2002
Revue de l’OFCE
Dossier : Chronique européenne de sociologie
Chronique européenne de sociologie
Chronique européenne de sociologie
Cellule de sociologie de l’OFCE
The future of the Italian society by Henri Mendras and Sylvain Meyet. For a long time, North had the lowest fertility rate of Europe which was compensated by the strong rate of the Mezzogiorno, which now is on the way to join that of North. If this situation goes on, the country population will drop by 50 % in fifty years.
The expansion of voluntary associations in Poland by Anna Sianko. In the last period of the socialist power, the associations quickly multiplied. They were often used as a relay to an administration overflowed by the changes. They are often in rebellion against this administration, so much that the movements of protests became increasingly numerous. This vitality of the “social capital” explains partly the smooth transition towards capitalism and democracy.
The local systems of production in Europe by Henri Mendras. The corporate networks, supported by municipal, regional institutions and marketing networks, have developed and multiplied in various forms in several European countries.
Henri Mendras et Sylvain Meyet s’interrogent sur l’avenir de la société italienne. Depuis longtemps déjà, le Nord a un des taux de fécondité les plus bas d’Europe qui fut, pendant longtemps, compensé par le fort taux du Mezzogiorno. Or, celui-ci, en chute depuis dix ans, est en passe de rejoindre celui du Nord. Si cette situation se poursuit, la population totale du pays va baisser de 50 % en cinquante ans. Les causes de cette situation sont recherchées dans la force de la famille italienne qui retient les enfants au foyer parental plus longtemps que dans aucun autre pays d’Europe et maintient le mariage comme préalable à la naissance. La transformation des mœurs familiales paraît donc la condition d’une reprise démographique. Une forte immigration est une autre solution probable.
Anna Sianko décrit le foisonnement d’associations qui s’est développé à la suite de Solidarnosc pendant la dernière période du régime socialiste en Pologne. Ces associations se sont rapidement multipliées après 1989 ; elles ont souvent servi de relais à une administration débordée par les changements. Elles ont pris en charge des secteurs variés : école, environnement, sport, culture, aide humanitaire… Souvent aussi elles sont en rébellion contre cette administration, tant et si bien que les mouvements de protestation sont devenus de plus en plus nombreux et ont pesé sur la politique de l’État et des autorités provinciales. Cette vitalité du capital social explique en partie que la transition vers le capitalisme et la démocratie se soit relativement bien passée en Pologne.
Henri Mendras fait un état des recherches sur les systèmes locaux de production en Europe. Les réseaux d’entreprises, soutenus par des institutions municipales, régionales et des réseaux de commercialisation, se sont développés et multipliés sous différentes formes dans plusieurs pays européens. Au Danemark et dans la Troisième Italie, des entreprises qui fabriquent le même produit sont en coopération/concurrence. En Bavière, le plus souvent, les réseaux sont constitués par des sous-traitants de grandes entreprises. En France, les capitales régionales ont développé depuis vingt ans des politiques industrielles qui ont attiré des entreprises de spécialisations variées avec l’appui des services de l’État. Rien de tel ne se rencontre en Grande-Bretagne et en Espagne.