2002
Revue de l’OFCE
Dossier : perspectives pour 2002-2003
Prix des matières premières : reprise modérée mais forte volatilité du pétrole
Pétrole : un marché de plus en plus cartellisé au niveau mondial …
Après les attentats du 11 septembre 2001, le prix du baril de pétrole qualité Brent est resté aux alentours de 20 dollars jusqu’au début du mois de mars. La baisse a été de près de 25 % par rapport aux trois mois de l’été 2001, et de 35 % sur un an. Ce bas niveau a reflété la politique très accommodante de l’OPEP qui a accepté momentanément un prix inférieur à l’objectif qu’elle s’était fixée.
De fait la consommation de pétrole a quasiment stagné l’année dernière (+ 0,1 mbj par rapport à 2000), ce qui ne s’était jamais vu depuis le début des années 1990. Le ralentissement, amorcé à la fin de 2000 s’est amplifié au second semestre 2001. La hausse de la consommation à la fin de l’année dernière ne s’explique que par le profil saisonnier de la demande, traditionnellement plus élevée à cette période de l’année. En données brutes, elle a baissé de 0,8 et 0,5 mbj sur un an. Le ralentissement se situe principalement aux États-Unis, à la fois en raison de la récession économique et d’un hiver plutôt clément.
Pour éviter un déséquilibre trop marqué, l’offre de pétrole s’est ajustée tout au long de l’année. Après la forte hausse en 2000 qui avait permis de résorber les tensions, la production a baissé avec le repli de la production de l’OPEP. La production non OPEP a progressé sur toute la période. A la fin de l’année, les stocks dans l’OCDE ont peu baissé, ce qui laisse supposer la poursuite du restockage sous-jacent. De fait, exprimés en jours de demande, ils ont augmenté significativement aux États-Unis et en Europe au quatrième trimestre pour se rapprocher des niveaux de 1998, faisant baisser les prix à la fin d’année.
Le bas niveau des prix et le risque de saturation du marché ont obligé à un nouveau resserrement de l’offre décidé à la fin de l’année par l’OPEP. Mais, cette fois en y associant les pays non membres, et au premier chef la Russie, deuxième exportateur mondial après l’Arabie saoudite. L’accord conclu le 28 décembre et mis en place au 1er janvier 2002 a porté sur une baisse de 1,5 mbj pour les pays membres de l’OPEP (hors Irak), et de 0,46 mbj pour les pays non membres (Russie et Norvège : 0,15 mbj chacun). En février 2002, l’accord aurait été respecté à 85 % dans les pays de l’OPEP. Mais la Russie aurait été plus laxiste et la production irakienne aurait augmenté.
Si l’on suppose le retour à une élasticité de la demande de pétrole à la croissance mondiale de 0,5 pour les deux années à venir, la reprise mondiale pourrait générer une hausse des besoins en pétrole de 0,4 et 1,2 mbj en 2002 et 2003. La demande devrait baisser au deuxième trimestre par rapport au premier et reprendre les trimestres suivants.
Compte tenu des niveaux de stocks relativement élevés au début de l’année, les pays producteurs doivent s’ajuster au mieux à l’évolution de la demande s’ils veulent amener leur prix au niveau souhaité, entre 20 dollars et 25 dollars le baril. Le scénario retenu dans cette prévision repose sur le fait que la nouvelle entente qui s’est dégagée en décembre entre l’OPEP et les principaux pays producteurs se prolonge au moins jusqu’au second semestre, le temps que la demande se raffermisse. La Russie a accepté de reconduire de 3 mois jusqu’à la fin juin, l’accord de baisse de 150 000 bj de ses exportations de brut. La Norvège, le Mexique et Oman devraient réduire eux aussi leur production. Dans ce contexte, l’OPEP est prête à maintenir son offre inchangée jusqu’à fin juin. Au second semestre, l’OPEP pourrait relever sa production de 1 mbj, et les autres producteurs relâcher leur contrôle afin de répondre à l’augmentation de la demande.
… mais qui reste très exposé à la situation au Proche-Orient
Ce scénario n’est pas exempt de risques malgré tout. Depuis le début du mois de mars, les prix du baril se sont ressaisis jusqu’à effacer toute la baisse acquise depuis septembre dernier. L’engagement des États-Unis dans une campagne anti-terroriste à l’échelle mondiale et visant au premier chef l’Irak, depuis son refus de laisser entrer les inspecteurs de désarmement dépêchés par l’ONU, et les tensions actuelles au Proche-Orient font planer la menace d’un conflit militaire dans la région. Par ailleurs, l’appel de l’Irak et repris par l’Iran (respectivement quatrième et deuxième producteurs de pétrole de l’OPEP) auprès des pays arabes pour décréter un embargo contre les pays occidentaux, à l’instar de celui de 1973, attise les craintes d’une pénurie d’offre. L’Arabie saoudite et le Koweït qui disposent d’importantes marges de capacités sont hostiles à une telle proposition et ont prévenu qu’ils compenseraient les retraits éventuels de production. Mais les conséquences sur la région restent difficiles à appréhender. En attendant des signes d’apaisement, les prix resteront très volatiles. D’autre part, les stocks de produits pétroliers aux États-Unis se sont retournés mi-février et devraient approcher leur niveau de longue période assez rapidement. Le mouvement reste conforme au profil saisonnier mais si la croissance venait à être plus soutenue, les stocks américains pourraient repasser dans le rouge.
À l’inverse, la possibilité d’une forte baisse des prix n’est pas non plus à exclure, même si celle-ci apparaît de moins en moins probable, au moins à très court terme. Les engagements pris par la Russie en mars ne pourraient être qu’un accord de façade destiné à éviter la confrontation avec l’OPEP. Si l’entente ne tient pas, l’OPEP refusera de porter seule la charge de l’ajustement. Elle pourrait alors décider d’ouvrir ses vannes et de faire baisser les prix pour évincer une partie de la concurrence. La partie serait alors serrée car la Russie, entend bien redevenir un acteur important sur la scène internationale. De même, si la croissance en 2002 était plus faible que prévue, la capacité des producteurs à s’entendre sur un contrôle plus étroit de l’offre risquerait d’être mise à mal, ce qui pousserait sur les prix.
Morosité sur les marchés des matières premières industrielles
Depuis 1995, le prix des matières premières industrielles est orienté à la baisse en dépit d’une croissance mondiale qui s’est maintenue à 3,7 % en moyenne jusqu’en 2000. En 2001, la baisse oscille entre 8,2 % pour l’indice du CRB et 10,3 % pour l’indice Rexecode (9,2 % pour l’indice de Hambourg que nous retenons dans notre tableau), ce qui a fini par effacer le faible rebond de 1999. À la fin de l’année, les prix ont atteint un point bas et sont revenus à leur niveau de 1985 (graphique).
Les cours se sont ressaisis en janvier et février mais ils devraient rester très faibles au premier semestre. L’existence de surcapacités pèse sur les marchés et entraîne une forte concurrence entre producteurs et un retour du protectionnisme. L’illustration en est donnée par la décision des États-Unis puis, en réaction, de l’UE de relever les droits de douane sur les importations d’acier afin dans le premier cas de protéger la production locale, dans l’autre, d’éviter un débordement des importations dans un secteur déjà lourdement restructuré. Dans ce contexte, la fermeture de sites de production prévue pour 2002 devrait permettre d’éliminer une partie des excédents. Les cours bénéficieront aussi davantage de la reprise de la production industrielle au second semestre 2002. La hausse devrait rester modérée néanmoins du fait de déséquilibres profonds sur certains marchés (caoutchouc, coton, acier, aluminium, cuivre, zinc,…). En moyenne annuelle, les prix continueraient cependant à baisser de 6,1 % en 2002, après 9,2 % en 2001, et progresseraient de 7,5 % l’année prochaine â–
Prix des matières premières industrielles
Source : Indices HWWA (Hambourg), Rexecode, CRB.
Équilibre sur le marché pétrolier et prix des matières premières
Millions de barils/jour, non cvs 2001 2002 2003 2001 2002 2003 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 Demande mondiale 76,9 75,2 75,6 76,3 76,5 75,0 76,3 77,9 78,1 76,2 77,3 78,8 76,0 76,4 77,6 Production mondiale 77,7 76,1 77,2 76,8 75,9 76,2 76,9 77,2 77,9 77,7 78,2 78,4 77,0 76,6 78,1 Dont : OPEP 28,3 27,0 27,4 26,2 25,5 25,5 26,0 26,0 26,5 26,5 26,5 26,5 27,2 25,8 26,5 Non OPEP 46,5 46,2 46,9 47,6 47,2 47,5 47,7 48,0 48,0 47,8 48,3 48,5 46,8 47,6 48,2 NGL 2,9 2,9 2,9 3,0 3,2 3,2 3,2 3,2 3,2 3,4 3,4 3,4 2,9 3,2 3,4 Variations de stocks 0,9 1,0 1,7 0,4 – 0,6 1,2 0,6 – 0,7 – 0,2 1,5 0,9 – 0,4 1,0 0,1 0,4 Prix du pétrole Brent1 25,9 27,1 25,3 19,4 21,0 21,0 22,0 23,0 23,0 23,0 23,0 23,0 24,4 21,7 23,0 Prix des matières premières Industrielles2 0,6 – 5,2 – 5,7 – 6,4 2,8 0,0 0,0 2,0 2,0 2,0 3,0 3,0 – 9,2 – 6,1 7,5 Taux de change 1 euro=..$ 0,92 0,87 0,89 0,90 0,88 0,87 0,87 0,87 0,89 0,91 0,92 0,944 0,90 0,87 0,92 1. En dollars, moyenne sur la période. 2. En %, variation par rapport à la période précédente. Sources : Pétrole : AIE, matières premières industrielles : indice HWWA (Hambourg), calculs et prévisions OFCE.
États-Unis : quelle récession ?
Un ralentissement particulier
Bien qu’à l’origine du ralentissement mondial et théâtre d’attentats terroristes, les États-Unis semblent paradoxalement mieux s’en sortir que la zone euro. Le PIB s’est contracté de 0,3 % au troisième trimestre 2001 et a progressé de 0,4 % au quatrième, alors que la croissance de la zone euro a été respectivement de + 0,1 % et – 0,1 %. Le ralentissement de la croissance américaine, néanmoins marqué après la période faste de la seconde moitié des années 1990, ne ressemble pas à une récession habituelle
[1]. La situation de récession (enclenchée depuis mars 2001) repose exclusivement sur la forte baisse de la production industrielle et de l’emploi, alors que les ventes industrielles et commerciales sont restées plutôt stables, et que le revenu des ménages avant transferts n’a cessé de progresser. En 2001, la croissance a été de 1,2 % en moyenne annuelle : il faut remoner à 1970 pour retrouver un taux de croissance positif aussi faible. Peut-être est-ce le signe d’une évolution du cycle d’activité américain vers un cycle de croissance à l’européenne ?
La quasi-stagnation de l’activité depuis la mi-2000 repose sur le jeu contraire des composantes de la croissance, qui donne toute sa particularité au ralentissement en cours. La forte baisse de l’investissement productif, des exportations et le déstockage massif sont compensés par la croissance de la consommation des ménages, des dépenses publiques, de l’investissement résidentiel et la baisse des importations.
La résistance de la consommation des ménages repose sur le dynamisme du revenu disponible réel. Alors que des emplois sont détruits (– 1,5 million d’emplois en moins entre le pic de mars 2001 et janvier 2002) et que la durée du travail baisse, ce dynamisme repose sur la faiblesse de l’inflation, sur la croissance du salaire horaire nominal, sur la forte progression des dividendes et des transferts. Les réductions d’impôts ont dopé le revenu au troisième trimestre 2001, et leur disparition a abouti à une baisse au quatrième. Ces mouvements ont été en partie absorbés par le taux d’épargne. Stable depuis le début 2000, l’investissement résidentiel a un comportement cyclique atypique grâce au bas niveau des taux d’intérêt hypothécaires, qui facilite la renégociation des prêts et limite le poids de la dette.
C’est par la baisse de l’investissement en équipements et logiciels à partir du quatrième trimestre 2000 qu’a débuté la correction de l’investissement productif. Elle a été ensuite accentuée, à partir du deuxième trimestre 2001, par la baisse de l’investissement en bâtiments. La baisse continue de l’investissement en TIC (36 % de l’investissement productif en valeur en 2000), amorcée au premier trimestre 2001, s’est nettement amortie au quatrième trimestre. En moyenne annuelle, l’investissement en TIC a baissé de 3,7 % en 2001 après une croissance de 20,4 % en 2000. L’investissement en équipements industriels (13 % de l’investissement productif) a baissé de 3,2 % en 2001 après une croissance de 11 % en 2000. L’investissement en équipements de transport (15 % de l’investissement productif) a baissé de 8,9 % en 2001 après une baisse de 2,5 % en 2000. L’ajustement de l’investissement productif porte donc autant sur sa composante TIC que sur ses composantes traditionnelles.
Pour la première fois depuis 1996, le commerce avec les partenaires de l’ALENA (37 % des exportations) a constitué une ponction plutôt qu’un moteur. Les exportations vers le Canada ont baissé de 8,4 % et celle vers le Mexique de 8,8 % (soit le même rythme de baisse qu’en 1995 suite à la crise du Peso). C’est vers l’Europe (24 % du total) que les exportations ont le moins baissé. Du côté des importations, grâce à un accès privilégié au marché américain, la baisse des importations en provenance du Canada et du Mexique (31 % à eux deux du total) est moins importante que la baisse des importations en provenance du Japon (11 % du total) et de l’Asie hors Chine (18 % du total). Les importations en provenance d’Europe (21 % du total) n’ont que peu baissé, tirées par la France (3 % du total) et l’Allemagne (5 % du total).
Des indicateurs conjoncturels bien orientés
L’indice de diffusion sur 6 mois de l’indicateur avancé est passé au-dessus de 50 % en janvier 2002, ce qui consolide la progression, depuis octobre 2000, de l’indicateur avancé. Sa reprise n’est plus uniquement fondée sur l’impulsion monétaire. Une prise de relais par l’industrie se dessine. Le ratio indicateur coïncident/indicateur retardé, réputé avancé, progresse nettement depuis début 2001, signalant l’apurement d’une partie des déséquilibres constitués durant l’année 2000. La baisse de la production industrielle et la chute du TUC depuis le pic de septembre 2000 sont aussi importantes que lors des trois récessions précédentes (graphique). Le tassement progressif de la baisse de la production industrielle depuis septembre 2001 et sa progression sur les deux premiers mois de 2002 sont encourageants. Les indices NAPM pour le secteur manufacturier (tiré par ses composantes « nouvelles commandes » et « activité ») et non manufacturier ont dépassé le seuil de 50 % en février. Les ventes de détail n’ont que peu chuté une fois les offres de prêts à taux zéro finies, et ont même augmenté en février.
États-Unis : production industrielle et TUC
Source : Federal Reserve Board.
Les demandes d’indemnités chomâge sont orientées à la baisse depuis novembre 2001. Le taux de chômage (+ 2 points entre le point bas d’octobre 2000 et décembre 2001) se situe en février 2002 à 5,5 %, en baisse depuis janvier grâce aux fluctuations de la population active et aux premières créations d’emplois depuis 11 mois. La tendance baissière de l’emploi intérimaire (– 19 % en glissement entre septembre 2000 et janvier 2002) s’est interrompue en février. Ces chiffres sont néanmoins trop récents pour signaler une amélioration durable du marché du travail.
Une reprise sans grande conviction
Le rebond de la croissance au premier trimestre 2002 tiendrait exclusivement à un déstockage moindre. La résistance de la consommation des ménages et de l’investissement résidentiel à la baisse de la confiance des ménages, aux destructions d’emplois et à la baisse de la Bourse limiterait la contribution future de ces composantes à la croissance. La consommation des ménages accuserait d’abord le coup de la disparition des conditions avantageuses de financement des achats d’automobiles, et resterait jusqu’à fin 2003 plombée par l’endettement élevé des ménages et un taux de chômage qui augmenterait jusqu’à la fin 2002. La mauvaise santé des entreprises justifierait que l’emploi ne reparte pas vigoureusement dès le premier trimestre 2002. Leur situation ne s’améliorerait qu’à partir de la mi-2002, justifiant la reprise de l’investissement à partir de cette date. Cette reprise ferait suite à un ajustement important du taux d’investissement : il perd 2 points entre son pic du troisième trimestre 2000 et le troisième trimestre 2002. La contribution du commerce extérieur resterait négative, les exportations restant moins dynamiques que les importations. Ce manque de dynamisme des exportations s’explique par le niveau élevé du dollar, qui empêche les États-Unis de profiter pleinement de la croissance de ses partenaires commerciaux.
Fin 2002, la croissance américaine renouerait avec un rythme de croissance en glissement de 2,9 %, mais elle n’accélèrerait pas plus en 2003. Les excès de la deuxième moitié des années 1990 n’ont en effet pas été totalement corrigés, empêchant une reprise plus franche de la croissance. L’impulsion budgétaire, forte en 2002 grâce aux réductions d’impôts et aux augmentations de dépenses proposées par G. W. Bush, serait légèrement restrictive en 2003. En moyenne, la croissance serait de 2,7 % en 2003, inférieure donc au potentiel (estimé à 3,5 %), contrairement à la zone euro, et ne justifiant aucune tension inflationniste â–
États-Unis : résumé des prévisions
Variations par rapport à la période précédente (sauf mention contraire), en % 2001 2002 2003 2000 2001 2002 2003 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 PIB 0,3 0,1 – 0,3 0,4 0,9 0,6 0,7 0,7 0,7 0,7 0,7 0,7 4,1 1,2 2,0 2,7 Consommation des ménages 0,7 0,6 0,2 1,5 0,0 0,4 0,6 0,6 0,6 0,6 0,7 0,7 4,8 3,1 2,2 2,5 Dépenses publiques* 1,3 1,2 0,1 2,4 0,6 0,6 0,6 0,6 0,7 0,7 0,7 0,7 2,7 3,6 3,7 2,7 FBCF privée 0,4 – 2,7 – 1,6 – 3,1 – 0,7 – 0,2 0,6 1,0 1,0 1,4 1,4 1,7 7,8 – 2,2 – 3,9 4,3 Dont Productive 0,0 – 3,9 – 2,2 – 3,6 – 0,9 – 0,3 0,7 1,2 1,2 1,6 1,7 2,1 9,9 – 3,2 – 5,0 5,2 Logement 2,1 1,4 0,6 – 1,2 0,0 0,2 0,2 0,2 0,2 0,5 0,5 0,5 0,8 1,5 0,0 1,3 Exportations de biens et services – 0,3 – 3,1 – 5,1 – 2,9 – 0,8 0,2 0,9 1,1 1,2 1,3 1,5 1,6 9,5 – 4,6 – 5,8 4,7 Importations de biens et services – 1,3 – 2,2 – 3,4 – 1,9 – 0,8 1,6 1,6 1,5 1,5 1,5 2,1 2,2 13,4 – 2,7 – 2,2 6,6 Variations de stocks, en points de PIB – 0,3 – 0,4 – 0,7 – 1,3 – 0,4 0,0 0,2 0,2 0,3 0,3 0,3 0,3 0,5 – 0,7 0,0 0,3 Contributions Demande intérieure hors stocks 0,8 0,1 – 0,1 0,9 0,0 0,4 0,7 0,7 0,7 0,8 0,9 0,9 5,1 2,3 1,5 3,0 Variations de stocks – 0,7 – 0,1 – 0,2 – 0,5 0,9 0,4 0,2 0,1 0,1 0,0 0,0 0,0 – 0,1 – 1,2 0,6 0,3 Commerce extérieur 0,2 0,0 – 0,1 0,0 0,0 – 0,2 – 0,1 – 0,1 – 0,1 – 0,1 – 0,2 – 0,2 – 0,9 – 0,1 – 0,3 – 0,5 Prix à la consommation 1,0 0,8 0,2 – 0,1 0,3 0,5 0,5 0,5 0,5 0,5 0,5 0,5 3,4 2,8 1,3 2,2 Taux de chômage 4,2 4,5 4,8 5,6 6,0 6,2 6,3 6,4 6,4 6,3 6,0 5,6 4,0 4,8 6,2 6,4 Solde courant, en points de PIB – 4,4 – 4,2 – 3,9 – 3,9 – 3,5 – 3,7 – 3,7 – 3,8 – 3,8 – 3,8 – 3,9 – 4,0 – 4,5 – 4,1 – 3,7 – 3,9 Solde public, en points de PIB 2,5 1,3 – 0,9 – 1,1 Impulsion budgétaire – 0,2 0,5 1,9 – 0,1 PIB zone euro 0,6 0,1 0,1 – 0,1 0,3 0,5 0,5 0,6 0,6 0,7 0,7 0,7 3,4 1,5 1,2 2,5 * Conformément aux comptes nationaux américains, le poste dépenses publiques inclut la consommation et l’investissement publics. Note : selon l’indicateur de croissance de l’OFCE, la croissance américaine atteindrait 1 % au premier trimestre 2002 et 0,9 % au second. Cette forte croissance repose sur la contribution devenue très positive du facteur industrie (taux d’utilisation des capacités, nouvelles commandes de biens d’équipement civils et indicateur de délais de livraison) ainsi que sur une forte contribution du facteur ménages (confiance, permis de construire, enquête bâtiment). La contribution du facteur financier (écart de taux et Bourse), encore très positive au premier trimestre, est quasi nulle au second. Sources : Bureau of Economic Analysis, Bureau of Labor Statistics, Congressional Budget Office, prévisions OFCE.
Le Japon s’est enfoncé dans une nouvelle crise grave. La croissance du PIB est négative pour le troisième trimestre consécutif (graphique 1). La récession japonaise s’inscrit dans le climat mondial dégradé et trouve sa source dans un commerce mondial en recul. La demande adressée au Japon recule de pratiquement 1 point en 2001, alors qu’elle croissait à un rythme de 2 % au cours des années précédentes. Mais c’est la demande intérieure qui plonge l’économie japonaise dans le marasme. L’investissement productif se réduit de plus de 10 % au cours de l’année 2001. De tels reculs de l’investissement se sont déjà produit au Japon au cours de la décennie écoulée, mais il est d’une ampleur inaccoutumée.
1
Japon : évolution du PIB
Sources : Comptes nationaux trimestriels, prévision OFCE.
Une crise structurelle
La crise financière assombrit les perspectives des entreprises ce qui dissuade toute confiance en l’avenir et invite à adopter une position de repli. Les mauvaises créances alimentent la défiance envers les entreprises et leur capacité à rembourser. Les banques ne prennent plus de risques, voulant avant tout assainir leur bilan. La mauvaise situation des entreprises se traduit sur le marché du travail. Depuis 1993, le taux de chômage au Japon est passé de 2 % de la population active à plus de 5 % à la fin 2001. La consommation des ménages se dégrade aussi, bien que la déflation assure un maintien du pouvoir d’achat du salaire.
La demande publique est contrainte par le contrôle de la dette publique. Avec un déficit budgétaire de 7 % et une croissance du Pib en valeur négative, la dette publique explose, atteignant en 2001 plus de 130 % du PIB, soit le double en part du PIB du ratio de 1990. Par ailleurs, les programmes massifs successifs n’ont pas convaincu quant à leur capacité à soutenir l’économie à court terme comme à autoriser les réformes nécessaires pour retrouver le sentier de la croissance.
La déflation s’est confirmée et s’ajoute au tableau de récession. L’atonie de la demande, la dévalorisation des actifs financiers et immobiliers se transmet à l’ensemble des produits. Depuis le début de l’année 2000, le glissement annuel des prix à la consommation est négatif, au dessus de – 1 %.
Les créances douteuses des grandes banques ne seront pas réduites dans l’objectif annoncé (13 trillions de yens en moins d’ici à 2003) et, surtout, les crédits douteux continuent d’augmenter. Le credit crunch empêche la politique monétaire de mordre sur l’activité et les banques réduisent les crédits accordés au secteur privé (graphique 2). La nouvelle dégradation de la notation de la dette souveraine japonaise par l’agence Moody’s illustre le désastre financier.
2
Japon : endettement bancaire privé et public
Source : Banque du Japon.
La récente dépréciation du yen a un effet globalement positif. D’une part, elle améliore la compétitivité du Japon et devrait, à terme, améliorer le commerce extérieur. Cependant, le Japon perd des parts de marché probablement à cause d’une perte de compétitivité hors coût que la dépréciation du yen n’enraye pas. D’autre part, elle pourrait rompre la spirale déflationniste par de l’inflation importée. Enfin, elle augmente la contrainte sur le système financier en poussant les agents à détenir des liquidités en dollars et, ainsi, accentuant la pression sur les ratios de solvabilité des banques.
Un commerce extérieur un peu meilleur
Le déclin des exports semble marquer le pas et pourrait recommencer à croître dans les trimestres qui viennent. Comme dans les autres pays industrialisés, le déstockage pourrait avoir atteint une limite et l’opinion sur les stocks est suffisamment basse pour justifier une reprise timide de la production. La fin de l’ajustement dans les stocks de produits à fort contenu technologique pourrait également soutenir les exportations nippones dans les prochains mois. Le solde extérieur a cessé de se dégrader et les exportations de marchandises reprennent sensiblement en février 2002. Cependant, l’indice de la production industrielle continue à se dégrader en janvier 2002. Les perspectives d’investissement sont toujours mauvaises et les taux d’utilisation très bas. Le chômage se dégrade à nouveau, et n’apporte aucun espoir quant à un raffermissement de la demande intérieure.
Le gouvernement a engagé un plan de lutte contre la déflation à la fin du mois de février 2002. Le plan reste prudent sur les éventuelles recapitalisations des banques privées malgré les pressions internationales ou les propositions de la Banque du Japon. La précédente injection de capitaux, en mai 1999, qui devait être remboursée et qui ne le sera pas, a rendu ce type de mesures très impopulaire. Le soutien aux banques passera donc par des opérations à la bourse, afin de soutenir les cours des institutions bancaires, en limitant les ventes à découvert d’actions. Le gouvernement a également annoncé la création d’une banque publique qui prendrait la gestion des sociétés en faillite ce qui permettrait d’assainir la situation des banques privées. De plus, le gouvernement a réclamé des injections de liquidités de la part de la Banque centrale et semble faire d’un yen faible une priorité.
Des perspectives peu encourageantes
La reprise mondiale devrait profiter au Japon, apportant une amélioration de la situation économique. Tant que la crise structurelle du système bancaire ne sera pas résolue, la croissance japonaise restera bien en dessous de la croissance mondiale. Le risque systémique est sans doute à écarter, les institutions nationales et internationales garantissant la tenue du système financier japonais, mais des faillites retentissantes seront peut être nécessaires pour accélérer les changements.
Le politique monétaire devrait rester largement expansionniste mais ne mord pas sur l’activité. Le retour à une inflation nulle devrait cependant autoriser la Banque du Japon à relever légèrement ses taux à l’échéance 2003. Le yen resterait durablement faible, afin de profiter au maximum de l’impulsion extérieure â–
Japon : résumé des prévisions
Variations par rapport à la période précédente, en % 2001 2002 2003 2000 2001 2002 2003 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 PIB 1,0 – 1,2 – 0,5 – 1,2 – 0,4 – 0,1 0,2 0,4 0,3 0,4 0,3 0,3 2,2 – 0,4 – 1,7 1,2 Consommation des ménages 1,9 – 1,1 – 1,7 1,9 0,25 0,25 0,25 0,25 0,25 0,25 0,25 0,25 0,3 0,5 0,9 1,0 Consommation publique 1,1 1,6 – 0,3 0,7 0,25 0,25 0,25 0,25 0,25 0,25 0,25 0,25 4,6 3,1 1,4 1,0 FBCF totale – 0,7 – 1,4 1,5 – 8,1 – 0,4 – 1,3 – 0,7 – 0,1 – 0,1 0,2 0,2 0,2 1,6 – 0,8 – 7,5 – 0,7 Dont Productive privée – 2,7 2,6 1,6 – 12,0 – 3,0 – 2,0 – 1,0 0,0 0,0 0,5 0,5 0,5 10,3 0,6 – 12,4 – 0,3 Logement – 5,2 – 6,6 1,0 – 0,2 – 1,0 – 1,0 – 1,0 – 1,0 – 1,0 – 1,0 – 1,0 – 1,0 1,6 – 7,5 – 3,8 – 3,9 Publique 8,9 – 10,3 3,2 – 2,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 – 9,8 – 4,0 – 2,7 0,0 Exportations de biens et services – 1,8 – 4,9 – 3,0 – 2,7 0,0 0,6 1 1,5 1,5 1,5 1,5 1,5 12,4 – 6,5 – 3,5 5,6 Importations de biens et services – 0,4 – 2,6 – 4,2 – 2,0 0,2 0,3 0,5 0,6 0,7 0,7 0,8 0,8 9,6 – 0,4 – 3,5 2,6 Variations de stocks, en points de PIB – 0,4 – 0,3 – 0,4 – 0,3 0,0 0,0 0,1 0,1 0,1 0,1 0,0 0,0 – 0,4 – 0,4 – 0,4 – 0,1 Contributions Demande intérieure hors stocks 1,2 – 0,5 0,3 – 0,7 – 0,4 – 0,2 – 0,1 0,0 0,0 0,1 0,1 0,1 1,8 0,3 – 1,7 0,6 Variations de stocks – 0,2 – 0,8 – 0,7 – 0,5 0,0 0,1 0,1 0,2 0,2 0,2 0,2 0,2 0,5 – 0,7 – 0,1 0,4 Commerce extérieur 0,0 0,0 – 0,1 0,0 0,0 0,0 0,1 0,1 0,1 0,1 0,0 0,0 – 0,1 0,0 0,0 0,3 Prix à la consommation (IPCH) – 1,1 – 1,3 – 0,5 0,0 Taux de chômage, au sens du BIT 4,7 5,2 5,7 5,5 Solde courant, en points de PIB 2,5 2,1 2,4 3,0 Solde public, en points de PIB – 7,6 – 7,0 – 7,5 – 7,0 Impulsion budgétaire PIB zone euro 0,6 0,1 0,1 – 0,1 0,3 0,5 0,5 0,6 0,6 0,7 0,7 0,7 3,4 1,5 1,2 2,5 Sources : EPA, prévisions OFCE, OCDE.
Tigres et Dragons : attention au yen !
L’Asie en développement a connu, comme le reste du monde, un ralentissement économique en 2001. Seule la Chine, où la demande intérieure a compensé le ralentissement des exportations, a préservé et maintient un taux de croissance supérieur à 7 % (tableau 1).
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Zone Asie : évolution du PIB
Variations par rapport à la période précédente, en % Poids 2000 2001 2002 2003 Corée du Sud 8,0 8,8 2,8 4,3 5,7 Asie Rapide 19,8 5,8 0,4 2,5 4,2 Taïwan 3,2 5,9 – 2,1 2,0 3,7 Hong-Kong 1,6 10,5 – 0,1 1,7 4,4 Singapour 0,8 9,9 – 2,2 2,9 5,9 Thaïlande 4,0 4,4 1,4 2,4 3,7 Indonésie 7,1 4,8 3,1 3,2 4,3 Malaisie 1,6 8,3 0,3 3,2 5,2 Philippines 1,6 4 3,2 3,4 4,0 Chine 42,6 8,0 7,3 7,2 7,7 Autres Asie 29,5 7,0 5,0 5,8 6,2 Asie hors Chine 57,4 6,8 2,9 4,5 5,5 Total 100 7,3 4,7 5,6 6,4 Source : prévisions OFCE.
La reprise économique est conditionnée par la reprise internationale …
Très dépendante de leur commerce extérieur, la croissance des économies d’Asie a buté sur le ralentissement du commerce mondial et la crise du marché des semi-conducteurs. Parmi les pays les plus touchés, Hong-Kong, Singapour, Taïwan et la Malaisie — pays les plus engagés commercialement avec les États-Unis et/ou spécialisé sur le secteur de l’électronique
— ont connu des récessions techniques après avoir atteint 10 % de croissance du PIB sur l’ensemble de l’année 2000, pour les deux premiers cités, et plus de 6 % pour les deux derniers.
À l’exception de la Chine, la demande intérieure s’est également ralentie : la crainte du chômage a affecté la confiance des ménages et par là-même leur consommation. Cette baisse de la demande conjuguée à la persistance de surcapacités de production dans certains secteurs ont conduit les entreprises à réduire leurs investissements.
… et aidée par une politique économique accommodante
En attendant la reprise du cycle de l’électronique et de la conjoncture internationale, la demande intérieure devrait résister grâce à un policy mix accommodant : des plans de relance budgétaire ont été mis en place courant 2001 dans plusieurs pays alors que la sagesse des prix a permis un assouplissement monétaire dans la zone. Cette politique devrait permettre de soutenir une reprise dès lors que l’environnement international sera plus porteur.
De son côté, l’économie coréenne réaliserait de meilleurs résultats que ses voisins. Outre le fait que Séoul pourra compter sur la remontée des prix des semi-conducteurs, la baisse de la fiscalité pour les investisseurs et la Coupe du monde de football de l’été prochain, elle bénéficiera d’une réorientation de sa politique économique vers la Chine. Devant le ralentissement de l’économie américaine et japonaise, les autorités coréennes ont dirigé la plupart de leurs efforts vers cet immense marché en devenant leur deuxième partenaire et en accentuant leurs investissements directs en Chine, par la voie d’ouvertures d’usines ou de prises de participation. En se présentant plus en partenaire qu’en concurrent — la Corée propose à la Chine de partager avec elle son savoir technologique en contrepartie de l’ouverture de ses marchés
— la Corée semble avoir tiré un avantage non négligeable.
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Zone Asie : prévision agrégée
Variations par rapport à la période précédente, en % 2000 2001 2002 2003 PIB 7,1 4,7 5,6 6,4 Importations 22,0 – 0,1 6,2 7,1 Exportations 24,5 – 4,7 5,6 6,4 Demande adressée 13,2 – 0,7 0,5 6,6 Source : Prévisions OFCE.
Les risques pour 2002 sont de deux ordres
Le premier est celui d’un enlisement de la crise mondiale au 2e semestre 2002 ; la région pourrait subir un retrait massif des investissement étrangers sur les zones émergentes.
Le second réside dans une dépréciation trop forte du yen qui pourrait perturber la grille de change de la région. La question est alors de savoir jusqu’à quel niveau les partenaires du Japon — en particulier la Corée qui lutte à l’exportation sur les mêmes secteurs que son voisin nippon (l’acier, l’automobile, la construction navale et l’électronique) — toléreront que le yen se déprécie. Son précédent accès de faiblesse, en 1998, l’avait entraîné jusqu’à 147 pour un dollar. Nul doute que les voisins asiatiques du Japon, interféreront bien avant que ce cap ne soit atteint, pour préserver leur propre compétitivité, entraînant un ajustement à la baisse des autres monnaies de la région â–
L’Amérique latine en quête de débouchés
L’année 2001 a été particulièrement mauvaise pour l’Amérique latine : 0,3 % de croissance après 4,4 % l’année précédente. Cette contre performance a touché tous les pays de la région. La crise financière est restée circonscrite à l’Argentine mais l’attentisme des investisseurs jusqu’à l’automne dernier a freiné l’activité, exposée par ailleurs à la contraction des marchés d’exportation et à la baisse du prix des matières premières. La situation devrait s’améliorer en 2002 à l’exception de l’Argentine (graphique).
La baisse de l’activité en Argentine pourrait atteindre plus de 4 % sur l’ensemble de l’année 2001. Le PIB s’est contracté de 4,9 % sur un an au troisième trimestre, et la baisse devrait être beaucoup plus forte au suivant. La crise financière s’est ouverte à la fin de l’année, avec le refus du FMI de débloquer une nouvelle tranche de prêt. La sortie brutale du système de currency board en janvier a été suivie de profondes réformes : conversion en pesos de tous les avoirs et dépôts bancaires qui étaient en dollars (soit 60 % du total), gel de l’épargne privée pour éviter les fuites de capitaux et soutenir le système bancaire, mise en flottement du taux de change. À la fin mars, le peso a perdu plus de 70 % de sa valeur face au dollar, et les prix de gros ont augmenté de 11 % sur un mois en février. Le risque d’un retour de l’hyperinflation est réel. De plus, en l’absence de liquidités, la marge de manœuvre des autorités pour soutenir le secteur bancaire est très étroite. Nous supposons que l’aide internationale reprendra en 2002 mais l’activité qui pourrait atteindre un point bas au deuxième trimestre, devrait chuter en moyenne annuelle de près de 10 % et se stabiliser autour de 1,5 % l’année prochaine. Ce scénario reste optimiste, compte tenu de la dégradation du climat de confiance au fil des mois.
Contrairement aux craintes d’il y a un an, le Brésil est resté relativement imperméable à la crise argentine. L’activité n’a baissé que de 0,7 % sur un an au quatrième trimestre et a progressé de 1,5 % en moyenne annuelle. Elle devrait avoir atteint son point bas à la fin de l’année dernière. Le taux de change s’est redressé et les taux d’intérêt ont pu se relâcher légèrement. La crise énergétique qui avait pesé sur la production en 2001 est désormais dépassée. Cependant, l’inflation (9,8 % en janvier sur un an) reste très au-delà de l’objectif retenu pour la fin de l’année (3,5 % +/– 2 points à la fin de l’année. Les autorités resteront donc prudentes. En 2002 et 2003, la politique économique restera vigilante mais la demande intérieure devrait repartir. La croissance devrait profiter également de l’amélioration de la demande étrangère à partir du second semestre et de la bonne compétitivité du réal. On prévoit un rythme de croissance de 5 % en fin d’année et une progression annuelle de 3,5 % en 2003. En cas d’amplification de la crise en Argentine (hyperinflation avérée par exemple), les marchés financiers pourraient devenir plus volatiles et troubler à la marge la reprise.
Après 6,5 % de croissance en 2000, le PIB mexicain a stagné en 2001 du fait de la contraction de ses débouchés extérieurs (baisse de 2,9 % de la demande adressée au Mexique). Les exportations, qui représentent 30 % du PIB et sont destinées à plus de 80 % aux États Unis, ont chuté dès la fin 2000, entraînant dans leur sillage une baisse du taux d’investissement. La consommation s’est elle aussi retournée au deuxième semestre. Heureusement, la baisse des taux d’intérêt, permise par la décrue de l’inflation (4,8 % sur un an en février) commence à porter ses fruits. L’indicateur avancé est orienté à la hausse depuis août dernier, la production industrielle augmente depuis octobre, et les anticipations repartent avec le reprise attendue aux États-Unis. Seule ombre au tableau : la hausse du chômage et la difficulté de réformes des finances publiques. Mais les prévisions restent bien orientées : 3 % de croissance sur un an à la fin d’année et une moyenne à 4,8 % en 2003.
Comme le Mexique, le Chili, plus exposé que ses voisins à l’évolution des marchés externes (forte ouverture commerciale) et plus sensible aux cours des matières premières (cuivre) a subi la dégradation de son environnement extérieur en 2001. A l’inverse, l’amélioration attendue à partir du deuxième semestre devrait favoriser une reprise plus soutenue de sa croissance : 4 % en fin d’année 2002 sur un an et 4,5 % en moyenne 2003 â–
Amérique latine : résumé des prévisions
Variations par rapport à la période précédente, en % 2000 2001 2002 2003 PIB 4,4 0,3 0,1 3,7 Importations 12,9 – 4,4 – 4,2 0,6 Exportations 11,2 – 0,4 0,6 7,6 Demande adressée 12,1 – 2,5 – 1,5 7,0 Sources : FMI, calculs et prévisions OFCE.
PIB dans quelques pays d’ Amérique latine
Sources : FMI, prévisions OFCE.
Pays d’Europe centrale et orientale
L’année 2000 a été très favorable pour les pays en transition. En 2001, ces pays ont bien résisté au ralentissement mondial, avec une croissance de l’ordre de 3 % à 4 % pour les pays de la première vague de l’élargissement et même davantage (environ 6 %) en Bulgarie et en Roumanie et dans la pays de la Communauté des Etats indépendants. Le principal point noir concerne la Pologne. Cependant, les pays d’Europe centrale, de plus en plus intégrés à l’économie européenne, ont fortement ralenti à la fin 2001. Les exportations ont chuté au dernier trimestre. Dans les principaux pays d’Europe centrale, les importations ont également subi un ralentissement qui a évité une dégradation du solde courant. Le climat des affaires s’est en général détérioré au second semestre et l’investissement a ralenti.
Le dynamisme de la demande interieure a permis aux économies d’Europe centrale de bien résister. La consommation des ménages a été assez forte dans la plupart des pays, en particulier en Hongrie où elle a été entraînée par la forte hausse du salaire réel (+ 6 %). Dans les pays où l’investissement a accéléré (République tchèque, Slovaquie, Roumanie), le PIB a connu une croissance plus rapide qu’en 2000. La conjoncture économique des pays en transition devrait suivre la reprise progressive de l’économie mondiale : les économies accéléreraient au second semestre 2002 et l’année 2003 connaîtrait une croissance du PIB de l’ordre de 4 % en rythme annuel.
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Pays en transition : résumé des prévisions de croissance
Poids 2000 2001 2002 2003 Europe centrale 42 3,7 2,7 2,6 4,0 Pologne 18 4,0 1,1 1,2 3,6 République tchèque 6 2,9 3,5 3,4 3,9 Hongrie 5 5,2 3,8 3,5 4,3 Roumanie 4 1,6 5,2 4,4 5,1 Russie 40 8,3 5,0 3,6 3,4 Autres ex URSS 18 6,6 7,7 4,3 4,9 Total 100 6,1 4,5 3,4 3,9 Sources : Eastern Europe Consensus forecasts, prévisions OFCE.
La Pologne, qui a longtemps connu une croissance plus forte que ses voisins, est en grande difficulté depuis 2 ans. En 2001, la croissance a été très faible : la production industrielle a stagné et l’investissement s’est effondré (– 10,2 %). La politique monétaire très restrictive, destinée à freiner l’inflation, a pesé sur la demande interieure et provoqué une forte surévaluation du zloty. Le taux de chômage a explosé, passant de 10,6 % en 1998 à 18 % début 2002. Le pouvoir d’achat augmente très peu, ce qui pèse sur la consommation. La politique économique est inadaptée : malgré de fortes baisses des taux d’intérêt en 2001, les taux réels restent très élevés compte tenu du faible niveau d’inflation (3,6 % en GA en février 2002) et le déficit des administrations est important (4,7 % du PIB), quoique de nature fortement conjoncturelle. Un relâchement de la politique monétaire et une dépréciation du zloty seraient nécessaires pour stimuler l’investissement et les exportations et réduire le déficit des administrations, au risque d’accélérer les prix.
A l’inverse, la situation économique est favorable dans les principaux autres pays d’Europe centrale, notamment en République tchèque et en Hongrie. Ces pays bénéficient de la perspective d’entrée dans l’Union européenne (UE). Les investissements directs étrangers financent aisément les déficits courants. La politique économique est relativement accommodante, sans remettre en cause la désinflation qui bénéficie de l’appréciation du taux de change réel. Certes, celle-ci constitue un risque puisqu’elle pourrait asphyxier les entreprises nationales, mais elle est un puissant instrument de désinflation, qui elle-même renforce la confiance des investisseurs quant à l’entrée proche dans l’UE. Cela permet d’attirer des capitaux étrangers qui contribuent à l’augmentation de la productivité et de réduire les taux d’intérêt via une diminution des primes de risque. La Slovaquie, la Roumanie et la Bulgarie ont connu une année 2001 favorable. Cependant, la pérennité d’une forte croissance suppose des réformes structurelles lourdes qui n’en sont qu’à leurs balbutiements, notamment dans ces deux derniers pays.
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Peco et ex URSS : résumé des prévisions
Variations par rapport à la période précédente, en % 2000 2001 2002 2003 PIB 6,1 4,5 3,4 3,9 Importations 11,5 17,9 6,6 9,2 Exportations 4,3 9,5 5,6 7,3 Demande adressée 12,2 5,7 3,0 7,9 Sources : Eastern Europe Consensus forecasts, prévisions OFCE.
Depuis 1999, la Russie bénéficie de la forte dévaluation du rouble et du niveau élevé du pétrole. La croissance a été très forte en 2000 (9 %) et s’est maintenue à un rythme soutenu en 2001 (5 %). Comme en 2000, la demande intérieure a été le principal moteur de la croissance, les revenus étant soutenus par les cours des matières premières. Alors que les pays d’Europe centrale financent leur rattrapage par des flux entrants d’IDE, la Russie exporte des matières premières. Le ralentissement a été marqué à la fin de l’année 2001. L’excédent courant s’est nettement contracté du fait du dynamisme des importations et de la diminution des termes de l’échange. La stabilité des prix des matières premières va permettre la poursuite d’une croissance robuste en 2002 et 2003. À moyen terme, la mise en œuvre de profondes réformes structurelles (notamment du système bancaire) est nécessaire pour que les immenses besoins d’investissement puissent se réaliser. Rappelons que le PIB russe est encore inférieur à son niveau de 1993 â–
Royaume-Uni : un modèle à suivre…
Avec une augmentation de 2,2 % du PIB, le Royaume-Uni est le pays du G7 qui a connu la plus forte croissance en 2001. L’économie britannique n’a toutefois pas échappé au ralentissement mondial, et a fini par stagner en fin d’année, la croissance n’étant plus que de 1,6 % en glissement sur un an au quatrième trimestre, au lieu de 2,6 % un an plus tôt.
Au début de 2002, le Royaume-Uni présente un bilan macroéconomique enviable à de nombreux égards. L’économie a connu neuf ans de croissance ininterrompue. Le taux de chômage a atteint l’été dernier le niveau le plus bas depuis l’été 1975 : 3,1 % selon le concept national, 5,0 % au sens du BIT, et bien que le taux de chômage ait légèrement remonté au dernier trimestre (de 0,1 point seulement), il était à la fin 2001 le plus bas du G7. L’inflation reste la plus basse des pays de l’UE : 2,2 % sur un an en février 2002 pour l’indice de référence de la politique monétaire (RPIX), soit 1,5 % en termes d’IPCH, contre 2,3 % dans l’UE. Le solde public a été excédentaire de 1 point de PIB en 2001, la dette publique (au sens de Maastricht) ne représentant plus que 39 points de PIB. Le déficit extérieur est resté limité (1,8 point de PIB), malgré un taux de change apparemment surévalué.
Les conditions monétaires, globalement restrictives depuis 1997, se sont assouplies au cours des deux dernières années. Le taux de change reste élevé, mais s’est tout de même légèrement déprécié depuis deux ans (– 3 % de janvier 2000 à janvier 2002, pour le taux de change effectif réel selon les prix à la consommation mesuré par l’OCDE). Et surtout la politique monétaire a été assouplie en 2001. La Banque d’Angleterre a abaissé ses taux directeurs de 2 points entre février et novembre 2001 pour les amener à 4 % en novembre 2001. Les taux d’intérêt réels à court terme ne sont plus que de 2 %. Les taux longs nominaux sont similaires à ceux de la zone euro et des États-Unis (environ 5 %). Selon une règle de Taylor, la politique monétaire est en ce début d’année à peu près neutre (avec une inflation de 2,2 %, pour une cible de politique monétaire de 2,5 % ; un écart de production légèrement négatif (– 0,3 %, selon l’OCDE). La politique monétaire a réagi rapidement au ralentissement de l’activité mondiale, tandis que la demande intérieure restait dynamique.
Le ralentissement de l’économie mondiale a freiné les exportations britanniques en 2001, et en premier lieu celles de produits de nouvelles technologies. Les exportations de matériel électrique et électronique étaient en baisse de 24 % sur un an en valeur en décembre dernier (contre une hausse de 27 % un an plus tôt), pour une baisse de 13 % du total des marchandises (contre une hausse de 13 % un an plus tôt). Les chiffres de janvier indiquent une augmentation des exportations, hors UE. La compétitivité-prix, qui s’était dégradée du fait de l’appréciation de la livre sterling en 1996-997, s’est redressée depuis et aurait retrouvé à la fin 2001 un niveau proche de 1995. Ceci a été permis par la compression des marges à l’exportation à des niveaux extrêmement faibles et les parts de marché sont stables depuis 1999. En 2001, le ralentissement conjoncturel a creusé davantage le fossé entre l’activité dans l’industrie et les services. La production industrielle a baissé de 2,3 % en moyenne en 2001, tandis que celle de services augmentait de 4 %. La production industrielle avait amorcé son repli en janvier 2001. Un an plus tard, elle avait chuté de 4,9 %, et de 6,1 % pour la seule production manufacturière, où l’éclatement de la bulle des nouvelles technologies a été particulièrement sensible. La production de biens d’équipement a fortement reculé (– 17 %), particulièrement pour sa composante de produits électriques (– 35 %). Le recul a été nettement plus faible pour la production de biens intermédiaires (– 3 %) tandis que la production de biens de consommation continuait de progresser (+ 0,5 %). La production manufacturière a sans doute atteint un point bas au tournant 2001/2002. Après une dégradation continue en 2001, les opinions sur les carnets de commande globaux et à l’exportation semblent avoir atteint un point bas en fin d’année. Les perspectives de production se sont nettement redressées en janvier et en février 2002, avant de se stabiliser en mars. L’indice des directeurs d’achat (PMI) est passé au dessus de 50 en février. La production de services est restée dynamique, même si elle a ralenti : + 0,6 % au dernier trimestre 2001, au lieu d’un rythme de 1 % en 2000.
Le ralentissement s’est manifesté plus tardivement au Royaume-Uni que dans les autres grands pays industriels grâce au maintien d’une demande intérieure soutenue. La consommation des ménages est restée le principal moteur de la croissance. La progression des salaires (supérieure à 4 %), le bas niveau du taux de chômage et la baisse des taux d’intérêt expliquent le dynamisme de la consommation l’an passé. La baisse de la richesse financière a joué en sens inverse, mais son impact négatif sur la consommation a été réduit par l’augmentation simultanée des prix de l’immobilier. Tandis que le FTSE-All share perdait près de 20 % entre la fin 2000 et la fin 2001, les prix de l’immobilier augmentaient de près de 15 %. La demande publique a aussi soutenu la croissance (+ 3 % de consommation et 16 % d’investissement). Face au ralentissement conjoncturel et à une demande anticipée plus faible, les entreprises ont réduit leur FBCF, faisant une pause après cinq années d’effort d’investissement qui avaient porté le taux d’investissement en volume de 10 % à 15 % du PIB à la fin 2000, niveau sans précédent depuis trente ans, mais n’ont apparemment pas procédé à de forts ajustements de stocks.
Les entreprises ont jusqu’ici considéré que le ralentissement d’activité serait de courte durée. La productivité a chuté dans l’industrie manufacturière, première frappée par le ralentissement d’activité, passant de rythmes supérieurs à 5 % en glissement en 2000 à – 1 % au quatrième trimestre et a ralenti dans l’ensemble de l’économie (passant de 2 % à moins de 1 % au quatrième trimestre). Les réductions d’effectifs dans l’industrie manufacturière (145 000 emplois de moins sur un an en décembre 2001) ont été compensées par les créations d’emplois dans le reste de l’économie, principalement dans les services. Les salaires ont décéléré au cours des derniers mois (+ 4,2 % sur un an en janvier 2002 dans l’ensemble de l’économie, soit un point de moins qu’au printemps et à l’été dernier) pour la composante des salaires hors « bonus ». La prise en compte des bonus ramène la croissance du salaire global à 2,4 % seulement sur un an en janvier 2002.
La reprise de la croissance mondiale envisagée dans notre prévision permettrait un rééquilibrage des composantes externe et interne de la demande, particulièrement bienvenu pour les industries exportatrices durement touchées l’an passé. La légère baisse anticipée du taux de change effectif de la livre permettrait par ailleurs aux entreprises de reconstituer une partie de leurs marges, tout en stabilisant leurs parts de marché.
Les dépenses publiques viendraient aussi à point nommé soutenir la croissance. La politique budgétaire sera expansionniste cette année et l’an prochain, au vu des mesures présentées dans le pré-budget de novembre 2001
[2]. La consommation publique progresserait de plus de 4 % cette année et de 2 % l’an prochain. L’investissement public augmenterait d’environ 20 % cette année et 10 % l’an prochain, principalement dans les secteurs de la santé et de l’éducation. L’impulsion budgétaire serait de l’ordre de 1 point cette année et de 0,7 l’an prochain, le solde public devenant légèrement déficitaire.
La faiblesse du taux d’utilisation et les perspectives d’investissement figurant dans les enquêtes suggèrent une très faible progression de l’investissement de l’industrie manufacturière dans les mois à venir ; une remontée du taux d’investissement serait reportée à 2003 lorsque la reprise de la demande sera assurée.
La consommation des ménages ne ralentira sans doute que légèrement au premier trimestre. Les ventes de détail en volume restent dynamiques mais sont légèrement en retrait par rapport à la fin 2001 (+ 5,9 % en glissement sur un an en février, après un maximum de 7 % en novembre). La légère dégradation de la situation du marché du travail, des hausses de salaires un peu moins élevées, et une richesse nette globalement stable (en faisant l’hypothèse que les marchés financiers connaîtront une légère hausse et que les prix de l’immobilier se stabiliseront), devraient conduire à un ralentissement de la consommation des ménages à l’horizon de la prévision et à une légère remontée du taux d’épargne.
Le Comité de politique monétaire (CPM) maintiendrait les taux inchangés jusqu’au début de l’été attendant la confirmation de la reprise de la croissance mondiale, d’autant qu’aucune tension inflationniste ne menace le respect de la cible d’inflation à court terme. Le retour de la croissance à des taux voisins de la croissance tendancielle, dans une économie restée proche du plein emploi, conduirait le CPM à relever progressivement les taux directeurs à des niveaux proches de 5 % au second semestre 2003.
Sous ces hypothèses, la croissance serait de 1,7 % cette année et de 2,6 l’an prochain. Le risque principal vient de la reprise de l’environnement international. Si l’activité repart plus lentement que prévu et si le marché du travail se dégrade davantage, si les prix des actifs boursiers chutent à nouveau, un retournement brutal à la baisse de la consommation des ménages pourrait s’en suivre â–
Royaume-Uni : résumé des prévisions
Variations par rapport à la période précédente, en %, sauf mention contraire 2001 2002 2003 2000 2001 2002 2003 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 PIB 0,6 0,5 0,4 0,0 0,5 0,6 0,5 0,6 0,6 0,7 0,6 0,7 3,0 2,2 1,7 2,6 Consommation des ménages 1 1,0 1,0 1,0 0,9 0,8 0,6 0,5 0,6 0,6 0,6 0,6 0,6 4,1 3,9 3,1 2,4 Consommation publique 2,6 – 0,1 – 0,9 1,4 2,0 1,4 0,9 0,5 0,5 0,5 0,4 0,4 3,3 2,7 4,3 2,4 FBCF 2 – 4,3 0,7 – 1,0 0,5 – 0,2 0,5 0,8 1,0 1,1 1,1 1,1 1,1 4,1 0,0 0,9 4,1 Entreprises – 5,3 – 1,0 – 0,4 – 0,2 – 1,0 0,0 0,7 0,9 1,1 1,1 1,1 1,1 4,2 – 1,2 – 1,0 4,0 Logement 7,6 0,7 – 2,1 – 3,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 1,9 – 1,8 – 2,5 1,6 Publique 3 – 11,9 18,5 – 4,5 12,7 5,4 4,2 1,8 1,8 1,8 1,8 1,8 1,8 7,5 16,2 22,5 8,0 Variations de stocks, en points de PIB 0,3 0,3 0,2 – 0,3 – 0,4 – 0,4 – 0,4 – 0,3 – 0,3 – 0,3 – 0,2 – 0,1 0,3 0,1 – 0,4 – 0,2 Exportations de biens et services 1,4 – 2,8 – 2,4 – 1,2 – 0,3 1,0 1,0 1,7 1,7 1,8 1,8 1,9 10,3 1,0 – 1,5 6,6 Importations de biens et services 1,1 – 1,5 – 2,4 0,2 0,5 1,2 1,2 1,7 1,7 1,7 1,8 1,8 10,9 2,8 1,0 6,7 Contributions Demande intérieure hors stocks 0,4 0,7 0,3 1,0 0,9 0,8 0,7 0,7 0,7 0,7 0,7 0,7 4,1 3,1 3,1 2,8 Variations de stocks 0,2 0,1 – 0,1 – 0,5 – 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,1 0,1 – 0,3 – 0,2 – 0,5 0,2 Commerce extérieur 0,1 – 0,4 0,1 – 0,5 – 0,3 – 0,1 – 0,1 – 0,1 – 0,1 – 0,1 – 0,1 – 0,1 – 0,7 – 0,8 – 0,9 – 0,5 Prix à la consommation (IPCH) – 0,1 1,7 0,2 0,2 0,2 1,4 0,2 0,6 0,2 1,2 0,2 0,6 2,1 2,1 2,2 2,3 Taux de chômage, en %, au sens du BIT 5,5 5,1 5,4 5,5 Solde courant, en points de PIB – 1,5 – 2,0 – 1,8 – 1,9 – 1,9 – 2,0 – 1,8 – 1,8 – 1,9 – 1,9 Solde public, en points de PIB 1,8 1,0 0,0 – 0,8 Impulsion budgétaire – 0,4 1,1 0,9 0,7 1. Y compris ISBLSM. 2. Y compris acquisitions moins les cessions d’objets de valeur. 3.Y compris NHS Trusts. Sources : ONS (Quarterly national accounts - 4th quarter and year 2001, 27 mars 2002), prévisions OFCE.
La zone euro n’aura pas échappé au ralentissement de l’économie mondiale
Après une croissance exceptionnelle de 3,4 % du PIB en 2000, l’activité dans la zone euro a rapidement ralenti en 2001 et est atone depuis le deuxième trimestre de 2001. Le PIB s’est contracté de 0,2 % au quatrième trimestre de 2001 par rapport au trimestre précédent. L’augmentation des prix de l’énergie à partir du second semestre de 2000, l’affaiblissement de l’euro puis l’accélération des prix de l’alimentation ont entamé le pouvoir d’achat des ménages et contribué à la hausse des coûts de production. D’autre part, pour contrer les risques inflationnistes, la politique monétaire menée par la BCE est devenue plus restrictive. Enfin, l’économie mondiale a ralenti en phase avec la fin de la forte croissance américaine, plombant l’évolution du commerce mondial en 2001 après une année 2000 exceptionnellement dynamique.
Les premiers signes de reprise perceptibles au cours de l’été 2001 ont fait long feu. Les événements du 11 septembre et l’offensive américaine en Afghanistan ont en effet entretenu l’incertitude sur la reprise du commerce mondial et ont rapidement désamorcé les prémisses d’un renouveau de confiance. En fin d’année 2001, la demande intérieure continue également de ralentir. Les effets des programmes d’allègements fiscaux s’estompent et les signes de dégradation du marché du travail freinent encore la consommation des ménages. Du côté des entreprises, les taux d’utilisation des capacités de production baissent et les chefs d’entreprises revoient leurs projets d’investissement à la baisse. Au quatrième trimestre de 2001, l’investissement privé s’est contracté pour le cinquième trimestre consécutif.
Des signes de stabilisation
L’arrêt de la dégradation de certains indicateurs donnent des signes de stabilisation de l’activité dans un environnement qui reste encore incertain. L’indicateur synthétique d’activité de la Banque nationale de Belgique (graphique), traditionnellement un bon indicateur conjoncturel pour la zone euro, s’est redressé depuis novembre 2001. L’indicateur des directeurs d’achat (PMI) s’est également redressé au cours du quatrième trimestre de 2001 et a poursuivi son évolution favorable en janvier et février 2002. Il est désormais proche de 50 dans l’industrie et nettement au-dessus de cette valeur dans les services, indiquant une reprise de l’activité dans ce secteur. Les enquêtes de la Commission européenne font état d’une amélioration des perspectives de production et de carnets de commandes, principalement à l’exportation, mieux garnis. La reprise est encore fragile, puisque les différents indicateurs retrou-vent à peine les niveaux antérieurs au 11 septembre et parce que leur hausse s’explique principalement par l’amélioration des anticipations, et non pas par une embellie de la situation courante.
Indicateur synthétique d’activité de la BNB
Source : BNB.
La baisse des prix de l’énergie et le ralentissement de l’inflation accompagnent l’assouplissement de la politique monétaire et devraient permettre de stimuler la demande intérieure. La politique budgétaire a été expansionniste en 2000 et en 2001, mettant fin à dix années de politique restrictive. Le déficit public hors UMTS s’établirait pour la zone euro à 1,5 point de PIB en 2001, après 0,8 en 2000. En revanche, le recours aux stabilisateurs automatiques et la mise en œuvre de politiques budgétaires plus expansionnistes en 2002 sont contraints par le Pacte de stabilité. Les politiques économiques nationales ne peuvent jouer pleinement leur rôle de soutien à l’activité.
Une reprise graduelle en 2002 et 2003
Une reprise modérée au cours de l’année 2002 serait stimulée par un redémarrage graduel du commerce mondial et une reconstitution des stocks après les forts mouvements de déstockage au cours de l’année 2001.
La poursuite de la dégradation du marché du travail au début de l’année 2002 devrait encore freiner la reprise de la consommation des ménages en début d’année, mais aucun déséquilibre ne devrait entraver la reprise de la demande intérieure. L’épargne des ménages est excédentaire dans la zone euro et permettra un redémarrage rapide de la consommation privée. De surcroît, les marchés du travail en Europe ont mieux résisté que lors des précédents épisodes de ralentissement de l’activité. Les hausses salariales consenties sont plutôt modérées, à part quelques situations particulières, certains secteurs d’activité ou certains pays (Irlande, Pays-bas) où le marché du travail est plus tendu. Dans ces conditions, la consommation des ménages redeviendrait un des principaux moteurs de la croissance en 2003.
La baisse du taux d’utilisation des capacités de production ne permet pas de prévoir une reprise rapide de l’investissement en dépit des faibles taux d’intérêt. Les dépenses des entreprises devraient accélérer en fin de période de prévision.
En moyenne annuelle, la croissance du PIB reste faible en 2002 à 1,1 %. L’accélération de l’activité est nette à partir du second semestre de 2002, grâce à une croissance plus vigoureuse en France et en Allemagne. En 2003, le PIB de la zone euro devrait croître à un rythme proche de 2,5 %, qui masque toujours une importante divergence des situations entre pays (tableau 1), puisque la croissance serait plutôt proche de 2 en Allemagne en Italie et aux Pays-Bas, et plus proche de 3 en Espagne et en France.
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Zone euro : principaux indicateurs à la mi-2001
En %, glissements annuels, sauf 4 PIB 1 Inflation
(IPCH) 2 Production industrielle1 Prix à la production3 Taux de chômage harmonisé3,4 Allemagne – 0,1 1,8 – 3,7 – 0,3 8,1 Autriche 0,0 1,7 – 5,5 – 1,4 * 3,9 Belgique – 0,5 2,5 – 4,2 – 1,2 * 6,7 Espagne 2,3 3,2 1,2 * – 0,2 12,9 Finlande 0,0 2,5 – 5,6 – 0,4 9,0 France 0,9 2,3 – 1,3 – 1,3 9,0 Grèce 3,8 – 0,3 * Irlande 4,9 0,5 * 4,3 Italie 0,7 2,7 – 3,8 – 1,4 9,0 Luxembourg 2,2 5,5 – 0,7 * 2,6 Pays-Bas 0,4 4,5 – 3,2 – 4,6 2,3 Portugal 1,3 * 3,3 – 5,0 4,3 Zone euro 0,6 2,4 – 3,4 – 1,1 8,4 1. Au quatrième trimestre 2001 sauf * au troisième trimestre 2001. 2. En février 2002. 3. En février 2002 sauf * en janvier 2002. 4. Niveau du taux de chômage. Sources : Eurostat, Instituts de statistiques nationaux.
La dégradation de la situation des entreprises dans certains pays ainsi que l’accélération des prix et des salaires constituent des risques importants à notre scénario pour conditionner la reprise en 2002. Toutefois, il convient également de signaler que la croissance pourrait être également bien supérieure au premier semestre de 2002. Notre prévision pourrait avoir sous-estimé la croissance de l’activité, comme l’indiquent les signes précoces d’une reprise dans l’industrie des biens intermédiaires et comme le suggère l’indicateur Euro Croissance. En effet, selon l’indicateur avancé, le glissement annuel du PIB au cours des deux premiers trimestres de 2002 serait respectivement de 1,3 et 1,9 %, contre 0,5 et 0,9 % dans nos prévisions. Une reprise plus vigoureuse pourrait être justifiée par un restockage plus important et par une contribution plus positive du commerce extérieur â–
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Zone euro : résumé des prévisions
Variations par rapport à la période précédente, en % 2001 2002 2003 2000 2001 2002 2003 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 PIB 0,6 0,1 0,1 – 0,1 0,3 0,5 0,5 0,6 0,6 0,7 0,7 0,7 3,4 1,5 1,2 2,5 Consommation des ménages 0,9 0,6 0,1 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,6 0,6 0,6 2,6 1,8 1,0 2,2 Consommation publique 0,7 0,4 0,2 0,6 0,3 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,3 1,9 2,1 1,6 1,5 FBCF totale – 0,4 – 0,8 0,0 – 0,5 – 0,2 0,2 0,6 0,7 0,8 0,9 1,0 1,0 4,3 – 0,3 – 0,3 3,2 Dont Productive privée Logement Publique Exportations de biens et services – 0,3 – 0,6 – 0,6 – 1,0 0,2 0,9 1,2 1,5 1,7 1,9 2,0 2,0 12,0 2,7 0,8 6,8 Importations de biens et services – 1,4 – 0,3 – 1,4 – 1,0 0,4 0,9 1,2 1,5 1,7 1,9 2,0 2,0 10,8 0,8 0,6 6,8 Variations de stocks, en points de PIB – 0,2 – 0,1 – 0,3 – 0,5 – 0,3 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,1 0,1 0,3 – 0,3 – 0,1 0,1 Contributions Demande intérieure hors stocks 0,6 0,2 0,1 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,6 0,6 0,6 2,8 1,3 0,9 2,2 Variations de stocks – 0,4 0,0 – 0,2 – 0,2 0,2 0,2 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 – 0,5 0,2 0,1 Commerce extérieur 0,4 – 0,1 0,3 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,1 0,1 0,1 0,6 0,7 0,1 0,2 Prix à la consommation (IPCH) 0,6 1,3 0,2 0,3 0,7 0,5 0,3 0,4 0,5 0,5 0,4 0,5 2,4 2,6 1,7 1,8 Taux de chômage, au sens du BIT 8,4 8,3 8,3 8,4 8,5 8,7 8,7 8,6 8,6 8,5 8,4 8,3 8,8 8,3 8,6 8,4 Solde courant, en points de PIB – 0,2 0,0 0,2 0,3 Solde public *, en points de PIB – 0,8 – 1,3 – 1,1 – 0,8 Impulsion budgétaire 0,2 0,3 – 0,1 0,0 PIB USA 0,3 0,1 – 0,3 0,3 0,9 0,6 0,7 0,7 0,7 0,7 0,7 0,7 4,1 1,2 2,0 2,7 * Hors UMTS Sources : Eurostat, OFCE.
L’indicateur euro croissance délivre des signaux tangibles de reprise
La première évaluation d’Eurostat pour le quatrième trimestre 2001 fait état d’un recul du PIB de la zone-euro de 0,2 %. Une évaluation aussi négative n’avait pas été anticipée par l’indicateur, qui laissait plutôt envisager une stagnation du PIB. En glissement annuel, la croissance reste positive, 0,6 % selon Eurostat, 0,9 % selon l’indicateur (tableau). Toutefois, l’écart constaté reste acceptable puisque l’erreur moyenne de l’équation économétrique utilisée pour ajuster la croissance en glissement annuel s’élève à 0,24 %. En outre, il peut être malaisé de retracer économétriquement les répercussions d’évènements exogènes tels que les attentats du 11 septembre aux États-Unis.
La croissance du PIB en glissement annuel
En %, t/t-4 2001 2002 T1 T2 T3 T4 T1 T2 Eurostat 2,4 1,6 1,4 0,6 – – Indicateur 2,4 1,8 1,2 0,9 1,3 1,9 Sources : Eurostat, calculs OFCE.
L’indicateur suggère que le cycle économique dans la zone-euro a atteint un point bas au quatrième trimestre 2001. La croissance devrait redémarrer dans la première moitié de cette année, avec une hausse anticipée du PIB de 1,3 % au premier trimestre et de 1,9 % au second. Le profil relativement lissé de ces prévisions en glissement annuel conduit à des évolutions plus heurtées du taux de croissance trimestriel implicite (1,2 % au premier trimestre et 0,6 % au deuxième). Toutefois, elles restent conformes au scénario d’une reprise technique s’appuyant sur un moindre déstockage, susceptible de procurer à court terme une forte contribution positive à la croissance.
Les facteurs de retournement sont à rechercher prioritairement du côté de l’environnement extérieur. L’élément prédominant qui sous-tend la hausse du PIB au premier trimestre est le redressement de la confiance dans l’industrie aux États-Unis. L’indice des directeurs d’achat publié par l’ISM (ex-NAPM), un baromètre de l’industrie manufacturière, a bondi de 49,9 en janvier à 54,7 en février. En même temps, l’impact négatif de la hausse du prix du pétrole l’année dernière s’estompe. Au total, la contribution de l’environnement extérieur à la croissance du PIB de la zone-euro se redresse vigoureusement, + 0,4 point, et rend compte à elle seule de la reprise au premier trimestre (graphique). Ce facteur favorable jouera encore au deuxième trimestre.
Glissement annuel du PIB et contributions
Sources : Eurostat, calculs et prévisions OFCE.
Du côté interne, l’amélioration est plus ténue. Les enquêtes de conjoncture industrielle en Europe se sont certes redressées depuis quelques mois, mais elles n’ont pas encore atteint, en février, un niveau susceptible d’apporter une contribution positive à la croissance durant la première moitié de l’année. De plus, les résultats de l’enquête dans le commerce de détail, à la différence de l’industrie, se sont dégradés depuis plusieurs mois, augurant d’un tassement de la consommation. Enfin, l’enquête dans la construction ne soutient plus la croissance autant qu’au début de 2001. Au total, la contribution du bloc enquête devrait cesser de se dégrader mais demeurerait toutefois négative à l’horizon de la prévision.
Les conditions monétaires procureront une contribution nettement positive à la croissance au deuxième trimestre 2002. Certes, la contribution du taux de change de l’euro contre le dollar restera voisine de la neutralité, après plusieurs trimestres de recul. Mais les baisses conséquentes des taux d’intérêt menées au quatrième trimestre 2001 par la BCE stimuleront nettement l’activité au deuxième trimestre 2002, ce qui incontestablement constitue un élément novateur dans le climat conjoncturel à venir â–
Allemagne : pour quand la sortie du tunnel ?
Après une très mauvaise performance de l’Allemagne en 2001…
L’Allemagne est des grands pays de la zone euro celui qui a connu le plus fort ralentissement en 2001, mais aussi la plus faible croissance en 2001. Alors que la croissance cumulée du PIB sur un an se montait à 0,7 % dans l’ensemble de la zone au quatrième trimestre 2001, elle était nulle en Allemagne, où la baisse d’activité de 0,5 % constatée sur les deux derniers trimestres de 2001 est la plus forte depuis 1993. Les causes de cette très mauvaise performance sont essentiellement imputables à l’évolution la demande intérieure.
La consommation des ménages s’est ralentie dès la mi-2000, sous l’effet de l’accélération de l’inflation causée par la hausse des prix énergétiques et alimentaires. Elle a été momentanément soutenue au premier semestre 2001 par la réforme fiscale, mais le ralentissement de l’inflation a ensuite été insuffisant pour compenser le recul de l’emploi engagé au deuxième trimestre 2001, si bien que la consommation privée a reculé de 0,1 % au second semestre 2001. Le ralentissement de la consommation privée a conduit les entreprises à diminuer leurs dépenses d’investissement productif dès le quatrième trimestre 2000, alors même que les exportations ne montraient encore aucun signe de faiblesse et que l’on attendait pour la fin 2000 un rebond avant le durcissement du régime d’amortissement dégressif début 2001. La stagnation des exportations à partir du début 2001 a ensuite accéléré la baisse de l’investissement productif, qui a reculé de près de 2 % au premier semestre, puis de 4,4 % au second semestre. Le niveau de l’investissement résidentiel est resté très bas en 2001, mais le recul dans le courant 2001 est nettement plus modéré qu’en 2000, où s’étaient cumulés les effets de l’abaissement du seuil d’exonération des aides fiscales à l’acquisition d’une résidence principale et de l’offre encore très excédentaire de logements dans les Länder de l’Est. Dans un premier temps, l’atonie de la demande privée a gonflé les stocks. Début 2001, l’opinion des industriels sur leurs niveau de stocks excédentaires atteignait ainsi un niveau inégalé depuis la récession de 1993 et les entreprises ont réagi en déstockant massivement tout au long de l’année 2001. Contraintes par une forte détérioration de leur situation financière, les administrations publiques n’ont pas compensé le recul des dépenses privées en 2001 par une accélération des dépenses publiques. Les économies de personnel se sont soldées par une progression modérée (1,7 %) de la consommation publique. Les dépenses d’investissement public, réalisées aux deux tiers par les communes, ont connu une forte contraction (– 4,3 %), si bien que l’effort public d’investissement a atteint un point historiquement bas en 2001, largement en deçà de la moyenne de la zone euro.
Les tendances sous-jacentes de la demande intérieure auraient pu se solder par une récession marquée en 2001. Si cela n’a pas été le cas, c’est parce que les échanges extérieurs ont contribué pour près de 1,6 point à la croissance, soit deux fois plus que dans l’ensemble de la zone euro. Les exportations allemandes ont en fait mieux résisté au ralentissement de l’économie mondiale engagé à la mi-2000. La chute des exportations à destination des États-Unis est certes plus élevée qu’en France (– 8,2 % du quatrième trimestre 2000 au quatrième trimestre 2001, contre – 5,3 % pour la France), mais l’Allemagne a pleinement bénéficié de sa forte présence commerciale dans les anciens pays de l’Est. Cette zone, qui absorbe désormais 13 % de ses débouchés extérieurs — soit deux fois plus que pour la France —, a été relativement épargnée jusqu’à la mi-2001. Au quatrième trimestre 2001, la croissance cumulée sur un an des exportations allemandes vers la Russie et les PECO se montant à 8,2 % et ce dynamisme a largement contribué à atténuer les effets de la chute du commerce avec les autres zones. Mais la contagion au tournant 2001-2002 aux pays d’Europe centrale et orientale du ralentissement mondial s’est ressentie sur les exportations allemandes au quatrième trimestre (– 2,2 %), faisant reposer pour beaucoup les espoirs de retournement sur la demande intérieure et sur un retournement en Europe et aux États-Unis.
… les signaux positifs de retournement se multiplient début 2002…
En Allemagne comme ailleurs dans la zone euro, les indicateurs conjoncturels disponibles début 2002 donnent des signaux positifs. Le climat général dans l’industrie et le commerce publié par l’IFO s’est redressé de manière continue entre octobre et mars 2002. L’amélioration est très nette pour les perspectives de production à six mois, qui ont retrouvé en mars 2002 leur niveau de la mi-2000. L’appréciation sur la situation actuelle a continué de se dégrader, mais à un rythme moindre et un décalage entre perspectives et situation présente est usuel en période de retournement conjoncturel. L’enquête sur les stocks s’est retournée début 2002, laissant penser que le gros des ajustements est désormais passé. Les nouvelles entrées de commandes domestiques et étrangères se sont réorientées à la hausse depuis novembre 2001, en particulier en biens d’équipement et, dans une moindre mesure, en biens intermédiaires. Enfin, l’indice de confiance des consommateurs a cessé de se dégrader en janvier 2002 et s’est très légèrement redressé en février. Si les indicateurs conjoncturels incitent à penser que le point bas de l’activité a été dépassé au tournant 2001/2002, ils penchent aussi en faveur d’une reprise très atone au premier trimestre 2002. Le léger recul des commandes en février atténue le mouvement de redressement antérieur. Le chiffre d’affaires du commerce de détail s’est certes redressé en janvier, mais le mouvement est loin d’avoir compensé la forte chute de la fin 2001.
… mais des contraintes fortes pèseront sur la croissance en 2002 et 2003
Plusieurs contraintes pèseront sur la croissance allemande au cours des prochains trimestres. L’emploi a reculé de 0,1 % entre le quatrième trimestre 2000 et le quatrième trimestre 2001, contre une progression sur la même période de 2 % dans les autres grands pays de la zone euro. Pour une part, cette différence est due à une moindre croissance. Pour une autre, elle résulte de gains de productivité plus élevés. Sur le cumul 2000-2001, la productivité par tête a reculé de 0,4 % aux Pays-Bas, elle a progressé de 1 % en France, 1,3 % en Espagne, 2 % en Italie, contre 2,8 % en Allemagne. Comme l’Allemagne connaît également la plus faible hausse des salaires par tête, l’accélération des coûts unitaires a été très limitée en 2001. Une faible croissance des coûts unitaires permet aux entreprises allemandes de corriger progressivement la surévaluation dont elles souffrent au sein de la zone euro, mais elle est coûteuse en termes d’emplois. Par ailleurs, les emplois créés en Allemagne sont depuis plusieurs années essentiellement des petits jobs, d’une faible durée du travail, qui génèrent de ce fait peu de pouvoir d’achat des ménages. L’absence de dégradation des marges des entreprises en 2001 limitera l’ampleur des ajustements d’emploi début 2002, mais l’Allemagne ne renouerait pas avant la mi-2002 avec une croissance positive de l’emploi. La mauvaise situation sur le marché du travail devrait se répercuter sur le résultat final des négociations salariales, en dépit de revendications assez fortes de la part des premiers syndicats à négocier au printemps 2002 (6,5 % pour IG Metall) et la présente prévision table sur une poursuite de la modération salariale.
S’il faut peu attendre au cours des prochains mois des revenus salariaux, c’est aussi le cas de la politique budgétaire. L’étape 2001 de la réforme fiscale et le ralentissement de la croissance ont creusé le déficit des administrations publiques de 1.3 point de PIB en 2001. Le niveau élevé du déficit public en 2001 (2,6%) et les engagements pris par le gouvernement allemand de respecter l’équilibre budgétaire en 2004 ne donnent aucune marge de manœuvre à la politique budgétaire. La présente prévision table sur une impulsion négative autant en 2002 qu’en 2003., pour respecter le Pacte de stabilité.
Après un premier trimestre encore très mou et une reprise technique au second trimestre 2002 due à une réduction du déstockage, la croissance allemande resterait encore en deçà de celle de la zone euro en 2002 et 2003. Le ralentissement de l’inflation et la reprise de l’emploi permettraient une reprise progressive de la consommation privée dans le courant 2002. La faible croissance des dépenses totales de consommation serait en partie compensée par contribution des échanges extérieurs encore légèrement positive en raison du différentiel de demande intérieure. La croissance encore modérée des débouchés des entreprises et les faibles tensions sur les capacités repousseraient à 2003 une reprise franche de l’investissement productif. L’investissement résidentiel resterait encore légèrement orienté à la baisse au premier semestre 2002, avant de connaître une reprise progressive d’ici la fin 2003. La croissance serait de l’ordre de 0,8 % en 2002, de 2,1 % en 2003. Deux principaux risques pèsent sur le scénario retenu ici. D’une part, une attitude ferme des syndicats pourrait se solder par une forte accélération des salaires. À court terme, il en résulterait une croissance plus soutenue de la consommation des ménages. Mais une hausse des salaires par tête supérieure à 3 % pourrait aussi se solder par un surcroît de gains de productivité et une reprise différée de l’emploi. L’un des principaux défis de l’Allemagne est de parvenir à réduire progressivement son désavantage compétitif sans que cela ne se fasse au détriment de l’emploi. Le second risque est de voir le déficit des administrations publiques dépasser en 2002 le seuil des 3 % (2,9 % dans notre prévision). Qu’il en résulte ou non l’application de sanctions, les autorités budgétaires de l’ensemble des collectivités territoriales seraient dans ce cas contraintes à une politique très restrictive en 2003 â–
Allemagne : résumé des prévisions
Variations par rapport à la période précédente, en % 2001 2002 2003 2000 2001 2002 2003 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 PIB 0,4 0,0 – 0,2 – 0,3 0,2 0,6 0,4 0,5 0,5 0,6 0,6 0,6 3,2 0,7 0,8 2,1 Consommation des ménages 1,0 0,7 – 0,3 – 0,5 0,1 0,3 0,3 0,3 0,4 0,5 0,5 0,5 1,6 1,2 0,2 1,7 Consommation publique 1,1 0,1 – 0,3 0,9 0,1 0,3 0,3 0,3 0,3 0,3 0,3 0,3 1,2 1,7 1,0 1,0 FBCF totale – 2,2 – 1,5 – 1,5 – 0,9 – 0,3 0,2 0,5 0,7 0,8 0,8 0,8 0,8 2,9 – 4,5 – 1,6 2,7 Dont Productive privée – 0,7 – 1,7 – 2,7 – 1,8 – 0,3 0,4 0,7 1,0 1,1 1,1 1,1 1,1 6,4 – 3,2 – 2,7 4,0 Logement – 3,7 – 0,4 – 0,3 – 0,5 – 0,3 0,0 0,2 0,2 0,2 0,2 0,2 0,2 – 2,5 – 6,6 – 0,7 0,8 Publique – 8,0 – 4,6 3,6 4,9 – 0,2 – 0,2 0,3 0,3 0,3 0,3 0,3 0,3 – 0,9 – 6,0 4,1 0,9 Exportations de biens et services 0,1 0,3 0,6 – 1,1 0,3 0,9 1,0 1,3 1,7 2,1 2,1 2,1 13,9 5,2 1,4 6,7 Importations de biens et services – 5,4 1,1 – 1,7 0,0 0,3 0,9 0,9 1,3 1,8 2,0 2,0 2,0 10,6 0,5 1,1 6,7 Variations de stocks, en points de PIB – 0,77 – 0,57 – 0,97 – 0,56 – 0,36 – 0,02 0,00 0,04 0,04 0,04 0,04 0,04 0,00 0,00 0,00 0,00 Contributions Demande intérieure hors stocks 0,3 0,1 – 0,5 – 0,3 0,0 0,3 0,3 0,4 0,5 0,5 0,5 0,5 1,8 0,0 0,0 1,7 Variations de stocks – 1,8 0,2 – 0,4 0,4 0,2 0,3 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,3 – 0,9 0,6 0,1 Commerce extérieur 1,8 – 0,3 0,8 – 0,4 0,0 0,0 0,1 0,1 0,0 0,1 0,1 0,1 1,1 1,6 0,1 0,2 Prix à la consommation (IPC) 0,8 1,0 0,1 0,0 0,8 0,3 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 1,9 2,5 1,6 1,6 Taux de chômage, au sens du BIT 7,7 7,8 7,9 8,0 8,1 8,2 8,2 8,2 8,2 8,2 8,0 7,9 7,9 7,9 8,2 8,1 Solde courant, en points de PIB – 0,4 1,6 1,4 1,5 1,5 1,7 – 1,0 0,6 1,5 1,6 Solde public, en points de PIB – 1,3 – 2,6 – 2,9 – 2,5 Impulsion budgétaire 0,5 0,9 – 0,4 – 0,2 PIB zone euro 0,6 0,1 0,1 – 0,1 0,3 0,5 0,5 0,6 0,6 0,7 0,7 0,7 3,4 1,5 1,2 2,5 Sources : Bundesbank, Statistisches Bundesamt, Eurostat, calculs OFCE.
France : le pire s’éloigne
La France qui connaissait une très forte croissance depuis 1997 avec un taux moyen de 3 % par an, a connu un ralentissement en 2001 avec un taux de 2 % en moyenne et même un recul du PIB au quatrième trimestre (– 0,1 %). Nous faisons l’hypothèse que la croissance progressera dans un premier temps de manière modérée, puis se raffermira au cours du second semestre. En 2003, une poursuite de la tendance permettra d’atteindre un résultat moyen bien supérieur à 2002. La croissance de l’économie française s’établirait, en rythme annuel, à 1,6 % en 2002 et à 2,9 % en 2003.
2001, un ralentissement…
Depuis le début 2001, l’économie française a subi le retournement des anticipations de profit sur les marchés boursiers et le dégonflement de la bulle spéculative sur les nouvelles technologies. L’investissement a fortement ralenti dès le premier trimestre 2001, du fait des révisions à la baisse des débouchés et des difficultés pour les entreprises à trouver des financements nouveaux.
En revanche, le ralentissement du commerce mondial induit par celui de l’économie américaine ne s’est pas traduit par un recul du solde commercial français.
… moins marqué que dans la zone euro
La croissance est restée plus forte en France que dans la zone euro, et notamment en Allemagne et en Italie, grâce à une consommation plus soutenue. La progression du revenu des ménages est restée soutenue grâce aux créations d’emploi (360 000 au cours de l’année 2001), à l’évolution dynamique des salaires et aux allègements d’impôts.
Cependant, le ralentissement a pesé sur la productivité du travail, si bien que les coûts salariaux ont accéléré. Les entrepreneurs ont jusqu’à présent limité la baisse de leur taux de marge en augmentant les prix.
Par ailleurs, les industriels jugeaient leur niveau de stocks beaucoup trop élevé jusqu’en novembre 2001. Des ajustements sont donc nécessaires, dont certains ont déjà été effectués. Les entreprises ont procédé à un fort déstockage qui a amputé la croissance de 1 point de PIB en 2001, dont 0,5 et 0,4 pour les seul 3e et 4e trimestre. Les enquêtes auprès des industriels montrent que les stocks sont moins lourds au début 2002.
Le rétablissement de certains déséquilibres entraînés par le ralentissement et les signaux de reprise américaine se sont traduits par une amélioration de l’opinion des entrepreneurs. Les enquêtes dans l’industrie se sont redressées depuis novembre (graphique), tandis que les perspectives de production dans les services se sont améliorées.
Les nouveautés de la conjoncture récente — relative fragilité de la situation financière, reprise américaine encore incertaine et début de tensions inflationnistes — militent pour une reprise de la croissance moins franche que celle observée en 1996. Elle serait technique dans un premier temps, car liée à un ralentissement du destockage, puis relayée par les dépenses d’investissement des entreprises.
France : IPI et perspectives personnelles de production
Source : INSEE.
2002. : une reprise technique…
Les entreprises, qui ont largement déstocké en 2001, ralentiraient leur mouvement de déstockage au premier semestre 2002, ce qui entraînerait une reprise technique au cours du premier semestre serait respectivement de 0,4 et 0,2 point au premier au deuxième trimestre 2002 (la contribution des variations de stocks à la croissance serait de 0,4 % en t1 et 0,2 % en t2).
Dans le même temps, les entreprises rétabliraient leur situation financière en limitant leurs investissements et les embauches. Le taux d’investissement baisserait et les effectifs employés augmenteraient très peu, la reprise technique étant marquée dans un premier temps par une hausse de la productivité du travail. La demande intérieure hors stocks ralentirait fortement au cours des deux premiers trimestres de 2002. Le ralentissement de la masse salariale pèserait sur la consommation des ménages. Cependant, le pouvoir d’achat des ménages ne se contracterait pas du fait de deux éléments. La stabilisation des prix de l’énergie et des prix alimentaires au deuxième trimestre 2002 contrecarrerait légèrement le ralentissement des salaires. Ce phénomène est commun aux pays européens. En France, les baisses d’impôts renforceront les revenus des ménages : le versement d’une deuxième prime à l’emploi aux bas salaires en ce début d’année 2002 va dans ce sens.
… relayée par l’investissement…
La reprise de l’économie mondiale à la mi-2002, associée à l’assainissement des comptes des entreprises permettrait une reprise de l’investissement dès le deuxième semestre 2002 qui retrouverait son rôle d’impulsion et prendrait le relais des stocks pour soutenir et alimenter la croissance. La fin de la crise de la nouvelle économie et de la suraccumulation de capital abonderaient dans cette direction.
Le redémarrage des dépenses d’investissement serait moins vigoureux que celui observé en 1997. Le taux d’investissement, qui a largement baissé depuis début 2001, augmenterait lentement au cours de 2002 et retrouverait fin 2003 les niveaux de 1999.
Cette reprise progressive de l’investissement devrait s’accompagner d’une légère augmentation des effectifs employés permettant de soutenir la consommation des ménages. La demande intérieure serait consolidée par une baisse du taux d’épargne qui retrouverait le niveau de début 2001. Le taux de chômage commencerait à baisser à partir du dernier trimestre 2002 pour atteindre 8,6 % de la population active à la fin de l’année 2003.
Le retour d’une croissance française soutenue, à partir du troisième trimestre 2002, serait complètement interne au pays. Les deux moteurs sont en effet l’investissement des entreprises et la consommation des ménages, le commerce extérieur ne contribuant pas au retour de la croissance.
… avec une incertitude concernant le comportement des entreprises
Notre scénario de croissance suppose un assainissement des comptes des entreprises au premier semestre 2002 qui leur permet de libérer des marges de manœuvre par la suite pour leurs investissements. Deux risques pèsent sur cette évolution.
D’une part, les entreprises pourraient continuer à privilégier les marges, satisfaisant à court terme leurs actionnaires, et repousser leurs investissements à une date ultérieure. La dynamique de l’investissement, suivie du retour des embauches, n’aurait pas lieu et la France resterait dans une phase de croissance molle.
D’autre part, les entreprises pourraient échouer dans la maîtrise de l’évolution de leurs coûts salariaux. Il y aurait alors risque de voir l’inflation accélérer. Une telle évolution mettrait la Banque centrale européenne dans une situation délicate : d’un côté la montée de tensions inflationnistes l’inciterait à resserrer ses taux tandis que la situation financière des entreprises appellerait au contraire à plus de souplesse â–
France : résumé des prévisions
Variations par rapport à la période précédente, en % 2001 2002 2003 2000 2001 2002 2003 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 PIB 0,4 0,2 0,5 – 0,1 0,5 0,4 0,7 0,7 0,7 0,7 0,8 0,7 3,6 2,0 1,6 2,9 Consommation des ménages 1,4 0,3 1,1 0,2 0,3 0,2 0,7 0,8 0,8 0,7 0,7 0,7 2,9 2,9 1,8 2,9 Consommation publique 0,3 0,5 0,8 0,1 0,5 0,5 0,6 0,5 0,5 0,5 0,5 0,5 2,4 2,1 2,0 2,1 FBCF totale 0,5 – 0,2 0,3 – 0,1 – 0,5 – 0,1 0,5 0,6 0,7 0,8 1,1 1,1 6,2 2,8 – 0,2 2,8 Dont Productive privée 0,2 0,3 0,2 – 0,2 – 0,4 – 0,4 0,6 0,6 0,7 0,9 1,5 1,4 7,2 3,8 – 0,3 3,2 Logement 0,4 – 1,2 0,5 0,0 – 0,8 0,0 0,7 0,9 0,7 0,8 0,9 1,0 4,6 – 0,2 – 0,3 3,1 Publique 2,0 – 1,1 0,5 – 0,3 0,5 0,5 0,3 0,3 0,3 0,3 0,3 0,3 4,2 2,7 0,9 1,3 Exportations de biens et services – 0,6 – 1,7 – 1,4 – 3,8 0,2 1,1 1,5 1,8 1,8 2,2 2,2 2,1 13,3 1,1 – 1,8 7,7 Importations de biens et services – 2,2 – 1,2 – 1,8 – 4,7 0,7 1,3 1,5 1,9 1,9 2,2 2,2 2,3 15,4 – 0,2 – 2,0 8,0 Variations de stocks, en points de PIB – 0,1 0,1 – 0,4 – 0,8 – 0,4 – 0,2 – 0,1 – 0,1 – 0,1 – 0,1 0,0 0,0 0,6 – 0,3 – 0,2 0,0 Contributions Demande intérieure hors stocks 0,9 0,2 0,8 0,1 0,2 0,2 0,6 0,6 0,7 0,6 0,7 0,7 3,3 2,6 1,4 2,6 Variations de stocks – 0,9 0,2 – 0,5 – 0,4 0,4 0,2 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,4 – 1,0 0,1 0,2 Commerce extérieur 0,4 – 0,2 0,1 0,1 – 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 – 0,2 0,4 0,0 0,1 Prix à la consommation (IPCH) 0,0 1,3 0,1 0,1 0,6 0,3 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,5 1,7 1,6 1,6 1,7 Taux de chômage, au sens du BIT 8,8 8,6 8,8 9,0 9,1 9,1 9,1 9,0 9,0 8,9 8,8 8,6 38,2 35,2 36,3 35,2 Solde courant, en points de PIB 2,4 2,2 2,3 2,4 2,3 2,3 2,3 2,3 2,3 2,4 2,4 2,4 2,0 2,3 2,3 2,4 Solde public, en points de PIB – 1,7 – 0,7 – 1,6 – 1,7 – 1,9 – 1,8 – 2,1 – 2,2 – 2,0 – 1,7 – 2,1 – 2,1 – 1,3 – 1,4 – 2,0 – 2,0 Impulsion budgétaire 0,3 – 0,1 0,2 0,0 PIB zone euro 0,6 0,1 0,1 – 0,1 0,3 0,5 0,5 0,6 0,6 0,7 0,7 0,7 3,4 1,5 1,2 2,5 Sources : Comptes trimestriels – INSEE.
Italie : en attendant la consommation
En 2001, l’Italie répond au ralentissement de l’économie mondiale en réalisant un écart de croissance positif (+ 1,8 % pour le PIB) avec la zone euro (+1,5 %). Ce résultat contraste avec la moindre croissance persistante dans la deuxième partie de la décennie 1990. Le profil cyclique est le même, avec une forte progression du PIB au premier trimestre, une croissance nulle ensuite jusqu’à la baisse observée au dernier trimestre. Le bon résultat en moyenne annuelle résulte de l’accélération en début d’année, ensuite le rythme est comparable à celui des phases de ralentissement de la fin 1996 et de 1998. Après trois trimestres de baisse l’indice de production industrielle baisse sur l’année de 1,2 %, confirmant la récession dans l’industrie. Le ralentissement du cycle dans la plupart des secteurs est dû à la demande extérieure. La demande intérieure a participé à la croissance plus que dans la moyenne de la zone euro, alors que la contribution des échanges et des stocks est nulle. En opposition au fort déstockage des principaux partenaires, le cycle italien des stocks est déconnecté du cycle de l’activité depuis 1998.
En 2001 prévaut l’attentisme
C’est l’investissement qui permet la tenue de la croissance en 2001. La FBCF progresse surtout grâce à la composante du bâtiment (+ 3,7 % en 2001) et des biens de transport (+ 4,4 % en 2001). L’investissement en équipement, déjà faible depuis le retournement des perspectives de production à la fin 2000, continue à se dégrader face à une détérioration progressive des indicateurs dans l’industrie et à la baisse du taux d’utilisation des capacités. Ce ralentissement intervient sur un cycle très vigoureux depuis la mi-94, qui avait été soutenu par un fort cycle des biens d’investissement durables et par des mesures d’incitation au renouvellement du parc automobile qui prennent fin en 2001. Au premier semestre l’incertitude sur la réforme de la fiscalité sur l’investissement, au milieu de la campagne pour les élections du mois de mai, aurait induit les entreprises à repousser leurs projets d’investissement. L’hypothèse d’attentisme face à l’incertitude de l’option fiscale, plutôt qu’une correction volontaire du taux d’investissement, serait accréditée par l’amorce de reprise de la FBCF en biens d’équipement au troisième trimestre. Celle ci a été rapidement interrompue au dernier trimestre de 2001 par la forte dégradation des indicateurs suite aux événements du 11 septembre, contribuant à un report ultérieur de l’investissement.
C’est surtout la faiblesse de la consommation des ménages (+ 1,1 % en 2001), relativement à la moyenne de la zone euro (+1,8 %), qui n’a pas permis à la demande intérieure de prendre le relais en tant que moteur de la croissance. La progression des dépenses privées a été soutenue au premier semestre 2001 par l’accélération des créations d’emploi et par une fiscalité favorable (baisse du taux de l’IRPP et hausse du crédit d’impôt pour enfant à charge). L’affaiblissement au deuxième semestre de 2001 est justifié par le ralentissement de la croissance du revenu. La modération salariale s’est poursuivie en 2001, marquant un différentiel encore négatif entre la hausse du salaire horaire (+ 2,4 % en moyenne annuelle) et l’inflation (+ 2,8 en moyenne annuelle). C’est le résultat de la convention collective dans la fonction publique (+ 5,3 % de hausse de l’indice de salaire horaire pour ce secteur) au printemps 2001, en période électorale, qui a imprimé une accélération à l’indice total. La progression des salaires dans les secteurs non abrités a été plus modérée : + 2,0 % dans l’industrie et + 1,2 % dans les services non marchands. Le ralentissement du cycle n’a pas interrompu la phase de croissance de l’emploi à un taux supérieur à 1 % amorcée en 1998 (+ 2,1 % en 2001). Les dernières données disponibles de janvier 2002 montrent des destructions d’emploi uniquement auprès des emplois salariés temporaires. Les créations d’emplois salariés permanents, bien qu’en ralentissement, sont encore soutenues (+ 2,3 % en glissement annuel).
La situation financière des entreprises reste bonne. La stabilité des coûts unitaires a été permise par le rebond de la productivité. Le taux de marge a pu augmenter grâce à la hausse des prix de la valeur ajoutée, surtout dans les services. Cependant la chute des prix dans l’industrie oblige les entreprises du secteur à réduire leur taux de marge, en présence d’une flexion des coûts unitaires, assise sur le rebond de la productivité. La destruction d’emploi est entamée (– 0,4 % en glissement annuel en janvier 2002), alors que dans les services marchands l’emploi ne fait que ralentir (+ 2,8 %).
Des signes timides de reprise
Enfin, l’attentisme des entreprises italiennes depuis la fin 2000 leur aurait évité le fort ajustement qui a eu lieu dans les autres pays de la zone euro. L’investissement a augmenté de seulement 2,4 %, après trois années de croissance supérieure à 4 %, mais il a néanmoins plus progressé que dans l’ensemble de la zone euro. Malgré ce dynamisme relatif, les capacités de production italienne ont plus baissé qu’en France et en Allemagne.
Ce résultat se prête à une double interprétation. D’un côté cette faiblesse laisse supposer un rebond, plus fort dans l’hypothèse d’un report des investissements que dans l’hypothèse d’une correction du taux d’investissement. D’autre part, depuis le début 2002, les indicateurs conjoncturels montrent des signaux d’amélioration de différente portée. L’indice de production industrielle enregistre en janvier 2002 un deuxième mois de croissance positive, qui situe le creux au mois de novembre 2001. Mais son niveau n’est ramené qu’à celui très faible du mois d’octobre. L’indice de confiance dans l’industrie est en sensible hausse en mars 2002 et se situe au niveau du point de retournement, vite enrayé, d’août 2001. Les opinions sur les carnets de commandes ainsi que leurs anticipations sont aussi en hausse depuis janvier 2002, notamment sur le marché intérieur, la reprise de la demande extérieure étant positive, mais plus faible. Le niveau des stocks est jugé au-dessous du niveau considéré normal pour la première fois depuis août 2001. Or, si la contribution des stocks à la croissance est plus positive qu’en France et en Allemagne, elle se fait pourtant par une variation encore négative des stocks qui reste en terme de PIB au-dessous du niveau de la récession de 1992-1993.
L’indice de confiance des ménages, qui s’est retourné depuis octobre 2001, se positionne sur son niveau maximal depuis 1990. Mais il est constamment meilleur qu’en Europe, sans que cela se soit traduit par un plus fort dynamisme de la consommation. Les ménages ne manifestent pas une reprise des intentions d’achat, ayant révisé à la baisse leur propension à consommer et leurs anticipations d’emploi. De plus le ralentissement du cycle n’a pas conduit à une révision à la baisse des anticipations d’inflation. L’effet du passage à l’euro, notamment dans les services, et le bas niveau de concurrence dans les services financiers et de transport provoquent un rebond de l’IPCH (+ 2,6 %) en février et freinent le processus de restitution des pertes de pouvoir d’achat.
Après le passage à vide de l’investissement tout comme avant
Si les signaux conjoncturels ne permettent pas encore d’accréditer la thèse du rebond rapide, une reprise technique par le cycle des stocks est probable. Le schéma de reprise s’articulerait autour d’un cycle des stocks qui dans le court terme relève le niveau de production et le taux d’utilisation et relance l’investissement (+ 0,9 % en 2002 et + 3,6 % en 2003). Les limites au rattrapage salarial de l’inflation contribueraient à stabiliser la situation compétitive des entreprises italiennes en assurant à la fois la hausse du taux de marge et la reprise graduelle des exportations (+ 0,8 % en 2002 et + 6,8 % en 2003). Un nouveau cycle du bâtiment lié aux rénovations des immeubles publics privatisés soutiendrait la FBCF quoique à un rythme plus faible que dans les cinq dernières années. Les aides fiscales à l’investissement n’auraient que marginalement accru l’investissement car elles se substituent à un mécanisme de baisse automatique et progressive de l’impôt sur les bénéfices.
La plus forte élasticité de l’emploi à la production enregistrée depuis 1998, qui est à imputer aux nouvelles formes de flexibilité, induirait des corrections de l’emploi plus rapides aussi à la baisse (+ 0,3 % en 2002 et +1,0 % en 2003) en défaveur des nouveaux travailleurs précaires, qui sont aussi les moins protégés par les transferts sociaux. La politique budgétaire reste le seul facteur franchement positif de soutien de la consommation, qui continue à progresser moins vite que dans la zone euro (+ 0,7 % en 2002 et +1,8 % en 2003). Elle contribuerait encore positivement à la croissance du revenu disponible des ménages (+ 3,7 % en 2002 et + 4,0 % en 2003) par la hausse du minimum vieillesse et du crédit d’impôt pour enfants à charge. La baisse d’impôt (IRPP et IS) annoncée par le gouvernement n’est pas imputée dans l’horizon de prévision. Elle n’est pas compatible avec les engagements européens auxquels le gouvernement se tiendra, bien qu’en renonçant aux objectifs du programme de stabilité (solde public à – 0,5 % du PIB en 2002). La hausse des dépenses primaires ne serait que partiellement corrigée par les mesures extraordinaires (rentrée de capitaux, lutte contre la fraude fiscale, titrisation des immeubles publics), sur lesquelles reposent les prévisions officielles et dont on escompte une faible efficacité à l’horizon de prévision. L’objectif de rééquilibrage du solde budgétaire en 2003 ne serait pas atteint (– 1,3 % du PIB en 2002 et – 1,1 % en 2003). L’impulsion serait néanmoins encore négative (– 0,5) en 2002 et nulle en 2003 â–
Italie : résumé des prévisions
Variations par rapport à la période précédente (sauf mention contraire), en % 2001 2002 2003 2000 2001 2002 2003 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 PIB 0,8 0,0 0,1 – 0,2 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,6 0,6 0,7 2,9 1,8 0,8 2,2 Consommation des ménages 0,4 0,3 – 0,3 0,3 0,1 0,2 0,3 0,4 0,4 0,5 0,5 0,5 2,7 1,1 0,7 1,8 Consommation publique 0,7 0,3 0,5 0,2 0,2 0,3 0,2 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 1,7 2,3 1,0 0,5 FBCF totale* 1,3 0,2 0,4 – 0,1 0,1 0,3 0,5 0,8 1,0 1,0 1,1 1,2 6,5 2,4 0,9 3,6 Dont Productive 0,5 – 0,2 0,7 – 0,8 0,0 0,3 0,6 0,8 1,0 1,0 1,1 1,1 7,1 1,5 0,4 3,6 Bâtiment 2,4 0,8 – 0,1 0,8 0,2 0,4 0,5 0,7 1,0 1,1 1,2 1,2 5,6 3,7 1,7 3,7 Exportations de biens et services – 0,3 0,0 – 2,4 – 0,1 0,4 0,9 1,3 1,5 1,7 1,8 2,1 2,2 11,7 0,8 0,8 6,8 Importations de biens et services 0,5 0,6 – 2,8 – 1,2 0,7 1,1 1,3 1,5 1,6 1,8 2,0 2,1 9,4 0,2 0,4 6,7 Variations de stocks, en points de PIB 0,1 0,0 0,0 – 0,7 – 0,5 – ,03 – 0,2 – 0,2 – 0,2 – 0,2 – 0,2 – 0,2 – 0,2 – 0,2 – 0,3 – 0,2 Contributions Demande intérieure hors stocks 0,6 0,3 0,0 0,2 0,1 0,2 0,3 0,5 0,5 0,5 0,6 0,6 3,3 1,6 0,8 1,9 Variations de stocks 0,4 – 0,1 0,0 – 0,7 0,2 0,2 0,1 0,1 0,1 0,0 0,0 0,0 – 1,1 0,0 – 0,2 0,1 Commerce extérieur – 0,2 – 0,2 0,1 0,3 – 0,1 0,0 0,0 0,0 0,1 0,0 0,1 0,1 0,8 0,2 0,1 0,2 Prix à la consommation (IPCH) 2,9 3,1 2,8 2,4 2,5 2,3 2,2 2,1 2,0 2,0 2,0 2,0 2,7 2,4 2,1 2,0 Taux de chômage, au sens BIT 10,1 9,5 9,6 9,3 Solde courant, en points de PIB 0,3 0,8 0,6 0,7 Solde public, en points de PIB – 1,5 – 1,4 – 1,3 – 1,1 Impulsion budgétaire 0,4 – 0,4 – 0,5 0,0 PIB zone euro 0,6 0,1 0,1 – 0,1 0,3 0,5 0,5 0,6 0,6 0,7 0,7 0,7 3,4 1,5 1,2 2,5 * Les Comptes Nationaux trimestriels italiens ne permettent pas d’isoler la FBCF publique. La FBCF en logement étant fournie avec un trimestre de retard par rapport aux autres composantes, on présente le total bâtiment.
Espagne : toujours dans le peloton de tête
Une année 2001 en net ralentissement
En 2001, la croissance espagnole a nettement ralenti, après plusieurs années de forte croissance (quatre années avec une progression supérieure à 4 %), pour atteindre 2,8 %. Elle reste cependant nettement supérieure à celle de l’ensemble de la zone euro, avec un différentiel de 1,3 %. Si l’évolution en Espagne a été similaire à celle de la zone au premier semestre 2001, elle s’est nettement différenciée en fin d’année. La meilleure résistance de l’Espagne s’explique par un ralentissement moindre de sa demande intérieure.
L’investissement a fortement ralenti au premier semestre 2001 (0,8 %), mais est resté stable au semestre suivant. La bonne résistance de l’investissement en bâtiment, toujours soutenu par le plan d’infrastructures qui s’étend sur la période 2000-2006, compense en effet la chute de l’investissement en équipement. La baisse de la production industrielle s’est accentuée en fin d’année (– 4,7 % et – 4,2 % respectivement en novembre et en décembre 2001), en raison des attentats, puis de la crise argentine qui a affecté les entreprises espagnoles ayant investi dans ce pays. La production industrielle, qui a diminué de façon quasi-continue depuis décembre 2000, a reculé de 1,1 % en 2001 et l’investissement n’a progressé que de 2,5 % en 2001, après 5,7 % en 2000. Il reste toutefois nettement supérieur à la moyenne de la zone euro (– 0,3 %) (graphique).
Taux d’investissement en Espagne et dans la zone euro
Sources : Eurostat, INE, prévisions OFCE.
La consommation des ménages a bien résisté en 2001, avec un taux de croissance de 2,7 %. Cette bonne performance est le fait d’un premier semestre vigoureux (2,8 %), avant la croissance nulle du second semestre 2001. Le ralentissement de l’activité a en effet freiné le rythme des créations d’emplois au second semestre (0,7 %, après 1,1 % au premier), surtout dans l’industrie et la construction. Par ailleurs, la forte baisse de la confiance des ménages après les attentats et la diminution des revenus des ménages induite par la chute de la bourse a pesé sur la consommation des ménages.
Le rythme de croissance des exportations (3,4 %) et des importations (3,7 %) a nettement décéléré en 2001, après avoir atteint des taux de 9,6 % et 9,8 % respectivement en 2000. La contribution extérieure est restée légèrement négative en 2001 (– 0,1 %), en ligne avec une demande intérieure espagnole plus dynamique que celle de ses partenaires.
Les indicateurs conjoncturels n’incitent pas encore à l’euphorie. Les résultats des enquêtes de février 2002 dessinent un redressement encore fragile. Le moral des industriels, toujours supérieur à la moyenne de la zone euro, s’est redressé depuis le creux de novembre 2001, mais reste bas. À l’inverse des perspectives de production, les soldes d’opinions sur les carnets de commandes domestiques et étrangères se sont améliorés en février. De plus, la baisse de la production industrielle a été moins forte en janvier 2002 (– 0,1 %), après les chutes proches de 4 % en glissement annuel de novembre et décembre 2001.
Les soldes d’opinions dans la construction restent à un niveau élevé. Après une baisse au dernier trimestre 2001, ils se sont redressés en février 2002, les carnets de commandes repartant à la hausse. Cependant, les perspectives d’emploi dans ce secteur sont un peu moins favorables depuis le début de l’année 2002.
Enfin, l’indicateur de confiance des consommateurs s’est fortement dégradé depuis septembre 2001, en raison notamment des mauvaises perspectives d’emploi et de prix, atteignant en janvier 2002 le même niveau qu’à la fin de l’année 1996. Il s’est légèrement amélioré en février, les anticipations des consommateurs en matière de prix étant plus optimistes. Quant aux perspectives d’emploi, elles sont stables depuis décembre 2001.
Une franche reprise à partir de fin 2002
L’inflation espagnole resterait plus forte que la moyenne de la zone euro en 2002 et 2003, notamment en raison d’une progression plus forte des coûts salariaux unitaires. Elle ralentirait cependant dans le courant de l’année 2002, grâce à l’accord de modération salariale signé en décembre 2001
[3] et qui entrera en vigueur en 2002. La poursuite de la modération salariale permettrait à l’inflation de ralentir encore en 2003. Comme en 2001, la consommation des ménages serait la composante la plus dynamique en 2002. Elle connaîtrait cependant une croissance moins forte qu’en 2001. En effet, le chômage, qui a recommencé à augmenter au dernier trimestre 2001 après une baisse ininterrompue depuis le premier trimestre 1996, a continué de progresser au début de l’année 2002. L’ajustement de l’emploi n’est sans doute pas terminé, comme l’indiquait le ralentissement de la productivité au quatrième trimestre 2001. De plus, le rythme encore élevé de l’inflation (3,1 % en février 2002) et l’accord de modération salariale entraîneraient une baisse du pouvoir d’achat de la masse salariale en 2002. En 2003, la consommation serait plus vigoureuse (2,5 %). Elle profiterait non seulement du ralentissement de l’inflation mais aussi de la baisse du chômage et des baisses d’impôt prévues en 2003 dans le cadre de la réforme de l’impôt sur le revenu.
L’investissement en équipement repartirait à la hausse au second semestre 2002, bénéficiant de la reprise mondiale, de l’entrée en vigueur de la réforme de l’impôt sur les sociétés et de la maîtrise des coûts unitaires, liée à l’accord de modération salariale. Par ailleurs, l’investissement en bâtiment continuerait de croître à un rythme élevé (3,8 %), soutenu par les fonds gouvernementaux et européens. L’année 2003 serait marquée par une franche reprise de l’investissement (4,7 %), après deux années moins favorables.
Comme dans les autres pays de la zone euro, les exportations bénéficieraient de la reprise au cours de l’année 2002. L’Espagne continuerait cependant à perdre des parts de marché, en raison d’une légère dégradation de sa compétitivité. La contribution extérieure resterait négative en 2002 et 2003.
La progression du PIB espagnol resterait supérieure à celle de la zone euro, avec des taux de 1,7 % en 2002 et de 2,9 % en 2003, mais elle ne retrouverait pas les taux de croissance de la période 1996-2000 supérieurs à 4 % â–
Espagne : résumé des prévisions
Variations par rapport à la période précédente, en % 2001 2002 2003 2000 2001 2002 2003 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 PIB 1,0 0,2 0,9 0,2 0,3 0,5 0,5 0,7 0,8 0,8 0,8 0,8 4,1 2,8 1,7 2,9 Consommation des ménages 2,4 0,2 – 0,8 1,4 0,3 0,4 0,4 0,6 0,7 0,7 0,7 0,7 4,0 2,7 1,6 2,5 Consommation publique 0,7 0,9 1,0 1,0 0,5 0,5 0,5 0,6 0,6 0,6 0,6 0,5 4,0 3,1 2,8 2,3 FBCF totale* 0,8 0,4 1,0 – 1,0 0,0 0,5 1,0 1,2 1,2 1,3 1,3 1,4 5,7 2,5 1,0 4,7 Dont Productive – 0,1 – 0,5 1,2 – 3,7 – 1,0 0,2 0,9 1,3 1,4 1,4 1,4 1,5 5,1 – 1,2 – 2,4 5,0 Bâtiment 1,7 1,2 0,9 1,3 0,7 0,7 1,0 1,1 1,1 1,2 1,2 1,3 6,2 5,7 3,8 4,5 Exportations de biens et services – 1,8 – 0,1 0,4 0,1 – 0,1 0,6 1,1 1,2 1,4 1,6 1,9 2,1 9,6 3,4 1,5 5,8 Importations de biens et services 0,4 1,0 – 1,3 1,5 0,2 0,7 1,2 1,3 1,5 1,7 2,0 2,2 9,8 3,7 2,3 6,0 Variations de stocks, en points de PIB 0,1 0,3 0,7 0,6 0,7 0,8 0,8 0,8 0,7 0,7 0,7 0,7 0,3 0,4 0,7 0,7 Contributions Demande intérieure hors stocks 1,8 0,4 – 0,1 0,7 0,3 0,4 0,6 0,8 0,8 0,8 0,8 0,8 4,5 2,8 1,7 3,1 Variations de stocks – 0,1 0,1 0,4 – 0,1 0,1 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 – 0,1 0,1 0,3 0,0 Commerce extérieur – 0,7 – 0,4 0,6 – 0,4 – 0,1 0,0 – 0,1 0,0 – 0,1 – 0,1 – 0,1 – 0,1 – 0,2 – 0,1 – 0,3 – 0,2 Prix à la consommation (IPCH) 3,8 4,1 3,6 2,8 2,7 2,6 2,5 2,7 2,6 2,5 2,4 2,4 3,4 3,6 2,6 2,5 Taux de chômage, au sens du BIT 13,4 13,0 12,8 13,0 14,1 13,0 13,4 12,7 Solde courant, en points de PIB – 3,1 – 2,4 – 2,1 – 2,1 Solde public, en points de PIB – 0,3 0,0 – 0,5 0,0 Impulsion budgétaire 0,3 0,1 0,3 0,1 PIB zone euro 0,6 0,1 0,1 – 0,1 0,3 0,5 0,5 0,6 0,6 0,7 0,7 0,7 3,4 1,5 1,2 2,5 *Les comptes trimestriels espagnols ne permettent pas d’isoler l’investissement public. Sources : INE, prévisions OFCE.
Pays-Bas : l’activité florissante se fane
Alors que la moyenne de croissance du PIB s’est établi à 3,6 % entre 1995 et 2000, l’année 2001 marque une nette rupture avec une croissance à 1,1 %, sensiblement inférieure à celle de la zone euro. La pérennité du miracle hollandais, c’est-à-dire d’une croissance soutenue accompagnée d’une décrue continue du chômage est remise en cause. L’infléchissement de la croissance provoqué par des phénomènes de surchauffe interne et caractérisé par l’apparition de tensions (forte inflation, dérapage des salaires) a été amplifié par le ralentissement de la croissance mondiale. Avec un taux d’ouverture nettement supérieur à la moyenne européenne (65 % contre 35 %), l’activité économique des Pays-Bas a souffert du fort ralentissement du commerce mondial.
La croissance des exportations reste positive en 2001 et 2002 grâce à une bonne tenue des réexportations. Il s’agit de biens qui transitent par un propriétaire néerlandais, principalement en provenance des États-Unis, du Moyen-Orient ou d’Asie et en direction de l’Allemagne ou de l’Europe du Nord. Les réexportations, phénomène typiquement néerlandais et belge grâce aux centres internationaux de distribution, se sont plutôt moins contractées que les exportations de produits néerlandais, traduisant l’érosion de la compétitivité de l’industrie nationale. Elles représentent une part croissante des exportations des Pays-Bas (environ 40 % en 2000) et génèrent moins de croissance, puisque à très faible valeur ajoutée nationale. En revanche, les produits néerlandais perdent des parts de marché à l’exportation régulièrement depuis le début des années 1980 et plus rapidement depuis 1993. La compétitivité-prix des exportateurs néerlandais a été de nouveau entamée en 2001. Les Pays-Bas ont affiché en 2001 la plus forte inflation des pays de la zone euro et la plus élevée depuis 1982. Cette accélération des prix s’explique en partie par des facteurs spécifiques de fiscalité (hausse de la TVA et écotaxe) qui expliquent jusqu’à 1 point d’inflation en 2001 ; elle induit une augmentation des salaires importante et amplifie la spirale inflationniste.
Le marché du travail demeure tendu
En dépit du retournement cyclique, l’emploi a continué de s’améliorer en 2001, tout d’abord parce que l’impact de l’affaiblissement de la croissance est décalé, mais aussi parce que, sur un marché du travail tendu, les chefs d’entreprises qui ont eu des difficultés à recruter sont plus réticents à se séparer de leur main-d’œuvre si le ralentissement de l’activité est perçu comme temporaire. La productivité a enregistré une nouvelle chute importante en 2001.
La reprise semble encore fragile. Pour la première fois depuis 1993, le nombre d’emplois vacants a diminué ce qui permet d’anticiper une hausse prochaine du taux de chômage et d’augurer un possible allègement des tensions sur le marché du travail. L’indicateur de confiance dans l’industrie s’est amélioré au début de 2002, mais les carnets de commandes demeurent encore faiblement garnis. Ce sont essentiellement les perspectives de production qui s’améliorent, ainsi que la conjoncture dans l’industrie des biens intermédiaires, initiatrice des mouvements de reprise.
Une croissance moins vigoureuse, fortifiée par les dépenses publiques
La consommation privée ralentirait en 2002, les effets de richesse s’atténuant (fin du boum de l’immobilier et moindres plus-values boursières) et n’étant pas compensés par les allègements fiscaux. D’autre part, en liaison avec la dégradation du marché du travail, l’indicateur de confiance des ménages a de nouveau baissé en mars 2002. Le taux d’épargne des ménages devrait remonter en 2002 et 2003.
Principal pilier de la croissance, la consommation publique devrait se maintenir en 2002 et 2003, comme en 2001 où le gouvernement a inscrit une importante impulsion budgétaire (les dépenses de santé et investissements en infrastructure ont accéléré tandis que les réductions d’impôts ont représenté 0,7 point de PIB en 2001). Mais les élections générales de mai 2002 pourraient remettre en question cette orientation de la politique budgétaire. En effet, l’opposition de droite prône dans sa campagne une réduction des dépenses publiques et en particulier la suppression d’une partie des rétributions des « invalides du travail ».
Un risque important demeure les tensions sur le marché du travail. Puisque le taux de chômage est resté à de très bas niveaux, des goulets d’étranglements se font sentir sur certains secteurs. En période de reprise, ces contraintes seront plus importantes, et la modération salariale pourrait être mise à mal. L’économie néerlandaise bute ainsi sur une contrainte d’offre très sérieuse. La dégradation de la productivité et du taux de marge des entreprises est exceptionnelle et l’investissement privé pourrait encore se contracter. Dans notre scénario, la croissance du PIB demeure inférieure à la croissance potentielle à l’horizon de la prévision. Le changement de rythme de croissance de l’activité pourrait être bien plus brutal et long, le temps que les ajustements nécessaires soient réalisés â–
Pays-Bas : résumé des prévisions
Variations par rapport à la période précédente, en % 2000 2001 2002 2003 PIB 3,5 1,1 1,3 2,3 Consommation des ménages 3,8 1,1 1,2 1,9 Consommation publique 1,9 3,3 2,3 2,0 FBCF totale 3,8 – 1,4 – 0,4 1,8 Exportations de biens et services 9,5 1,0 0,8 5,3 Importations de biens et services 9,4 0,9 0,2 5,2 Variations de stocks, en points de PIB – 0,2 0,0 – 0,2 – 0,1 Contributions Demande intérieure hors stocks 3,1 0,9 1,0 1,8 Variations de stocks – 0,2 0,2 – 0,2 0,0 Commerce extérieur 0,6 0,1 0,4 0,4 Prix à la consommation (IPCH) 2,3 5,1 3,5 2,5 Taux de chômage, au sens du BIT 2,8 2,4 3,1 2,9 Solde courant, en points de PIB 3.7 3.6 3.8 4.0 Solde public, en points de PIB 1,5 0,8 0,5 1,0 Impulsion budgétaire – 0,6 0,7 0,4 0,5 PIB zone euro 3,4 1,5 1,2 2,5 Sources : CBS, OFCE.
Belgique : lent redémarrage
Le ralentissement de l’activité en Belgique est imputable à la dégradation de l’environnement économique international. Il a été initié par la contraction des exportations. La production de l’industrie manufacturière a chuté de presque 5 % sur un an au cours du dernier trimestre de 2001. La chute est particulièrement nette dans l’industrie des biens intermédiaires, fortement exportatrice. Ce ralentissement a été amplifié au cours de l’année 2001 par la chute de l’investissement productif et par un important déstockage. La contribution des stocks à la croissance en 2001 serait négative de 1,2 point de PIB. Alors que le glissement annuel du PIB s’élevait à 6 % au quatrième trimestre de 1999 et à 3 % au quatrième trimestre de 2000, il est estimé à seulement – 0,5 % au quatrième trimestre de 2001, soit le plus faible de la zone euro.
L’indicateur de confiance dans l’industrie se redresse depuis octobre 2001, mais reste à un bas niveau. Contrairement aux autres pays de la zone euro, l’embellie sur les carnets de commandes tarde. Les carnets de commandes, intérieures et étrangères, se sont détériorés encore en janvier 2002 et se sont redressés timidement en février pour retrouver le niveau d’octobre 2001. L’indicateur synthétique d’activité de la BNB (Banque Nationale de Belgique) semble également donné l’indication que le point bas a été atteint au dernier trimestre de 2001. L’indicateur de confiance dans le secteur de la construction avait résisté au premier semestre. Il se dégrade depuis l’été. L’activité dans le commerce de détail semble également marquer le pas.
Le gouvernement belge a pris des mesures budgétaires correctives de manière à conserver l’équilibre budgétaire atteint en 2000 et ce en dépit de la faiblesse de la croissance, la priorité demeurant une réduction rapide de la dette publique. L’impulsion budgétaire est donc nettement négative en 2001 ; la politique budgétaire demeure restrictive en 2002 et 2003. Ce constat tient compte de la réforme de l’impôt sur le revenu qui est maintenue et modère la rigueur de la politique économique.
La poursuite des allègements fiscaux, l’abolition de la contribution complémentaire de crise et le ralentissement progressif de l’inflation s’ajoutent aux mécanismes d’indexation des salaires et des revenus sociaux sur l’inflation pour permettre une amélioration du revenu disponible brut des ménages. La consommation des ménages devrait ainsi reprendre au deuxième semestre de 2002 et en 2003, en dépit de la dégradation de l’emploi.
Le marché du travail étant moins tendu, les tensions sur les salaires et l’augmentation des coûts de la main-d’œuvre devraient s’atténuer, ce qui permettrait de restaurer en partie la compétitivité de l’industrie belge.
Ce scénario pourrait être plus favorable si la Belgique joue son rôle traditionnel d’indicateur avancé de l’activité dans la zone euro. Une reprise vigoureuse du commerce mondial permettrait au PIB belge de dépasser rapidement sa croissance potentielle si les entreprises étaient capables de réagir rapidement à la demande extérieure. Or les résultats des enquêtes dans l’industrie font état de difficultés persistantes qui font douter de cette hypothèse.
La faillite de la Sabena, intervenue le 7 novembre 2001, aura un impact important sur la croissance fin 2001 et en 2002. Le Bureau Fédéral du Plan belge
[4] a estimé l’impact global négatif de cet évènement (baisse du transport aérien, des exportations, dégradation de l’emploi et du moral des consommateurs,…) entre 0,3 et 0,6 point de croissance du PIB en 2002 â–
Belgique : résumé des prévisions
Variations par rapport à la période précédente, en % 2000 2001 2002 2003 PIB 4,0 1,1 0,8 2,5 Consommation des ménages 3,8 1,7 1,0 2,2 Consommation publique 2,5 2,4 2,1 1,7 FBCF totale 2,6 – 0,1 – 0,4 3,0 Exportations de biens et services 9,7 – 0,5 0,0 6,6 Importations de biens et services 9,8 – 1,8 – 0,1 7,0 Variations de stocks, en points de PIB 0,2 – 1,0 – 1,2 – 0,9 Contributions Demande intérieure hors stocks 3,1 1,4 0,9 2,2 Variations de stocks 0,5 – 1,2 – 0,2 0,2 Commerce extérieur 0,5 0,9 0,1 0,2 Prix à la consommation (IPCH) 2,7 2,4 1,8 1,9 Taux de chômage, au sens du BIT 6,9 6,6 6,8 6,6 Solde courant, en points de PIB Solde public, en points de PIB 0,1 – 0,1 0,0 0,5 Impulsion budgétaire 0,3 – 0,4 – 0,1 – 0,1 PIB zone euro 3,4 1,5 1,2 2,5 Sources : Eurostat, Belgostat, OFCE.
Autriche : l’équilibre budgétaire avant tout
L’économie autrichienne a connu une croissance inférieure à celle de la moyenne des pays de la zone euro en 2001 (1,1 %, contre 1,5 % pour la zone euro). Cette mauvaise performance est pour l’essentiel due à l’atonie de la demande intérieure (voir tableau). Le ralentissement de l’économie mondiale et en particulier de l’Allemagne, qui absorbe près de 35 % des exportations de l’Autriche, s’est soldé par un net coup d’arrêt des exportations, mais les échanges extérieurs ont contribué en moyenne positivement à la croissance en 2001, en raison d’un fort ralentissement des importations. Le niveau encore élevé des prix énergétiques et l’accélération des prix alimentaires ont entraîné une nette accélération de l’indice des prix à la consommation au premier semestre de 2001 (2,8 % en glissement en juillet 2001, contre 2,6 % dans la moyenne de la zone euro). Cette ponction inflationniste, conjuguée à une croissance modérée de l’emploi (0 % en moyenne en 2001) ainsi qu’à une hausse de la pression fiscale, s’est traduite par un fort ralentissement du pouvoir d’achat du revenu des ménages et un recul de la consommation des ménages au second semestre de 2001. Les dépenses de consommation publique ont reculé en termes réels en 2001, sous l’effet du plan d’assainissement budgétaire. Les surcapacités dans le secteur des bâtiments résidentiels se sont soldées par un recul de la production en bâtiment à partir de la mi-2001. La dégradation des perspectives de débouchés des entreprises s’est répercutée sur l’investissement en biens d’équipement, et les entreprises ont fortement révisé à la baisse leurs plans d’investissements dès l’enquête de printemps 2001.
Comme dans les autres pays de la zone euro, la plupart des indicateurs conjoncturels se sont redressés depuis le début de l’année 2002 et plaident pour un retournement prochain de l’économie autrichienne. Le niveau des perspectives de production dans l’industrie manufacturière a ainsi quasiment retrouvé son niveau du début 2001, les soldes d’opinions sur les carnets de commandes totaux et étrangers se sont améliorés et le niveau des stocks est désormais jugé moins excessif par les industriels. L’amélioration est également nette du côté de l’indice de confiance des consommateurs, qui a rejoint son niveau de la mi-2001. Ces indicateurs s’accompagnent d’une fragile amélioration sur le marché du travail. L’emploi a cessé de reculer au début de 2002 et le taux de chômage a très légèrement reculé en février 2002, pour s’établir à 3,7 %, après un point haut de 3,9 % atteint en décembre 2001.
Le ralentissement de 2001 ne devrait pas se traduire par un changement d’orientation de la politique budgétaire, dont l’objectif d’assainissement vise à dégager un solde excédentaire à l’horizon 2004. Le gouvernement a certes annoncé en décembre 2001 un plan d’accompagnement conjoncturel, mais qui porte essentiellement sur des mesures en faveur de la formation et de la recherche et devrait avoir peu d’impact sur la croissance. L’hypothèse faite ici est que le gouvernement maintiendrait son objectif de déficit nul en 2001 et 2002, ce qui devrait se solder par une impulsion légèrement restrictive en 2002 et légèrement positive en 2003.
La reprise de l’économie mondiale et les effets du ralentissement de l’inflation sur le pouvoir d’achat des ménages se solderaient par une amélioration de l’activité à partir du deuxième trimestre 2002. En moyenne annuelle, la croissance serait cependant à peine supérieure à celle de 2001. En 2003, l’économie autrichienne bénéficierait d’une accélération de la consommation des ménages, permise par une reprise franche des créations d’emplois. La consolidation de la demande intérieure se traduirait par une remontée du taux d’investissement et la croissance serait de 2,3 % en moyenne â–
Autriche : résumé des prévisions
Variations par rapport à la période précédente, en % 2000 2001 2002 2003 PIB 3,3 1,1 1,2 2,4 Consommation des ménages 2,5 1,2 1,3 2,4 Consommation publique 0,9 – 0,5 0,9 0,8 FBCF totale 5,4 – 0,5 – 0,3 3,6 Dont Productive privée - - - - Logement - - - - Publique - - - - Exportations de biens et services 11,4 3,7 1,9 6,7 Importations de biens et services 11,2 2,3 1,7 6,6 Stocks, en points de PIB 1,1 1,3 1,2 1,2 Contributions Demande intérieure hors stocks 2,8 0,5 0,9 2,3 Stocks 0,4 – 0,1 0,3 0 Commerce extérieur 0,1 0,7 0,1 0,1 Prix à la consommation (IPCH) 2,3 2,7 1,5 1,6 Taux de chômage, au sens du BIT 3,7 3,9 3,7 3,5 Solde courant, en points de PIB Solde public, en points de PIB – 1,1 0 0 0 Impulsion budgétaire – 0,8 – 1,5 – 0,4 0,3 PIB zone euro 3,4 1,5 1,2 2,5 Sources : Eurostat, WIFO, calculs OFCE.
Portugal : une reprise en douceur
Net ralentissement en 2001
Après six années de croissance supérieure à 3 %, l’économie portugaise devrait nettement décélérer en 2001 pour atteindre 1,7 %, mais la croissance resterait légèrement supérieure à celle de la zone euro. Le ralentissement amorcé en 2000 s’est amplifié en 2001, en raison du retournement mondial. L’investissement a particulièrement souffert et devrait connaître une croissance négative en 2001 (– 0,3 %). L’investissement en bâtiment reste la composante la plus dynamique, soutenu par les investissements publics en infrastructures, financés en partie par les transferts de l’Union européenne. Quant à la consommation des ménages, elle ralentit fortement, mais résiste mieux que l’investissement et devrait croître de 1,2 % en 2001. Si les salaires nominaux ont, comme en 2000, augmenté d’environ 5,5 %, la forte inflation (4,4 % en moyenne en 2001, après 2,8 % en 2000) a réduit le pouvoir d’achat du revenu disponible des ménages. De plus, le chômage est reparti à la hausse au troisième trimestre de 2001. Les mauvaises perspectives, notamment en termes d’emplois, ont incité des ménages portugais très endettés (88,3 % du revenu disponible en 2000) à augmenter leur taux d’épargne et donc à réduire leur consommation.
Par ailleurs, le gouvernement a décidé en juin 2001 de mener une politique budgétaire austère pour tenter de respecter les engagements de déficit public du Pacte de stabilité, avec une réduction des dépenses sociales, un gel des salaires des fonctionnaires et un report de grands projets d’investissements en infrastructures. En dépit de ces mesures, le déficit public a atteint 2,2 % du PIB en 2001. Le Portugal, qui a échappé de peu à un avertissement préventif de la part du conseil Ecofin en février 2002 pour risque de déficit excessif en 2002, a dû s’engager à limiter ses dépenses pour parvenir à un budget équilibré en 2004.
Les indicateurs conjoncturels n’indiquent pas de nette reprise
Contrairement à la zone euro dans son ensemble, les indicateurs conjoncturels ne se sont pas encore clairement retournés au Portugal. Le moral des consommateurs reste bas, comme en témoigne l’enquête de février 2002 selon laquelle l’indice de confiance reste stable à un niveau proche du creux de début 1997. Si les consommateurs sont de plus en plus pessimistes en ce qui concerne le chômage, les perspectives de prix sont bonnes depuis le début de l’année 2002. En effet, l’inflation, qui avait fortement augmenté jusqu’au pic de 5,1 % en mars 2001, en raison notamment des tensions salariales et de la hausse du pétrole et des prix alimentaires, a diminué pour atteindre 3,3 % en février 2002. Si l’indice de confiance dans l’industrie s’est légèrement amélioré en février après une dégradation quasiment continue depuis septembre 2000, les soldes d’opinions sur les carnets de commandes domestiques et étrangers contribuent de se dégrader. En ce qui concerne le secteur de la construction, une légère amélioration se dessine en février 2002, avec un redressement des carnets de commandes et une stabilisation des perspectives d’emploi.
Une franche reprise attendue seulement en 2003
La consommation des ménages resterait faible en 2002, le chômage et le taux d’épargne continuant d’augmenter. En 2003, la consommation serait plus vigoureuse (1,7 %), en raison notamment de la poursuite du ralentissement de l’inflation et du chômage qui repartirait à la baisse. En ce qui concerne l’investissement, la reprise n’interviendrait qu’en 2003. L’investissement en bâtiment bénéficierait dès 2002 des transferts accrus de l’Union européenne, dans le cadre du troisième cadre communautaire d’appui. En revanche, l’investissement en équipement pâtirait notamment du fort endettement des entreprises. Après une pause en 2002, il repartirait en 2003. La politique budgétaire devrait être restrictive, conformément aux engagements du programme de stabilité. Comme dans les autres pays de la zone euro, les exportations portugaises bénéficieraient de la reprise du commerce mondial au cours de l’année 2002 (3,4 % fin 2002 en glissement annuel). Cependant, si les salaires continuent d’augmenter à un rythme soutenu, la compétitivité de l’industrie portugaise pourrait se dégrader et la baisse des parts de marché se poursuivre. La croissance du PIB ralentirait encore en 2002 (0,7 %), avant de repartir en 2003 (2,1 %).
Une incertitude importante a trait à la politique budgétaire qui sera mise en œuvre en 2002 et 2003. En effet, le futur chef du gouvernement de centre droit a remporté les élections législatives du 17 mars 2002 sur un programme de baisse d’impôts, consistant en une réduction du taux d’imposition sur les sociétés de 30 à 20 % dans les 4 ans à venir et du taux marginal maximum de l’impôt sur les personnes de 40 à 35 %. En contrepartie, le taux de TVA serait augmenté de 1 point. L’état des finances publiques portugaises pourrait cependant contraindre le gouvernement à renoncer à une partie de ces réformes â–
Portugal : résumé des prévisions
Variations par rapport à la période précédente, en % 2000 2001 2002 2003 PIB 3,4 1,7 0,7 2,1 Consommation des ménages 2,6 1,2 1,2 1,7 Consommation publique 2,6 2,2 2,0 1,7 FBCF totale 4,7 – 0,3 1,0 1,5 Exportations de biens et services 8,2 4,4 – 0,2 5,4 Importations de biens et services 5,7 2,7 1,6 3,7 Variations de stocks, en points de PIB 0,7 1,0 1,1 1,1 Contributions Demande intérieure hors stocks 3,5 1,1 1,4 1,8 Variations de stocks – 0,3 0,3 0,1 0,1 Commerce extérieur 0,2 0,3 – 0,8 0,2 Prix à la consommation (IPCH) 2,8 4,4 2,9 2,5 Taux de chômage, au sens du BIT 4,1 4,2 4,6 4,5 Solde courant, en points de PIB – 10,5 – 8,9 – 8,8 – 8,6 Solde public, en points de PIB – 1,5 – 2,2 – 2,4 – 1,4 Impulsion budgétaire 0,0 0,0 – 0,4 0,2 PIB zone euro 3,4 1,5 1,2 2,5 Sources : Eurostat, prévisions OFCE.
Faible décélération de l’économie en 2001
Après la forte croissance de 2000 (4,3 %), l’économie grecque décélérerait légèrement en 2001, autour de 3,5 %. Elle conserverait donc une croissance du PIB nettement supérieure à celle de la moyenne de la zone euro (1,5 % en 2001). La demande intérieure a certes ralenti, mais elle est restée dynamique, sans doute stimulée par la baisse des taux d’intérêt induite par l’entrée de la Grèce dans la zone euro. La croissance de l’investissement resterait particulièrement forte, soutenue essentiellement par de grands travaux d’infrastructures financés par l’Union européenne et par l’effort d’équipement associé à l’organisation des Jeux olympiques de 2004. La moindre progression du pouvoir d’achat du revenu disponible, en raison de l’accélération de l’inflation (3,7 % en 2001) et de la hausse modérée des salaires, a pesé sur la consommation des ménages qui ralentirait en 2001.
Des indicateurs conjoncturels bien orientés
D’après l’enquête de février 2002 de la Commission européenne, l’indicateur du climat économique grec reste supérieur à celui de la zone euro (graphique). Le moral des industriels s’améliore depuis le début de l’année 2002. Les soldes d’opinions sur les carnets de commandes et sur les perspectives de production se sont redressés et le niveau des stocks de produits finis est jugé moins excessif par les industriels. L’indice de confiance des consommateurs s’est aussi amélioré en février 2002 et retrouve son niveau de fin 2000. Ceci s’explique notamment par des perspectives de prix plus favorables.
Indicateur du climat économique en Grèce et dans la zone euro
Source : Commission européenne.
Des prévisions favorables pour 2002 et 2003
L’investissement continuerait en 2002 et 2003 d’être le moteur de la croissance de l’économie grecque, grâce aux transferts de fonds structurels de l’Union européenne dans le cadre du troisième cadre communautaire d’appui (2000-2006) et des besoins d’équipements induits par les Jeux olympiques de 2004. La croissance de la consommation resterait soutenue en 2002 et 2003, bénéficiant de la poursuite de la baisse du chômage. La hausse des salaires pourrait s’accélérer en 2002, en raison du rattrapage prévu par les conventions collectives signées en mai 2000 pour une durée de deux ans. L’inflation resterait supérieure à celle de la zone euro, contribuant à la poursuite de la dégradation de la compétitivité grecque et de la perte de parts de marché. En 2002 et 2003, l’économie grecque continuerait de croître à un rythme soutenu, largement supérieur à la moyenne de la zone euro, permettant à ce pays, dont le PIB par tête représente seulement 70 % de la moyenne européenne, de poursuivre son rattrapage â–
Grèce : résumé des prévisions
Variations par rapport à la période précédente, en % 2000 2001 2002 2003 PIB 4,3 3,5 2,8 3,7 Consommation des ménages 3,2 2,5 2,3 2,9 Consommation publique 0,9 1,8 1,2 1,0 FBCF totale 9,4 5,8 5,2 6,6 Exportations de biens et services 8,1 4,0 3,0 6,7 Importations de biens et services 6,6 3,6 2,6 5,4 Variations de stocks, en points de PIB – 0,2 – 0,2 – 0,3 – 0,3 Contributions Demande intérieure hors stocks 4,6 3,5 3,1 3,9 Variations de stocks 0,2 0,0 – 0,1 0,0 Commerce extérieur – 0,6 0,0 – 0,2 – 0,2 Prix à la consommation (IPCH) 2,9 3,7 2,9 2,8 Taux de chômage, au sens du BIT 11,4 11,2 11 10,6 Solde courant, en points de PIB – 7,1 – 5,3 – 5,2 – 5,1 Solde public, en points de PIB – 0,8 0,1 0,1 0,6 Impulsion budgétaire 0,2 – 0,5 0,3 0,2 PIB zone euro 3,4 1,5 1,2 2,5 Sources : Eurostat, prévisions OFCE.
Finlande : retour de croissance
La Finlande fait partie du groupe de pays européens (avec l’Allemagne, la Belgique, l’Irlande et le Luxembourg) qui a le plus accusé le coup du ralentissement mondial entre le début et la fin 2001. Comme les autres pays où le secteur des TIC a une place importante, la Finlande a pris de plein fouet le retournement de ce secteur. A ceci s’ajoute l’impact du ralentissement mondial sur l’industrie du papier, autre fleuron finlandais. Le PIB a baissé de 0,9 % entre le début et la fin 2001, et la croissance, en moyenne annuelle, a perdu presque 5 points entre 2000 et 2001 (5,6 % en 2000 puis 0,7 % en 2001, soit le taux de croissance le plus faible depuis la récession du début des années 1990). Bien que pays très ouvert, la contribution du commerce extérieur à cet infléchissement est restée nulle : exportations comme importations ont connu une chute spectaculaire. Tout comme dans les autres pays de la zone euro, la contribution des variations de stocks a été fortement négative en 2001, annulant en partie la contribution positive de la demande intérieure. Cette dernière a plutôt bien résisté, soutenue par la consommation publique. Encore dynamique au début de l’année 2001, l’investissement privé s’est rapidement retourné à partir du deuxième trimestre 2001, se contractant de 8 % en glissement entre le début et la fin de l’année.
Le net ralentissement de l’activité n’a eu que peu d’impact jusqu’à présent sur le taux de chômage. Il a atteint un point bas de 9 % en mai 2001, auquel il s’est maintenu jusqu’en juillet, avant de remonter progressivement à 9,3 % en janvier 2002. En nette accélération en 1999 et 2000, l’inflation a atteint 3 % en moyenne annuelle en 2000, soit bien plus que la moyenne de la zone euro. Elle s’est légèrement ralentie en 2001 (2,7 % en moyenne), ce qui contraste avec la zone, et a encore ralenti en février 2002 (glissement de 2,5 %) grâce à la baisse du prix du pétrole. La baisse de la production industrielle a atteint 10,4 % en glissement en janvier 2002 (après avoir atteint des rythmes de + 20 % fin 2000). La remontée de la confiance des industriels à partir du point bas de novembre 2001 est encore hésitante. La remontée de la confiance des consommateurs est nette, mais elle n’a pas encore rejoint le niveau de début 2001.
Comme aux États-Unis et dans les autres pays de la zone euro, la croissance en 2002 s’amorcerait par une reprise technique (soutenue par une forte contribution positive des variations de stocks). Le relais serait ensuite pris par les exportations, tirant parti de l’affermissement de la demande adressée à la Finlande. En nette opposition à 2001, la croissance finlandaise serait ainsi exclusivement tirée par le commerce extérieur. La croissance des importations redeviendrait positive pour répondre à la demande accrue de produits bruts et intermédiaires stimulée par la reprise de la production. Les réductions d’impôts, les baisses de cotisations et l’augmentation modeste des dépenses publiques promises pour 2002 auraient un impact pro-cyclique salutaire. Aidés par les allègements d’impôt, les interlocuteurs sociaux sont parvenus à un accord salarial central fin 2000, qui prévoit une progression des salaires contractuels de 2,3 % en 2002. Le net ralentissement de l’inflation doperait le pouvoir d’achat des ménages. La forte croissance du revenu disponible réel limiterait l’impact de la remontée du taux de chômage sur la consommation des ménages.
En 2003, la reprise de l’investissement s’ajouterait à une contribution toujours positive du commerce extérieur. La croissance finlandaise renouerait ainsi avec un rythme trimestriel moyen de 0,9 %, soit largement dans le haut de la zone euro. L’incertitude liée au marché mondial des TIC, et plus particulièrement les perspectives de ventes pour le secteur des équipements de télécommunication, jette néanmoins une ombre sur la reprise attendue. L’avenir de la téléphonie mobile de troisième génération est toujours en suspens, conditionné au seul désir des consommateurs de s’équiper, alors qu’ils ont été jusque là plutôt échaudés par les carences de la révolution du sans-fil â–
Finlande : résumé des prévisions
Variations par rapport à la période précédente (sauf mention contraire), en % 2000 2001 2002 2003 PIB 5,6 0,7 1,8 3,6 Consommation des ménages 2,2 1,5 2,5 2,3 Consommation publique – 0,2 1,7 1,3 1,5 FBCF totale 4,8 2,1 – 3,0 4,5 Exportations de biens et services 18,3 – 0,7 3,9 6,8 Importations de biens et services 16,2 – 0,9 – 0,9 5,6 Variations de stocks, en points de PIB 0,6 – 0,1 – 1,3 – 1,3 Contributions Demande intérieure hors stocks 2,0 1,4 0,9 2,2 Variations de stocks 1,0 – 0,7 – 1,3 0,0 Commerce extérieur 2,6 0,0 2,2 1,4 Prix à la consommation (IPCH) 3,0 2,7 1,7 1,9 Taux de chômage, au sens du BIT 9,7 9,1 9,6 9,6 Solde courant, en points de PIB 7,4 6,6 5,9 6,5 Solde public, en points de PIB 6,9 3,7 1,9 2,1 Impulsion budgétaire – 1,0 1,3 1,2 0,4 PIB zone euro 3,4 1,5 1,2 2,5 Sources : Statistics Finland, prévisions OFCE.
Irlande : le tigre celtique s’assagit
L’économie irlandaise a subi une succession de chocs contraires au cours de l’année 2001 : au cours du premier trimestre, le secteur agricole a été frappé par l’épidémie de fièvre aphteuse. La production et les exportations de ce secteur ont fortement ralenti au début de 2001. L’épidémie a été contenue (un seul cas recensé) grâce à des mesures drastiques qui ont freiné les déplacements à l’intérieur du pays. Le secteur du tourisme (environ 5 % du PIB) a ainsi également souffert de cette situation. Les plus faibles fréquentations au premier semestre ont été suivies d’annulations pour l’été 2001. La crise des transports aériens après le 11 septembre 2001 a aggravé a situation de ce secteur : aux problèmes financiers d’Aerlingus se sont ajoutées la forte baisse des fréquentations touristiques américaines et la moindre fréquentation des aéroports irlandais, hub européen vers les États-Unis. Le fort ralentissement du commerce mondial a également affecté la croissance de l’économie irlandaise, petite économie très ouverte. Par ailleurs, l’Irlande a été particulièrement touchée par la récession aux États-Unis. L’Irlande est le pays de la zone euro qui réalise le plus d’échanges avec ce pays, en pourcentage de ses exportations et importations totales et qui reçoit le plus d’investissements directs américains. Comme de plus ces investissements sont concentrés principalement dans le secteur des nouvelles technologies, le retournement de la conjoncture de ce secteur a eu pour conséquence l’annonce de nombreux plans sociaux tout au long de l’année 2001, ce qui a contribué à la dégradation du moral des ménages irlandais.
Atterrissage en douceur de l’économie irlandaise ?
La croissance du PIB irlandais a fortement ralenti, puisqu’elle est passée d’un glissement annuel de 13 % au premier trimestre de 2001 à seulement 3,2 % au troisième trimestre. L’investissement privé s’est fortement contracté, tandis que la vigueur de la demande du secteur public et de la consommation privée s’est maintenue. La décélération progressive de l’inflation, les allègements fiscaux et la progression des salaires (environ 8 % par an en 2000 et 2001) ont permis une amélioration du pouvoir d’achat des ménages. La remontée de l’inflation au dernier trimestre de 2001 s’explique par le relèvement des taxes sur le tabac et l’essence et par la hausse toujours vive du prix des services. On constate en revanche une baisse du coût du logement. Le retournement des loyers depuis l’été 2001 semble durable et met fin à la flambée des prix de l’immobilier. Depuis le 1er mars 2002, la TVA est rétablie à 21 % (elle était temporairement fixée à 20 % depuis mars 2001), ce qui devrait contribuer à la hausse des prix cette année.
Les entreprises de certains secteurs d’activité font toujours état de difficultés pour trouver de la main-d’œuvre, mais ces goulets d’étranglement devraient s’estomper avec la remontée progressive du chômage. Par ailleurs, le ministère des finances note une diminution des recettes de l’impôt sur le revenu en dépit de la hausse des salaires et de l’élargissement de l’emploi, ce qui serait le reflet de la diminution des primes et de moindres tensions. L’indicateur de confiance dans l’industrie s’est redressé depuis le point bas de novembre 2001.
Le tigre demeure en bonne santé
L’économie traditionnelle a bien résisté et devrait continuer de bénéficier de la faiblesse de l’euro vis-à-vis de la livre Sterling, le Royaume-Uni demeurant une destination importante des exportations des industries agroalimentaire et textile. Même si la croissance de l’économie irlandaise perd 8 points entre 2000 et 2002, les performances prévues s’inscrivent nettement supérieures à la moyenne européenne.
Des élections générales se tiendront vraisemblablement en mai 2002. La politique budgétaire continue de soutenir la croissance et ce en dépit de l’érosion rapide des recettes fiscales en 2001 et 2002, induite par la moindre croissance et par la poursuite des allègements fiscaux. Le prochain gouvernement devra s’occuper de la privatisation d’Aerlingus et de la restructuration de la Poste. D’autre part, un deuxième referendum sur le traité de Nice sera organisé dans le courant de l’année (l’élection de Pat Cox au poste de président du Parlement européen a contribué à une amélioration de l’ « euro-optimiste » irlandais).
La persistance de l’inflation et les risques de dérapages des salaires demeurent les principaux risques du scénario de croissance irlandais, susceptibles d’entamer sa compétitivité. Les accords triennaux du partenariat social entre le patronat, les syndicats et les autorités publiques doivent être renégociés en 2002 pour la période 2003-2005. Le risque d’une aggravation de la crise boursière irlandaise, consécutive aux problèmes successifs de Allied Irish Banks et de Elan, les deux plus importantes sociétés sur le marché boursier irlandais, ne doit pas non plus être écarté â–
Irlande : résumé des prévisions
Variations par rapport à la période précédente, en % 2000 2001 2002 2003 PIB 11,5 4,2 3,5 5,0 Consommation des ménages 9,9 5,0 4,0 4,0 Consommation publique 5,4 5,5 6,0 6,0 FBCF totale 7,0 2,0 2,0 5,0 Exportations de biens et services 17,8 7,0 5,0 10,5 Importations de biens et services 16,6 7,5 5,5 11,5 Variations de stocks, en points de PIB – 0,1 – 0,2 – 0.3 – 0,1 Contributions Demande intérieure hors stocks 7,2 3,6 3,2 3,8 Variations de stocks 0,6 – 0,1 – 0,1 0,2 Commerce extérieur 3,7 0,7 0,4 0,9 Prix à la consommation (IPCH) 5,3 4,0 3,8 3,0 Taux de chômage, au sens du BIT 4,2 3,8 5,0 4,8 Solde courant, en points de PIB – 0,7 – 2,0 – 1,8 – 1,6 Solde public, en points de PIB 4,5 1,2 0,5 – 0,5 Impulsion budgétaire 1,4 2,2 0,5 1,0 PIB zone euro 3,4 1,5 1,2 2,5 Sources : Eurostat, CSO, OFCE.
[1]
Les trois critères permettant habituellement de détecter une récession (règle des 3D) n’ont pas été tous atteints : l’indice de diffusion sur 6 mois de l’indicateur avancé est bien resté plusieurs mois sous la barre des 50 %, mais la baisse de l’indicateur avancé (en glissement sur 6 mois et en rythme annualisé) n’a jamais atteint le seuil de 3,5 %.
[2]
À partir de 2003, le dispositif des crédits d’impôts pour enfants sera simplifié ; un crédit d’impôt pour les personnes ayant un travail – sans être limité aux familles avec enfants comme c’est actuellement le cas – sera mis en place (le WTC (
Working Tax Credit) se substituera au WFTC (
Working Family Tax Credit)). Le détail de ces mesures ne sera connu que le 17 avril, lors de la présentation du budget 2002.
[3]
Selon cet accord, les entreprises et les syndicats devraient négocier en 2002 des augmentations de salaires d’environ 2,5 %, tenant compte à la fois de l’objectif d’inflation fixé par le gouvernement pour l’année prochaine (2 %) et des gains de productivité prévus (1 %) à partager à parts égales entre les salariés et les entreprises. En ce qui concerne l’application de la clause de garantie du pouvoir d’achat, les travailleurs tiendront compte de la situation de leur entreprise ou du secteur concerné.
[4]
cf. L. Avonds, F. Bossier, A. Gilot, B. Van den Cruyce, F. Vanhorebeek,
Evaluation des effets économiques de la faillite de la Sabena SA, Working Paper 3-02.