2003
Les dossiers du CAD
Irlande
Communiqué de presse & définitions des principaux termes
COMMUNIQUE DE PRESSE DE L’EXAMEN DU CAD PAR LES PAIRS : IRLANDE
RECOMMANDATIONS DU CAD AU MOMENT OÙ L’IRLANDE SE PRÉPARE À
PORTER SON PROGRAMME DE COOPÉRATION POUR LE DÉVELOPPEMENT À
HAUTEUR DE 1 MILLIARD USD
A l'occasion d'un examen de fond du programme de coopération pour le développement de
l'Irlande, le Comité d'aide au développement (CAD) de l'OCDE a noté que l'aide publique au
développement (APD) irlandaise avait considérablement augmenté au cours de la dernière décennie,
passant de 70 millions USD en 1992, soit 0.16 % du revenu national brut (RNB), à 398 millions USD
en 2002, soit 0.40 % du RNB. Preuve de sa détermination à lutter contre la pauvreté, l'Irlande
achemine la moitié de son APD vers les pays les moins avancés, ce qui constitue le pourcentage le
plus élevé parmi les 22 pays membres du CAD, contribuant ainsi à la réalisation des Objectifs du
millénaire pour le développement.
L'APD de l'Irlande devrait continuer de s'accroître – le gouvernement entend atteindre d'ici 2007
l'objectif de 0.7 % du revenu national fixé par les Nations unies. Cet engagement, qui porte sur
1 milliard USD, s'inscrit dans la longue tradition de solidarité de l'Irlande envers les pauvres et les
déshérités. Cependant, le fait que l'Irlande n'a pas atteint son objectif intermédiaire à l'échéance 2002,
soit une APD équivalant à 0.45 % du RNB, et que le budget de l'APD pour 2003 et 2004 n'a été que
modestement accru soulève quelques inquiétudes quant à la probabilité d'atteindre l'objectif de 0.7 %
d'ici 2007.
Un accord de financement sur plusieurs années conclu avec le ministère des Finances avait
permis aux responsables de la coopération pour le développement de se fixer des échéances à moyen
terme, au fur et à mesure de l'expansion rapide du programme. Cet accord a pris fin, d'où une plus
grande difficulté pour les responsables du programme de coopération pour le développement de mettre
en œuvre leur propre programme et de respecter par ailleurs les engagements pris au titre des
partenariats à long terme et des accords de financement pluriannuels avec les pays partenaires, les
organismes de développement des Nations unies et les ONG irlandaises oeuvrant en faveur du
développement.
L'intérêt que porte depuis longtemps l'Irlande à la santé et à l'éducation se double maintenant
d'une vive détermination à lutter contre la pandémie de VIH/sida. Un engagement d'au moins
30 millions USD par an annoncé par le Premier ministre en 2001 pour lutter contre le VIH/sida à
travers des activités multilatérales/mondiales, régionales, nationales et locales est venu soutenir les
efforts déployés pour prendre systématiquement en compte le VIH/sida dans tous les domaines
couverts par le programme.
Le Président du CAD, M. Richard Manning, a fait la synthèse des principales recommandations
du Comité en vue de consolider les progrès réalisés depuis le dernier examen de l'aide réalisé par le
CAD en 1999 :
- La grande majorité de la population soutient les efforts de développement de l'Irlande. Il
importera de continuer de mobiliser l'opinion et de lui permettre de s'investir davantage dans
le programme de coopération pour le développement en s'en appropriant les desseins, les
réalisations et les enjeux à mesure que s'accroîtra l'APD, de façon à atteindre durablement
l'objectif de 0.7 %.
- L'Irlande devrait prévoir maintenant la façon dont elle gérera et mettra en œuvre son
programme d'un montant de 1 milliard USD, de façon à maintenir l'attention qu'elle porte
aux pays les moins avancés, spécialement en Afrique de l'Est où elle concentre son aide, à
soutenir un éventail d'organismes multilatéraux, à poursuivre son combat contre le problème
du VIH/sida qui se pose de façon particulièrement aiguë dans les régions où l’Irlande mène
prioritairement ses activités, et à promouvoir la stratégie prospective qui est la sienne en ce
qui concerne la dette.
- Pour gérer l'augmentation rapide et substantielle de son APD en suivant une trajectoire de
croissance prévisible et pour aider les responsables du programme de coopération pour le
développement à respecter leurs accords de financement pluriannuels, l'Irlande devrait
réintroduire un nouvel accord sur plusieurs années qui fixerait les enveloppes allouées à
l'APD.
- L'Irlande a réglé quelques-uns des problèmes de ressources humaines les plus urgents
identifiés lors de l'examen de l'aide réalisé par le CAD en 1999, mais il faudra, dans le cadre
de son programme de coopération pour le développement, continuer de renforcer les
effectifs, l'expertise et les compétences en matière de gestion du développement, au fur et à
mesure de l'expansion du volume de l'APD, qui fait entrer l'Irlande dans le camp des
donneurs moyens. Cela devrait donner plus de possibilités d'offrir des perspectives de
carrière dans le domaine du développement au sein du ministère des Affaires étrangères.
- Il a été bénéfique pour l’Irlande de concentrer ses principaux partenariats bilatéraux sur
seulement sept pays de programme. Elle devrait approfondir son engagement dans ces pays,
en s'associant de plus près aux activités des organisations de la société civile locale et en la
soutenant, de même que le secteur privé local, et en inscrivant son action dans une
perspective régionale. L'Irlande devrait par ailleurs maintenir une approche prudente dans la
désignation de nouveaux pays de programme.
- Par rapport à la moyenne des membres du CAD, l'Irlande consacre une part importante de
son APD au cofinancement d'activités menées par des ONG. Les responsables du
programme de coopération pour le développement devraient continuer de promouvoir des
approches stratégiques, la prise en compte systématique de questions à caractère transversal (égalité homme-femme, gouvernance, VIH/sida et environnement) et un contrôle, un suivi et
une évaluation plus systématiques des activités de la part des ONG partenaires.
- Les responsables du programme gèrent l'aide d'urgence et à la reconstruction dans une
perspective plus stratégique, en mettant davantage l'accent sur la qualité, la reddition de
comptes, et les résultats obtenus. Ils pourraient aller plus loin dans ce sens en définissant des
orientations plus précises, notamment une stratégie de sortie pour ce qui concerne l'aide
humanitaire ou, le cas échéant, pour poursuivre l'action en l'intégrant à des stratégies de
développement d'après un conflit dans une perspective à plus long terme.
- Pour se donner le maximum de moyens de véritablement contribuer à s'attaquer au problème
du VIH/sida, les responsables du programme devraient s'appliquer à faire de cette question
une constante de leur programme en recrutant davantage de spécialistes et en mettant en
place un important programme de formation dans ce domaine à l'intention de l'ensemble du
personnel. Au moment de l'actualisation du cadre stratégique du programme, en 2004, il
conviendrait de mettre en avant cette approche qui consiste à prendre systématiquement en
compte la question du VIH/sida, et de donner des orientations pour faire face aux questions
d'égalité homme-femme, de droits de l'homme et d'équité dans le cadre des programmes de
plus en plus vastes d'accès au traitement. Les responsables du programme devraient lancer
une évaluation d'envergure de l'impact de ses activités de lutte contre le VIH/sida.
- Le CAD se félicite de la création d'une unité spéciale chargée d'évaluer la cohérence des
politiques dans l'optique du développement et de diffuser les résultats des analyses
effectuées. Cela devrait renforcer la capacité de l'Irlande à accompagner les effets sur les
pays en développement de tout l'éventail de ses politiques gouvernementales.
Lors du nouvel examen des politiques et programmes de coopération pour le développement
de l'Irlande réalisé par le CAD, qui a eu lieu le 17 novembre 2003, la Délégation de l'Irlande était
conduite par M. David Donoghue, Directeur général du programme de coopération pour le
développement de l'Irlande ( Development Co-operation Ireland ). Les pays examinateurs étaient la
Belgique et la Suisse.
DEFINITIONS DES PRINCIPAUX TERMES
Ci-dessous se trouvent de brèves définitions des principaux termes utilisés dans ce volume,
fournies à titre informatif.
AIDE LIÉE : Dons ou prêts d’origine publique servant à financer des achats de biens et services dans
le seul pays donneur ou dans un groupe de pays qui ne comprend pas la quasi-totalité des pays
bénéficiaires.
AIDE PUBLIQUE (AP) : Apports qui répondraient aux critères d'inclusion dans l'aide publique au
développement, mais dont les bénéficiaires figurent à la partie II de la liste des bénéficiaires de l'aide
établie par le CAD.
AIDE PUBLIQUE AU DÉVELOPPEMENT (APD) : Prêts ou dons accordés aux pays et territoires
figurant dans la partie I de la liste des bénéficiaires de l'aide établie par le CAD (pays en
développement) par le secteur public, dans le but principalement de faciliter le développement
économique et d'améliorer les conditions de vie, à des conditions financières libérales (dans le cas des
prêts, l'élément de libéralité doit être d'au moins 25 %).
AUTRES APPORTS DU SECTEUR PUBLIC (AASP) : Apports relatifs au développement
financés par le secteur public au profit de pays figurant sur la liste des bénéficiaires de l'aide qui ne
répondent pas aux critères de comptabilisation dans l'aide publique au développement ou dans l'aide
publique.
CAD (COMITÉ D'AIDE AU DÉVELOPPEMENT) : Comité de l'OCDE qui traite des questions de
coopération pour le développement. On trouvera en frontispice de ce volume la description de ses
objectifs et la liste de ses membres.
COOPÉRATION TECHNIQUE : Englobe i) les dons à des ressortissants de pays bénéficiaires de
l'aide qui reçoivent un enseignement ou une formation dans leur pays ou à l'étranger, et ii) les
paiements destinés à défrayer les consultants, conseillers et personnels analogues, de même que les
enseignants et administrateurs, en mission dans les pays bénéficiaires.
CRÉDITS À L'EXPORTATION : prêts accordés pour les besoins du commerce extérieur et qui ne
sont pas matérialisés par un instrument négociable. Ces crédits peuvent être octroyés par le secteur
public ou le secteur privé. Dans ce dernier cas, ils peuvent être assortis d'une garantie publique.
DONS : Transferts effectués en espèces ou en nature et qui ne sont assortis d'aucune obligation de
remboursement.
ÉLÉMENT DE LIBÉRALITÉ : Cette notion rend compte des conditions financières d'un
engagement : taux d'intérêt, échéance et différé d'amortissement (délai jusqu'au premier
remboursement de principal). L'élément de libéralité est calculé contre un taux d'intérêt fixé à 10 %.
Ainsi l'élément de libéralité est nul pour un prêt dont le taux d'intérêt est de 10 % ; il est de 100 % pour
un don ; pour un prêt à un taux inférieur à 10 %, il se situe entre ces deux extrêmes.
FINANCEMENT MIXTE : Conjugaison d'aide publique au développement, sous forme de dons ou
de prêts, avec tout autre financement pour constituer une enveloppe financière.
INVESTISSEMENT DIRECT : Investissement effectué pour acquérir ou augmenter des
intérêts durables dans une entreprise d'un pays figurant sur la liste des bénéficiaires de l'aide établie
par le CAD. Dans la pratique, il correspond à la variation de la valeur nette pour la société-mère d'une
filiale dans un pays bénéficiaire telle qu'elle figure dans la comptabilité de ladite société-mère.
LISTE DES BENEFICIAIRES DE L’AIDE ETABLIE PAR LE CAD : Le CAD utilise une
liste des bénéficiaires de l’aide, révisée de temps en temps, qui est divisée en deux parties. La partie I
de la liste regroupe les pays en développement ( éligibles à recevoir l'aide publique au
développement). Elle comprend les catégories suivantes (le terme “pays” comprend les territoires) :
-
PMA : Pays les moins avancés. Groupe défini par les Nations unies. Pour être classés dans
ce groupe, les pays doivent se situer en dessous de seuils fixés pour le revenu, la
diversification économique et le développement social. En cas de modification du groupe des
PMA, une mise à jour est immédiatement apportée à la liste du CAD.
-
Autres PFR : Autres pays à faible revenu. Ce groupe comprend tous les pays, autres que les
PMA, dont le PNB par habitant était inférieur à 760 dollars en 1998 (sur la base de l'Atlas de
la Banque mondiale).
-
PRITI : Pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure. Ce sont les pays dont le PNB
par habitant (sur la base de l'Atlas) se situait entre 761 et 3 030 dollars en 1998. Les PRITI
qui sont aussi des PMA sont classés sous les PMA et n’apparaissent pas dans la liste des
PRITI.
-
PRITS : Pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure. Ce sont les pays dont le PNB
par habitant (sur la base de l'Atlas) se situait entre 3 031 et 9 360 dollars en 1998.
-
PRÉ : Pays à revenu élevé. Ce sont les pays en développement dont le PNB par habitant (sur
la base de l'Atlas) était supérieur à 9 360 USD en 1998.
La partie II de la liste comprend les “Pays en transition” ; l’aide à ces pays est comptabilisée
séparément comme “aide publique”. Elle inclut i) les pays les plus avancés d'Europe centrale et
orientale et les plus avancés des nouveaux États indépendants de l'ex-Union soviétique ; et ii) les pays
en développement les plus avancés.
MOYENNE DES PERFORMANCES PAR PAYS : La moyenne non pondérée des rapports
APD/RNB des membres du CAD, autrement dit la moyenne des rapports eux-mêmes, et non le rapport
de l’APD totale sur le RNB total (cf. Rapport APD/RNB).
PRÊTS : Transferts qui impliquent un remboursement. Les chiffres relatifs aux prêts nets fournissent
le montant des prêts déduction faite des remboursements de principal (mais non des paiements
d'intérêts) au titre de prêts antérieurs.
RAPPORT APD/RNB : Pour comparer les efforts d’APD des membres, il est utile de les rapporter à
leur revenu national brut (RNB). Le rapport APD/RNB de « l’ensemble des membres du CAD » est
donné par la somme des apports d’APD des membres divisée par la somme de leurs RNB, autrement
dit c’est la moyenne pondérée des rapports APD/RNB des membres (cf. Performance moyenne par
pays).
RÉAMENAGEMENT (ou RESTRUCTURATION) DE LA DETTE : Toute mesure convenue
entre un créancier et son débiteur qui modifie officiellement les conditions précédemment fixées pour
le remboursement. Il peut s'agir d'une remise de la dette, d'un rééchelonnement ou d'un prêt de
refinancement.
VERSEMENT : Mise à la disposition d'un bénéficiaire de fonds ou achat pour son compte de biens
ou de services ; par extension, le montant ainsi dépensé. Ces versements peuvent être comptabilisés
bruts (montant total versé au cours d'une période comptable donnée) ou nets (déduction faite de tous
les remboursements de principal ou des restitutions de dons intervenus pendant la même période).
VOLUME (termes réels) : Sauf indication contraire, les chiffres sur les apports fournis dans la
présente publication sont exprimés en dollars courants des Etats-Unis. Les données libellées en
monnaies nationales sont converties en dollars aux taux de change moyens annuels. Pour donner une
idée plus réaliste de l'évolution dans le temps du volume des apports, certains chiffres sont donnés à
prix et taux de change constants, par rapport à une année de référence précise. Ces données montrent
la valeur de l'aide en termes du pouvoir d'achat domestique d'un dollar des Etats-Unis pour l’année
indiquée.