2004
Revue de l’OFCE
Dossier : Perspectives 2004-2005
Les perspectives économiques
En débat
Les prévisions occupent une place particulière dans le débat public en économie. Elles sont généralement considérées comme des prédictions, qualifiées fréquemment d’optimistes ou de pessimistes, comme si elles dépendaient de l’humeur des équipes qui les réalisent. Certes, en un sens, la prévision est un art tant elle dépend des signes précurseurs que nous livre le présent, de l’interprétation des évolutions en cours, de la capacité des économistes de sélectionner les informations pertinentes parmi celles, multiples, dont l’intérêt n’est qu’anecdotique. Mais elle est surtout une science puisqu’elle consiste à déduire des informations dont on dispose sur le présent une vision de l’avenir. Elle ne peut être formulée en dehors d’un cadre général d’interprétation, c’est-à-dire d’une théorie qui met en relation les informations que l’on privilégie et les variables que l’on cherche à prévoir.
Parmi ces informations, certaines, cruciales, ne sont pas vraiment disponibles car, pour l’essentiel, elles dépendent de décisions à venir et qu’il n’existe pas vraiment de théorie permettant de déduire des données existantes ce que seront ces décisions. Il faut donc formuler des hypothèses alternatives et retenir celles qui nous paraissent les plus vraisemblables. Dès lors, les erreurs de prévision peuvent avoir au moins trois origines : une insuffisance d’information sur le présent, une mauvaise spécification théorique, la non réalisation de certaines hypothèses. De surcroît, il existe une incertitude irréductible au sens ou certains événements sont imprévisibles, alors même que leur conséquence sur l’activité économique est déterminante. Voilà pourquoi les chiffres associés à une prévision sont éminemment fragiles, qu’ils doivent être considérés comme conditionnels aux hypothèses que l’on formule, aux données dont on dispose et au cadre théorique dans lequel on raisonne.
Il m’a donc semblé nécessaire que les prévisions réalisées par l’OFCE soient publiées en même temps qu’un débat autour de ces prévisions. Cela offre le double avantage de rendre explicite le doute inhérent à tout exercice de prévision pour les raisons déjà exposées, et de participer au pluralisme nécessaire à l’indépendance et au sérieux des études économiques. Une prévision, pour rigoureuse qu’elle soit, n’est pas un exercice mécanique au terme duquel la vérité serait révélée, mais une « histoire » raisonnée du futur délivrant des résultats incertains. Il est utile d’en comprendre d’emblée les limites, pour ne point s’en servir comme d’un argument d’autorité, à l’instar de ce qui est trop fréquemment le cas. Je remercie Françoise Milewski d’avoir organisé ce débat et d’avoir accepté la charge d’en faire la synthèse.
Jean-Paul Fitoussi
Débat sur les perspectives économiques à court terme du 2 avril 2004
Participants au débat :
David Naudé : Deutsche Bank
Dominique Taddéi: Université Paris XIII et Conseil économique et social
Jean-Paul Fitoussi, Gérard Cornilleau, Éric Heyer, Catherine Mathieu, Mathieu Plane, Christine Rifflart, Xavier Timbeau : OFCE
Les États-Unis, l’Europe et les politiques économiques
Dominique Taddéi : Le titre de la prévision « Un monde presque parfait » sous-entend que l’on est presque sauvé. Mais si le raisonnement de l’OFCE est convaincant sur chacun des points, le trouble demeure sur la logique d’ensemble. Sur trois variables — le PIB mondial, le niveau de l’euro et le prix du pétrole —, la prévision de l’OFCE est dans le haut de la fourchette ; mais quelle est la probabilité de se situer dans le haut de la fourchette pour toutes ces variables en même temps ? Dans l’incertitude actuelle, le plus probable se distingue du plus souhaitable.
Prenons l’exemple des taux de change : prévoir que tout va bien se passer suppose que les États-Unis vont conduire avec prudence la baisse du déficit et que les banques asiatiques ne vont pas changer leurs comportements. C’est effectivement le plus plausible, mais une crise géopolitique, par exemple des tensions sino-américaines à propos de Formose, peut constituer le grain de sable qui enraye les mécanismes les plus probables.
Jean-Paul Fitoussi : Les Chinois ont un comportement rationnel : ils n’ont aucun intérêt à être suicidaires. Un taux de change sous-évalué leur est utile. S’ils vendaient massivement des dollars, leur monnaie s’apprécierait.
David Naudé : Nous sommes d’accord, à la Deutsche Bank, avec le schéma de l’OFCE selon lequel le point haut du cycle mondial serait atteint en 2004, la croissance se ralentissant en 2005. Aux États-Unis, le rebond de 2004 est dû à l’impulsion de la politique économique, monétaire et budgétaire, et à l’amélioration des profits des entreprises. Or, dès le début de 2005, on peut entrevoir un resserrement de l’environnement financier, par un relèvement des taux d’intérêts. Même chose pour la politique budgétaire. De plus, la hausse des prix des matières premières a un effet dépressif, amplifié par la baisse du dollar. Le rythme de croissance du PIB sera donc de l’ordre de 4 %, inférieur à celui de 2004.
Le deuxième trait marquant de la conjoncture internationale actuelle est la synchronisation des cycles, en particulier entre les pays industrialisés et les pays en développement. Au Japon, bien que les tendances déflationnistes n’aient pas disparu, la croissance est depuis deux ans supérieure à celle de l’Europe, grâce au redressement des profits et de l’investissement des entreprises et, depuis peu, de la consommation. Tout cela est positif pour la zone euro et la France.
Fondée sur cette synchronisation de l’environnement international, notre prévision pour la zone euro et la France est un peu plus optimiste que celle de l’OFCE. Pour la France par exemple, notre prévision est de 1,9 % en 2004 et 2,3 % en 2005 (au lieu de 1,5 et 2,3 % pour l’OFCE). Chacun des déterminants ne justifie certes pas à lui seul la reprise, mais si le mouvement général de reprise se confirme, il aura un impact favorable sur l’Europe et la France. On a trop tendance à oublier les performances françaises de ces dernières années : le PIB a progressé de 2,7 % de 1996 à 2002, soit six années — dont deux marquées par un fort ralentissement mondial — avec une croissance supérieure à ce que l’on considère traditionnellement comme le potentiel de la France.
Dominique Taddéi : L’OFCE qualifie de structurel le déficit de croissance de la France vis-à-vis des États-Unis. Je suis en désaccord, car cela sous-entend que le potentiel OCDE est exogène. Or le long terme ne peut être considéré et calculé indépendamment du court terme, et le potentiel OCDE est endogène. Nous sommes en situation de déficit de demande. C’est le mauvais policy mix mené en Europe qui est structurel.
Il faut en finir avec le PSC car on ne peut pas tricher plus longtemps avec la règle actuelle. Deux éléments ont disparu de fait : la cible à long terme d’un déficit de 0 % et les sanctions pour dépassement des 3 %. Qui pourrait désormais réclamer des sanctions ? A court terme, ni les Pays-Bas, qui atteignent la limite des 3 %, ni l’Espagne dont la diplomatie change avec le changement de gouvernement. Et pour l’avenir, les dépassements récents de la France et de l’Allemagne, sans sanctions, créent une jurisprudence pour tous les autres pays, à qui plus personne ne pourra demander le respect des règles du PSC. Il faut donc ouvrir une renégociation du Traité, en particulier des règles du PSC et du policy mix qu’il implique.
Jean-Paul Fitoussi : Dire que le déficit de croissance de la France par rapport aux États-Unis est structurel implique que l’on prenne en compte l’impossibilité de définir un autre policy mix que l’actuel. En ce qui concerne le PSC, n’oublions pas que la sanction n’est pas automatique.
Xavier Timbeau : La prévision de l’OFCE n’est pas « optimiste ». Elle tente de faire le lien entre tous les facteurs. Par exemple, sur les taux de change, l’intérêt conjoint des États-Unis et de l’Asie conduit à un équilibre ; le fait que l’Europe ne prenne pas sa part du gâteau aide à la stabilisation.
David Naudé : Le mauvais policy mix ne peut être tenu comme le principal responsable de tous les maux de la zone euro, en tout cas conjoncturels. Les critères du PSC ont été en fait assouplis et les stabilisateurs automatiques ont pu jouer. En revanche, on ne sait toujours pas quel outil le gouvernement français propose de lui substituer pour éviter le free riding et les déviations unilatérales. Ne donner qu’un niveau moyen laisse entier le problème lié au risque de l’écart individuel d’un pays. Ce risque est réel et il faut continuer de définir un mécanisme et des contraintes. Quant à la politique monétaire, on peut être déçu — ou en tout cas étonné compte tenu des déclarations récentes — que la BCE n’ait pas baissé ses taux d’intérêts lors de sa dernière réunion ; mais convenons que les taux sont à des niveaux bas ; en outre, il n’est pas sûr, dans les circonstances actuelles, qu’une baisse des taux soit de nature à contrecarrer le ralentissement de la consommation, en particulier dans les services, car il est dû au fait que l’inflation perçue est élevée. Quoi qu’il en soit, la décision récente n’exclut pas la possibilité d’une baisse future si les risques de ralentissement devaient se matérialiser.
Dominique Taddéi : Le déficit chronique de demande depuis douze ans n’est pas structurel : il est systémique, et d’origine géo-politico-culturelle. Le PSC a tous les défauts : d’une part il freine la demande, d’autre part il n’est pas respecté, donc pas respectable ; en cinq ans d’application, il y a déjà eu quatre révisions d’interprétation. Des pistes pour sa redéfinition ont été exposées dans un document de novembre 2003 du Conseil économique et social. Il faut insister sur la nécessité d’une consultation des partenaires sociaux, des Parlements nationaux et du Parlement européen, pour que le nouvel instrument acquière une légitimité démocratique par rapport aux souverainetés nationales. Sinon, la règle du plus menteur sur les chiffres du déficit perdurera. Il faut en finir avec les jeux d’habileté pour habiller les chiffres, et changer de culture, c’est-à-dire mettre en œuvre un jeu coopératif et faire de l’économie politique et non pas de l’économisme.
Jean-Paul Fitoussi : L’aspect démocratique est effectivement essentiel. Si les politiques économiques européennes sont erronées, il faut en changer. Le policy mix ne se réduit pas aux politiques macroéconomiques car il intègre aussi les politiques structurelles : en effet, celles-ci peuvent empêcher les politiques macroéconomiques d’être efficaces. Le PSC empêche toute stratégie budgétaire ex ante. Aujourd’hui, on ne fait que constater le déficit ex post.
David Naudé : Les écarts de croissance entre les États-Unis et la zone euro sont fortement atténués si l’on porte attention aux PIB par tête. De 1990 à 2000, l’écart est nul. De 1995 à 2000, les États-Unis ont une avance de deux dixièmes de points. L’écart ne se creuse qu’après 2000. Il est sûr, cependant, que le problème démographique lié au vieillissement à venir de la population est sérieux, même pour la France qui a connu ces dernières années une démographie plus favorable que les autres pays européens. Dans toute l’Europe, la nécessité d’un accroissement des taux de participation est un défi majeur.
Dominique Taddéi : L’écart de croissance est toujours dans le même sens ! Nous souffrons du syndrome japonais ; nous ne sommes pas dans le schéma d’une reprise classique.
Jean-Paul Fitoussi : Les chiffres de la BCE sur les comparaisons de PIB par tête permettent de justifier l’absence de baisse des taux d’intérêts. En réalité, même s’il était vrai que depuis le milieu des années 1970 il n’y a pas d’écart de croissance — mais l’on sait combien ces mesures sont entachées d’incertitude — cela signifierait que l’Europe ne rattrape plus les États-Unis, alors qu’il demeure un écart de niveau de vie de 30 % à combler.
Catherine Mathieu : À la fin des années 1990, la fin des ajustements budgétaires, les baisses de taux d’intérêts et la baisse de l’euro ont été favorables à la croissance dans la zone euro. C’est bien la preuve de l’efficacité d’un policy mix favorable et de l’importance d’un euro faible pour la croissance de la zone.
Un choc d’offre dû au pétrole ?
Jean-Paul Fitoussi : Quel est votre point de vue sur l’éventualité d’un choc d’offre dû au pétrole et aux matières premières ?
David Naudé : Le risque est réel. L’absence de baisse du prix du pétrole en 2003 a constitué une surprise. Le cycle du pétrole est corrélé à celui de la demande mondiale. Mais la baisse de l’euro limite les effets défavorables pour la zone euro.
Dominique Taddéi : L’administration Bush a changé d’orientation sur le change : dans un premier temps, la baisse du dollar était jugée bénéfique car elle permettait de conquérir des parts de marché. Depuis deux mois, l’évolution du prix de l’essence à la pompe prime, dans une optique préélectorale. La baisse du dollar est ainsi jugée contreproductive, après avoir été jugée productive.
Christine Rifflart : Notre prévision résulte d’un cadrage entre l’offre et la demande. Celui-ci conduisait en 2003 à anticiper un prix du pétrole à 25 dollars le baril, certes bien inférieur au prix effectivement réalisé, mais supérieur aux autres prévisions. Aujourd’hui, l’objectif implicite de l’OPEP semble se situer autour de 28 dollars, au regard des évolutions de l’offre et de la demande et au regard des besoins d’investissements nécessaires pour satisfaire la demande à long terme. Les prix devraient donc rester élevés, mais d’un niveau plus faible que le prix actuel de 34 dollars. En ce qui concerne les autres matières premières, il n’existe pas d’élément régulateur comme l’est l’OPEP ; notre scénario est fondé sur une corrélation de leur prix avec celui du pétrole ; nous anticipons donc une détente.
L’économie française
David Naudé : En Europe, a-t-on apporté une solution aux causes du ralentissement, notamment du côté de l’assainissement des entreprises ? En France, il y a une dichotomie entre les chiffres des comptes nationaux qui n’indiquent pas de redressement des taux de marge, et les chiffres publiés par les entreprises, notamment du CAC 40, qui retracent une hausse sensible des résultats en 2003. Il est intéressant de noter que les entreprises de services ont connu un ralentissement de leur activité tout à fait inhabituel, en grande partie dû au tassement de la demande des entreprises, qui ont taillé dans leurs budgets de dépenses. Il est possible que les entreprises aient réalisé des efforts tout à fait importants, et qu’elles se trouvent aujourd’hui dans une bien meilleure situation, favorisant une reprise de l’investissement.
Mathieu Plane : Les entreprises du CAC 40 sont particulières, comparées aux autres entreprises. Elles ne sont pas soumises aux mêmes contraintes. Les politiques d’endettement et d’investissement de ces entreprises se distinguent de celles des autres sociétés. L’évolution des profits du CAC 40 peut donc être différente de celle de l’ensemble des entreprises…
David Naudé : … mais les difficultés antérieures étaient surtout celles du CAC 40.
Xavier Timbeau : Les divergences sur les profits peuvent s’expliquer par le fait que les comptes nationaux ne sont pas à jour. Mais il y a aussi une autre hypothèse : les bas de bilan des entreprises ne se sont pas améliorés, si bien que les taux de marge se redressent moins que les profits. De plus, les investissements peuvent être bridés même si les profits s’améliorent, du fait de la faiblesse de la demande finale. Seront-ils suffisants pour tirer la croissance ?
Dominique Taddéi : Pour la France, la conjonction de la baisse des impôts et de la hausse des dépenses va poser le problème des engagements vis-à-vis du PSC. Comment boucler 2004 ? Comment rendre cohérents le discours et la réalité ? Il n’y a d’autre solution que de demander la renégociation du PSC.
Il faut distinguer l’exécution de la loi de finances en cours, qui sera mauvaise, et les effets à venir des engagements pris de dépenses supplémentaires (restaurateurs, ASS, recherche, etc.). Un tour de vis « euro-orthodoxe » à la rentrée 2004 pour l’année en cours est peu probable. Mais pour la loi de finances 2005, une hausse des impôts sera nécessaire si l’on veut respecter les engagements : en effet, se cumuleront des moins-values fiscales dues à la faiblesse de la croissance du PIB et des dépenses supplémentaires qui, même si chacune est peu importante, sont significatives au total. Et la dérive des dépenses de santé peut conduire à une hausse de la CSG, qui serait négative pour la consommation.
Xavier Timbeau : L’impulsion budgétaire sera négative, même si on n’atteint pas les 3 %.
David Naudé : On ne peut effectivement anticiper d’assouplissement budgétaire : passé juin 2004, il y aura nécessairement un resserrement.
En ce qui concerne la demande, la France et la zone euro ne sont pas dans la même situation que les États-Unis, où la reprise se faisant sans emploi, le revenu et la consommation sont faibles ; en France et dans la zone euro, la reprise de l’emploi est moins cruciale car les taux d’épargne se sont accrus ces dernières années ; leur diminution peut ainsi soutenir la consommation. Que dit l’OFCE de l’évolution du contenu en emploi de la croissance future ?
Éric Heyer : La France reviendra dans le peloton européen. Elle s’en était distinguée de 1997 à 2002, quand la croissance française, de 2,6 %, dépassait celle de la zone euro, de 2 %. Un emploi plus dynamique et une impulsion budgétaire plus forte expliquaient cette avance. Elle a disparu en 2003, la croissance française devenant inférieure à celle de la zone euro. En 2004 et 2005, les croissances devraient redevenir similaires. Les conditions de la reprise existent ; mais la hausse de l’euro et la politique monétaire et budgétaire la brident.
La croissance s’était enrichie en emplois grâce aux 35 heures, aux emplois-jeunes et aux baisses de charges ; actuellement, l’ajustement de l’emploi à l’activité n’est pas complètement terminé, car du fait des annonces de reprises qui ne se sont pas concrétisées, les entreprises n’ont pas réduit leurs effectifs ; à l’avenir, le contenu en emploi de la croissance sera donc plus faible.
Dominique Taddéi : Il faut neuf à douze mois pour qu’une reprise se traduise par une hausse des embauches. Le cercle vertueux n’est donc pas encore engagé. D’autant que l’assouplissement de la loi Fillon conduit à un effet retardé sur les embauches.
Xavier Timbeau : L’effet de la loi sur les 35 heures va perdurer : la possibilité d’avoir recours aux heures supplémentaires peut retarder l’effet sur l’emploi de la croissance.
Jean-Paul Fitoussi : De plus, la durée du travail s’allonge en 2004, sans surcoût, du fait de jours fériés qui sont des samedis. Par ailleurs, quel est l’effet de la baisse de la population active sur le chômage ? L’allongement de la durée requise pour les retraites dans le secteur public compensera-t-il cette tendance à la baisse ?
Gérard Cornilleau : En 2004 et 2005, cet effet ne jouera pas encore. Seul l’effet des retraites anticipées jouera. Il faudra par ailleurs observer précisément le contenu des décrets d’application de la loi.
Dominique Taddéi : En France, l’inquiétude sur le comportement des acteurs est aujourd’hui plus grande qu’il y a six mois. La pente est négative. Mais la productivité n’est pas un frein. C’est la demande qui fait défaut.
Jean-Paul Fitoussi : L’incertitude concernant la prévision sur la France tient donc surtout à la politique budgétaire et à l’évolution des profits et de l’investissement.