Revue de métaphysique et de morale
P.U.F.

I.S.B.N.9782130517702
160 pages

p. 563 à 569
doi: en cours

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n° 32 2001/4

 
Écrits sur le signe précédé de Husserl ou le retour aux choses, par Daniel CHRISTOFF, Lausanne, Payot, 2000.
 
 
L’ouvrage de Daniel Christoff comporte deux parties bien distinctes : d’une part, la réédition d’un texte d’introduction à la philosophie de Husserl intitulé « Husserl ou le retour aux choses »; d’autre part, le recueil d’une série d’articles consacrés à la question du langage et du signe et qui ont pour point commun de proposer un rapprochement entre deux approches différentes, et même apparemment opposées, de cette question : celle de la linguistique saussurienne et celle de la phénoménologie husserlienne.
Le texte d’introduction, datant de 1966, propose de suivre tout au long de l’Å“uvre husserlienne la réalisation « d’un seul projet fondamental [...] : la phénoménologie, science des essences de la conscience et de ses actes » (p. 23). Il insiste donc sur la continuité du parcours husserlien à travers ses nombreuses évolutions, il montre la fidélité constante de Husserl à lui-même, quitte à minimiser peut-être parfois l’ampleur du renouvellement théorique et problématique, particulièrement après les années 20.
Le rapprochement entre Saussure et Husserl dans les articles suivants concerne leurs analyses du langage et s’opère à partir de la question centrale de ce qui fonde l’identité du signe linguistique. D’un point de vue husserlien, c’est l’unité de la visée d’un vécu conférant un sens ; d’un point de vue saussurien, c’est l’appartenance du signe à un système linguistique. Dans un cas, le signe a en lui-même un sens ; dans l’autre, il n’en a un que par différence avec les autres signes du langage. Mais les deux théories se complètent peut-être plus qu’elles ne se contredisent. Chacune pourrait permettre de combler les lacunes de l’autre. Ce que D. Christoff montre surtout, c’est ce que le concept phénoménologique d’intentionnalité peut apporter à l’approche structurale saussurienne. Dans la langue, le signe doit son identité, selon Saussure, à sa distinction au sein d’un système de signes. Mais il reste à comprendre la nature exacte de la relation entre signifiant et signifié. Saussure ne répond pas positivement à cette question. Il exclut qu’elle soit un rapport de causalité ou de ressemblance. Il s’en tient à l’affirmation d’un parallélisme entre la chaîne parlée et la pensée. D. Christoff montre alors l’insuffisance d’une identification du signe par simple différence : « la différence ne saurait à elle seule déterminer ce que veut dire un signe et l’on demandera toujours encore : “de quoi s’agit-il ?” » (p. 90).
Le concept d’intentionnalité permet de combler ce vide, de traiter une question que Saussure avait cru pouvoir écarter. Il contredit sans doute les présupposés philosophiques saussuriens (le parallélisme) mais ne remet pas en cause les apports de ses théories : l’intentionnalité n’est aucune des relations (causalité, ressemblance) que la théorie saussurienne exclut entre signifiant et signifié. Mais supposer qu’elle soit ce qui donne sens au signe, c’est, il est vrai, déplacer ou élargir la question linguistique, en passant du point du synchronique sur la langue à la prise en compte de son origine dans la parole vivante. Dans la parole, l’activité intentionnelle donne sens à des signes qui, ensuite, prendront place dans un système de différences.
Laurent JOUMIER
 
Le judaïsme dans la philosophie allemande 1770-1850, par Andrée LEROUSSEAU, Paris, PUF, 2001 (« Philosophie d’aujourd’hui »), 355 p.
 
 
Cette thèse animée, incontestablement, des meilleures intentions, entend montrer de manière assez complète comment s’est créée dans la philosophie allemande, au tournant du XVIIIe siècle, une représentation des Juifs qui, c’est le moins qu’on puisse dire, a finalement prôné la disparition du judaïsme, son « euthanasie » pour reprendre la formule de Kant. Il est frappant de constater que, à peu de choses près, de Kant à Marx (en passant par Hegel et Fichte), l’homogénéité des vues dans ce domaine est assez massive. La problématique de l’« intégration » se pose, on n’en est pas surpris, sous l’angle de la négation de toute spécificité juive : l’accès à l’humanité passe par l’abandon du judaïsme. Il eût été souhaitable de pouvoir lire une réflexion sur cette question récurrente depuis l’universalisme romain et de mettre en regard les réflexions d’un Tacite et celles de Marx, par exemple. Il eût, de même, été souhaitable de pouvoir faire une incursion chez les Juifs de l’époque et de montrer quelle logique propre les penseurs juifs ont tenté de mettre en place durant le XIXe siècle; mais il est vrai que le découpage de la période eût alors été différent. On est franchement moins convaincu par les aperçus trop brefs et vraiment très partiels donnés par l’auteur sur certaines grandes figures du tournant du XIXe siècle : Cohen, par exemple, n’est compris qu’à travers les stéréotypes d’une réception convenue. Mais ces défauts proviennent essentiellement d’un flottement dans la méthode lorsqu’elle quitte le terrain plus fiable de l’analyse des contenus des grandes figures de l’idéalisme. De ce point de vue, le livre est une introduction tout à fait utile, et recommandable à ceux qui n’ont jamais véritablement pris conscience de l’importance de ce socle doctrinal dans la manière dont les conflits de la fin du XIXe se profileront. En outre, l’auteur voit bien que l’essentiel du débat tourne autour de la problématique extrêmement détonante de l’élection et de son corollaire, la sécularisation, même si cette notion aurait besoin de n’être pas reprise comme allant de soi.
Marc DE LAUNAY
 
Introduction à Hans Georg Gadamer par Jean GRONDIN, Paris, Cerf, 1999,238 p. Poétique d’une anti-anthropologie. L’herméneutique de Gadamer par Pascal MICHON, Paris, Vrin, 2000,254 p.
 
 
Ces deux ouvrages, dont le seul point commun est qu’ils se présentent en réalité comme des lectures de Vérité et méthode, ont une tonalité pour le moins différente. Sans prétendre penser la globalité et l’évolution de la philosophie gadamérienne, l’ouvrage de Grondin se présente plus modestement comme un commentaire de Vérité et méthode. Commençant à juste titre par une lecture des vers de Rilke mis en exergue de cette Å“uvre, les deux volets de ce commentaire sont consacrés à la question de l’art en tant qu’elle permet de revenir à un concept de vérité irréductible à sa définition purement méthodologique, puis aux dimensions historique et langagière de celle-ci, et on remarquera par exemple l’éclairante analyse du concept de cercle herméneutique. D’un autre côté, si comme le remarque à plusieurs reprises l’A., Dilthey est l’« interlocuteur principal » de Vérité et méthode au point que l’« on peut dire de tout l’ouvrage qu’il commence avec Dilthey auquel l’herméneutique de Gadamer est une réponse », que c’est le débat avec lui qui est « crucial » (p. 104,106 sq.), il resterait à rendre justice à cette philosophie dont l’horizon est trop souvent réduit à une problématique gnoséologique de type néokantien.
La lecture de Vérité et méthode à laquelle invite Michon a en revanche ceci de particulier que son objet principal n’est pas à proprement parler d’interroger les thèses de Gadamer, mais — comme le précise l’A. lui-même — de contribuer à une « anthropologie historique du sujet » dont les Éléments d’une histoire du sujet (1999) posaient une première pierre. On peut supposer que c’est la raison pour laquelle les thèses qui soustendent cette lecture restent relativement implicites et considérées comme acquises. Par rapport à un tel projet, Vérité et méthode et plus largement l’herméneutique d’inspiration phénoménologique (p. 128,214,234 ou 238 par exemple) relève d’un moment négatif : une telle herméneutique interdirait l’élaboration de cette anthropologie. Rapidement rabattue sur Heidegger, cette herméneutique gadamérienne fonctionne seulement comme exemple significatif des « déconstructions contemporaines de l’historicisme et de l’anthropologie modernes » (p. 8,236). Par-delà les objections que suscite nécessairement toute pensée un tant soit peu consistante, ou le constat d’une divergence de projets, une telle lecture de Vérité et méthode relève ainsi d’une herméneutique du soupçon, l’A. dénonçant les « refoulements » et les « travestissements » encore plus occultés par les traductions françaises de Vérité et méthode, c’est-à-dire la « stratégie » propre au discours herméneutique.
La stratégie de ce discours consisterait à défendre « notre commune ignorance absolue » de façon à entraîner « les sciences sociales, la théorie du langage et la poétique » dans le « naufrage » de la philosophie; celle-ci rétablirait ainsi négativement une « domination » qu’elle ne peut plus exercer en prétendant au savoir absolu (p. 20,218). Cet enjeu explique donc que l’A. consacre un ouvrage à un auteur alors même qu’il en dénonce le « verbalisme » des « à-peu-près » qui « fait passer des truismes pour des analyses conceptuelles » ou les « caricatures » qui se donnent pour des interprétations (p. 108 sq., 217).
Cette critique gagnerait pourtant en force de conviction en accordant plus à ce que Gadamer et les Anglo-Saxons appellent respectivement le principe de l’anticipation de la perfection et le Principle of Charity car la polémique conduit à des raccourcis parfois surprenants. Est-il si évident de considérer comme inessentiel le souci gadamérien de défendre contre Heidegger le concept de « sujet » ? Ou de considérer que Gadamer cherche à penser l’« être » (p. 28,31,42, etc.) ou le langage comme « maison de l’être » (p. 220) et que sa philosophie débouche « sur le mystère insondable du Sacré » (p. 41, 130,176-178) ? Il est assurément légitime de vouloir confronter la tradition d’une méditation phénoménologique de notre être langagier et la tradition linguistique des théories du langage de Saussure ou de Benveniste. Mais si Gadamer ne prenait pas suffisamment en compte les théories du langage et les formes d’art modernes, pourquoi ne pas discuter ce qu’il dit par ailleurs de Jakobson, de peintres ou de poètes comme Picasso, Klee ou Malévitch et surtout de Rilke ?
Jean-Claude GENS
 
The Idea of Atonement in the Philosophy of Hermann Cohen, par Michael ZANK, Providence, Brown University Press, 2000 (Brown Judaic Studies, no 324), 535 p.
 
 
L’étude, qui prend pour point de départ le texte d’une conférence écrite par Cohen au début des années 1890, « L’idée de réconciliation », et qui ne fut publiée qu’en 1924 dans le volume I des Jüdische Schriften rassemblés par Franz Rosenzweig, développe toutes les conséquences de cette idée à travers le système de Cohen et le reste de son Å“uvre. Zank réhabilite donc tout le travail effectué par Cohen, dès 1880, pour renouer avec sa formation de talmudiste et sa culture juive mais aussi sa profonde connaissance de la théologie et de la critique biblique protestantes de l’époque (Bertholet, Wellhausen, etc.). L’idée de réconciliation fait son chemin, bien évidemment, sur le terrain de l’éthique et de la « philosophie de la religion » : la réconciliation est une tâche, infinie, qui se décline aussi bien sur le versant moral — c’est l’horizon politique et social de l’unité de l’humanité qui est alors en jeu — que sur le versant religieux où elle est au centre de la conception rationnelle du messianisme comme cause finale de la reconnaissance d’une primauté d’autrui. Au cÅ“ur du système cohénien, l’idée de réconciliation est à l’Å“uvre dans la justification délicate du passage de la morale — reposant sur la volonté pure, donc sur l’autonomie de la volonté — à la religion qui, dans le système, ne bénéficie pas comme la pensée, la volonté et le sentiment, d’une identique autonomie mais seulement d’une spécificité. Comment rendre compte, en effet, de l’importance centrale dans son dernier livre — Religion de la Raison tirée des sources du judaïsme (1918) – de l’idée de réconciliation à laquelle le chapitre central est consacré : si la volonté est autonome, comment peut-elle accepter l’hétéronomie d’un commandement ? Plus précisément, comment la volonté autonome peut-elle en arriver à admettre la nécessité de la demande de pardon ? Zank montre bien que la conférence du début 1890 commande encore la réflexion de Cohen en 1918 : la conscience de soi a pour origine le mal fait à autrui; le moi se constitue ainsi négativement dans une relation où sa singularité ne provient que de celle, ainsi découverte, de l’autre. La réconciliation est alors la limite atteinte par l’autonomie de la volonté qui, suivant la logique même de cette autonomie, accepte de se retourner contre elle-même pour se soumettre à la décision d’autrui qui pardonnera sans qu’on puisse en être certain. Zank montre aussi les incidences de l’idée de réconciliation sur la formation des notions de substance, de sujet, dans la Logique, puis dans l’Éthique. Son étude est par conséquent assez complète sur la période 1904-1918, à ceci près qu’il néglige, et c’est regrettable, l’Esthétique. Son livre offre néanmoins un long appendice de plus de cent pages où l’auteur expose les sources manuscrites qu’il a pu exploiter à la Bibliothèque de Jérusalem. Sa bibliographie sur la critique biblique protestante au tournant du XIXe - XXe est également très utile.
Marc DE LAUNAY
 
L’avènement de la démocratie, par Robert LEGROS, Paris, Grasset, 1999,396 p.
 
 
L’originalité de l’ouvrage de Robert Legros est double. Elle réside d’abord dans la manière dont il conçoit la formation de la démocratie : comme l’avènement d’un monde. Certes, la démocratie désigne aussi à ses yeux un mode d’organisation, un régime politique, une Constitution. Elle se présente d’abord sous la forme d’un État. Cependant l’investigation de R.L. vise surtout à montrer comment l’institution de l’État démocratique s’est enracinée dans une expérience profondément neuve du monde (de la nature, de l’historicité, de l’au-delà) et de notre humanité (d’autrui, du semblable, de soi). L’originalité de la démarche de R.L. réside ensuite dans la manière dont il montre que l’expérience démocratique du monde et de notre humanité prend sa source dans l’expérience phénoménologique, ou du moins suppose une mise en suspension collective (une épokhè), de ce que Husserl appelait l’attitude naturelle.
En tant que mode d’organisation, en tant que type d’État, la démocratie, comme son nom l’indique, se fonde sur le principe de la souveraineté du peuple. Toutefois, au sein de la démocratie moderne, ce principe, comme le montre Robert Legros, prend un sens radicalement nouveau. Car en vertu du principe du suffrage universel, qui suggère que la citoyenneté est un droit inhérent à l’homme comme tel, ou qui affirme, plus précisément, que tous les membres adultes de la nation sur laquelle le peuple exerce sa souveraineté sont en principe citoyens en tant qu’hommes, donc qui reconnaît en l’humanité de l’homme une origine de la citoyenneté, en vertu de ce principe, les représentants du peuple, les élus de la nation, ne représentent pas seulement le peuple, la nation, mais aussi l’humanité. Ils exercent leur pouvoir au nom du peuple mais aussi au nom de l’humanité. Et les gouvernants sont censés exercer leur pouvoir sous le contrôle des représentants du peuple mais aussi, du même coup, sous la surveillance de l’homme. Alors qu’au sein des « démocraties » anciennes le principe de la souveraineté du peuple n’était pas intrinsèquement limité, si ce n’est par la survivance du principe d’hétéronomie, et était dès lors compatible avec l’arbitraire ou la tyrannie de la majorité, la démocratie moderne se fonde sur une idée d’humanité qui transcende les volontés et les conventions, les pouvoirs et l’État, les lois et la Constitution elle-même [1]. Est-ce à dire que la démocratie moderne baigne dans une idéologie humaniste ou une métaphysique humaniste, comme le soutenaient Marx ou Heidegger ? Toute la démarche de Robert Legros est au contraire de montrer que l’idée démocratique d’humanité, l’idée démocratique de l’homme comme « sujet », ne relève pas d’une idéologie ou d’une « métaphysique », qu’elle est bien plutôt au-delà du concept ou du savoir, ancrée dans une expérience phénoménologique du monde et d’autrui.
Bien entendu, l’humanité sous la surveillance de laquelle les gouvernants d’une démocratie doivent exercer leur pouvoir, au nom de laquelle les élus du peuple légifèrent, ne peut se confondre avec l’espèce humaine. Elle relève d’une idée, qui s’est formée et s’est répandue dans les mÅ“urs sous l’effet d’une perception neuve d’autrui, la perception d’autrui comme semblable en tant qu’homme, qui est radicalement distincte de la perception d’autrui comme semblable en tant que membre de la même espèce vivante. La perception démocratique du semblable émerge peu à peu au cours de l’époque moderne mais il est vrai aussi, comme le souligne R.L., qu’elle fait droit à une expérience d’autrui aussi ancienne que l’humanité elle-même, à savoir l’expérience phénoménologique d’autrui, qui est universelle précisément dans la mesure où, comme l’a montré Husserl, elle est, par opposition à la perception d’une chose, sans concept : elle ne s’inscrit pas dans un comprendre préalable, ne relève pas d’une culture particulière. En d’autres termes, les régimes prédémocratiques, si différents qu’ils soient les uns des autres, parmi lesquels R.L. distingue les régimes archaïques et les régimes aristocratiques, tendent à oblitérer l’expérience phénoménologique du monde et de notre humanité. Ils tendent à la recouvrir ou à l’occulter dans la mesure même où ils se laissent déterminer par un principe hiérarchique qui est indissociable d’un principe d’hétéronomie et d’un principe communautaire.
Considérer qu’une aristocratie, ou une société archaïque, ou une démocratie, s’inscrit dans un monde, c’est dire qu’en son sein chacun y perçoit, de prime abord et habituellement, dans le cadre d’un comprendre, et comprend, de prime abord et habituellement, à partir d’une expérience collective du monde. C’est donc reconnaître que l’intelligibilité habituelle du monde est circulaire ou, pour le dire autrement, que la compréhension de l’être au sein de laquelle chacun se meut habituellement est tautologique. Dans la mesure même où l’expérience phénoménologique d’autrui est sans concept, elle mine l’emprise de la tautologie du comprendre habituel. Dans la mesure où la démocratie se forme dans la mise en question de toutes les identités d’appartenance, donc implique une suspension collective du comprendre habituel (ou de l’attitude naturelle), elle laisse émerger ou redonne vie à l’expérience phénoménologique d’autrui, occultée par les identifications aristocratiques, et, par là même, est porteuse d’une force de libération et d’émancipation humaine.
L’expérience démocratique d’autrui comme expérience qui ravive une expérience phénoménologique d’une altérité qui brise la tautologie où s’enferme la compréhension quotidienne de l’être : cette thèse originale, développée minutieusement, inspirée par Tocqueville et Husserl, poursuit assurément une voie ouverte par Claude Lefort (elle reprend l’idée centrale de ce dernier, d’après laquelle la démocratie « s’institue et se maintient dans la dissolution des repères de la certitude ») mais est aussi en résonance profonde avec la pensée de Lévinas [2].
Martin DAMBREVILLE
 
NOTES
 
[1]Sur cette question, voir le dernier livre d’Alain FINKIELKRAUT, Une voix venue de l’autre rive, et le débat entre celui-ci et Robert LEGROS, retranscrit et présenté par Bérénice Levet dans la revue Commentaire, no 90, été 2000.
[2]Cette connivence de Robert LEGROS avec la pensée de Lévinas se manifeste plus explicitement dans son interprétation de la pensée du jeune Hegel. Cf. « Sur l’antijudaïsme et le paganisme du jeune Hegel » in Premiers écrits (Francfort 1797-1800), Paris, Vrin, 1997, et le compte rendu de cet ouvrage, sous le titre « Hegel, les Juifs et nous » par Joseph COHEN et Raphaël ZAGURY-ORLY, in Les Temps Modernes, avril-mai-juin 2000, p. 279-295.
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[1]
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[2]
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