Revue de l'OCDE sur le développement
Ed. de l’OCDE

I.S.B.N.sans
180 pages

p. 9 à 14
doi: en cours

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Allocution de M. Richard Manning,

no 5 2004/3

 
Introduction
 
 
La présente note de référence se veut un complément d’information sur les points I et II de l’ordre du jour de la réunion du Comité du développement, qui traitent respectivement de l’efficacité et des modalités de financement de l’aide, et du renforcement des fondations de la croissance et du développement du secteur privé.
I : Efficacité et modalités de financement de l’aide
a) Architecture de l’aide
A certains signes, il semble que nous entrions aujourd’hui dans une phase d’expansion considérable de l’aide qui pourrait permettre d’intensifier les programmes dans un large éventail de secteurs et dans un grand nombre de pays, dont les capacités sont variables. Les instruments et les mécanismes d’aide évoluent. De toute évidence, si nous voulons être efficaces et, surtout, aider nos partenaires à prendre en main le processus d’aide dans leur propre pays, nous devons mener une action plus cohérente. Cela nécessite une approche au niveau des pays, sur laquelle je reviendrai. Mais cela demande également la mise en place d’une architecture institutionnelle à l’échelle mondiale. Les 22 pays du CAD fournissent une part très importante du financement destiné à un système multilatéral de plus en plus complexe qui achemine 30 % de l’APD, à travers un vaste réseau d’institutions jouant un rôle moteur souvent déterminant. Le processus de décision relatif au financement et aux orientations du système multilatéral est pourtant éclaté entre différents ministères et services dans la plupart des capitales des pays du CAD, sans qu’une attention suffisante soit portée à l’impact d’une multitude de décisions successives sur le système multilatéral à travers les banques multilatérales de développement, les Nations unies et les fonds spéciaux. Un certain nombre d’études sont aujourd’hui consacrées à ces aspects de l’architecture de l’aide. Pour notre part, au CAD, nous les intégrerons à notre programme de travail du prochain biennum. L’un de nos objectifs consiste à mieux appréhender ce qui se passe actuellement au plan de la prise de décision et du financement du système, de façon à pouvoir, comme tous les autres acteurs du système, prendre mieux conscience de la nature des évolutions et des obstacles à surmonter. Ce qui devrait déjà en soi favoriser une amélioration de la prise de décision.
b) Volume de l’aide
Comme je l’indiquais dans mon rapport à l’intention des participants à la réunion de printemps, l’APD augmente à nouveau. Le montant des ressources supplémentaires que reçoivent les pays pour les aider à atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement est cependant encore modeste, étant donné qu’elles prennent pour une bonne part la forme de remises de dettes ou d’une aide d’urgence ou à la reconstruction. De nouvelles augmentations sont prévues en 2006, conformément aux engagements pris à Monterrey en 2002. Le tableau 1 présente les dernières projections du CAD pour 2006, qui tablent sur un accroissement de l’APD de quelque 27 % entre 2003 et 2006, soit l’équivalent de 18 milliards de dollars aux prix et taux de change de 2003, étant entendu que les membres du CAD honorent les engagements qu’ils ont publiquement souscrits. Même si ces sommes sont considérables, elles restent néanmoins sensiblement au dessous du surcroît de ressources extérieures nécessaires, d’après les analyses, pour faire des OMD une réalité à l’horizon 2015.
Il est encourageant de constater que, depuis la réunion de printemps, deux pays de plus – l’Espagne et le Royaume-Uni – ont arrêté un calendrier en vue de se conformer à l’objectif fixé par les Nations unies d’une APD égale à 0.7 % du RNB, ce qui porterait à 11 (sur 22) le nombre de pays membres du CAD à avoir soit atteint cet objectif soit annoncé la date à laquelle ils souhaitent l’atteindre. Si ces engagements à long terme, et ceux déjà pris par les autres membres du CAD, sont tenus, 15 milliards de dollars d’APD supplémentaires seront disponibles d’ici 2010, ce qui portera l’APD totale à plus de 100 milliards de dollars. A 0.32 % du RNB, le niveau resterait néanmoins en deçà de la tendance à long terme, soit 0.33 % du RNB, qui était la norme jusqu’en 1992. Cependant, comme neuf membres du CAD n’ont pas encore fait part de leur intention d’accroître leur APD à compter de 2006, les possibilités d’augmentation sont substantielles. A la faveur de l’effort d’évaluation des progrès accomplis qui aura lieu en 2005, il serait opportun, comme cela avait été fait dans le contexte de Monterrey, d’envisager plus précisément les engagements à moyen terme (à l’horizon 2010, par exemple) qui pourraient être pris en ce qui concerne l’APD pour aider les pays à réaliser les OMD, et les moyens d’accroître le volume de ressources supplémentaires effectivement reçues par les pays en développement. Dans ce contexte, la Quatorzième reconstitution des ressources de l’IDA a valeur de test pour montrer dans quelle mesure les donneurs sont prêts à transférer davantage de ressources via les circuits multilatéraux.

Tableau 1.
Perspectives d’évolution de l’APD des membres du CAD
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Tableau 1. Perspectives d’évolution de l’APD des membres du CAD après Monterrey : Dernières projections pour 2006 Variation réelle de l’APD entre 2003 et 2006 APD nette (aux prix et taux de APD nette en 2006 1 change de 2003) en 2003 APD/RNB Engagement/ Annonce/ Echéance (millions USD APD/RNB (millions USD) % Autriche 503 0.20% 0.33% 2006 877 0.33% 374 74% Pays (millions USD) en 2003 Hypothèse de 2003) en 2006 Belgique2 1 887 0.61% 0.7% 2010 2 120 0.65% 233 12% Danemark 1 747 0.84% >0.7% n.d. 1 838 0.83% 90 5% Finland 0.34% 0.44% 2007 708 0.41% 152 27% e2 3 556 France 2 7 337 0.41% 0.5% (0.7% d’ici 2012) 2007 8 955 0.48% 1 618 22% Allemagne 6 694 0.28% 0.33% 2006 8 380 0.33% 1 686 25% Grèce 356 0.21% 0.33% 2006 642 0.33% 285 80% Irlande 510 0.41% 0.7% 2007 813 0.61% 304 60% 2 Italie 2 393 0.16% 0.33% 2006 5 092 0.33% 2 699 113% Luxembourg 189 0.80% 1% 2005 250 1.00% 61 32% Pays-Bas 4 059 0.81% 0.8% Déjà atteint 4 240 0.80% 181 4% Portugal 298 0.21% 0.33% 2006 510 0.33% 211 71% Espagne3 2 030 0.25% 0.5% (0.33% en 2006) 2008 2 899 0.33% 869 43% Suède 2 100 0.70% 2 785 0.87% 685 33% Objectif à long terme 1% ( au moins 0.87% en 2006 ) Royaume-Uni 6 166 0.34% 0.47% (0.7% d’ici 2013) 2007-08 8 242 0.41% 2 076 34% Membres de l’UE, Total 36 825 0.35% 0.39% 2006 48 350 0.43% 11 525 31% Australie 1 237 0.25% 0.26% 2003-04 1 360 0.26% 123 10% 4 Canada 2 209 0.26% 2 783 0.30% 574 26% Augmentation de 8% par an jusqu’en 2010 Japon 8 911 0.20% Niveau moyen 2001-2003 (9.5 milliards USD) en 2006 9 500 0.22% 589 7% Nouvelle-Zélande 169 0.23% 202 0.26% 33 19% Niveau futur à l’étude Norvège 2 043 0.92% 1% 2005 2 369 1.00% 326 16% Suisse2 1 297 0.38% 0.4% 2010 1 359 0.38% 62 5% Etats-Unis5 15 791 0.14% cf. note 4 20 894 0.17% 5 103 32% Membres du CAD, Total 68 483 0.25% 86 817 0.29% 18 334 27% 1 Hypothèse d’une croissance réelle moyenne du RNB de 2 % par an [3 % pour le Canada, 4 % pour la Grèce, 0 % pour le Japon et 2.75 % pour le Royaume-Uni] entre 2003 et 2006. 2 Rapport APD/RNB pour 2006 obtenu par interpolation entre 2003 et l’année retenue comme objectif. 3 La Finlande vise l’objectif de 0.7 % d’ici 2010 “sous réserve de l’évolution de la conjoncture économique” et l’Espagne vise un minimum de 0.5 % 4 Le volume de l’aide étant fonction des budgets annuels, on part de l’hypothèse d’un ratio inchangé les années suivantes. d’ici 2008 pour passer à 0.7 % d’ici 2012. 5 Hypothèse d’une croissance nominale du RNB de 5 % et d’une inflation de 2 % jusqu’en 2006 ; y compris une enveloppe estimée à 4 milliards USD du Millennium Challenge Account en 2006.

c) Harmonisation et alignement pour une aide plus efficace
Depuis le Forum à haut niveau de Rome où, il y a dix-huit mois, ont été entérinés la Déclaration de Rome et les principes découlant des bonnes pratiques, il est réconfortant de constater que la communauté internationale s’applique de plus en plus à améliorer les procédures, pratiques et politiques d’aide afin d’obtenir de meilleurs résultats au regard du développement. Plus de 60 pays partenaires et 40 institutions bilatérales et multilatérales mènent désormais des activités touchant à l’harmonisation et à l’alignement. La simplification des procédures et des pratiques, les travaux analytiques conjoints, une plus grande attention portée à l’obtention de résultats en matière de planification et de mise en œuvre de stratégies de développement convenues d’un commun accord, la délégation de pouvoirs en matière de coopération, l’utilisation de documents et de procédures communs dans la passation de marchés et la gestion financière (comptabilité et publication d’états) sont des modes opératoires qui trouvent de plus en plus leur place dans les activités sur le terrain. En outre, on s’intéresse de plus en plus à l’extension de ces pratiques au financement consenti par les Fonds mondiaux, et dans des situations de partenariat difficile. Je me félicite de pouvoir dire que ces efforts sont guidés et soutenus par le Groupe de travail sur l’efficacité de l’aide du CAD-OCDE et ses membres – organismes bilatéraux, Banque mondiale, FMI, banques régionales de développement, institutions des Nations unies et 14 pays partenaires – qui coopèrent étroitement entre eux et avec les autres pays partenaires.
Cependant, au regard des engagements souscrits en vue de modifier sensiblement la façon dont les donneurs gèrent et acheminent l’aide dans nos pays partenaires, les résultats pourraient être bien meilleurs. Il n’y a pas encore de véritable impulsion ou d’élan permettant de mettre systématiquement et largement en œuvre les bonnes pratiques, qui ne sont pas encore devenues la norme. Ce constat s’appuie sur les résultats d’une enquête menée par l’Équipe de projet du CAD sur l’harmonisation et l’alignement dans les 14 pays partenaires, sur des informations quant au rôle facilitateur du CAD et sur les efforts d’harmonisation et d’alignement déployés par d’autres pays partenaires, dont la Banque mondiale a fait la synthèse. Les donneurs, bilatéraux et multilatéraux, doivent encore consentir un effort considérable pour améliorer ensemble l’efficacité de l’aide.
Nous devons aller beaucoup plus loin si nous voulons parvenir à mieux aligner l’aide fournie par les donneurs sur les stratégies et priorités nationales. Il ne suffira pas d’accroître le volume de l’aide pour atteindre les OMD d’ici 2015. Des progrès significatifs devront en outre être faits pour garantir le financement à moyen terme – intérieur et extérieur – des programmes de développement des pays partenaires (y compris les coûts récurrents). La concrétisation de ces objectifs nécessitera obligatoirement des réformes de la part des donneurs quant aux modalités d’acheminement de leur aide au développement. Il leur appartiendra par exemple de veiller à programmer, concevoir et inscrire leurs apports d’aide dans un cadre de planification à moyen terme compatible avec les stratégies nationales de développement des partenaires. De leur côté, les autorités des pays partenaires devront pouvoir compter sur des informations fiables quant au volume des apports d’aide, aux modalités de versement et aux conditions d’acheminement. Dans le même ordre d’idées, les pays partenaires devront intensifier leurs efforts de mobilisation des ressources nationales en veillant à la viabilité des finances publiques et en instaurant un climat propice à l’investissement public et privé. Il est à cet égard essentiel de mettre en place des systèmes de gestion des finances publiques efficaces, efficients, transparents et permettant la reddition de comptes afin de faciliter la mobilisation des ressources publiques et leur gestion par les pouvoirs publics. Le CAD poursuit activement le dialogue avec les donneurs et les pays partenaires sur ces questions, dans l’optique d’établir un recueil des bonnes pratiques sur la façon dont les donneurs peuvent rendre plus efficaces et prévisibles les mécanismes d’acheminement de leur aide.
Je trouve encourageant que, dans un certain nombre de pays, avec le concours du Partenariat spécial pour l’Afrique, les donneurs intéressés et les autorités nationales se soient activement engagés à atteindre ces objectifs. Néanmoins, les coûts de transaction associés à la simple conclusion d’un accord sur une déclaration conjointe s’avèrent considérables, et il y a peu de modèles opérationnels susceptibles d’être largement réutilisés.
L’alignement des pratiques des donneurs sur les procédures et systèmes nationaux n’est pas une entreprise facile. Nous devons, collectivement, trouver des moyens de mener à bien et gérer nos programmes d’aide qui aient pour effet de renforcer les capacités au lieu de les dissiper. Les programmes de renforcement des capacités doivent être mieux ciblés et plus harmonisés, et s’appuyer sur des financements multipartites bâtis autour de procédures communes. Un bon moyen d’apprécier l’impact de l’aide sur le développement est de déterminer si, à terme, elle contribue à renforcer les systèmes en vigueur dans le pays. En matière d’alignement et de viabilité, l’obligation de se conformer à des critères de reddition de comptes relevant de procédures propres à chaque donneur et la prolifération d’unités de gestion de projets extérieures aux systèmes nationaux vont à l’encontre des pratiques optimales. Un document récent du Conseil des administrateurs de la Banque mondiale aborde divers aspects de l’utilisation des systèmes nationaux dans le cadre de ses propres activités. Dans ce domaine, la diffusion rapide des enseignements tirés de l’expérience, l’adaptation aux circonstances propres à un pays en particulier et l’adoption plus généralisée de bonnes pratiques doivent être encouragées.
d) Gestion axée sur les résultats
A Marrakech, en février de cette année, les donneurs et les pays partenaires se sont entendus sur les principes de base d’une gestion axée sur les résultats obtenus au regard du développement et sur un Plan d’action leur permettant de dresser ensemble un bilan de l’expérience et des bonnes pratiques recensées dans divers domaines, à savoir le recentrage des stratégies nationales de développement sur les résultats, l’alignement des programmes de coopération sur ces résultats, et l’harmonisation des systèmes de suivi et d’évaluation de façon à mesurer les progrès réalisés vers l’obtention de ces résultats. Les travaux relatifs à ce plan d’action sont menés à bien par plusieurs équipes de projet dans le cadre de l’Activité conjointe sur la gestion au service de résultats.
La gestion axée sur les résultats doit pouvoir s’appuyer sur des systèmes statistiques nationaux propres à assurer le suivi et l’évaluation des stratégies de lutte contre la pauvreté et la notification des résultats obtenus sur la voie de la réalisation des OMD. Entre l’adoption de la Déclaration du millénaire en 2000 et le premier examen intermédiaire en 2005, des progrès auront été faits pour améliorer les systèmes statistiques des pays, grâce aux efforts déployés dans le cadre de nombreuses initiatives internationales. Toutefois, la plupart des données utilisées pour suivre les progrès de la réalisation des OMD résultent de modèles statistiques – mis au point par des organismes internationaux en ne tenant guère compte des observations faites au plan national – plutôt que de mesures réelles. Il faudrait qu’en 2010, lors du prochain bilan des OMD, l’exercice se fonde sur des données recueillies par les pays eux-mêmes à leur propre initiative, qui servent au premier chef à l’élaboration et au suivi des politiques et programmes nationaux. Dans cette perspective, les pays en développement ont encore besoin d’une aide extérieure substantielle pour perfectionner leurs systèmes statistiques. En outre, les donneurs eux-mêmes doivent recueillir auprès des pays en développement des informations statistiques de meilleure qualité de façon à mesurer plus précisément l’impact de leur aide.
e) Forum à haut niveau de Paris, mars 2005
Dans moins de six mois, la communauté des donneurs, les pays partenaires et les représentants de la société civile se trouveront réunis à l’occasion du Forum à haut niveau de Paris. Ce sera l’occasion d’évaluer les progrès accomplis et d’en rendre compte, eu égard aux engagements pris à Rome par les donneurs aussi bien que par les pays partenaires. Il appartient à la communauté internationale des donneurs de faire fond sur les progrès déjà accomplis et d’insuffler un nouvel élan à l’entreprise. Les échanges de vues sur les problèmes rencontrés doivent être ouverts et transparents, et aboutir à un accord sur un ensemble d’actions liées à des échéances précises de façon à accélérer ou à intensifier l’effort d’harmonisation et d’alignement. Dans ce contexte, quatre ateliers régionaux importants sont prévus – deux en Asie, un en Afrique et un en Amérique latine et Caraïbes. Il y sera question en particulier des principes fondamentaux énoncés à Marrakech et des premiers résultats des travaux des équipes de projet dans le cadre de l’Activité conjointe sur la gestion au service de résultats. Avec les travaux entrepris par le Groupe de travail du CAD en vue de recenser les bonnes pratiques, les études de cas, les analyses et les principaux rapports d’étape sur les progrès de l’harmonisation et de l’alignement, ces ateliers constitueront des éléments importants du Forum à haut niveau de Paris. Je me réjouis à l’idée de rendre compte des résultats de ce Forum à la prochaine réunion du Comité du développement en avril 2005.
II. Renforcer les fondations de la croissance et du développement du secteur privé
Par l’intermédiaire de son Réseau sur la réduction de la pauvreté (POVNET), le CAD est particulièrement attentif dans son effort pour combattre la pauvreté au “programme d’action en faveur de la croissance”. Il s’intéresse en particulier aux moyens d’utiliser l’aide au service d’une dynamique de croissance viable à long terme et de maximiser l’impact de cette croissance sur la réduction de la pauvreté. Autant de préoccupations qui sont des éléments constitutifs du programme du CAD pour une croissance sans exclus.
Le secteur privé, l’agriculture et l’infrastructure sont trois domaines où une plus grande efficacité de l’APD contribuerait à progresser dans cette direction. Une croissance durable ne saurait être envisagée sans un secteur privé vigoureux et dynamique. L’agriculture compte pour une part importante du PIB des pays en développement et la majorité des pauvres vivent en milieu rural. Enfin, c’est de la quantité et de la qualité des infrastructures que dépend la participation et la contribution des pauvres à l’instauration d’une croissance à large assise.
Le réseau POVNET travaille donc sur ces trois thèmes, en s’intéressant tout particulièrement à ce que les donneurs doivent apprendre à faire mieux, davantage ou avec des méthodes plus axées sur la viabilité pour avoir une réelle incidence sur la croissance et pour que cette dernière bénéficie aux pauvres. En ce qui concerne le secteur privé, l’accent est mis sur des questions telles que les incitations à investir, et les moyens de favoriser l’ouverture aux échanges et à l’investissement (à l’échelle régionale et mondiale), d’assurer un meilleur fonctionnement des marchés pour les pauvres et de réduire les coûts et les obstacles administratifs qui entravent l’activité, y compris dans le secteur informel. Pour ce qui est de l’agriculture, il s’agit de questions comme l’impact probable des chaînes de valeur mondiales (et de supermarchés), les moyens de faire face aux risques et d’éviter une exposition excessive au danger et les moyens de consolider et de diversifier les stratégies de subsistance. En matière d’infrastructures, il s’agit de déterminer comment celles-ci peuvent mieux être exploitées au bénéfice des populations pauvres en termes de productivité et d’accès, et comment associer ces populations aux décisions et aux investissements d’infrastructure.
L’instauration de conditions favorables demeure essentielle à toute action visant à asseoir une croissance sans exclus. C’est à juste titre que le Rapport sur le développement dans le monde de 2005 traite de questions comme les coûts, les risques et la concurrence. Mais ces efforts ne suffisent pas. Du côté de l’offre, il s’agit notamment d’aider les entreprises à mieux savoir identifier et exploiter les opportunités découlant de l’amélioration de la conjoncture et de la mondialisation. Les travaux du CAD dans ce domaine portent en particulier sur le renforcement des capacités commerciales, en réponse au Programme de Doha pour le développement. Cela étant, de nombreux pays ne présentent tout simplement aucun attrait pour les capitaux mobiles, du fait de leur situation géographique (pays enclavés, sans richesses minérales, aux conditions climatiques difficiles) et économique (marchés peu développés, coûts élevés, faible rentabilité, etc.). Le réseau POVNET s’interroge sur les moyens de relier ces pays à d’autres régions par le biais des TIC, de projets d’infrastructure régionaux, etc. Les donneurs ont encore beaucoup de chemin à parcourir et doivent le faire avec le concours d’autres acteurs clés. L’absence de cohérence entre les politiques (tant dans les pays de l'OCDE que dans les pays en développement) est un obstacle majeur à une croissance qui bénéficie aux pauvres. Les donneurs consacrent une part importante de leur APD à cette question, mais on peut se demander si l’aide s’attaque véritablement aux principaux goulets d’étranglement et est suffisamment stratégique dans son impact global. Le CAD travaille actuellement avec le Comité de l’investissement de l'OCDE à l’élaboration d’un Cadre d’action pour l’investissement dans les pays en développement dont l’une des composantes viserait à dégager des synergies entre l’APD et l’investissement, et déterminer comment mieux utiliser l’APD afin de promouvoir un investissement essentiel à l’instauration d’une croissance sans exclus.
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