2004
Les dossiers du CAD
Nouvel éclairage sur le partenariat GrameenPhone
Remerciements
Nous souhaitons remercier toutes les personnes qui ont bien voulu accepter d’être interrogées et
de partager leur expérience directe, notamment le Professeur Yunus de la Banque Grameen,
M. Halvorsen de Telenor Mobile, M. Ree de GrameenPhone Ltd., M. Wood de la Grameen
Foundation USA, M. Utsunomiya de la société Marubeni et M. Mahmudur Rahman du Conseil
d'investissement du Bangladesh.
Nous remercions également tout particulièrement le Bureau du Bangladesh de la JICA qui a
coordonné notre visite au Bangladesh et nous a fournis des informations complémentaires, ainsi que le
Gouvernement japonais, qui a financé ce projet.
Le projet était piloté par M. Benoît d’Ansembourg, consultant indépendant dans le domaine des
TIC et M. Ichiro Tambo, conseiller pour la science et la technologie à la Direction de la coopération
pour le développement de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE),
avec l’aide de Mmes Amanda Gautherin, Susana Garcia-Lorenzo et Karine Perset.
Les données utilisées dans ce rapport sont celles qui étaient
publiquement disponibles au moment de l'étude (septembre 2003 –
mars 2004).
Du fait de l'évolution rapide du secteur de la téléphonie mobile, le
lecteur est vivement encouragé à consulter les données les plus
récentes auprès des sources d'information indiquées dans ce rapport.
Acronymes et Abréviations
ACDI Agence canadienne de développement international
AMDC Accès multiple par différence de code
APD Aide publique au développement
ASEAN Association des Nations de l'Asie du Sud-Est
BAD Banque asiatique de développement
BDT Taka du Bangladesh (Code de monnaie ISO)
BTRC Bangladesh Telecommunication Regulatory Commission
BTTB Bangladesh Telegraph and Telephone Board
CAD Comité d'aide au développement
CDC Organisation de développement du Commonwealth
CRDI Centre de recherches pour le développement international
CTO Commonwealth Telecommunication Organisation
DOI Digital Opportunity Initiative
GSM Global System for Mobile Communications
IDE Investissement direct étranger
IMF Institution de micro-financement
Info Dev Programme Information for Development de la Banque mondiale
JBIC Japan Bank for International Cooperation
JETRO Japan External Trade Organization
JICA Japan International Cooperation Agency
NORAD Agence norvégienne de coopération pour le développement
NORFUND Fonds d'investissement norvégien pour les pays en développement
OCDE Organisation de coopération et de développement économiques
ODM Objectifs de développement pour le Millénaire
ONG Organisation non gouvernementale
PIB Produit intérieur brut
PME Petites et moyennes entreprises
PNB Produit national brut
POVNET Réseau du CAD de l'OCDE sur la réduction de la pauvreté
SFI Société financière internationale
SMSI Sommet mondial sur la société de l'information
TI Technologies de l'information
TIC Technologies de l'information et des communications
TMC Telenor Mobile Communications AS
UIT Union internationale des télécommunications
USD Dollar des Etats-Unis
VoIP Protocole Voice over the Internet
GrameenPhone est une co-entreprise de télécommunications créée au Bangladesh par la Banque
Grameen, avec un apport de capital de la société norvégienne Telenor et des prêts de donateurs
[1] ––
dans le but d'assurer des services de téléphonie mobile pour ses abonnés. Son « Programme de
téléphones de village » illustre de façon remarquable comment des initiatives novatrices du secteur
privé peuvent contribuer à stimuler le développement, même dans des conditions d’extrême pauvreté.
Depuis 1997, le Programme de téléphones de village a fourni quelque 45 000 téléphones à
39 000 villages du Bangladesh, donnant ainsi accès au réseau téléphonique à quelque 70 millions de
personnes.
La formule est simple : un abonné – généralement une femme, d’où l’expression « la dame du
téléphone de village » - emprunte environ 350 USD à la Banque Grameen et rembourse son emprunt
en vendant des services téléphoniques aux autres villageois qui, le plus souvent pour la première fois,
peuvent ainsi bénéficier des avantages économiques et sociales d'un contact téléphonique avec le
monde extérieur.
Le Programme de téléphones de village procure à GrameenPhone un retour satisfaisant sur
investissement : bien que les opérateurs de téléphones de village ne représentent que 3 % de la base
totale d’abonnés de la société (plus de 1.3 million), ils procurent 15 % de ses recettes brutes totales.
Avec 700 stations de base, GrameenPhone couvre déjà 49 des 64 districts que compte le
Bangladesh. La société se propose de porter le nombre de stations de base à 800 afin de couvrir
l’ensemble du pays.
En 2002, GrameenPhone a été la première source d’IDE au Bangladesh, et au mois de mai 2003
la société avait investi plus de 230 millions d'USD dans l’économie bangladeshi. GrameenPhone est la
deuxième entreprise du Bangladesh en termes de recettes fiscales sur les sociétés, avec 284 millions
d'USD de taxes versées entre la date de sa création en 1997 et mai 2003.
La formule du téléphone de village a été reprise en Ouganda, avec un succès équivalent (les
appels sont supérieurs de 25 % aux prévisions initiales, soit nettement plus que le niveau minimum
requis pour assurer la pérennité ou l’équilibre du projet). Des études sont maintenant en cours pour
voir dans quel autre pays un projet similaire de téléphone de village pourrait contribuer aux objectifs
de développement.
Le mariage de l’IDE et de l’APD dans des initiatives comme le Programme de téléphone de
village répond à l’objectif de partenariat global tel qu’exprimé dans la cible 18 de l’objectif 8 de
développement pour le Millénaire (ODM) : « En coopération avec le secteur privé, faire en sorte que
les avantages des nouvelles technologies, en particulier des technologies de l’information et de la
communication, soient accordés à tous ». C’est également une illustration quasi parfaite du mandat du
réseau sur la réduction de la pauvreté (POVNET) du CAD consistant à apporter la croissance
économique aux pays en développement, notamment en faisant appel à des partenariats public-privé
pour le déploiement de technologies de l’information et de la communication qui contribuent à
stimuler l’évolution vers une économie fondée sur le savoir.
[1]
Par commodité, l'expression "bailleur de fonds" utilisée dans ce rapport désigne à la fois les
organismes bilatéraux d'aide au développement et les institutions financières internationales (IFI).