un suivi à haut niveau du nouveau système, s’appuyant sur des contrôles
réguliers de qualité, contribuera à assurer le nécessaire renforcement des pouvoirs et des
moyens des missions locales.
-
Trouver des approches pratiques de la gestion fondée sur les résultats. Comme de
nombreux autres donneurs, le Danemark a entrepris de mettre en place un système de gestion
de son aide davantage axé sur les performances. Le Danemark est encouragé à collaborer
étroitement avec les autres membres du CAD engagés dans une entreprise similaire, pour le
plus grand profit de tous les donneurs.
Lors de l’examen par le CAD, le 22 mai 2003, des politique et programmes du Danemark en
matière de coopération pour le développement, la délégation danoise était conduite par
M. Carsten Staur, Secrétaire d’Etat pour le Groupe Sud au ministère des Affaires étrangères. Les pays
examinateurs étaient le Luxembourg et le Portugal.
DÉFINITIONS DES PRINCIPAUX TERMES
Le lecteur trouvera ci-dessous, à titre informatif, une définition succincte des
principaux termes en rapport avec la coopération pour le développement utilisés
dans ce volume. Pour des définitions plus complètes de ces expressions et de
diverses autres, se reporter au “Glossaire des principaux termes et concepts”
figurant dans le Rapport annuel du CAD, Coopération pour le Développement
AIDE LIÉE : DONS ou PRÊTS d’origine publique servant à financer des achats de biens et
services dans le seul pays donneur ou dans un groupe de pays qui ne comprend pas la quasi-totalité des
pays bénéficiaires de l’aide.
AIDE NON LIÉE : AIDE PUBLIQUE AU DÉVELOPPEMENT (ou AIDE PUBLIQUE)
servant à financer des achats de biens et services qui peuvent être effectués en totalité et librement
dans la quasi-totalité des pays.
AIDE PARTIELLEMENT DÉLIÉE : AIDE PUBLIQUE AU DÉVELOPPEMENT (ou AIDE
PUBLIQUE) servant à financer des achats de biens et services qui doivent être effectués soit dans le
pays donneur soit parmi un groupe restreint d'autres pays, lequel doit toutefois comprendre la
quasi-totalité des pays bénéficiaires de l’aide.
AIDE PUBLIQUE : Apports qui répondraient aux critères d'inclusion dans L'AIDE PUBLIQUE
AU DÉVELOPPEMENT, mais dont les bénéficiaires figurent à la Partie II de la LISTE DES
BÉNÉFICIAIRES DE L'AIDE ÉTABLIE PAR LE CAD.
AIDE PUBLIQUE AU DÉVELOPPEMENT (APD) : PRÊTS ou DONS accordés aux pays et
territoires figurant dans la Partie I de la LISTE DES BÉNÉFICIAIRES DE L'AIDE ÉTABLIE PAR
LE CAD (pays en développement) par le secteur public, dans le but principalement de faciliter le
développement économique et d'améliorer les conditions de vie, à des conditions financières libérales
(dans le cas des PRÊTS, l'ÉLÉMENT DE LIBÉRALITÉ doit être d'au moins 25 %).
APPORTS DU SECTEUR PRIVÉ : Apports aux conditions du marché financés par le secteur
privé sous les formes suivantes :
-
Investissement direct : Investissement effectué pour acquérir ou augmenter des intérêts
durables dans une entreprise d'un pays figurant sur la LISTE DES BÉNÉFICIAIRES DE
L'AIDE ÉTABLIE PAR LE CAD. Dans la pratique, sa valeur est donnée par la variation de
la valeur nette pour la société-mère d'une filiale dans un pays bénéficiaire telle qu'elle figure
dans la comptabilité de ladite société-mère.
-
Investissements bilatéraux de portefeuille : Englobent les prêts bancaires ainsi que l'achat
d'actions, d'obligations et de biens immobiliers.
-
Investissements multilatéraux de portefeuille : Opérations du secteur privé bancaire et non
bancaire portant sur des titres émis par des institutions multilatérales.
-
Crédits privés à l'exportation : voir CRÉDITS À L'EXPORTATION.
AUTRES APPORTS DU SECTEUR PUBLIC (AASP) : Apports financés par le secteur public
au profit de pays figurant sur la LISTE DES BÉNÉFICIAIRES DE L'AIDE qui ne répondent pas aux
critères de comptabilisation dans l'AIDE PUBLIQUE AU DÉVELOPPEMENT ou dans l'AIDE
PUBLIQUE.
CAD (COMITÉ D'AIDE AU DÉVELOPPEMENT) : Comité de l'OCDE qui traite des
questions de coopération pour le développement. On trouvera en frontispice de ce volume la
description de ses objectifs et la liste de ses Membres.
COOPÉRATION TECHNIQUE : Englobe i) les DONS à des ressortissants de pays
bénéficiaires de l'aide qui reçoivent un enseignement ou une formation dans leur pays ou à l'étranger,
et ii) les paiements destinés à défrayer les consultants, conseillers et personnels analogues, de même
que les enseignants et administrateurs, en mission dans les pays bénéficiaires.
CRÉDITS À L'EXPORTATION : PRÊTS accordés pour les besoins du commerce extérieur et
qui ne sont pas matérialisés par un instrument négociable. Ces PRÊTS sont fréquemment assortis d’un
taux d’intérêt bonifié par le gouvernement du pays créancier en vue d’encourager les exportations.
DONS : Transferts, ou espèces ou en nature, qui ne sont assortis d'aucune obligation de
remboursement.
ÉLÉMENT DE LIBÉRALITÉ : Cette notion rend compte des conditions financières d’un
engagement : taux d'intérêt, échéance et différé d'amortissement (délai jusqu'au premier
remboursement du principal). L'élément de libéralité est nul pour un PRÊT dont le taux d'intérêt est de
10 % ; il est de 100 % pour un DON ; pour un PRÊT portant un taux d’intérêt inférieur à 10 %, il se
situe entre ces deux extrêmes.
FINANCEMENT MIXTE : Montage financier conjuguant une AIDE PUBLIQUE AU
DÉVELOPPEMENT, sous forme de DON ou de PRÊT, et tout autre financement.
LISTE DES BÉNÉFICIAIRES DE L’AIDE ÉTABLIE PAR LE CAD : Depuis janvier 1994,
le CAD utilise une Liste des bénéficiaires de l’aide, qui est divisée en deux parties. La Partie I de la
Liste comprend les catégories suivantes (le terme “pays” englobe les territoires) :
-
PMA : Pays les moins avancés. Groupe défini par les Nations Unies. Sont classés dans ce
groupe, les pays qui se situent en dessous de seuils fixés de revenu, de diversification
économique et de développement social. En cas de modification du groupe des PMA, une
mise à jour est immédiatement apportée à la Liste du CAD.
-
Autres PFR : Autres pays à faible revenu. Ce groupe comprend tous les pays, autres que les
PMA, dont le RNB par habitant était inférieur à 760 USD en 1998 (sur la base de l'Atlas de
la Banque mondiale).
-
PRITI : Pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure. Ce sont les pays dont le RNB
par habitant (sur la base de l'Atlas) se situait entre 761 et 3 030 USD en 1998. Les PRITI qui
sont aussi des PMA sont classés sous les PMA et n’apparaissent pas dans la liste des PRITI.
-
PRITS : Pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure. Ce sont les pays dont le RNB
par habitant (sur la base de l'Atlas) se situait entre 3 031 et 9 360 USD en 1998.
-
PRÉ : Pays à revenu élevé. Ce sont les pays en développement dont le RNB par habitant (sur la base de l'Atlas) était supérieur à 9 360 USD en 1998.
La Partie II de la Liste comprend les “Pays en transition”. Elle inclut i) les pays plus avancés
d'Europe centrale et orientale et les plus avancés des nouveaux États indépendants de l'ex-Union
soviétique ; et ii) les pays en développement les plus avancés.
PRÊTS : Transferts qui impliquent un remboursement. Les chiffres relatifs aux prêts nets
fournissent le montant des prêts déduction faite de remboursements de principal (mais non des
paiements d'intérêts) au titre de prêts antérieurs.
RÉAMÉNAGEMENT DE DETTE : Toute mesure convenue entre un créancier et son débiteur
qui modifie officiellement les conditions précédemment fixées pour le remboursement. Il peut s'agir
d'une remise, d'un rééchelonnement ou d'un refinancement.
VERSEMENT : Mise à la disposition d'un bénéficiaire de fonds ou achat pour son compte de
biens ou de services ; par extension, le montant ainsi dépensé. Ils peuvent être comptabilisés bruts
(montant total versé au cours d'une période comptable donnée) ou nets (déduction faite de tous les
remboursements de principal intervenus pendant la même période).
VOLUME : Sauf indication contraire, les chiffres sur les apports fournis dans la présente
publication sont exprimés en dollars des Etats-Unis. Les données libellées en monnaies nationales sont
converties en dollars aux taux de change moyens annuels. Pour donner une idée plus réaliste de
l'évolution dans le temps du volume des apports, certains chiffres sont donnés à prix et taux de
change constants, par rapport à une année de référence précise. Autrement dit, un ajustement a été
opéré pour tenir compte à la fois de l'inflation entre l'année considérée et l'année de référence et des
variations du taux de change entre la monnaie en cause et le dollar des Etats-Unis au cours de la même
période.