Revue de métaphysique et de morale
P.U.F.

I.S.B.N.9782130517702
160 pages

p. 425 à 443
doi: 10.3917/rmm.014.0425

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n° 32 2001/4

L’indifférence croissante de la philosophie à l’égard de l’histoire et de la culture

Joseph Margolis
On assiste à un « surplace » de la recherche philosophique en Occident. L’importance de l’histoire, le caractère décisif de la culture, la dimension sociale de l’esprit, ne suscitent plus qu’un intérêt épisodique. On a oublié les apories de Kuhn. Américains et Occidentaux sont des solipsistes qui font mine d’ignorer la formation historique de l’esprit, renouvelant l’oubli de Kant et Husserl qui n’avaient pas su prendre en compte le caractère contingent, changeant, collectif, fortement historicisé des compétences intellectuelles et cognitives. Séparée des pratiques consensuelles, la science perd son sens. Il faut revenir au problème de l’individuation et reposer la question de l’acquisition de qualités uniques et pourtant générales qui font l’individualité. There is a general stagnation in western philosophical research. The importance of History, of Culture, the social nature of the Spirit, is of secondary interest, nowadays the meanest interest. What about the hard and sharp questions raised by Kuhn ? Americans or western nations are but solipsits, who get rid of the historical making of the spirit. To a certain extent, they keep on with Kant’s or Husserl’s tradition. None of them was in fact able to take care of historicism in the contingent and moving constitution of our intellectual capacities. In these conditions, no sense at all can be found in science. So, we must come back to the question of individuation and to these unique qualities of individuality, that is, at the same time, singularity and universality.
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