Revue de métaphysique et de morale
P.U.F.

I.S.B.N.9782130517696
144 pages

p. 321 à 343
doi: en cours

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n° 31 2001/3

Un peuple métaphysique

Jean-François Courtine
Dans son auto-compréhension, la philosophie allemande prend conscience d’elle-même, dans l’après-Kant, comme d’une philosophie « germanique et provinciale », revendiquant ainsi, contre l’universalité prétendue de la langue française et des « philosophes », sa particularité qui devient bientôt « nationale ». Ce sont les effets paradoxaux de ce renversement, lié à la réception française de Kant, puis de l’idéalisme allemand, qu’envisage la présente contribution, au fil conducteur des réflexions de Schelling et de sa correspondance avec Victor Cousin. German philosophy, in its selfunderstanding, becomes aware of itself after Kant as being a « germanic and provincial » philosophy, claiming thereby its peculiarity which becomes soon « national » againt the so-called universality of french language and of « philosophers ». The present paper examines the paradoxical effects of this reversal, bound to the french reception of Kant, then of the german idealism, following the leading thread of Schelling’s reflexions and of his Correspondance with Victor Cousin.


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