Revue de métaphysique et de morale
P.U.F.

I.S.B.N.9782130517702
160 pages

p. 465 à 481
doi: en cours

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n° 32 2001/4

Espaces lisses et lieux bruts

L’histoire cachée du lieu

Edward S. casey
L’étude entend montrer que, si le temps est finalement unique, l’espace, lui, est originellement (et non du fait de la constitution de l’être-au-monde) multiple. Une analyse d’un passage du Timée où la Chôra est dite tithênê (nourrice) permet d’asseoir une interprétation de la différence foncière entre espace et lieu. Le lieu a progressivement disparu pour s’absorber dans l’espace neutre qui traduit homologiquement l’infinité divine ou pour s’atténuer dans le site. Il est difficile de trouver une analyse adéquate du lieu depuis la mort de Leibniz (1916) jusqu’à la thèse de Bergson en latin sur la notion aristotélicienne de lieu. This study aims at making clear that, if, on the one hand, time is finally unique, while, on the other hand, we can say that space is in itself, and not for transcendantal reasons (the constitution of human subjectivity), a many-fold entity. By considering with great accuracy Plato’s Timæus, where topos as chôra appears as tithênê (a nurse), we are able to interpret the very real distinction between space and place. Place has progressively disappeared, being absorbed in this homology of God’s infinite, which is indeed Newton’s neutral space, or at least being weakened in « site » (Ort). We will hardly find, between Leibniz’ death and Bergson’s latin thesis on aristotelician conception of topos, one correct study about place.


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