Partage de la valeur ajoutée dans les pays industrialisés
De nouvelles estimations
Arnaud Sylvain
L’adoption de nouvelles conventions pour calculer des indicateurs de partage de la valeur ajoutée conduit à relativiser deux faits stylisés communément admis.
L’indicateur calculé pour la France ne présente pas de tendance à la hausse depuis le début des années 1980. La part des profits dans la valeur ajoutée est relativement stable depuis le début des années 1990 et s’établit à un niveau proche de celui du début des années 1970.
La différence entre les pays continentaux européens et certains pays anglo-saxons est largement atténuée. Le profil moins heurté du partage de la valeur ajoutée dans certains pays anglo-saxons peut s’expliquer par des évolutions du partage de la valeur ajoutée dans le secteur pétrolier, qui compensent celles du reste de l’économie. Hors secteur pétrolier, les fluctuations du partage de la valeur ajoutée dans ces pays se rapprochent de celles constatées dans les pays continentaux européens.
So far, comparative studies of capital (or labour) share have opposed European to Anglo-Saxon countries. They have shown that capital share presents sharp movements and a positive trend in European countries, while it is stable in Anglo-Saxon countries. These stylised facts are often explained by the rigidities affecting the European countries and the flexibility of the so-called “Anglo-Saxon” model.
Based on new capital share indicators, this comparative analysis aims at questioning these stylised facts. It concludes that, instead of separating European from Anglo-Saxon countries, it is much more relevant to oppose oil producing countries to non producing countries. Furthermore, when removing the oil sector in producing countries, the movements in capital share present common features in all countries except for the United States.
JEL Codes: E25 et O57.
• La part des profits dans la valeur ajoutée dans les pays d’Europe continentale et anglo-saxons
• Construire des indicateurs de partage de la valeur ajoutée
• L’impact des hypothèses retenues
• Une convergence du diagnostic sur la France
• L’écart entre pays européens et anglo-saxons est atténué
• Une opposition entre pays producteurs de pétrole et pays non producteurs ?
• Conclusion
• Références bibliographiques