2005
Revue de l’OFCE
Dossier : Concurrence des pays émergents, délocalisations et emploi - L’évaluation des politiques économiques
Dossier : Concurrence des pays émergents, délocalisations et emploi
En débat
Jean-Paul Fitoussi
De nombreuses questions restent en débat alors même qu’elles ont fait l’objet de mesures de politique économique. Quel est l’effet sur l’emploi des allègements de charges sociales sur les bas salaires ? Quelles sont les conséquences sur l’emploi, les revenus et les incitations au travail de la prime pour l’emploi ? Quels sont les effets du congé parental sur l’emploi des femmes ? etc.
Sur chacune de ces questions, il existe des études réalisées ex ante (avant la prise de décision), et très peu d’évaluations des conséquences effectives des politiques mises en œuvre. Il m’a donc semblé que l’OFCE pouvait jouer un rôle utile en organisant régulièrement des rencontres entre les auteurs de ces études pour mieux comprendre les raisons des divergences de leurs conclusions initiales, et éventuellement les remettre en cause à la lumière des résultats « constatés » des décisions politiques déjà prises. Un effet attendu de ces réunions est d’inciter à procéder à davantage d’études d’évaluation. Les politiques mises en œuvre peuvent avoir un coût important et il existe toujours des politiques alternatives. En quelle mesure les décisions prises ont atteint l’objectif poursuivi est donc une question légitime qui mérite davantage d’attention des pouvoirs publics et des chercheurs.
On peut aussi s’interroger sur l’évaluation des effets de tendances économiques en cours, afin de discuter de l’opportunité de politiques économiques spécifiques et de leur définition. Tel était l’objet de la rencontre organisée par l’OFCE le 14 mars 2005, la quatrième depuis mars 2003. Quel est l’effet des délocalisations sur l’emploi en France ? Faut-il réagir aux délocalisations par des mesures de politique économique ? Je remercie les économistes qui ont accepté de participer à cette rencontre, et tout particulièrement Catherine Mathieu et Henri Sterdyniak, non seulement de l’avoir organisée, mais d’avoir accepté la charge difficile d’en faire le compte rendu.